Henri-Marius Rolland, né le à Marseille (Bouches-du-Rhône) où il meurt le , est un capitaine de vaisseau nommé temporairement général de division durant la guerre franco-prussienne. Il assure, pendant deux mois et demi, le commandement de la Division militaire et de la place de Besançon et organise la défense de la ville, finalement contournée par les armées allemandes en janvier .

Carrière Henri-Marius Rolland entre dans la Marine en 1836 et intègre l'École Navale en 1837. Il sort de sa promotion en 1839.

Il participe au siège de Sébastopol durant lequel il est chargé des fonctions d'adjudant-major du camp des marins.

Le , Henri-Marius Rolland est nommé officier. Il embarque sur le Bretagne et le Ville de Paris (vaisseau-amiral).

En tant que Capitaine de frégate, le , il commande le Napoléon, vapeur de 1847 armé de 90 canons et doté pour la première fois au monde d'une héliceDue à Henri Dupuy de Lôme, cette hélice permettait d'atteindre une vitesse de pointe de 13 nœuds.

Il se marie en et est affecté en Haute-Saône en octobre après le déclenchement de la guerre franco-prussienne. Nommé général de division à titre temporaire, il dirige la garnison bisontine jusqu'à l'armistice du avec l'assistance de deux deux généraux de division et de sept généraux de brigade.

Il fait plusieurs cures à Barèges entre 1871 et 1875 et est mis en disponibilité pour raison de santé. Il est mis en retraite à sa demande le .

En 1876, il accepte les sollicitations pour se présenter à la députation sur Besançon, mais il est battu par le candidat républicain Albert Grévy.

Combats dans l'est durant la guerre de 1870

Début des combats dans l'est Le , la armée allemande envahit l'Alsace. La première bataille oppose 7 000 Français à à Wissembourg ; elle est suivie de la bataille de Frœschwiller-Wœrth ( contre ), combat décisif remporté par l'ennemi.

Le général Cambriels est nommé, au lendemain de l'abdication de Napoléon III (), à la tête de la division militaire. L'armée qu'il commande, après sa défaite dans les Vosges, se replie sur Besançon, poursuivie par von Werder dont l'objectif premier est d'affronter l'armée de la Loire. À Gray, ce dernier apprend que les Français occupent la vallée de l'Ognon et décide de s'y diriger par les routes de Pin, d'Étuz et de Voray.

Cambriels envoie le colonel Perrin occuper la zone nord de Besançon le . Celui-ci dispose de 5 bataillons et d'une batterie. Von Werder divise son armée en trois et franchit, le , les ponts sur l'Ognon à Pin l'Émagny, Cussey et Voray, malgré la défense française qui se replie sur Auxon où, renforcée par des troupes venues de Besançon, elle stoppe l'avancée ennemie. Le 25, von Werder renonce à poursuivre le combat et se dirige sur Dijon qu'il occupe le 30.

Le général Cambriels, mal remis d'une blessure, est relevé de ses fonctions le . Le colonel Crouzat qui dirigeait la défense de BelfortCrouzat cède la Place au colonel Denfert-Rocherau. assure l'intérim jusqu'à l'arrivée du général Alexandre Michel.C'est lui qui avait dirigé les charges de Morsbronn lors de la bataille de Frœschwiller-Wœrth. le . Ce dernier, après avoir fait détruire inutilement les ponts sur le Doubs, lance le repli de l'armée sur Chagny et Lyon en la renforçant avec une grande partie de l'effectif bisontin.

Le capitaine de vaisseau Rolland, arrivé à Besançon le , se voit confier la mission de regrouper les gardes nationaux mobilisés de Haute-Saône qui sont dispersés sur le département. Le il est nommé général de Division de l'armée auxiliaire et remplace le général de Prémonville à la tête de la Division et de la Place de Besançon.

Sa priorité est d'améliorer la défense de la ville en construisant un camp retranché. Grâce à une mobilisation considérable (jusqu'à ), des redoutes et positions de batteries sont aménagées en un temps record, malgré un début d'hiver très rude.

Le commandement supérieur de la région sera déplacé à Chagny où Crouzat remplace Michel. Sur Besançon, ne reste qu'une partie de la Division militaire.

Avec , Rolland doit défendre Besançon, la ligne du Doubs, le plateau du Lomont et le département du Jura.

Le , commandée par Denfert-Rochereau à la tête de , Belfort, distante de 90 km, est investie par le général Udo von Tresckow. Campagne de l'armée de l'Est L'armée de la Loire est divisée en deux le . la seconde armée de la Loire dirigée par Chanzy et l'armée de l'Est confiée à Bourbaki.

Le , l'armée de l'Est () se dirige vers la Franche-Comté. Elle a pour mission de rompre le siège de Belfort et menacer la ligne d'opération des armées. Il s'agit d'avancer rapidement jusqu'au nord Franche-Comté. La décision est prise de faire transporter toute l'armée par le train alors que les gares ne sont pas équipées pour faire embarquer et débarquer le matériel et les chevaux. Il en résulte un encombrement du réseau bloquant de nombreux trains pendant plusieurs jours par un froid glacial. De plus, Bourbaki décide d'envoyer les trains jusqu'à Clerval et non Besançon. Cette petite gare, desservie par une voie unique, est totalement inadaptée pour le déchargement de l'intendance militaire et les trains ne peuvent pas faire demi tour. Un retard considérable en résulte.

Le , von Werder quitte Dijon pour regrouper autour de Vesoul tous ses détachements épars.

Le la situation côté Français est la suivante:

Le corps d'armée est à Auxonne, le autour de Dole, le est en cours de débarquement à Besançon et vers Bourges.

Les Allemands se trouvent entre Lure et Port-sur-Saône avec le quartier général à Vesoul.

L'armée de l'Est fait mouvement le 2 en direction de Belfort en ignorant Vesoul où les troupes de Werder sont en sous-effectif.

Celui-ci.va alors devancer l'armée de Bourbaki ralentie par le retard de son approvisionnement en prenant position le long de la Lizaine près de Montbéliard.

Dans la nuit du 8 au les Allemands s'emparent de Danjoutin en faisant 800 prisonniers puis se dirigent sur Villersexel. Malgré l'occupation française, les Allemands prennent la ville à 13 heures le . A 17 heures, après de violents combats, les Français reprennent Villersexel et y demeurent jusqu'au 14 attendant le renfort de la division Crémer qui défendait Dijon.

Werder, qui s'est replié, consolide sa position sur la Lizaine entre les 12 et .

L'armée de Bourbaki ne reprend sa progression qu'à partir du , le corps reste bloqué à Clerval jusqu'au 16.

Les 2 armées s'affrontent sur la Lizaine (article détaillé : combats de la Lizaine) ; la bataille se déroule du 15 au . Bourbaki ne réussit pas à percer la défense allemande.

Retraite de l'armée de l'Est Bourbaki décide de se retirer sur Besançon sans avoir pu porter secours à Belfort (article détaillé : siège de Belfort)

Le : les Allemands s’emparent de Dole et y stoppent plusieurs trains (230 wagons) destinés au ravitaillement de l'armée de l'Est.

22 et : L'armée de Bourbaki atteint Besançon alors que von Manteuffel s'apprête à l'investir.

: Combat de Quingey.

: Bourbaki réunit un conseil de guerre à Château farine afin de décider s'il faut faire face à l'ennemi comme l'exige FreycinetAlors délégué à la guerre dans le gouvernement de la défense nationale. ou s'il faut se replier sur les haut-Jura. Seul le général Billot, qui commande le Corps d'armée, est partisan de la première option.

: Combats de Vorges et Busy (route royale de Quingey à Besançon) entre des fractions du Corps français et une brigade allemande du Corps.

Le : Négociations à Paris en vue d'un armistice. Après une pose de 3 jours à Besançon, l'armée de l'Est se dirige vers Pontarlier commandée par le général Clinchant après la tentative de suicide de BourbakiBourbaki n'est que légèrement blessé à la tête ; sous un faux nom et accompagné du marquis de Massa, il est exfiltré vers la Suisse.. Celui-ci espère alors rejoindre Lyon par les plateaux.

26 et : Combats de Salins-les-Bains. Engagement entre les arrière-gardes du corps français et la Division allemande.

: Signature d'un armistice général de 21 jours et capitulation de Paris. Cet armistice n'est pas applicable la région de l'Est, mais le négociateur Jules Favre omet de mentionner cette restriction à la délégation de Bordeaux.

: Affaire de Chaffois (Ouest de Pontarlier) entre une division du corps qui se débande (les Allemands font 1500 prisonniers) et la Division allemande. Affaire de Sombacour (au nord-ouest de Pontarlier) ; un bataillon et un peloton de la Division allemande surprennent le cantonnement de la du Corps et capturent dont 42 officiers et 2 généraux.

: Affaire de Frasnes (Sud-ouest de Pontarlier) entre les fractions débandées du Corps (1200 prisonniers sans combat) et la Division d'infanterie allemande.

: Affaire de Vaux (Sud-ouest de Pontarlier) entre les débandés du Corps et la Division allemande.

: Signature de la convention des Verrières entre le général Clinchant et le général suisse Hans Herzog autorisant l'armée de l'Est à passer sur le territoire helvétique où elle est désarmée puis internée jusqu'à la paix.

: Combat de la Cluse-de-Joux entre les fractions du Corps et le Corps allemand.

Le et les suivants, , , 285 canons et passent la frontière suisse, principalement aux Verrières. Par ailleurs, , dont la division Crémer, réussissent à s'échapper en se dirigeant vers le sud par les plateaux du Jura français.

Besançon durant la guerre de 1870 Fin octobre, le général Albert Cambriels, qui a succédé au général Dupré à la tête de l'armée constituée dans les Vosges, se replie sur Besançon où il compte se réorganiser. L'ennemi investit Belfort le .

Les Prussiens doivent prendre Besançon pour pouvoir poursuivre leurs opérations, soit dans là vallée de la Seine, soit dans celle de la Saône. Apprenant que la ville n'est pas mise en défense, ils espèrent s'en rendre maître sans grande difficulté.

Le , ils franchissent l'Ognon à Cussey et se heurtent aux troupes de Cambriels assistées de la garnison de Besançon, sous les ordres du lieutenant-colonel de Bigot, chef d'état-major de la Division.

L'ennemi s'avance jusqu'au village d'Auxon mais en est délogé à la baïonnette par les zouaves tandis que les tirs d'infanterie depuis les ruines du château de Châtillon-le-Duc, le force à repasser la rivière avec des pertes considérables.

C'est peu de temps après cet engagement que le général Michel; qui a succédé à Cambriels, dans le commandement de l'armée, décide un mouvement de retraite sur Chagny et Lyon, mouvement qu'il exécute dans les derniers jours d'octobre, emmenant avec lui les meilleurs bataillons de la garnison bisontine, et deux des trois batteries mobiles de la place.

La défense de Besançon se trouve de ce fait réduite à 11 bataillons d'infanterie (lignes, chasseurs et mobiles). Côté artillerie, il ne reste qu'une batterie mobile de 4 et, pour les travaux du génie, une section de l'arme régulière (70 hommes) et un bataillon de mobiles de la Loire, composé principalement de mineurs de la région de Saint-Étienne qui, sous le commandement d'Adrien de Montgolfier, ingénieur des Ponts-et-Chaussées se révéleront particulièrement efficaces lors de la construction des futurs retranchements.

Arrivée de Rolland Le , l'amiral Fourichon, ministre de la marine, donne l'ordre au capitaine de vaisseau Rolland de prendre le commandement de la Subdivision de la Haute-Saône, dépendant de la Division militaire.

Parti immédiatement Rolland arrive à Dijon le matin du 20 pour apprendre l'occupation presque complète la Haute-Saône par les forces prussiennes qui menacent déjà la ligne de Dijon à Besançon. Il peut monter dans l'un des derniers trains pour Besançon et se met à la disposition du général de Prémonville, commandant la Division, qui lui confie la mission d'organiser les gardes nationaux mobilisés de la Haute Saône.