Les remparts de Toulouse sont les fortifications érigées entre les pour protéger la ville de Toulouse, en France.

Un premier rempart monumental est élevé par les Romains vers 30 autour de la ville nouvelle de Tolosa. Ce rempart de prestige, sans fonction militaire, montre l'importance de la jeune colonie romaine. Le rempart est agrandi et surtout complété, au Bas-Empire, par la construction de tours défensives, alors que les incertitudes du pèsent sur la ville.

Il est entretenu au début du Moyen Âge, mais il est en grande partie détruit au cours de la Croisade des albigeois, sur l'ordre de Simon de Montfort en 1209, puis sur injonction du traité de Meaux en 1229. Il est partiellement reconstruit au cours du , lors de la guerre de Cent Ans. Dans le même temps, les remparts des deux principaux faubourgs de la ville, autour de Saint-Sernin et sur la rive gauche de la Garonne, sont également élevés. Au début du , face à la menace espagnole, dans le cadre de la lutte entre le roi François et l'empereur Charles Quint, de nouveaux bastions sont aménagés pour défendre la ville.

Au , la vieille muraille enserre la ville. Les aménagements urbains du ont pour conséquence la démolition de la plupart des éléments du rempart, qui est aujourd'hui presque entièrement disparu. Les éléments subsistants sont pour la plupart protégés au titre des monuments historiques.

Histoire Les remparts romains

Les transformations des remparts romains au Haut Moyen Âge

Les nouvelles enceintes des faubourgs

Les réaménagements à l'époque moderne

Les destructions contemporaines

Protection et mise en valeur

Éléments subsistants Rempart du Bas-Empire Le musée de l'Institut catholique de Toulouse conserve un pan de de long d'un rempart romain tardif et les traces d'un fossé le long de ce rempart. Il a probablement été construit au , dans le contexte des incertitudes politiques de l'empire et des migrations de peuples germains. Il longe la Garonne et la Garonnette, s'appuyant sur la terrasse de la Garonne, et permet de renforcer la protection de la ville du côté du fleuve, à l'ouest. Il est construit en briques, sur un soubassement qui intègre de nombreux éléments de récupération, en particulier des fragments de statues et de chapiteaux antiques, provenant peut-être des monuments funéraires de la nécropole de la voie aquitaine. En 1963, il est classé monument historiqueMathieu Soler, « Fiche d'information détaillée Patrimoine Architectural: IA31170061 », Inventaire général Région Occitanie, Ville de Toulouse, sur le site Urban-Hist, Archives municipales de Toulouse, 2014, consulté le 29 août 2017..

Rempart de la maison Seilhan

Le pan de rempart gallo-romain conservé dans la maison Seilhan, sur la place du Parlement (actuels ) permet d'observer le mode de construction du rempart. Les fondations sont coulées sur de largeur et de profondeur. Le mur du rempart est épais de . Les faces extérieures sont élevées en brique et des murettes transversales, également en brique, les relient à intervalles réguliers, formant des caissons remplis d’opus caementicium, un mélange de mortier de chaux et de galets tirés du lit de la Garonne. Ce système de construction, adapté de systèmes grecs, est unique dans l'empire romainMathieu Soler, « Fiche d'information détaillée Patrimoine Architectural: IA31170052 », Inventaire général Région Occitanie, Ville de Toulouse, sur le site Urban-Hist, Archives municipales de Toulouse, 2014, consulté le 29 août 2017..

Barbacane de la Porte du Château Au début du , une barbacane, désignée comme la barbacane du Château, est construite afin de protéger la Porte du Château. Elle est réaménagée en 1525 lors d'importants travaux qui visent à compléter le rempartJean Catalo, 2007.Jules Chalande, 1913, .. Elle est cependant détruite au début du dans le cadre du réaménagement de l'entrée sud de la ville. En 1830, un immeuble (actuel place du Parlement et allées Paul-Feuga) est construit à son emplacement, conservant une partie du mur de cette barbacane, qui sert de mur mitoyen avec les immeubles voisins (actuels avenue Maurice-Hauriou et rue des Renforts)Louise-Emmanuelle Friquart et Laure Krispin, « Fiche d'information détaillée Patrimoine Architectural: IA31131553 », Inventaire général Région Occitanie, Ville de Toulouse, sur le site Urban-Hist, Archives municipales de Toulouse, 2006, consulté le 29 août 2017.. Depuis 1993, il est inscrit sur l'inventaire supplémentaire des monuments historiques.

Porte narbonnaise et Château narbonnais

La Porte narbonnaise était une des quatre portes de l'enceinte romaine, au débouché sud du cardo maximus, permettant de donner accès à la voie aquitaine. Elle était voûtée et protégée par deux tours à talon à base polygonale. Elle était construite de petits moellons de calcaire et des briques. Le mur du rempart et les tours sont conservés sur d’élévationMathieu Soler, « Fiche d'information détaillée Patrimoine Architectural: IA31170056 », Inventaire général Région Occitanie, Ville de Toulouse, sur le site Urban-Hist, Archives municipales de Toulouse, 2014, consulté le 29 août 2017.. Au Moyen Âge, le château des comtes de Toulouse, le Château narbonnais, se développe sur la Porte narbonnaise : siège du pouvoir comtal du au , il est occupé par la suite par les institutions royales, en particulier le Parlement après 1443. Le vieux château est en partie détruit en 1556 et reconstruit par les architectes Nicolas Bachelier et Dominique Bertin. Devenu Palais de justice de Toulouse en 1811, le bâtiment est complètement transformé entre 1822 et 1850 par l'architecte Jean-Pierre LaffonLouise-Emmanuelle Friquart, Laure Krispin et Annie Noé-Dufour, « Fiche d'information détaillée Patrimoine Architectural: IA31129555 », Inventaire général Région Occitanie, Ville de Toulouse, sur le site Urban-Hist, Archives municipales de Toulouse, 1996, consulté le 29 août 2017..

Les travaux du palais de justice entre 1996 et 2008 ont permis la mise au jour par l'INRAP de vestiges de la Porte narbonnaise et du Château narbonnais. Depuis 1994, ils avaient été pris en compte dans l'inscription de plusieurs éléments du palais de justice. Ils sont également mis en valeur dans le cadre de l'aménagement du nouveau palais de justice et visibles dans la crypte archéologique aménagée dans les sous-sols.

Tour du Sénéchal, tour des Hauts-Murats et sections des remparts gallo-romain et médiéval

La tour du Sénéchal et la tour des Hauts-Murats sont construites probablement au , afin de renforcer la première enceinte romaine. Lors de la croisade des albigeois, en 1215, le chef des croisés, Simon de Montfort ordonne la destruction du rempart et le comblement du fossé qui l'entoure. Les deux tours sont réduites à seulement de hauteur. Le rempart est reconstruit seulement deux ans plus tard par les Toulousains révoltés contre Simon de Montfort, mais il est à nouveau démantelé après le traité de Meaux-Paris de 1229 conclu par le roi de France, Louis IX, et le comte de Toulouse, Raimond VII. En 1346, les conflits de la Guerre de Cent Ans entre le roi de France et le roi d'Angleterre touchent le Languedoc et les capitouls décident la construction d'une nouvelle muraille en terre battue. La tour des Hauts-Murats et la tour du Sénéchal se trouvent en arrière du nouveau rempart. Perdant toute fonction militaire, la tour des Hauts-Murats devient une prison, tandis que la tour du Sénéchal devient une dépendance de l'hôtel du Sénéchal de Toulouse. Au est entreprise la reconstruction du rempart avec des matériaux plus solides. La nouvelle muraille mesure six mètres de haut et fait presque un mètre et demi d'épaisseur. Dépourvue de tours, elle est flanquée d'échauguettesJules Chalande, 1916, ..

Au , la tour des Hauts-Murats est intégrée à la prison militaire Furgole. Après la Seconde Guerre mondiale, l'Institut national polytechnique de Toulouse (INPT) s'installe dans ces bâtiments, qu'il quitte au début des années 2000. L'ensemble est dévolu en 2009 à l'association Habitat et Humanisme (H&H), qui veut y construire des logementsJean Crosnier, Habitat et humanisme. La lettre semestrielle d’information, novembre 2010.. La tour des Hauts-Murats et les vestiges du rempart gallo-romain sont protégés depuis 1925 au titre des monuments historiques. Une nouvelle inscription en 1995 est a complété cette protection par l'inscription des vestiges du rempart médiéval.

Tour de la rue Jules-Rességuier Le rempart gallo-romain se trouvait entre la rue Escoussières-Montgaillard et la rue Jules-de-Rességuier. Les bâtiments de ces rues ont été construites à son emplacement, à la suite des destructions de la première moitié du . C'est à cette époque qu'a été construit l'immeuble du rue Escoussières-Montgaillard et rue Jules-Rességuier, à l'emplacement d'une tour de cette enceinte. Le soubassement date du , tandis que l'élévation a été reprise au . Le dernier étage de la tour est une surélévation réalisée en 1968. La tour ne bénéficie d'aucune protection des monuments historiquesLouise-Emmanuelle Friquart et Laure Krispin, « Fiche d'information détaillée Patrimoine Architectural: IA31132765 », Inventaire général Région Occitanie, Ville de Toulouse, sur le site Urban-Hist, Archives municipales de Toulouse, 2008, consulté le 29 août 2017..

Tour et rempart de la place Saint-Jacques En 1973, la démolition d'un immeuble de la place Saint-Jacques, à l'angle des rues Saint-Jacques et Bida (actuels ) permet de retrouver une tour et un pan du rempart gallo-romains. À la suite des fouilles archéologiques, le projet immobilier est abandonné et les vestiges sont laissés visibles. Ils sont ensuite protégés au titre des monuments historiques en 1990Mathieu Soler, « Fiche d'information détaillée Patrimoine Architectural: IA31170051 », Inventaire général Région Occitanie, Ville de Toulouse, sur le site Urban-Hist, Archives municipales de Toulouse, 2014, consulté le 29 août 2017..

Tour et rempart de la rue Bida Le rempart gallo-romain se trouvait entre la rue Sainte-Anne et la rue Bida, mais il est complètement détruit en 1826. L'immeuble entre le rue Bida et le rue Sainte-Anne a été élevé dans la première moitié du à l'emplacement d'une tour à talon. La base de la tour gallo-romaine est en petits moellons en pierre et en brique. Elle est connue par un dessin de l'architecte Jean-François Virebent de 1778-1779, montrant qu'elle est alors partiellement effondrée. Des travaux, vers 2000, ont permis de rehausser la tour d'un niveau. Elle est encore visible depuis la rue Bida, mais dans le jardin elle est en partie cachée par le bâtiment en fond de cour de l'hôtel de la Mothe-Trilhe ( rue Saint-Anne)Louise-Emmanuelle Friquart, « Fiche d'information détaillée Patrimoine Architectural: IA31132978 », Inventaire général Région Occitanie, Ville de Toulouse, sur le site Urban-Hist, Archives municipales de Toulouse, 2014, consulté le 29 août 2017..

Tour Rigaud et rempart du T.N.T. Les vestiges du rempart gallo-romain et de la tour Rigaud sont découverts lors des travaux de construction du Théâtre national de Toulouse (T.N.T.) entre 1992 et 1998. Ils sont visibles au sous-sol du bâtiment. Ils ne bénéficient d'aucune protection des monuments historiquesLouise-Emmanuelle Friquart et Laure Krispin, « Fiche d'information détaillée Patrimoine Architectural: IA31133165 », Inventaire général Région Occitanie, Ville de Toulouse, sur le site Urban-Hist, Archives municipales de Toulouse, 2011, consulté le 29 août 2017..

Tours et rempart du square Charles-de-Gaulle

Tour de la rue Lakanal