La salsa (de l'espagnol, littéralement « sauce » et, au sens figuré, « charme, piquant ») est un genre musical ayant des racines cubaines. Le terme salsa désigne également la danse de couple qui s'effectue sur cette musique. Cette musique de danse au tempo vif est populaire dans le monde entier.
La salsa vient de l'île de Cuba et remonte aux anciens esclaves déportés d'Afrique dans les Caraïbes par les Espagnols. C'est sur cette île que cette musique est le plus souvent jouée, accompagnée d'instruments à percussion, comme les congas ou le tambourin, typiques de la salsa..
Né au milieu des années 1950, le casino est à son origine ; la salsa, quant à elle, a été popularisée par des musiciens portoricains à New York dans les années 1960, et par son principal promoteur, le dominicain Johnny Pacheco, alors qu'elle s'était déjà répandue lors de la décennie précédente dans les Caraïbes. et principalement sur l'île de Cuba.
La salsa s'est finalement répandue dans toute la Colombie et dans le reste de l'Amérique, donnant naissance à des scènes régionales portoricaines, panaméennes, vénézuéliennes, cubaines, dominicaines, colombiennes, équatoriennes et d'autres pays latino-américains. La salsa regroupe plusieurs sous-genres, chacun avec son propre rythme et son propre arrangement musical ; elle englobe divers styles tels que la salsa dura, la salsa romantica et la timba.
Un musicien (ou chanteur) ou bien danseur de salsa est appelé salsero (salsera au féminin).
Musique
Formation typique
Les instruments utilisés dans la salsa sont le résultat de plusieurs siècles d’innovation et de développement. Comme les cultures autochtones ont été virtuellement détruites par les colonisateurs européens, il reste peu de preuves de leurs contributions musicales. Certains termes et instruments ont cependant survécu.
La formation typique comprend : une section rythmique : basse ou contrebasse : son rythme est appelé tumbao, piano : son rythme est le montuno, adapté du rythme joué au tres. C'est Arsenio Rodriguez qui a enseigné à son pianiste à jouer ce rythme, plusieurs percussions parmi les instruments suivants : clave : c'est à la fois un instrument de percussion composé de deux bâtons, et un motif rythmique joué traditionnellement par cet instrument qui sert de base pour la salsa, bien qu'il ne soit pas toujours joué de manière explicite, congas (aussi appelées tumbadoras à Cuba) : instrument de la rumba avec lequel on joue notamment le rythme du guaguancó. Arsenio Rodriguez l'a introduit dans le son cubain, qui est devenu son montuno. Le rythme des congas est aussi appelé tumbao, bongos : utilisés par le son cubain, ils avaient été remplacés par les congas dans le son montuno. Avec la salsa, les deux instruments cohabitent, le timbal ou les timbales : ressemble à une batterie mais sans grosse caisse, avec des fûts métalliques. Provient du danzón, repris par le mambo et les formations de type charanga. Tito Puente en a fait un instrument majeur de la salsa, güiros : instrument en bois dont un côté est entaillé d'encoches parallèles afin de former un racloir, maracas : très répandues dans la musique latine, elles trouvent naturellement leur place dans les formations de salsa ;
une section cuivre (appelée « metales » en espagnol) : trompettes, trombones, parfois saxophones ; flûte(s) et violon(s), dans les formations de type charanga, issues du danzón, ainsi que dans la timba ; des voix : chant : les chanteurs improvisent souvent. Ceux qui sont doués pour cela sont appelés soneros. Dans les morceaux influencés par le guaguanco (une des formes de la rumba), le chant commence souvent par la « diana », des « a lé la lé lala » plaintifs…, chœurs (en espagnol : « coro »).
Le nombre de cuivres, de voix et de percussions peut varier.
On peut aussi trouver dans certains morceaux ou groupes un vibraphone.
Durant les années 1970, la plupart des groupes tenteront, en faisant varier ces paramètres, de créer « leur » son.
Le terme « salsa » signifie « sauce » et signifie aussi dans le langage populaire cubain « sensuel » et « attirant ». La salsa dans les années 2010 est un mélange culturel (africanos e españolas) de rythmes d’Amérique latine comme le son, le guaganco, la rumba, le mambo, le cha-cha-cha, la bomba, la plena… avec des influences de rythmes américains tels que le jazz, la soul, le blues, et de rythmes européens.
La salsa est une musique écrite à (4 temps par mesure). Pour un couple de mesures, lorsque le musicien compte 1, 2, 3, 4 pour la première mesure (mesure forte) et toujours 1, 2, 3, 4 pour la seconde mesure (mesure faible), de façon générale, le danseur et/ou professeur de danse compte 1, 2, 3, (4) la première mesure, puis 5, 6, 7, (8) la seconde mesure. Cette façon de compter jusqu’à 8 est commune à beaucoup d’autres danses (modern’jazz, hip-hop, classique…). On peut identifier trois types de salsa et différents styles : la salsa cubaine, la salsa portoricaine et la salsa colombienne. Le rythme de salsa est issu de nombreux rythmes tels que le son, le mambo et la guaracha de Cuba, la plena et la bomba de Porto Rico, et de différents styles tels que la charanga, le conjunto, le sexteto et d'autres. Mais il est principalement basé sur une fusion de son montuno et de mambo. Les premières chansons sont Dónde estabas anoche (1925, Ignacio Piñeiro), Don lengua et Échale salsita (1933, Ignacio Piñeiro). Par confusion ou par but commercial, on utilise parfois le terme « salsa » pour y englober d'autres genres incompatibles tels que le merengue, le cha-cha-cha, voire la latin house, la cumbia, la bachata. En 1952, José Curbelo écrit les chansons La familia, Sun Sun Babae et Mambo y cha cha cha ; en 1955, le chanteur cubain forme le groupe Conjunto salseros après une expérience de travail au Mexique, et compose les chansons Sonero et Que no muera el son. Dans cette période aussi, Benny Moré compose des chansons (Castellano, que bueno baila usted, Vertiente Camaguey, Soy guajiro et Santa Isabel de las lajas).
Le terme « salsa » englobe cette variété de styles rythmiques et de formes musicales. Cuba a fortement contribué à ce type de musique. Des pays comme les États-Unis, Porto Rico, le Venezuela, le Mexique, la Colombie et la République dominicaine ont aussi contribué au développement de la salsa, mais c'est à Cuba que furent développées ses bases.
Techniquement, la salsa peut être décrite comme un terme général qui regroupe toutes ces musiques, lesquelles sont toutes structurées autour d'une cellule rythmique appelée clave. Ce qui distingue le rythme de la salsa est cette structure rythmique dans laquelle présence et rythme sont strictement maintenus par les musiciens et les arrangeurs, qui créent ainsi une base rythmique unique dans les styles musicaux d'origine afro-caribéenne.
La musique cubaine est une fusion d'harmonies, de mélodies, de rythmes et d'instruments d'Afrique et d'Europe. Cette fusion continue d'éléments dès le a donné naissance à une multitude complexe de formes musicales, donnant à la salsa sa variété d'aspects, d'instrumentations, de pas de danse, de formes poétiques, de structures et de phrases rythmiques et mélodiques.
Un facteur majeur dans le développement de la salsa est sa connexion profonde avec plusieurs styles de percussion, ceci plus particulièrement à Cuba, où les peuples africains réduits en esclavage purent préserver leurs traditions sacrées et séculaires de percussion. Un élément unique de cette tradition est le lien entre musique naturelle, telle le punk ou le rock, et langage où la parole s'étend au-delà du morceau pour devenir un instrument.
Cette intégration de la percussion dans la culture populaire est peut-être la caractéristique dominante des musiques afro-cubaines .
L'héritage rythmique de la salsa est directement lié à la musique populaire cubaine. D'importance particulière à cet égard sont les formes connues comme rumba, son et danzón, lesquelles représentent la consolidation d'éléments séculaires et religieux africains et européens.
Son montuno Le son montuno a été fondé par le cubain Arsenio Rodriguez vers 1930 à partir du son cubain (apparu au carnaval de Santiago de Cuba en 1892, et issu du changüí né vers 1860, joué par un trio de musiciens : un « tres », des bongos et parfois des claves et un instrument de basse, la marimbula au début), en remplaçant le tres par le piano et les bongos par des congas jouant le rythme rumba du guaguanco. Des grands soneros sont Benny Moré (Castellano, que bueno baila usted, Vertiente Camaguey et Santa Isabel de las lajas) ou Roberto Faz (El sonero de Cuba).
Diffusion à Porto Rico puis New York La création de l'État libre et associé de Porto Rico en 1952 déclenchera de grandes sorties migratoires de cette île vers la côte Est des États-Unis, et spécialement vers le Spanish Harlem (El Barrio), une partie du quartier « East Harlem » de Manhattan à New York entre la et la et les et Est (on les baptise Nuyorican).
Ainsi, de nombreux musiciens portoricains et cubains (comme Arsenio Rodriguez, Josè Curbelo et Machito) jouent à New York les rythmes latins à la mode. Ces rythmes proviennent majoritairement de Cuba, alors centre de la vie culturelle des Caraïbes du fait de sa situation géographique.
Mais après la révolution cubaine achevée en 1959, de nombreux Cubains émigrent aussi aux États-Unis (New York et Miami). Cuba, par l'embargo, perd son rôle culturel central, laissant à New York ce rôle de pôle d'attraction.
La musique à New York sera alors majoritairement d'inspiration cubaine, jouée par des musiciens de toutes les Caraïbes. En particulier, le combo de Cortijo et son chanteur Ismael « Maelo » Rivera cumulent les premières en jouant ces rythmes lors d'une tournée à New York. Les Portoricains ne délaissent pas pour autant leurs propres rythmes (bomba, plena…).
New York voit défiler plusieurs modes venues de Cuba : le son cubain en 1928 le mambo en 1949 (après avoir transité par le Mexique) le cha-cha-cha en 1954 la pachanga en 1964, le boogaloo en 1966 (proche du rhythm'n'blues, influencé aussi par le latin jazz), destiné à contrer la musique des Beatles et donnant aux latinos des États-Unis l'occasion de se rapprocher de la culture rock et de s'éloigner de celle de leurs parents. De cette évolution naîtra la salsa à New York.
Vers 1967, les musiciens cubains vont revenir à des sources plus latines, le son montuno particulièrement.
Les musiciens new-yorkais vont innover en utilisant également des bongos et en ajoutant un ou plusieurs trombones à la section cuivre (Eddie Palmieri et la Perfecta, Willie Colón inspiré par Mon Rivera).
Citons : The Lebrón Brothers, Charlie Palmieri, Johnny Pacheco, Richie Ray et Bobby Cruz, Willie Colón, accompagné de Celia Cruz, Héctor Lavoe puis Rubén Blades, Ray Barretto, Roberto Roena, Cheo Feliciano, Bobby Valentin… (la plupart font partie de la maison de disques Fania, qui est à la salsa ce que la Motown est à la soul).
Incontestablement l'origine de la salsa en tant que style musical propre se trouve à New York et le label Fania en est le principal producteur. Si la salsa est bien la petite-fille des styles musicaux cubains et portoricains, elle est surtout la fille du boogaloo du Spanish Harlem. La salsa devient un rythme symbole identitaire de tous les latinos, de New York aux Caraïbes. Elle retourne ainsi à Cuba et Porto Rico, entre autres. La Colombie s'appropriera cette musique au point de faire, dans la fin des années 1980, de Cali, la capitale mondiale de la salsa. Le concert organisé en 1971 au club Cheetah à New York, dans lequel vont se produire six des vocalistes de salsa les plus importants de l’époque, est souvent considéré comme le lieu de naissance de la salsa. Ce concert de la Fania All Stars est immortalisé dans le film Our Latin Thing, coproduit par Jerry Macusi (un des deux fondateurs du label new yorkais Fania). commercialement pour désigner ce mouvement.
Salsa colombienne et salsa cubaine