Le est un parti politique du Japon situé à la gauche de l'échiquier politique. Abrégé traditionnellement en , ou PSD en français, et officiellement appelé en anglais Social Democratic Party (SDP), il est issu d'une transformation du Parti socialiste japonais en , et a connu depuis lors une profonde désaffection de son électorat au profit du Parti démocrate du Japon. Il est allié électoral traditionnel de ce dernier, et son partenaire au sein de la coalition gouvernementale formée par Yukio Hatoyama après les élections législatives du jusqu'au .
Histoire Formé lors de la convention du Parti socialiste japonais le , ce nouveau parti, présenté par les observateurs politiques comme « un vieux vin dans une bouteille neuve », est à l'origine une structure de transition en vue de la réforme idéologique de la famille socialiste et social-démocrate japonaise alors en crise. Tout d'abord, l'alliance avec le Parti libéral-démocrate (PLD, conservateur et adversaire de longue date des socialistes) dans une grande coalition gouvernementale à partir de 1994 qui soutient l'accession au poste de Premier ministre du président du PSJ Tomiichi Murayama oblige ce dernier à reconnaître de fait le traité de coopération mutuelle et de sécurité entre les États-Unis et le Japon de 1960, mettant le mouvement en contradiction avec sa tradition pacifiste et anti-militariste. De plus, se développe à partir de 1994 à l'aile droite du parti, derrière son secrétaire général et Wataru Kubo, un mouvement réformateur appelant à sa transformation en une grande force « libérale et démocrate » sur le modèle du New Labour britannique de Tony Blair et qui unirait la gauche non communiste aux formations centristes. Enfin, le renouvellement de la moitié de la Chambre des conseillers le voit le groupe socialiste réduit pratiquement de moitié (passant de 73 à 38 conseillers). Affaibli politiquement, Tomiichi Murayama a d'ailleurs abandonné la tête du gouvernement le au profit du nouveau président du PLD Ryūtarō Hashimoto.
Mais cette transformation se solde rapidement par un échec, Murayama ne réussissant pas à trancher et à réconcilier les partisans du maintien d'une ligne résolument socialiste et les tenants du social-libéralisme. Le , le est formé par cinq parlementaires de l'aile gauche intransigeants sur la question du pacifisme dont le conseiller Osamu Yatabe ; ce parti peine toutefois à se faire une place entre le PCJ et le PSD et perdra rapidement ses quelques sièges à la Diète. Mais surtout, lorsque deux députés dissidents du Nouveau parti pionnier (parti centriste allié au PSD et au PLD dans la coalition gouvernementale), Yukio Hatoyama et Naoto Kan, décident de former le une nouvelle force politique d'opposition, le Parti démocrate du Japon (PDJ), selon les principes de la Troisième voie, il est rejoint par plus de la moitié des représentants du PSD (31 sur 61) et 4 conseillers sur 39 (rejoints, entre novembre 1996 et , par 12 autres sociaux-démocrates de la chambre haute), issus de son aile droite (Hirotaka Akamatsu, Nobuyuki Sekiyama, Hisamitsu Sugano et finalement, en , Wataru Kubo). L'ancien gouverneur socialiste de Hokkaidō (entre 1983 et 1995) Takahiro Yokomichi provoque également le ralliement à ce nouveau parti de l'une des plus importantes fédérations de l'ancien PSJ. Face à cette hémorragie, Tomiichi Murayama quitte la tête du parti le et est remplacé par la présidente de la Chambre des représentants Takako Doi. Aux élections législatives du , le PSJ ne se positionne ainsi que comme la cinquième force politique du pays derrière le PLD, le Shinshintō, le PDJ et même le PCJ. Il n'obtient au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans le cadre des circonscriptions locales que de voix, soit 2,19 % des suffrages exprimés et 4 districts électoraux remportés, et à la proportionnelle 3,55 millions de votes (6,38 %) et 11 sièges. Le groupe social-démocrate à la Chambre des représentants est donc réduit de moitié, passant de 30 députés avant le scrutin à 15 après.
Takako Doi tente d'enrayer le déclin du PSD en le modernisant, augmentant le nombre de femmes et de jeunes dans son équipe dirigeante et cherchant à puiser dans le milieu associatif et militant. Elle attire ainsi dans les rangs sociaux-démocrates la pacifiste et fondatrice du Kiyomi Tsujimoto, l'activiste Tomoko Nakagawa ou encore l'avocate féministe Mizuho Fukushima. Pour clarifier la position du mouvement, elle le fait quitter également la grande coalition avec le PLD le . La chute se confirme toutefois d'élections en élections (et cela malgré quelques surprises ponctuelles, comme l'élection comme gouverneur de la préfecture de Shiga en 2006 de la candidate sociale-démocrate Yukiko Kada qui réussit à vaincre le sortant Yoshitsugu Kunimatsu), plus particulièrement après la transformation du PDJ en nouveau grand parti d'opposition après l'explosion du Shinshintō en 1998 : Élections à la chambre des conseillers du : de voix (4,3 %) et 1 siège au vote unique non transférable dans les préfectures ( loin derrière le PLD, le PDJ et le PCJ), de suffrages (7,79 %) et 4 sièges à la proportionnelle nationale ( derrière le PLD, le PDJ, le PCJ, le Nouveau Kōmeitō et le Parti libéral). Le groupe PSD à la Chambre des conseillers passe de 20 à 13 membres sur 252, soit le cinquième de la chambre (derrière ceux du PLD, du PDJ, du PCJ et du Nouveau Kōmeitō). Élections législatives du : le PSD connaît un léger sursaut, comme toutes les forces d'opposition non-communiste. Tout d'abord, il obtient de voix (3,8 %, près du double qu'en 1996) et 4 districts électoraux (autant qu'en 1996) au scrutin uninominal majoritaire à un tour (, derrière le PLD, le PDJ et le PCJ), ainsi que 5,6 millions de suffrages (9,36 %, soit une fois et demi son résultat de 1996) et 15 sièges (quatre de plus qu'en 1996) à la proportionnelle ( derrière le PLD, le PDJ, le PCJ et le Parti libéral). Avec 19 députés sur 480, le PSD augmente sa représentation de 5 sièges par rapport à la veille du scrutin et de 4 par rapport au précédent scrutin. Élections à la chambre des conseillers du : baisse dans un scrutin marqué par la . de voix (3,45 %, -0,85 points par rapport à 1998) et aucun élu (un de moins qu'en 1998) au vote unique non transférable ( derrière le PLD, le PDJ, le PCJ, le Nouveau Kōmeitō et le Parti libéral), 3,63 millions de suffrages (6,63 %, -1,16 points par rapport à 1998) et 3 élus (un de moins qu'en 1998) à la proportionnelle nationale ( derrière le PLD, le PDJ, le Nouveau Kōmeitō, le PCJ et le Parti libéral). Le groupe PSD à la Chambre des conseillers passe de 13 à 8 membres sur 247, soit le cinquième groupe de la chambre (derrière ceux du PLD, du PDJ, du Nouveau Kōmeitō et du PCJ, à égalité avec celui du Parti libéral). Élections législatives du : défaite, avec de voix (2,87 %, avec 1 point de moins qu'en 2000) et 1 seule circonscription (avec la perte de trois districts, Takako Doi elle-même perd la sienne tout en étant réélue à la proportionnelle) au scrutin uninominal majoritaire à un tour ( derrière le PLD, le PDJ et le PCJ), ainsi que 3,03 millions de suffrages (5,12 %, soit légèrement plus de la moitié de son score de 2000) et 5 sièges (10 de moins qu'en 2000) à la proportionnelle (, derrière le PDJ, le PLD, le Nouveau Kōmeitō et le PCJ). Sa représentation à la chambre basse de la Diète est divisée par trois, en passant de 19 à 6 députés sur 480 (, derrière ceux du PLD, du PDJ, du Nouveau Kōmeitō et du PCJ). Le PSD a souffert, dans un contexte politique marqué par la reconnaissance par la Corée du Nord de l'enlèvement de Japonais par les services secrets nord-coréens entre 1977 et 1983 et la question du retour des victimes, de déclarations passées de Takako Doi assez complaisantes à l'égard du régime de Pyongyang. Notamment en 1987, présente dans la capitale nord-coréenne pour les commémorations de l'anniversaire de Kim Il-sung, elle avait prononcé la phrase suivante : « Les membres du PSJ respectent le succès glorieux de la RPDC sous la direction du grand meneur Kim Il-sung ». Il est également rendu public à l'époque, et utilisé par ses adversaires, que Takako Doi (avec 124 autres parlementaires de l'opposition de l'époque, dont Naoto Kan désormais poids lourds du PDJ) avait signé en 1989 une pétition demandant au président sud-coréen Roh Tae-woo la libération de 19 prisonniers politiques parmi lesquels un ancien agent nord-coréen reconnu depuis coupable d'avoir participé aux enlèvements de Japonais. Et surtout, jusqu'à 2002 et la reconnaissance du fait par Pyongyang, le PSJ puis le PSD ont toujours déclarés ne pas croire à ces enlèvements : si Takako Doi et la direction le reconnaissent et s'en excusent par la suite, cette attitude passée concernant un sujet particulièrement sensible pour l'opinion publique en 2003 est donc largement responsable du mauvais score des sociaux-démocrates. Takako Doi prend personnellement la responsabilité de cet échec en démissionnant de la tête du mouvement le . Elle est remplacée par Mizuho Fukushima. Élections à la chambre des conseillers du : de nouveau une légère baisse, le parti passant pour la première fois en dessous de la barre du million d'électeurs au vote unique non transférable (, soit 1,75 % des suffrages exprimés et la moitié du score obtenu en 2001, et aucun élu), ainsi que 2,99 millions de suffrages (5,35 %, -1,28 points par rapport à 2001) et 2 élus uniquement (un de moins qu'en 2001) à la proportionnelle nationale ( pour les deux modes de scrutin). Le groupe PSD à la Chambre des conseillers passe de 8 à 5 membres sur 242, soit le cinquième groupe de la chambre (derrière ceux du PLD, du PDJ, du Nouveau Kōmeitō et du PCJ, à égalité avec celui du Parti libéral). thumb|200px|Takako Doi en campagne lors des élections législatives de 2005 Élections législatives du : marquées par un véritable plébiscite en faveur de Koizumi et de son projet de privatisation de la poste, il s'agit d'une victoire massive pour la majorité. Dans ce contexte, le PSD stagne par rapport à 2003, et se comporte désormais comme une petite formation d'appoint pour les démocrates en ne présentant que 45 candidats, dont 38 dans des circonscriptions (parmi lesquels 7 sont également soutenus par le PDJ). Du fait de ces ambitions revues à la baisse (le parti avait encore présenté en 2003 65 candidats), le PSD ne récolte plus au scrutin uninominal majoritaire à un tour que (1,46 %, -1,41 points par rapport à 2003) et conserve son unique circonscription, le de la préfecture d'Okinawa) : il s'agit alors du , mais loin derrière ceux du PLD, du PDJ et du PCJ, à peu près à égalité avec le Nouveau Kōmeitō (qui toutefois, avec légèrement moins de voix, remporte sept circonscriptions de plus que le PSD grâce à son alliance électorale systématique avec le PLD). À la proportionnelle, le parti maintient un score pratiquement identique à 2003 en voix (3,72 millions de voix, 5,49 %, soit +0,37 points par rapport au précédent scrutin, derrière le PLD, le PDJ, le PCJ et le PCJ) et 6 sièges (un de plus qu'en 2003). Au total, les sociaux-démocrates passent de 6 députés obtenus en 2003 et 5 restant à la veille du scrutin à 7 sur 480.