La croix occitane (en occitan : crotz occitana), ou croix du Languedoc est une croix servant d’emblème à l’Occitanie, et, depuis la réforme territoriale de 2015, à la région administrative de même nom.

D'origine pluriséculaire, sa provenance et sa signification sont encore sources d'indécisions.

De façon générale, la croix occitane symbolise le « domaine occitan », zone des parlers romans s'étant distingués à partir du des parlers d'oïl d'où est issu le français. Cette zone s'étend de l'ancien comté de Nice jusqu'à la côte aquitaine, et du littoral méditerranéen, jusqu’au grand tracé naturel courant de l'estuaire de la Gironde, aux vallées occitanophones des Alpes italiennes, ainsi qu'au Val d'Aran, dans la communauté autonome de Catalogne.

Noms La croix occitane porte plusieurs noms, d'abord , , portée par la dynastie Raimondine, , et actuellement par allusion à la , emblème de la région d’.

Origines La croix occitane figure sur de nombreux blasons ou logos de régions, villes, organismes et associations des pays occitans, entre Italie et Espagne.

Sous l'Ancien régime, elle était l'emblème de la province du Languedoc..

Ses origines sont incertaines et ses significations diverses, solaires, zodiacales, voire ésotériques. La croix occitane, caractérisée par ses douze perles ou pommettes, apparaît dès la deuxième moitié du sur les blasons des comtes de Toulouse, puis sera depuis abondamment reprise.

thumb|Entrée armo du Tresor du Félibrige

Les comtes de Toulouse, de Provence et le comte de L'Isle (L'Isle Jourdain) ayant participé aux première et deuxième croisades en Terre sainte, ils se sont établis en la ville de Tortose, dans le comté de Tripoli sur lequel régnait Guillaume Jourdain. La croix présente à Tortose marquait les douze apôtres de Jésus en douze pommettes d'or.

Au , elle est devenue la croix du comté de Toulouse, et à partir de 1211 la croix de Toulouse.

Une origine thumb|upright| vignette|upright|On trouve la première représentation sculptée de la croix dans la vieille nef de la cathédrale de Toulouse (1211)

vignette|upright|Revers du sceau du comte Raymond VI de Toulouse figuré à cheval avec un écu chargé de cette croix (1204)

Elle figure au sur une charte de l'abbaye Saint-Victor de Marseille, et dans les armes de plusieurs seigneurs provençaux liés à cette abbaye. Cette indication n'est pas retenue par Laurent Macé dans La Majesté et la croix (2018).

Selon Antoine de Ruffi, elle apparaîtrait au , dans l'entourage des vicomtes de MarseilleAntoine de Ruffi, Histoire de la ville de Marseille, éd., Henri-Martel Imprimeur-Libraire, 1696, potentiellement avec Guillaume de Provence, dit Guilhem le Libérateur, resté célèbre pour avoir vaincu et chassé en 973 les Sarrazins de la Provence.

En 1095, le pape Urbain II confirme les armes de Raymond de Saint Gilles avant son départ en 1096 pour la première croisade.

Cependant on ne connaît pas de sceau de Raymond IV et les armoiries n'apparaissent qu'au Michel Pastoureau, Traité d'héraldique, A. et J. Picard, 1979..

Adoption par les comtes de Toulouse L. Jéquier, C'est à la suite du mariage du comte de Toulouse, Guillaume III Taillefer, avec Emma de Provence vers 1019, fille de Roubaud de Provence que la croix de Provence est passée à la maison de Toulouse devenant désormais une croix ancêtre de la croix dite "de Toulouse" puis bien plus tard "croix du Languedoc". On la retrouve dans "Les origines des armoiries", Académie internationale d'héraldique, actes du colloque international d'héraldique, Paris, Éd. Le Léopard d'or, 1983, . Selon Henri Rolland, archéologue, historien numismate, elle apparaît au à Venasque en ProvenceHenri Rolland, revue "Provence historique" T. 1, fasc. 1, juillet-septembre 1950Henri Rolland, « L’Origine provençale de la croix de Toulouse », Provence historique, vol. 1, no 1, juillet-septembre 1950, . Lire en ligne. En 1125 lors du traité de partage de la Provence entre les comtes de Barcelone/Aragon et les comtes de Toulouse, ces derniers hériteront du marquisat de Provence.

En 1150, le choix comme emblème par Raymond V de Toulouse de ce qui sera appelé par la suite la « croix occitane » est une riposte à son rival le roi d’Aragon Raimond Berenger III, qui venait d’adopter pour blason un écu chargé de quatre pals « sang et or ». Le Toulousain reprend les mêmes couleurs en inversant le dispositif visuel : le rouge symbolise le pouvoir des empereurs romains. Raymond VI conserva la bulle de son père en la modifiant légèrement, et c’est seulement avec la croisade contre les Albigeois que cette croix provençale devint vraiment toulousaine : dans la Canso, Guillaume de Tulède qui relate ces évènements en qualifie la croix de ramondenca, traduit par croix raimondenque (tandis que les seigneurs toulousains sont dits raimondins). Des représentations de cette croix associée au comté de Toulouse se trouvent d'une part sur une clef de voute de la cathédrale de Toulouse datable de 1211, d'autre part sur le revers du sceau de Raymond VI de Toulouse daté de 1204, où le comte est figuré à cheval avec cette croix évidée et pommetée sur son écu. Elle devient alors le symbole de l’opposition au lion de Simon de Montfort. L'avers du sceau représente le comte assis en majesté, tenant son épée, avec au-desus de son épaule le château Narbonne qui figure sur les armoiries de Toulouse<ref name="Macé">Laurent Macé, La Majesté et la croix, Tempus, Toulouse, 2018.</ref>.

Plus précisément, après le denier du marquisat de Provence de 1150, on trouve de nombreuses croix aux douze pommettes sur le sceau de Raymond V de 1156, sur une bulle à Melgueil (Mauguio) en 1181Archives départementales de l'Hérault, cote 55H11., sur un sceau de Guilhem IV de Forcalquier en 1193, sur le sceau de Raymond VI de Toulouse en 1204, sur le sceau de la ville de Toulouse de 1211, sur un sceau de Raymond VII en 1222 et sur des bulles du même comte.. En 1243 est créé un nouveau sceau de la ville de Toulouse ; dans la même période, la croix figure sur les sceaux de plusieurs villes : Castelsarrasin, Fangeaux, Gémil, Marmande, Mézin, Moissac, Molière, Montcuq, Najac, Penne-d'Agenais, Port-Saint-Marie, Verdun sur GaronneBrigitte Bedos, Corpus des sceaux français du Moyen Âge, Archives nationales, 1980..

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thumb|Croix occitane

Héraldique « De gueules, à la croix vidée, cléchée et pommetée de 12 pièces d'or » : Sur fond rouge, une croix évidée, les branches en forme d'anneau de clé ouverte (laissant voir le champ) avec 12 "pommes" (ronds) garnissant les pointes, l'ensemble de couleur or. thumb|upright

Significations Hypothèses vignette|Place du Capitole de Toulouse, la croix avec sur les pommettes, les 12 signes astrologiques Compte-tenu des diverses hypothèses de provenance de la croix occitane, les douze « pommettes » peuvent être interprétées de diverses façons, cependant aucune ne peut-être prise de façon catégorique. Supposition astrologique avec les douze signes. La place du Capitole de Toulouse sur son parvis, a apposé les douze signes astrologiques sur la représentation de la croix occitane. Suppositions mythologiques avec la mythologie grecque, Gaïa et Ouranos, ayant donné naissance à douze Titans, et Héraclès avec les douze travaux d'Hercule. Suppositions religieuses avec les douze apôtres ; les douze fils de Jacob ayant donné naissance aux douze tribus d’Israël. Supposition solaire, les quatre branches pourraient symboliser les quatre saisons, et chaque pommettes un mois de l'annéeMairie de Toulouse.

Selon Bertrand de la FargeBertran de la Farge, "Petit Précis; la Croix Occitane", Loubatières, 2000, page 71, la croix occitane pourrait provenir d'une synthèse entre la croix tréflée d'origine copte (croix de Saint-Maurice) et une croix byzantine. D'autres érudits ont mis en avant des influences wisigothiques. Pour Pierre SaliesRevue Archistra d'octobre-novembre 1994, et de décembre 1994, , cette figure aurait été composée dans l'entourage des comtes de Toulouse, lors des premières croisades, notamment par Baudoin de L'Isle-Jourdain qui adopta la même croix pour son blasonnement lors de ses croisades avec les comtes de Toulouse.

Appellations et représentations De gueules, à la croix cléchée, pommetée d'or, la croix occitane est aussi appelée croix des comtes de Toulouse, croix de Toulouse, croix du Languedoc, croix de Midi-Pyrénées, et croix d'Occitanie. Selon ses représentations, l'héraldique peut varier, ses couleurs ne sont pas limitées au rouge et à l'or, ni sa forme, certains blasons utilisent d'autres combinaisons comme : La commune de Travaillan « D'azur à la fasce échiquetée de gueules et d'argent de trois tires, accompagné en chef d'une étoile de seize rais d'or et en pointe d'une croisette cléchée, vidée et pommetée de douze pièces du même. » La commune de Saint-Didier : « Écartelé d'or et de gueules, à la croix cléchée, vidée et pommetée de douze pièces de l'un en l'autre. » La commune de Méthamis : « Écartelé : au premier et au quatrième d'or à la bande d'azur, au deuxième et au troisième de gueules plain ; sur le tout d'argent à la croix cléchée, vidée et pommetée de douze pièces de gueules. » La commune de Garanou : « Au de gueules au pont isolé d'une arche, d'or, maçonné de sable, d'où s'écoule une rivière sinueuse d'argent, posée en pal, au d'azur à trois gerbes d'or, liées de gueules ; le tout sommé d'un chef de sinople au sautoir d'argent et à la croix cléchée, pommetée de douze pièces d'or, remplie de gueules et brochant en abîme sur le sautoir. »Armorial de France La commune de Montségur : « De gueules à la croix cathare d’or. »Armorial de France Ariège La commune d'Aucamville : « D'argent à l'hôtel de ville du lieu du même couvert de gueules, mouvant des flancs ; au canton dextre du chef écartelé d'or et de gueules à la croix cléchée, vidée et pommetée de douze pièces brochant de l'un en l'autre, et au canton senestre d'or chargé d'une plante de violette de trois pièces au naturel. »Armorial de France La commune de Blagnac : « parti, au premier de gueules à l’écusson du même à la croix cléchée, vidée et pommetée de douze pièces d’or, au second d’azur à l’écusson parti au premier du champ semé de fleurs de lys d’or et au second de gueules semé de châteaux donjonnés d’or ouverts de gueules, le tout aux deux clefs adossées et entrelacées d’or. » La commune de Bruguières : « écartelé : au premier et au quatrième d'azur à la croix cléchée, vidée, pommetée de douze pièces d'or, au second et au troisième de gueules aux trois bandes d'or. » La commune de Labarthe-sur-Lèze : « Taillé : au 1er mi-taillé d’azur à la croix cléchée, vidée et pommetée de douze pièces d'argent, au mi-taillé d’argent à l'arbre d'azur posé sur une tierce ondée d’azur. »Armorial des communes de la Haute-Garonne La commune de Peguilhan : « D’argent à la croix cléchée et pommetée de douze pièces d’or, remplie de gueules. » Blasons des régions et départements français

Blasons des communes françaises Département des Alpes-de-Haute-Provence :

Département des Hautes-Alpes :

Département de l'Ardèche :

Département de l'Ariège :

Département de l'Aude :

Département de l'Aveyron :

Département du Cantal :

Département de la Creuse :

Département de la Dordogne :

Département du Gard :

Département du Gers :

Département de la Haute-Garonne :

Département de l'Hérault :

Département de la Haute-Loire :

Département du Lot :

Département de Lot-et-Garonne :

Département du Pyrénées-Orientales :

Département du Puy-de-Dôme :

Département du Tarn :

Département de Tarn-et-Garonne :

Département du Vaucluse :

Département de la Vienne :

Département de la Haute-Vienne :

Département de l'Essonne :

Autres pays

Province de Gérone

On trouve la croix occitane dans l'enceinte de la cathédrale de Gérone, ainsi que dans les appartements des prélats.

Land de Bavière

La croix occitane orne certains édifices religieux comme à Augsbourg et Heidelberg.

Algérie