Le Bas-Rhin (Prononciation en français standard retranscrite phonétiquement selon la norme API.) est un département français situé dans la région Grand Est. C'est une circonscription administrative, territoire de compétence des services de l'État, dont la préfecture est située à Strasbourg. L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et La Poste lui attribuent le .
Le Bas-Rhin était également une collectivité territoriale, à savoir une personne morale de droit public différente de l'État, investie d'une mission d'intérêt général concernant le département, compris en tant que territoire. Le , cette collectivité a fusionné avec le Haut-Rhin pour former la collectivité européenne d'Alsace.
Ses habitants sont appelés les « Bas-Rhinois ». Le département est frontalier de l'Allemagne avec laquelle il partage des liens de longue date et une histoire commune.
Dénomination Il s'agit du dernier département français à avoir conservé le terme « bas » dans son nom. Les autres départements qui étaient concernés ont préféré changer de dénomination, jugeant ce qualificatif peu valorisant. Exemples : les Basses-Pyrénées devenues en 1969 les Pyrénées-Atlantiques ou les Basses-Alpes devenues en 1970 les Alpes-de-Haute-Provence. Le même phénomène a été observé pour les départements « inférieurs » (Charente-Inférieure devenue Charente-Maritime en 1941, Seine-Inférieure devenue Seine-Maritime en 1955 ou Loire-Inférieure devenue Loire-Atlantique en 1957).
Histoire
vignette|<center>Département du Bas-Rhin en 1852.
Le département a été créé à la Révolution française. Le , l'Assemblée nationale constituante décréta : « — Que l'Alsace sera divisée en deux départements dont Strasbourg et Colmar ser[o]nt les chefs-lieux ; — Que le département de Strasbourg sera subdivisé en trois districts [...] ; — Que les terres des princes allemands, possédées en souveraineté par la France, seront comprises dans la division des districts ; — Que Landau, enclavé dans le Palatinat, aura une justice particulière [...] ». Le en application de la loi du , à partir de la moitié nord de la province d'Alsace (Basse-Alsace).
Les limites du Bas-Rhin furent modifiées à de nombreuses reprises :
en 1793, il absorba les territoires suivants, nouvellement annexés par la France : le comté de Sarrewerden (Bouquenom et Sarrewerden étaient rattachés à la Moselle de 1790 à 1793) ; le comté de Drulingen ; la seigneurie de Diemeringen ; la seigneurie d'Asswiller, domaine de la famille de Steinkallenfels ; plusieurs communes du PalatinatDécret du , qui réunit à la France trente-deux communes sur les bords du Rhin : « La Convention nationale, après avoir entendu le rapport de son comité diplomatique, déclare, au nom du peuple français, qu'elle accepte le vœu librement émis par le peuple souverain des villes et communes suivantes : Berglabren, Glengenmenster, Billirchein, Oberhofen, Barbelrod, Winten, Dierbach, Pleisweiler, Klingen, Oberhausen, Kleishorbach, Fiderhorbach, Kleiszellen, Kaplen, Herchiersveiler, Horbach, Erlebach, Mertzheim, Steinweiler, Volsfisbeim, Appenhoffen, Heichelheim, Mulheffen, Volmersheim, Nidershorst, Oberhorst, Effingen, Aldorff, Germersheim, Freisbach, Ilvesheim, enclaves et dépendances, dans leurs assemblées primaires, pour leur réunion à la France, et, en conséquence, lesdites villes et communes font partie intégrante de la République française. — Les commissaires de la Convention nationale dans les départements de la Meurthe, de la Moselle et du Bas-Rhin sont chargés de prendre toutes les mesures pour l'exécution des lois de la République dans lesdites villes et communes, ainsi que de faire parvenir à la Convention nationale tout ce qui peut lui servir à fixer définitivement leur organisation. — Ces villes et communes formeront le cinquième district du département du Bas-Rhin. Le chef-lieu [de ce district] sera Landau ». ; en 1795Décret du (), « qui réunit au district de Senones plusieurs communes du district de Schelestadt »., la région de Schirmeck – qui ne parlait pas l'alsacien – lui fut retirée (district de Sélestat) et rattachée aux Vosges (district de Senones)Décret du 30 pluviôse an III () : « Les communes de Russ, Wisches, Schirmeck, Rothau, Neuviller, Natzwiller, Wildersbach, Waldersbach et Barembach, faisant partie du district de Sélestat, département du Bas-Rhin, sont et demeurent réunies au district de Senones, département des Vosges ». ; en 1808, des territoires à l'est du Rhin lui furent rattachés, en particulier la ville de Kehl ; en 1814, à la suite du premier traité de Paris, il gagna des territoires au nord de la Lauter, provenant de l'ancien département du Mont-Tonnerre, notamment la ville de LandauTraité de paix signé, à Paris, le , article 3 : « 5° La forteresse de Landau ayant formé, avant l'année 1792, un point isolé dans l'Allemagne, la France conserve au-delà de ses frontières une partie des Départements du Mont-Tonnerre et du Bas-Rhin, pour joindre la forteresse de Landau et son rayon au reste du Royaume. La nouvelle démarcation, en partant du point où, près d'Obersteinbach (qui reste hors des limites de la France), la frontière entre le Département de la Moselle et celui du Mont-Tonnerre atteint le Département du Bas-Rhin, suivra la ligne qui sépare les cantons de Weissenbourg et de Bergzabern (du côté de la France), des cantons de Pirmasens, Dahn et Anweiler (du côté de l'Allemagne), jusqu'au point où ces limites, près du village de Wolmersheim, touchent l'ancien rayon de la forteresse de Landau. De ce rayon, qui reste ainsi qu'il était en 1792, la nouvelle frontière suivra le bras de la rivière de la Queich, qui, en quittant ce rayon près de Queichheim (qui reste à la France), passe près des villages de Mertenheim, Knittelsheim et Belheim (demeurant également Français), jusqu'au Rhin, qui continuera ensuite à former la limite de la France et de l'Allemagne »., mais il perdit tous les territoires à l'est du RhinTraité de paix signé, à Paris, le , article 3 : « 5° [...] Quant au Rhin, le thalweg constituera la limite, de manière cependant que les changements que subira par la suite le cours de ce fleuve, n'auront à l'avenir aucun effet sur la propriété des îles qui s'y trouvent. L'état de possession de ces îles sera établi tel qu'il existait à l'époque de la signature du Traité de Lunéville ». ; en 1815, à la suite du second traité de Paris, il perdit tous les territoires au nord de la LauterTraité de paix signé, à Paris, le 20 novembre 1815, article premier : « Les frontières de la France seront telles qu'elles étaient en 1790, sauf les modifications de part et d'autre qui se trouvent indiquées dans l'article présent. 1° [...] Des limites du pays de Sarrebruck, la ligne de démarcation sera la même qui sépare actuellement de l'Allemagne les départements de la Moselle et du Bas-Rhin jusqu'à la Lauter, qui servira ensuite de frontière jusqu'à son embouchure dans le Rhin. Tout le territoire sur la rive gauche de la Lauter, y compris la place de Landau, fera partie de l'Allemagne ; cependant la ville de Wissenbourg, traversée par cette rivière, restera toute [sic] entière à la France, avec un rayon, sur la rive gauche, n'excédant pas mille toises, et qui sera plus particulièrement déterminé par les commissaires que l'on chargera de la délimitation prochaine. 2° À partir de l'embouchure de la Lauter, le long des départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin, du Doubs et du Jura, jusqu'au canton de Vaud, les frontières resteront comme elles ont été fixées par le Traité de Paris. Le Thalweg du Rhin formera la démarcation entre la France et les États de l'Allemagne ; mais la propriété des îles, telle qu'elle sera fixée à la suite d'une nouvelle reconnaissance du cours de ce fleuve, restera immuable, quels changements que subisse ce cours par la suite du temps. Des commissaires seront nommés de part et d'autre par les Hautes Parties Contractantes, dans le délai de trois mois, pour procéder à ladite reconnaissance. La moitié du pont entre Strasbourg et Kehl appartiendra à la France, et l'autre moitié au Grand-duché de Bade [...] ». et le département est occupé par les troupes badoises et saxonnes de à novembre 1818 (voir occupation de la France à la fin du Premier Empire) ; Obersteinbach était une commune de Moselle en 1793, puis fut transférée au Bas-Rhin en 1833 ; en 1871, il fut annexé par l'Empire allemand (par le traité de Francfort) et devint alors le district de Basse-Alsace au sein de l'Alsace-Lorraine ; en 1919, il redevint français (traité de Versailles) et garda les territoires que l'Allemagne avait pris au département des Vosges en 1871 (canton de Schirmeck et canton de Saales) ; de 1940 à 1944, le district de Basse-Alsace est rétabli pendant l'occupation allemande ; en 1944, Kehl lui est de nouveau rattachée avant d'être rétrocédée à la République fédérale d'Allemagne en 1953 ; en 1956, le département est inclus dans la région Alsace nouvellement créée ; le , à la suite d'un référendum, rejet de la création d'une collectivité territoriale unique en Alsace par fusion de la région Alsace et des deux départements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin ; : le Bas-Rhin et le Haut-Rhin fusionnent au sein de la collectivité européenne d'Alsace. Les deux circonscriptions administratives et leurs préfectures sont néanmoins maintenues.
Héraldique
Géographie
vignette|80px|Borne délimitant les deux départements alsacienssur la D35 entre Saint-Hippolyte (Haut-Rhin) et Orschwiller (Bas-Rhin).</center>
Le département du Bas-Rhin est situé dans le quart nord-est de la France et au sud-ouest de l'Allemagne. Il est limitrophe des départements du Haut-Rhin au sud, des Vosges et de la Meurthe-et-Moselle au sud-ouest, de la Moselle à l'ouest, ainsi que des Länder du Bade-Wurtemberg et de la Rhénanie-Palatinat à l'est le long du Rhin et au nord.
Le « champ du Feu » est le point culminant du Bas-Rhin au Ban de la Roche, à 1 098 mètres d'altitude.
Climat
Économie
Budget et fiscalité Les comptes des communes du Bas-Rhin – Collectivité européenne d'Alsace – Grand Est.
Démographie
Les habitants du Bas-Rhin sont les « Bas-Rhinois ».
En 2013, le Bas-Rhin compte quelque de et plus et de et plus..
Communes les plus peuplées
Les résidences secondaires
Selon le recensement général de la population du , 2,3 % des logements disponibles dans le département étaient des résidences secondaires.
Ce tableau indique les principales communes du département du Bas-Rhin dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10 % des logements totaux en 2008 :
Commune Population SDC Nombre de logements Rés. secondaires % Rés. secondaires Le Hohwald 492 557 305 % Albé 476 366 166 % Plaine 965 636 215 % Wangenbourg-Engenthal 786 206 % Grendelbruch 685 150 % Bœrsch 220 %
Source Insee : , chiffres au .
Politique et administration Les personnalités exerçant une fonction élective dont le mandat est en cours et en lien direct avec le territoire du département du Bas-Rhin sont les suivantes :