thumb|210px|Un rishi sculpté au bas d'une colonnette du Phra Prang Sam Yod de Lopburi en Thaïlande. Rishi (sanskrit IAST : ṛṣi ; devanāgarī : ऋषि ; ) signifie « chantre-auteur des hymnes védiques, poète, voyant ; démiurge, géniteur (prajāpati) ; patriarche, sage, ascète, ermite »ṛṣi, The Sanskrit Heritage Dictionary, Gérard Huet.
Un Rishi védique est un témoin primordial de toutes les régularités à l'œuvre en ce monde qui manifestent pour lui le Veda au sens premier de « découverte » de l'ordre cosmique. Il est celui qui a vu les vérités éternellesThe A to Z of Hinduism, par B.M. Sullivan, publié par Vision Books, pages 184 et 185, .
Après la période védique de la culture indienne, le brahmanisme conçoit les sept Rishi (saptarṣi) comme d'anciens sages qui auraient « entendu » (Śruti) le Véda primordial.
L'hindouisme considère les Rishi comme des yogi qui, en méditation profonde, entendirent les « hymnes » du Véda émanés du Brahman.
Étymologie Le nom masculin ऋषि (ṛṣi) est parfois transcrit Richi en français, et toujours transcrit Rishi en anglais, généralement traduit par « chantre-auteur des hymnes védiques », mais aussi par « sage, ermite, ascète »Stchoupak & Nitti & Louis Renou, opus citatum, page 164 à droite.. L'étymologie du mot ṛṣi est obscure Manfred Mayrhofer, Etymologisches Wörterbuch des Altindoarischen, volume 1 [1986-1992], p. 261; Heidelberg: Carl Winter Universitätsverlag. Les dictionnaires qui s'aventurent à lui en donner une proposent ṛṣ, 'couler'. dans un sens obsolète de 'dṛś': 'voir'Voir http://www.sanskrit-lexicon.uni-koeln.de/monier/webtc/serveimg.php?file=/scans/MWScan/MWScanjpg/mw0226-RNajya.jpg. Cette interprétation provient essentiellement de celle du Nirukta de Yaska: “de darśana ‘vision’: ‘il vit les hymnes’ selon [l’école védique] aupamanyava”Nirukta 2.11: darśanāt stomān dadarśety aupamanyavaḥ.
Les sept Rishi (saptarṣi) Dans la mythologie hindoue, on trouve la mention de sept sages ou patriarches védiques ; ils sont les géniteurs (prajāpati) issus de l'esprit de Brahmā pour enfanter le monde ; on les associe aux sept étoiles de la Grande Ourse.
Ceux de l'ère (manvantara) de Svāyaṃbhuva sont : Marīci, Vasiṣṭha, Aṅgirā, Atri, Pulastya, Pulaha, Kratu.
Ceux de l'ère de Vaivasvata sont : Vasiṣṭha, Kaśyapa, Atri, Jamadagni, , Vishvamitra, Bharadvāja.
On liste parfois aussi Agastya, Kaṇva et Bhṛgu.
Védisme
La tradition indienne attribue aux rishi la composition des hymnes (sûkta) les plus anciens du Rig-Véda qui forment la base de la Rigveda-samhita, première collection de textes écrits du védismeCharles S. J. White, professeur de philosophie et de religion, American University, article rishi dans The Perennial Dictionary of World religions (originally Abingdon Dictionary), page 623..
La tradition rapporte aussi que chacun des dix cycles (mandala) du Rig-Véda serait tributaire d'une seule famille de rishi. Pour Richard Waterstone cette croyance en dix familles de rishi proviendrait cependant de structures littéraires propres à chacun des dix mandala qui leur donnent un style spécifiqueRichard Waterstone, India, traduction française de Zeno Bianu L'Inde éternelle, page 17..
Śruti audition de l'ordre régulier
Les Rishi entendirent le cosmos proférer de lui-même le son fondamental que développent ensuite les stances du Veda éternelCharles S.J. White, professeur de philosophie et de religion (The American University), in The Perennial Dictionary of World Religions (Abingdon), page 623. dont voici un exemple : « ô Soma, ô bienfaiteur puissant, uni à ta douce rosée, viens dans le sacrifice au milieu de ces richesses qui font ta gloire », premier verset d'une « hymne » au pouvoir de Soma, transmis par les sept Rishi Bharadvaja, Kasyapa, Gotama, Atri, Vishvamitra, Jamadagni, et VasishthaAlexandre Langlois, Rig-Véda ou Livre des hymnes, (RV 7, 2, 3, verset 1), page 482..
Ainsi, l'écoute perpétuelle (Shruti) de l'ordre éternel (Rita) permet aux Rishila mentalité des Rishi n'a pas encore inventé les notions de Deus, ou d'Esprit, ou de transcendance, car leur pensée moniste ne crée aucune division dans leur monde (pas même celle des castes, invention ultérieure elle aussi). de connaître (Veda) cet ordre et de trouver (Veda) les moyens de l'exprimer en strophes (ṛ cā) rythmées, bien mesurées, qui se transmettent régulièrement de bouche à oreille jusqu'aux indiens d'aujourd'huiJan Gonda, op. cit., page 41 : « è stato tramandato molto a lungo solo oralmente nelle « scuole » dei brahmani ». et les dépassent, éternellement transmises aux générations hindouistes à venir car, « Pères d'une heureuse lignée, puissions-nous chanter longtemps encore dans le sacrifice »Alexandre Langlois, op. cit., (RV 2,8,7, verset 3 partim), page 191.
En note au verset « C'est ainsi que les premiers Rishi ont obtenu le bonheur », Langlois note que le nom de Oûmas donné aux Rishi les distinguent des Pitri, les Ancêtres, avec lesquels il convient de ne pas les confondreAlexandre Langlois, opus citatum, (RV 7, 6, 1, verset 7), page 497..
Sept Rishi ou davantage Un Richi (un Rishi) est un ancien Sage qui participe au Veda qu'il « entend » et restitue en stances védiques constitutives de la tradition orale du Rig-Véda. Que l'initiale du nom Richi soit la septième lettre de l'alphabet indien devanāgarī et que la tradition indienne s'accorde généralement à dénombrer sept Richi primordiaux forme une coïncidence mnémotechnique utile et coutumière de la mentalité védique fortement imprégnée de magie. Autre coïncidence numérique et magique : dans les Vedāṅga, « appendices du Veda » postérieurs au védisme primitif, l'astrologie indienne (jyotish) nomme « sept rishi » (saptarishi) l'ensemble des sept étoiles qui forment ce que l'astronomie contemporaine appelle la Grande Ourse.
« Le brillant Soma est versé ... en même temps s'approchent les sept Rishi éclairés », en ce début d'une autre stance (rik, rig-), le nombre sept permet d'associer les rishi aux sept offrandes du sacrifice védique (yajña) et aux sept mètres de la poésie védiqueAlexandre Langlois, opus citatum, (RV 7, 4, 2, versets 1-2), page 497..
Ce chiffre sept étant « magique » plutôt qu'arithmétique, le nombre réel des Rishi pourrait bien être supérieur. La plupart des hymnes de la huitième lecture de la section huit du Rig-Véda sont en effet attribués à des Rishi très nombreuxAlexandre Langlois, opus citatum, page 41, divise le Rigveda en 8 sections (ashtaka), divisées chacune en huit chapitres (adhyâya) qui contiennent chacun un nombre variable d'hymnes (sûkta) composés de versets (rk, rig) qui donnent leur nom à l'ensemble de textes nommé Rig-Véda; la référence à un verset reprend donc quatre nombres sous la forme suivante (RV 1,5,13,7) qui se lit : Rigveda, section 1, chapitre 5, hymne 13, verset 7. Langlois nomme aussi les chapitres « lectures ».. Le tableau ci-après en compte trois fois onze, soit trente-trois (11 et 33 sont aussi des chiffres magiques dans la numérologie védique). La plupart des Rishi y sont apparentés à l'aide de l'expression « fils de » et sont donc masculins, tel Atri fils de Sankhya. Quelques Rishi sont du genre féminin, telles Satchi fille de Pouloman, Indrani, ou Sraddha fille de Cama.
Rigveda-samhita, Section 8, Lecture 8 du classement de Alexandre Langlois :
HymneRishifils de1IAtriSankhya2IISouparnaTarkchya3IIIIndrânî4IXSraddhafille de Cama5XIles Ondesmères d'Indra6XIIYami7XIVKétounamanAgni8XVBhouvanaAptya9XVITchakchousSourya10XVIISatchifille de Pouloman11XIXYakchmanasanaPradjapati12XXIIPratchétasAngiras13XXIIICapotaNirriti14XXIVRichabhaVirat ou Sakwari15XXVViswamitraDjamadagni16XXVIAnila17XXVIIIVibhratSourya18XXXIIIOurdhwagravanAmbouda19XXXIVSounouRibhou20XXXVPatangaPradjapati21XXXVIArichtanémiTarkchya22XXXVIIIDjayaIndra23XXXIXPrathaVasichta24idemSaprathaBharad25idemGharmaSourya26XLTapourmourdhanVrihaspati27XLIPradjavanPradjapati28XLIIISatyadhritiVarouna29XLIVOula30XLVVatsaAgni31XLVISyénaAgni32XLVIISarparadjgni33XLIXSavanarasa
Pour montrer que la définition du nombre exact des Rishi s'avère un problème très compliqué, voici le verset 15 d'un hymne à IndraAlexandre Langlois, op. cit., (RV 7,7,9, versets 15 et 16). : « Dans la partie inférieure (d'Indra) apparaissent sept Rishi, et huit dans la partie supérieure, derrière lui se sont fixés neuf personnages, et dix autres se partagent la partie antérieure du ciel ». Et le verset 16 de poursuivre : « Un de ces dix Rishi, Kapila, est chargé par ses compagnons de suivre, comme Aditya, le cours du grand sacrifice ».
Ces auteurs d'hymnes ne sont pas des Rishi primordiaux, mais ils portent le titre honorifique de Rishi, précurseur du titre de Maharishi qui sera utilisé dans l'hindouismeAlexandre Langlois, op. cit., (RV 8,8,9, versets 15 et 16), page 599, note 4 à droite, dit simplement que ce sont des Rishi imaginaires..
Brahmanisme
Sept Rishi (les Saptarishi) sont souvent mentionnés dans les Brahmana et les travaux postérieurs en tant que représentants typiques du caractère et de l'esprit de la période préhistorique ou mythique.
Dans le Shatapatha Brahmana (14,5,2,6), leurs noms sont Gotama, Bharadvaja, Vishvamitra, Jamadagni, Vasishtha, Kashyapa, et Atri.
Hindouisme
Dans l'Hindouisme, un Rishi (ऋषि, ṛṣi) est considéré soit comme un patriarche, un saint, un prêtre, un précepteur, un auteur d'hymnes védiques, un sage, un ascète, un prophète, un ermite, soit comme une combinaison de ces différentes fonctions.
Les Purâna citent des noms de Rishi accompagnés de descriptions mythologiques embellies, certains Purâna les considèrent comme des demi-dieux, d'autres comme des sages qui ont « entendu » (Shruti) les hymnes du Veda émanés de l'être suprême Brahman pendant qu'ils étaient en méditation profondeCharles S. J. White, professeur de philosophie et de religion à la American University, article rishi dans The Perennial Dictionary of World religions (originally Abingdon Dictionary), page 623..
Dans Mahābhārata 12, livre issu de la Smriti et non de la Shruti, les Rishi sont Marichi, Atri, Angiras, Pulaha, Kratu, Pulastya et Vasishtha.
Aujourd'hui rishi est devenu un terme honorifiqueEncyclopedia of Hinduism par C.A. Jones et J.D. Ryan publié par Checkmark Books, pages 366 et 367, .
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Jan Gonda, Die Religionen Indiens, Band 1: Veda und älterer Hinduismus, 1960, traduction italienne de Carlo Danna sous le titre Le religioni dell'India : Veda e antico induismo, 514 pages, Jaca Book, Milano, 1980, ISBN Jan Gonda, Védisme et hindouisme ancien. Traduit de l'allemand par L. Jospin, 432 pages, Payot, Paris 1962, (épuisé en français) Alexandre Langlois, Rig-Véda ou Livre des hymnes, 646 pages, Maisonneuve et Cie, 1872, réédité par la Librairie d'Amérique et d'Orient Jean Maisonneuve, Paris, 1984 Jean Varenne, Le Véda, Les Deux Océans, réédition 2003, Kreith Crim, General Editor, The Perennial Dictionary of World Religions, originally published as Abingdon Dictionary of Living Religions, 830 pages, Harpers and Row, Publishers, San Francisco, 1981 Gerhard J. Bellinger, Knaurs Grosser Religions Führer, 1986, traduction française préfacée par Pierre Chaunu sous le titre Encyclopédie des religions, 804 pages, Librairie Générale Française, Paris, 2000, Le Livre de Poche N. Stchoupak, L. Nitti et Louis Renou, Dictionnaire sanskrit-français, 897 pages, Librairie d'Amérique et d'Orient, Jean Maisonneuve Successeur, Paris 1932, réédition 1987 (réimpression, 2008). Jean Varenne, professeur à l'université de Provence, Grammaire du sanskrit 128 pages, Presses Universitaires de France, 1416, Paris 1971 . Malheureusement épuisé et remplacé sous le même numéro par Le sanskrit de Pierre-Sylvain Filliozat. Sâdhus, un voyage initiatique chez les ascètes de l'Inde, by Patrick Levy, Editions Pocket, 2011 .
Articles connexes Maharishi ou Maharshi Glossaire de la mythologie et de l'iconographie hindoues
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