Domfront est une ancienne commune française, située dans le département de l'Orne en région Normandie, peuplée de habitants, devenue le une commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Domfront en Poiraie..
Géographie Localisation Domfront est située à l'ouest du département français de l'Orne, dans le Passais, sur les bords de la Varenne.
Géologie et relief Une petite partie du territoire, à l'est, est couverte par la forêt d'Andaine.
Roches granitiques sur près de la moitié du territoire de la communeCarte géologique de la France, Domfront, par le BRGM..
Hydrographie Cours d'eau traversant la commune : la rivière la Varenne ; la rivière l'Andainette.
Climat
Climat classé Cfb dans la classification de Köppen et GeigerTable climatique..
Urbanisme Voies de communication et transports vignette|La traversée de Domfront via la puis la . Domfront était jusqu'après la Seconde Guerre mondiale desservie par deux lignes de chemin de fer. La ligne à double voie allant de Caen à Laval, par la correspondance à Flers, permettait la liaison vers Paris. Une ligne à une voie qui reliait Domfront à Alençon fut fermée dès les années 1950. La gare de Domfront était desservie par la ligne de La Chapelle-Anthenaise à Flers, fermée depuis 1996.
C'est aujourd'hui le réseau interurbain de l'Orne qui assure l'accès par transport en commun par ses lignes 22 (Domfront - La Ferté Macé - Bagnoles-de-l'Orne), 24 (Domfront - Lonlay-l'Abbaye - Flers) et 25 (Domfront - Saint-Bômer-les-Forges - Flers).
Risques naturels et technologiques La commune est située dans une zone de sismicité faibleDidacticiel de la règlementation parasismique..
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Donnifrontis, Damfrontis vers 1020, Domus Fronto en 1063Toponymie générale de la France, Ernest Nègre, page 415..
L'église catholique, avant d'utiliser sanctus pour honorer les saints, a longtemps utilisé dans ce but le latin dominus (« seigneur »). Dominus aboutit à Dom-.. Le personnage vénéré est Front de Passais (Fronto), ermite du .
Histoire Moyen Âge vignette|Les ruines de la chapelle Saint-Symphorien. Au Moyen Âge, le site fut le centre d'une région stratégique importante. Un premier village se serait installé autour d'une chapelle bâtie vers 540 par l'ermite Front.
En 1010, Guillaume de Bellême fait construire à la cime du rocher un premier château en bois, le château, formé de , dont la Grégoire-Jacques Lange, Éphémérides normandes, ou, Recueil chronologique, historique et monumental sur la Normandie, Caen, 1833.. Après sa mort, vers 1031, son petit-fils Geoffroy, fils de Guérin, comte de Mortagne, fut dépossédé de la forteresse par son oncle, Guillaume le Cruel, seigneur d'Alençon, et est à l'origine de la longue rivalité qui opposa les seigneurs de Mortagne et d'Alençon. Les cruautés de Guillaume d'Alençon amenèrent ses sujets à livrer Alençon et Domfront à Geoffroy Martel, comte d'Anjou. En 1048, ce dernier assiégea Domfront et s'en rendit brièvement maître. Guillaume Talvas en rentra en possession grâce à l'intervention du duc de Normandie.. Les habitants, excédés de la conduite de Guillaume le Cruel, se révoltèrent à nouveau et se donnèrent à troisième fils de Guillaume le Conquérant.
Henri Beauclerc, qui avait dû abandonner à son frère aîné Robert Courteheuse le Cotentin et toutes ses possessions en Normandie, parvient cependant à s'établir fortement à Domfront.. En 1092, il érige sur l'éperon rocheux un château fort en pierre avec son puissant donjon de forme quadrangulaire et la chapelle Saint-Symphorien, prieuré de l'abbaye de LonlayPanneau explicatif à l'entrée du parc du château.. La place forte, avec celles d'Argentan, d'Alençon et de Mortagne-au-Perche, fit partie de la ceinture de pierre d'.
Devenu roi d'Angleterre, afin d'éviter une guerre fratricide avec son frère aîné, Robert Courteheuse qui prétend au royaume d'Angleterre, à la fin de l'année 1101, abandonne à ce dernier le Cotentin et toutes ses possessions en Normandie, à l’exception de Domfront., et Robert renonce à l'Angleterre.
À la mort d', le capitaine de la place la livra à Étienne de Blois, comte de Mortain. Mathilde, fille et héritière , et son époux, Geoffroy Plantagenêt vinrent assiéger Domfront, qu'ils prirent après plusieurs assauts.
et Aliénor d'Aquitaine, sa femme, et Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre, leurs fils, y séjournent. Aliénor d'Aquitaine y tient en particulier une cour qui verra aussi le passage de sa fille Marie de Champagne (protectrice de Chrétien de Troyes qui l'accompagne). Wace fait aussi partie de cette cour, de même que Benoît de Sainte-Maure qui ne la nomme pas, mais fait son éloge dans son Roman de Troie, manière de dédicace.
Les deux premiers rattachent Domfront et sa région aux légendes arthuriennes...
En , Aliénor d'Aquitaine y accouche d'Aliénor d'Angleterre, future grand-mère de Saint Louis.. Peu avant la conquête Jean sans Terre, à bout de ressources et en quête de nouveaux expédients, vend et impose à la ville le statut communal.. Après la conquête de la Normandie continentale par Philippe Auguste en 1204, la place forte devient capétienne.
Pendant la guerre de Cent Ans, le château est occupé par les Anglais de 1356 à 1366 et de 1418 à 1450. Pendant l'été 1450, l'armée royale de reprend la place au bout de vingt jours de siège..
Au Moyen Âge et jusqu'en 1525, le bourg relève du comté d'Alençon, puis du duché-pairie.
Temps modernes En 1574, le chef des huguenots normands, , qui s'était retranché à Domfront après sa fuite de Saint-Lô., y fait sa reddition le , moyennant qu'il aura la vie sauve, lors du siège de la ville après l'arrivée de l'artillerie royale. En , la ville avait été reprise et Montgommery acculé dans le château avec quarante compagnons. Catherine de Médicis, faisant fi du serment de Matignon, le fait aussitôt juger par le Parlement de Rouen, réunie à Caen, suivi de son exécution par décapitation en place de grève le . En 1608, le château est démantelé sur ordre d'Hippolyte Sauvage : Domfront, son siège de 1574 et sa capitulation..
De 1633 à 1639, six ans durant la peste revient à nouveau à Domfront..
Révolution française et Empire Domfront fut chef-lieu du district de Domfront sous la Révolution puis devint chef-lieu de l'arrondissement de Domfront.
Époque contemporaine En 1863, Domfront ( en 1861) absorbe Saint-Front ()..
Guerre 1914-1918 Lors de la Première Guerre mondiale, le du d'infanterie qui était hébergé dans la caserne Laharpe partit le . L'état-major du d'infanterie était hébergé à Mayenne. Ce régiment, incorporé dans la d'infanterie, subit des pertes effroyables le sur le front de Belgique autour de Virton et Ethe. Cette division mutée dans différents corps d'armée participa à toutes les grandes batailles de cette guerre.
Entre-deux-guerres Le , à la suite du décret Poincaré, Domfront perd sa sous-préfecture et les cantons sont répartis entre les arrondissements d'Alençon et d'Argentan. Entre 1935 et 1937, la question des « bouilleurs de cru » secoue une large partie de la Normandie, et dès 1935, éclate dans l'Orne une révolte contre la Régie qui s'étend très vite au bocage virois et atteint notamment Domfront, ainsi que Mortain, Vire, Barenton, Tinchebray.
Guerre 1939-1945 vignette|Plaque de la rue du 14-juin-1944.
En , les Domfrontais pleurent en regardant le du descendre vers la gare. Ce régiment fut incorporé dans la d'infanterie, dans la , dans le groupe d'armée sous les ordres du général Prételat. Cette armée, disposée derrière la ligne Maginot ne combattit qu'après la chute de Dunkerque. Le fut totalement fait prisonnier.
Sous l'Occupation, trois entités allemandes furent permanentes à Domfront : dans les locaux de la gendarmerie, une représentation de l'administration allemande de l'occupation qui effectuait les réquisitions ; dans la gare, le commandement d'une compagnie du génie qui contrôlait les voies ferrées ; et dans la caserne Laharpe, une unité de territoriaux qui gardait les tirailleurs sénégalais prisonniers de guerre qui y étaient détenus. Les fonctions de police allemande étaient assurées par la section du SD d'Alençon et, pour les affaires graves, par celle de Rouen.
L'occupation se durcit en et les Allemands obligent des Domfrontais à construire des ouvrages destinés à renforcer la défense de Domfront en cas de débarquement, et à travailler à l'aménagement d'un parc de munitions et de carburant dans la forêt d'Andaine. Le , un soldat allemand ayant été blessé dans la nuit, le maire , est requis pour désigner des otages. Celui-ci, ayant refusé, fut destitué et des Domfrontais furent pris au hasard dans les rues par des policiers allemands venus d'Alençon. Certains furent déportés en AllemagneLa bataille de Normandie, Récits de témoins, tome 1, pages 317 et suivantes..
Domfront, située entre le dépôt de munitions de la forêt d'Andaine et Mortain, où eut lieu la grande contre-attaque allemande, et surtout le quartier de la gare (Notre-Dame de nos jours), eurent à subir de nombreuses attaques aériennes alliéesLa ville de Domfront détruite après les bombardements des alliés.. Les bombardements les plus meurtriers furent celui du vendredi en soirée (vingt-quatre avions bimoteurs) sur la gare qui tua huit personnes et un enfant, et celui du sur la ville basse par des bombardiers B17, qui tua et détruisit ..Plaque de rue du-14 juin-1944.. Au total trente-six civils (qui n'étaient pas tous des Domfrontais, chiffre incertain) furent tués lors des vingt-quatre attaques aériennes, principalement sur la gare.
Le , une unité blindée de Waffen-SS venant de Flers traversa le quartier de la gare en direction de Saint-Mars-d'Égrenne pour attaquer vers Mortain. Après la défaite allemande devant Mortain, ce qui restait des unités blindées se replia sur Falaise, et seules des troupes de basse combativité gardèrent Domfront. Le , les forces américaines, échaudées par l'épisode mortenais, tirèrent au canon sur la ville au hasard. Des Domfrontais décidèrent d'aller à leur rencontre pour faire cesser ces tirs et les aider à entrer dans la ville. Le , un pompier réussit à les rallier sur la route de Saint-Mars et guida une colonne (sept véhicules) qui contourna la ville par l'ouest. Elle passa par Saint-Gilles-des-Marais et La Haute-Chapelle où elle captura une compagnie allemande sur le tertre Sainte-Anne ( sur les cartes d'état-major), puis passa à pied le pont de Caen qui était miné. Elle captura une pièce d'artillerie à la ferme des Balères, puis passa par le Pissot et entra dans Domfront par le nord, par l'escalier qui est juste derrière l'hôtel de ville.
D'autres troupes américaines étaient déjà entrées dans la ville par le sud et les forces allemandes encore dans la ville se voyant encerclées se rendirent sans combat. Certains soldats allemands, souvent des malgré-nous prélevés du front d'URSS, semblaient plutôt soulagés, mais les officiers étaient très vexés. Il n'y eut aucun tué lors de la libération de la ville.
Le nombre de civils tués, ramené au tonnage de bombes lancées sur Domfront et la gare, fut relativement réduit. Cela fut dû à trois facteurs : les voies de communication ne traversent pas la ville ancienne qui était plus peuplée à l'époque ; la défense passive réussit à convaincre les Domfrontais d'évacuer les abords des voies de communications ; les aviateurs faisaient un passage à blanc sur l'objectif et revenaient bombarder en laissant ainsi un peu de temps aux civils pour s'éloigner, ne serait-ce que d'une ou deux centaines de mètres.
Pendant la bataille de Normandie, les Allemands réquisitionnèrent l'hospice de vieillards et l'orphelinat de Perrou pour y installer un hôpital militaire. À leur arrivée, les Américains installèrent un hôpital entièrement mobile près du manoir de la Guyardière où était replié l'hôpital civil de Domfront.
La commune a été décorée, le , de la croix de guerre 1939-1945Communes décorées de la Croix de guerre 1939 - 1945 ..