Depuis 2015, des milliers d'exilés aux profils très divers (familles ou personnes seules, personnes en transit ou demandeurs d’asile, dont une partie est en droit d'obtenir l'asile en France) forment des camps de migrants à Paris et sa proche banlieue.
Historique vignette|gauche|Réfugiés afghans le long du canal Saint-Martin.
En 2015, avec le démantèlement progressif de la « jungle de Calais », Paris voit naître des campements de migrants dans les rues et les terrains vagues de la capitale, principalement autour de la porte de La Chapelle, de la porte de Saint-Ouen, de la porte d'Aubervilliers et de la gare de Paris-AusterlitzPour le préfet d’Ile-de-France, « il n’y a pas de lutte des places entre migrants, SDF et expulsés », Isabelle Rey-Lefebvre, 3 octobre 2015, sur Lemonde.fr.. Provenant notamment du Nigeria, d’Érythrée, d'Irak, d'Afghanistan, de Syrie, d'Égypte et de Somalie, des réfugiés s'installent également sous la partie aérienne de la ligne 2 du métro proche des quartiers de Barbès et de la Goutte-d’OrMigrants à Paris : la carte des 29 camps démantelés en un an et demi, Francesca Fattori, Maryline Baumard et Sylvie Gittus, 4 novembre 2016 sur Lemonde.fr.. Régulièrement, les forces de l'ordre évacuent les migrants de ces campements installés principalement au nord de la capitale.
vignette|droite|Cortège en faveur des sans-papiers lors de la Journée internationale des migrants à Paris le 18 décembre 2016.
Pour gérer la crise migratoire, la Ville de Paris ouvre en un centre provisoire de premier accueil et d'hébergement dédiés aux hommes seuls et majeurs à la porte de la Chapelle« Sans le centre pour migrants de La Chapelle, 20 000 personnes de plus auraient été dans la rue », Nathalie Birchem, 10 novembre 2017, sur La-Croix.com.Paris: le premier camp de réfugiés va ouvrir fin septembre, annonce Hidalgo, M.L., 31 août 2016, sur Bfmtv.com., tandis qu'un second, consacré exclusivement aux femmes seules ou avec enfantsLe centre pour migrants à Paris sera déployé sur deux sites, 26 juillet 2016, Le Monde avec AFP., ouvre ensuite à Ivry-sur-Seine. Malheureusement, avec sa capacité de 400 places, le centre de la Chapelle est vite saturé et les campements sauvages rapidement reconstitués sont régulièrement évacués pour se reformer immédiatement.
À partir de 2017 sont également créés des CAES(Centres d’accueil et d’examen des situations pour migrants) dont le but est d’héberger les migrants qui sont à la rue. Ceux-ci, envoyés par des maraudes ou des accueils de jour, voient leur situation administrative étudiée et à l’issue de cet examen, sont réorientés vers des centres pour réfugiés, des centres pour demandeurs d’asile ou des hébergements d’urgence.
vignette|gauche|Camp de migrants situé au marché aux puces de Saint-Ouen (Paris, 2019). Mais le dispositif n’est pas parvenu à résoudre la question des campements de rue parisiens car , affirme Gérard Sadik de la Cimade. déclare Clothilde Hoppe, à la Fédération des acteurs de la solidarité.
vignette|droite|Les bâches placées par les autorités sous le pont du métro aérien de La Chapelle sont destinées à empêcher les migrants de s'y réinstaller.
En 2020, l'ouverture d'un sixième CAES a lieu boulevard Ney et porte désormais à 900 places la capacité du dispositif francilien, c'est-à -dire deux fois plus que les 400 places du centre provisoire de premier accueil et d'hébergement créé par Anne Hidalgo en 2016 et fermé en 2018Centres pour migrants à Paris : malgré les CAES, les campements sont toujours là, Nathalie Birchem, 10 janvier 2020, sur La-Croix.com.. Cependant, bien que depuis le début de la crise divers centres d'accueil et d'hébergement humanitaires aient été créés, ceux-ci n'ont jamais pu résorber l'afflux de migrants dont le nombre est toujours supérieur aux possibilités de logement ou de relocalisation proposés.
Au gré des expulsions successives, ces campements abritant parfois des milliers de personnes se déplacent et se reforment régulièrement après chaque dispersion., mais depuis les premiers jours, face à ce que certains exilés appellent , des associations d'aide aux migrants tentent de pallier un système qu'ils estiment ne pas fonctionner par des distributions alimentaires, des dons de vêtements, des conseils juridiques, un accompagnement dans les démarches de santé ou encore des hébergements citoyensA Paris, les associations d'aide aux migrants en grève symbolique, Kim Hullot-Guiot, 9 avril 2019, sur Liberation.fr..
« Porosité » avec la colline du crack Les migrants installés porte de la Chapelle pâtissent également de la proximité avec la colline du crack"Ils sont les exclus parmi les exclus" : le crack hante les camps de migrants du nord-est de Paris, sur Francetvinfo.fr"Ils ont l’air fou", quand les migrants se disent harcelés par les toxicomanes dans le nord de Paris sur Infomigrants.net.La gestion des migrants sur la "colline du crack", sur Francebleu.fr.. Certaines associations humanitaires s'inquiètent de son voisinage et constatent entre les deux publics., la situation de grande précarité de certains migrants les exposant à une première prise de stupéfiants, créant une dépendance dès les premières prisesLe crack, sur Entraidaddict.fr..
Jeux Olympiques de 2024 En 2024, dans la perspective des Jeux Olympiques se déroulant dans le nord parisien, certains migrants et consommateurs de stupéfiants sans domicile fixe, sont relogés dans des villes de province comme Orléans, Belfort, Rennes, Strasbourg ou Nantes. Cette création de « sas régionaux d'accueil » ou « sas d'accueil temporaires régionaux» permet à la fois d'alléger la pression sur l'hebergement d'urgence en région parisienne, d'abaisser les couts des soins, mais aussi de dégager des nuitées hotelières destinées aux touristes. Elle se heurte toutefois à l'inquiétude de certains édiles.
Notes et références
Articles connexes
Bibliographie
Catégorie:Camp de réfugiés en France Catégorie:Immigration en France