Ernest Pichio (dit « Piq »), né le à ParisArchives de Paris, État civil reconstitué, V3E/N 1804, vue 21 sur 51. et mort dans cette même ville le Archives de Paris, Registre des décès du 4 arrondissement, 1893 (V4E 8245), acte du 22 août (vue 24 sur 27)., est un artiste peintre et homme politique français.

Opposant républicain au Second Empire et peintre, il participe à la Commune de Paris puis continue son activité artistique sous la Troisième République.

Biographie

Premières années, militantisme républicain et Commune de Paris Né dans l'ancien arrondissement de Paris, Louis-Ernest Pichio est le fils de Thérèse-Rosalie-Victoire Simonet et de Jean-Baptiste-Antoine Pichio.

Ernest Pichio se consacre tout d'abord aux arts industriels et travaille comme graveur, dessinateur et chimiste, avant de diriger une fabrique de bijoux. Vers 1860, il étudie la peinture auprès de Juan Vialle et d'Auguste Couder afin de devenir artiste. Il expose ses œuvres au Salon dès 1864.

Opposant au Second Empire, il accueille dans son atelier une importante réunion républicaine avant les élections législatives de 1869La Justice, 24 août 1893, ..

La même année, il peint une toile rendant hommage au député Alphonse Baudin, tué alors qu'il prenait part au soulèvement républicain contre le coup d'État du 2 décembre 1851. Refusé au Salon de 1869, le tableau est reproduit par le photographe Pierre Petit, mais la diffusion de cette photogravure est interdite par le ministère de l'IntérieurLe Rappel, 28 août 1869, .. Commentée par la presse, cette tentative de censure contribue au succès de l’œuvre, dont des gravures de contrefaçon sont bientôt vendues sous le manteauLe Rappel, 7 octobre 1869, .. Le tableau est finalement exposé au Salon de 1870, sous l'influence de la libéralisation du régime.

Pendant le siège de Paris, Pichio est l'un des délégués du Comité de défense du arrondissement, qui œuvre à la formation de bataillons de gardes nationauxLe Petit Journal, 23 septembre 1870, . et vend à prix coûtant des denrées aux assiégésLe Rappel, 29 septembre 1870, .. Partisan de la Commune, il est élu membre de la commission de la Fédération des artistes le Journal officiel de la République française (Commune), , 22 avril 1871, .. Du 23 au , pendant la Semaine sanglante, il se cache avec son ami André Gill dans les caves du théâtre de ClunyJean Valmy-Baysse (présentation par Jean Frappat), André Gill l'impertinent, Paris, éditions du Félin, 1991, .. vignette|372x372px|Ernest Pichio en 1871 durant la Commune de Paris.

Sous la Troisième République En 1875, il souhaite présenter au Salon Le Triomphe de l'ordre, une grande toile évoquant les exactions de la Semaine sanglante suivant le modèle du Tres de mayo. Jugeant le sujet encore trop politiquement sensible, le marquis de Chennevières, directeur des Beaux-arts, refuse l’exposition de cette œuvreLe Figaro, 4 avril 1875, .. Quatre ans plus tard, le ministère de l'Intérieur censure la diffusion de reproductions photographiques d'une autre œuvre de Pichio consacrée à la répression de la Commune et au drame du mur des Fédérés, La Veuve du fusilléLa Presse, 4 septembre 1879, ..

Après avoir longtemps vécu au de la rue Bréda et après avoir eu un atelier à Billancourt, Pichio emménage avant 1892Le Figaro, 17 février 1892, . au de la rue du Figuier, dans l'ancien hôtel de Sens, dont il occupe la tourelle de droite ainsi qu'une salle du deuxième étage pour son atelierCharles Sellier, Anciens hôtels de Paris, Paris, Honoré Champion, 1910, .. C'est là qu'il meurt le . Le , au terme de funérailles civiles, son corps est inhumé au cimetière de Bagneux puis transféré le au cimetière du Père-Lachaise ( division)Archives de Paris - Registres journaliers d'inhumation : cimetière de Bagneux (vue 12/31), cimetière du Père Lachaise (vue 25/31)., où sa tombe est ornée d'un buste en pierre sculpté par GarraudJules Moiroux, Le Cimetière du Père Lachaise, Paris, Mercadier, 1908, ..

Moins d'un an plus tard, sa veuve meurtLe Rappel, 17 mars 1894, . en laissant deux orphelins, Jessa et Achille, qui seront recueillis par l'ancien communard Raoul Urbain.

Œuvres

Références

Voir aussi Bibliographie Émile Bellier de La Chavignerie et Louis Auvray, Dictionnaire général des artistes de l'École française depuis l'origine des arts du dessin jusqu'à nos jours : architectes, peintres, sculpteurs, graveurs et lithographes, t. II, Paris, Renouard, 1885, . Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du XIX siècle, t. XII, Paris, 1874, .

Liens externes

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