vignette|redresse| Pièce rectangulaire en porcelaine, peinte avec Les Trois Étoiles du Bonheur: Fu, Lu et Shou, provenant de Chine : période Qianlong, collection Spoelberch, KU Leuven vignette|redresse|La porcelaine est caractérisée par sa finesse et sa transparence après cuisson.
La porcelaine est une céramique fine et translucide qui, si elle est produite à partir du kaolin par cuisson à plus de , prend le nom plus précis de porcelaine dure. Elle est majoritairement utilisée dans les arts de la table. Il convient donc de distinguer cette dernière du céladon et de la porcelaine tendre.
Les techniques de fabrication de la porcelaine atteignent leur perfection en Chine dès le . En Europe, elle est sans doute identifiée en république de Venise, et de là, commence à être produite de façon intensive en Allemagne au , et en France, à Limoges, au .
Dénominations et étymologie Attesté dans Le Livre de Marco Polo, le terme « porcelaine » (emprunt à l’italien ) fait référence à l’apparence vernissée et brillante des coquillages du genre Cypraea et, plus largement, de la famille des Cypraeidae, couramment désignés par ce nom..
Les Britanniques utilisent les termes ou pour désigner respectivement la porcelaine dure et la porcelaine à la cendre d'os, un type de porcelaine tendre répandu au Royaume-Uni.
Historique
La plus ancienne porcelaine chinoise vue en Europe est un vase haut de datant de la fin du ou du début du conservé au Trésor de la basilique Saint-Marc de Venise. On l'appelle le Vase Marco Polo, quoiqu'il ne soit pas sûr, mais pas impossible, qu'il ait été rapporté de Chine par l'un des PoloDaisy Lion-Goldschmidt, L'Art chinois à Venise, p. 232 (en ligne sur JStor) ; Rose Kerr et al., Blanc de Chine: Porcelain from Dehua, Routledge, 2002, p. 20-22, qui en montre une photographie..
Après de long débats scientifiques, les experts de la céramique chinoise considèrent aujourd'hui que c'est sous la dynastie des Han de l'est (entre -206 et 220 apr. J.-C.) que sont apparues les toutes premières porcelaines véritables. Pour arriver à cette conclusion, ils ont mis au point une batterie de critères faisant intervenir la température de cuisson (), la proportion de kaolin (30 % à 60 %), le taux d'oxyde de fer (moins de 1,7 %), le taux de porosité (0,6 %), le taux d'absorption (0,3 %), l'aspect translucide (jusqu'à ), ou encore la résonance au choc.
La conduite de la cuisson jusqu'à environ et les poteries blanches vitrifiées utilisant des pâtes principalement composées de kaolin existent donc en Chine depuis le au moins, même si à cette époque la très grande majorité des céramiques étaient en fait de simples poteries ou, au mieux, des grès. Cette découverte très ancienne de la porcelaine a été une réussite technique dans le domaine de la céramique, même s'il a fallu attendre les pour voir affluer en Europe des porcelaines « coquilles d'œuf » dont la minceur des parois mettait en valeur le caractère translucide.
La porcelaine tendre
Les premières tentatives des potiers et céramistes européens pour reproduire ces porcelaines chinoises remontent au , à un moment où leur composition était mal comprise et ses matériaux constituants n'étaient pas largement disponibles en Occident. Les premières formulations étaient des mélanges d'argile et de verre pilé ou fritte. La stéatite ou la chaux furent également incorporées dans certaines compositions. Ces premières porcelaines occidentales sont nommées porcelaines tendres. Malgré leurs imperfections techniques, elles participèrent à l'essor des manufactures anglaises (Chelsea, Worcester) et françaises (Saint-Cloud, Vincennes, Chantilly…). Les porcelaines tendres sont d'ailleurs couramment dénommées porcelaines anglaises ou porcelaines françaises.
La porcelaine dure
La première description du processus de production de la porcelaine dure chinoiseLa porcelaine chinoise, c'est-à-dire la porcelaine véritable, « dure », par opposition à la « porcelaine tendre », la seule que l'on sût alors produire en Europe, jusqu'aux travaux de Ehrenfried Walther von Tschirnhaus et Johann Friedrich Böttger. et les premiers échantillons de kaolin furent introduits en France en 1712 par le Père d'Entrecolles, un jésuite qui était en poste à Jingdezhen en Chine.
Ehrenfried Walther von Tschirnhaus et Johann Friedrich Böttger découvrirent son procédé de fabrication en 1708 alors qu'ils travaillaient pour la manufacture de Meissen en Allemagne. Alors que des gisements de kaolin avaient été découverts en Saxe dès le début du , ce n'est qu'en 1768 que l'on découvrit les gisements de Saint-Yrieix-la-Perche au sud de Limoges, qui permirent enfin de reproduire en France la porcelaine dure. Elle sera connue sous l'appellation porcelaine allemande jusqu'à ce qu'Alexandre Brongniart, directeur de la Manufacture de Sèvres, ne standardise, après 1800, la composition de cette céramique exceptionnellement dureVocabulaire technique de la céramique, ouvrage collectif, éditions du patrimoine, 2001 ..
Les porcelaines de Sèvres et de Limoges, mondialement connues depuis le , font partie, avec les porcelaines allemandes, chinoises et polonaises, des porcelaines dures les plus fines et les plus réputées.
Procédés de fabrication Les procédés furent à l'origine de nature semi-artisanale. Les pièces étaient réalisées par des ouvriers se distribuant dans plus d'une dizaine de catégories : modeleurs, polisseurs, tourneurs, mouleurs, garnisseurs, emballeurs et retoucheuses.
Au , l'adoption de la technique du coulage d'une pâte fluide dans des moules réalisés en plâtre simplifie considérablement la fabrication des pièces. Les premiers objets fabriqués ainsi présentent parfois un défaut : la suture des parties gauche et droite est visible par un petit bourrelet qui n'a pas été suffisamment aplani.
Aujourd'hui, la fabrication débute par le modelage de pièces en fonction des besoins des chefs de cuisine. Le concept est ensuite travaillé pour obtenir une pièce esthétique réalisée en trois dimensions qui sera utilisée pour la fabrication des moules en plâtre à partir d'une matrice sculptée à la main.
Préparation de la pâte vignette|redresse|Travail d'ébauchage et de tournassage de la pâte de porcelaine au
La porcelaine n'est pas issue d'une argile naturelle. Elle est principalement composée d'un mélange de quartz, de feldspathD'où l'appellation courante de porcelaine feldspathique ou porcelaine dure, par opposition à la porcelaine tendre phosphatique. et de kaolin, additionnée d'argile à pipe (ball clay) afin d'augmenter sa plasticité. Le quartz et le feldspath sont réduits en poudre sous l'action de meules en granit, puis moulus dans un cylindre en rotation contenant des galets et de l'eau. Le feldspath permet d'abaisser le point de vitrification de la porcelaine lors de la cuisson.
Ces trois ingrédients sont mélangés à de l'eau de façon à obtenir une pâte plus ou moins liquide adaptée au procédé de fabrication retenu (coulage ou calibrage).
Coulage ou calibrage Les pièces sont produites par coulage dans un moule de résine poreux (coulage gravitaire ou sous pression), ou bien par calibrage (la pâte plastique est pressée par un outil contre les parois).
Première cuisson vignette|redresse| Sortie de four après cuisson de dégourdi, manufacture de Sèvres. Les pièces ainsi obtenues sont mises à sécher. Après ce séchage, elles subissent une première cuisson en dessous de . L'objet obtenu, dit dégourdi de porcelaine, est fragile et poreux. Une porcelaine cuite sans émaillage à haute température (de ) est nommée biscuit de porcelaine.
Émaillage ou vernissage Cette opération consiste à recouvrir le dégourdi d'un revêtement (émail ou vernis) constitué d'une dispersion aqueuse de pigments métalliques. L'application est réalisée soit par trempage, soit par pulvérisation au pistolet.
Deuxième cuisson Le but de cette deuxième cuisson est de transformer l'émail en film vitrifié.
Les véritables porcelaines translucides sont cuites entre et , mais certaines porcelaines, contenant plus de kaolin et moins de fondant, ont besoin d'une température de cuisson supérieure (jusqu'à ).
La cuisson est réalisée dans un four tunnel (jusqu'à de longueur) ou un four classique. Cette cuisson à haute température provoque une vitrification en profondeur qui rend indissociables le biscuit et sa glaçure.
Décoration Les éléments de décoration peuvent être appliqués à la main, ou sous forme de décalcomanies généralement fabriquées par sérigraphie. Après application, cette décoration est définitivement fixée sur la pièce par une dernière cuisson.
Conditions de travail La fabrication de la porcelaine (et plus généralement la fabrication des objets en céramique) expose les opérateurs à un certain nombre de risques. : risques physiques risques chimiques. troubles musculo-squelettiques.
Caractères stylistiques Deux grandes traditions décoratives sont propres à l'art de la porcelaine : les effets de translucidité et les décors à l'or.
La translucidité permet de distinguer rapidement la porcelaine de la faïence. Par exemple, si vous prenez votre objet en céramique et le placez près d’une source lumineuse, vous pourrez vite deviner qu’il s’agit de porcelaine si la lumière passe au travers.
Cette caractéristique de translucidité, qui est propre à la porcelaine, s’explique par la cuisson à très haute température (1200°C). La porcelaine se transforme alors en verre, la rendant translucide.
Vitro-porcelaine En 1959, lancement par Villeroy § Boch, à Septfontaines au Luxembourg, de la production de vitro-porcelaine. Grâce à sa robustesse et à sa résistance aux rayures, cette porcelaine sera principalement utilisée dans le secteur de la restauration. Avec Fine Vilbo China, l'entreprise apportera ultérieurement une nouvelle amélioration associant la blancheur de la porcelaine à l'exceptionnelle solidité de la vitro-porcelainehttps://www.villeroyboch-group.com/fr/entreprise/notre-histoire/lhistorique.html.
Dans le monde Voir aussi la Liste des manufactures et fabricants de porcelaine.
Allemagne vignette|redresse| Groupe en porcelaine par Bustelli, Les Amours ardentes, 1760, . Porcelaine de Nymphenburg.
Manufacture d'Annaburg Manufacture royale de porcelaine de Berlin (KPM) Manufacture de porcelaine de Fürstenberg (Basse-Saxe) Porcelaine Gerold ( à Tettau) Manufacture de porcelaine de Höchst Porcelaine de Ludwigsbourg Manufacture royale de porcelaine de Meissen Manufacture de porcelaine de Nymphenburg Manufacture de porcelaine de Plaue Porcelaine de Rudolstadt Porcelaine de Saxe Manufacture de porcelaine de Scheibe-Alsbach Porcelaine de Sitzendorf Porcelaine d'Unterweissbach Porcelaine de Volkstedt Porcelaine de Wallendorf
Autriche Porcelaine de Vienne, manufacture dalementu parc Augarten, (Vienne)
Belgique Porcelaine de Tournai Porcelaine d'Andenne (spécialité de Derle blanche) Porcelaine de Bruxelles (Monplaisir, etc.) Porcelaine de Nimy
Chine Porcelaine chinoise Production de porcelaine à Jingdezhen
Corée vignette|redresse|Brûle-encens Coréen en porcelaine céladon, dynastie Goryeo Porcelaine de Corée
Danemark
Royal Copenhagen
Espagne vignette|redresse| Fleurs de porcelaine (Madrid, ) Manufacture royale de faïence et porcelaine d'Alcora, Fabrique royale de porcelaine du Buen Retiro (Madrid), 1760–1812 Porcelaine de Sargadelos PORVASAL, fabrication de produits destinés à la restauration
France Le décret du détermine dans quel cadre et pour quels produits on peut utiliser le terme « porcelaine ».. Porcelaine de Bayeux Porcelaine de Bordeaux, 1787-1790 Porcelaine de Caen Porcelaine de Chantilly Porcelaine de Couleuvre Porcelaine d'Isigny Porcelaine de Lille Porcelaine de Limoges Porcelaine de Niderviller, 1763 Porcelaine de Saint-Amand-les-Eaux Porcelaine de Saint-Cloud (dès 1702) Porcelaine de Sèvres, 1756 Porcelaine de Sologne, Groupe Deshoulières, 1826 Porcelaine de Valentine Porcelaine de Valognes