L'église Saint-Jean-le-Rond est une église de Paris dédiée à saint Jean-Baptiste aujourd'hui détruite. Elle était accolée au mur gauche de la nef de la cathédrale Saint-Étienne de Paris, ou aujourd'hui du collatéral Nord de la cathédrale Notre-Dame de Paris, à l'emplacement actuel de la rue du Cloître-Notre-Dame.
Architecture Comme son nom l'indique, l'église Saint-Jean-le-Rond devait d'abord être un baptistère construit sur un plan centré. Son emplacement, au milieu du bas-côté nord de la cathédrale primitive, correspond à l'emplacement habituel des baptistères de cathédrale dans la Gaule de l’Antiquité tardive et du haut Moyen Âge. L'abbé Lebeuf mentionne que l’église aurait été reconstruite au sur un plan rectangulaire, date qui est confirmée par le fait que la nouvelle façade est parfaitement alignée sur celle de la cathédrale érigée à la même époque, et par l'analyse stylistique des vestigesUn chapiteau engagé provenant du portail occidental de Saint-Jean-le-Rond a été trouvé lors des fouilles du parvis de Notre-Dame en 1998-1999. Il est daté du du et est conservé au musée de Cluny (Ref. FNI 68).
Sa façade a été remplacée par une façade classique probablement au début du . Le portail, en plein cintre, était encadré de deux colonnes doriques supportant un entablement simple et un fronton portant trois statues. Au-dessus, une simple rosace, puis un large fronton triangulaire, derrière lequel s’apercevait un clocheton assez simple.
La porte principale d'entrée du cloître des chanoines de Notre-Dame donnant accès à la rue du Cloître jouxtait l'église. On ne trouve sa présence dans les textes qu'au Cité par Patrick Perrin, Ph. Velay et L. Renou dans Collections mérovingiennes, Paris 1985, t. II, ( Lasteyrie, Cartulaire, actes de 1124 (, &204), 1125 (, ) et 1132 ( , ).
Paroisse
Saint-Jean-le-Rond a conservé longtemps un rôle central dans les cérémonies baptismales, mais était également l'église paroissiale des laïcs du cloître Notre-Dame, principalement les domestiques des chanoines et les sergents de Notre-Dame.
On y célébrait le culte de sainte Geneviève, qui au réunissait dans le baptistère les femmes parisiennes pour les exhorter à ne pas fuir Paris devant la menace de l'invasion des Huns et à lutter contre Attila par leurs prières.
Elle était desservie par un collège de huit chanoines, formé de deux prêtres, de trois diacres et de trois sous-diacres. Elle possédait dans le cloître Notre-Dame un petit cimetière de environ entouré par une galerie de charnierJacques Hillairet, Les 200 cimetières du vieux Paris..
Lors de la réorganisation des paroisses de l’île de la Cité, il fut décidé de supprimer l’église en 1748. La cure, le baptistère et les chanoines furent alors transférés à l’est de la cathédrale, à Saint-Denis-du-Pas. L’église elle-même fut détruite et ses matériaux réutilisés lors de la reconstruction de la grande porte du cloître par Germain Boffrand en 1751. Le bâtiment détruit était de plan rectangulaire et non circulaire.
Remarques diverses Victor Hugo évoque cette église dans Notre-Dame de Paris.
Jean le Rond d'Alembert, enfant illégitime de de Tencin, a été abandonné à sa naissance sur les marches de cette église en 1717. Comme le veut la coutume, il a été nommé du nom du saint protecteur de cette église.
Sépultures
Liste non exhaustive : Jean-Baptiste Du Hamel (1624-1706), homme de sciences, philosophe et théologien Gilles Ménage (1613-1692), érudit et grammairien Nicolas Bernier (1664-1734), compositeur
Bibliographie Venance Fortunat, Vita s. Germani, episcopi parisiasci , c. XLII, éd. Krusch, Hanovre, 1920 (M.G.H., S.R.M., VII), . Grégoire de Tours, Historia Francorum, VI, 17 & 27, éd. Krusch-Levison, Hanovre, 1937 (M.G.H., S.R.M., I, 1), & 295. Noël Duval, notice Paris dans La Topographie chrétiennedes cités de la Gaule des origines à la fin du VIIe siècle, t.III, Paris, 1984, Publication du Centre de Recherches sur l'Antiquité tardive et le Haut-Moyen Âge, Université de Paris X Adrien Friedmann, Paris, ses rues, ses paroisses du Moyen Âge à la Révolution. Origine et évolution des circonscriptions paroissiales, Paris, 1959. Jean Hubert, Les origines de Notre-Dame de Paris, dans Revue de l'histoire de l'Église de France, 1964, t.L, et fig 2. May Vieillard-Troïekouroff, Supplément au Recueil général des monuments sculptés en France pendant le Haut-Moyen Âge (), t.I: Paris et son département dans Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et scientifiques , nouvelle série, t.XV, 1979 (Paris 1982), , 13 fig et XIII pl. (46 notices dont 10 sur les collections du musée Carnavalet). Patrick Perrin, Philippe Velay, Laurent Renou & Coll, Collections mérovingiennes, éd. Musée Carnavalet, t.II, Paris, 1985, . Notes et références
Voir aussi Articles connexes Une autre église Saint-Jean-le-Rond existait à Auxerre. Cathédrale Saint-Étienne de Paris
Liens externes
Article sur l’église Saint-Jean-le-Rond sur le site du musée national du Moyen Âge
Jean-le-Rond Catégorie:Édifice religieux dans le 4e arrondissement de Paris Paris Catégorie:Édifice disparu autour de Notre-Dame de Paris