vignette|La configuration de la plate-forme orbitale lunaire, telle qu'elle figure dans la présentation HEOMD du .

La ou plus simplement , anciennement (« portail en orbite lunaire ») ou LOP-G, auparavant (« portail sur l'espace lointain »), était un projet de station spatiale placé en orbite sélénocentrique proposé en 2017 par la NASA. Son développement est suspendu en par la NASA au profit d'une base sur la surface lunaire.

La station avait initialement pour objectif de préparer les astronautes aux expéditions dans l'espace interplanétaire (Lune, Mars) en leur permettant d'y séjourner une cinquantaine de jours ainsi que de roder le fonctionnement d'un engin spatial loin du support procuré par la Terre. En 2019, la NASA lance le programme Artemis, dont l'objectif est de ramener des hommes à la surface de la Lune. Dans le cadre de ce projet, il est prévu que la station spatiale serve de relais entre la Terre et la surface lunaire pour les équipages et certains équipements.

La devait comprendre dans une première phase (prévue initialement en 2025) deux modules : PPE () regroupe des fonctions de support (télécommunications, énergie et propulsion) tandis que HALO () sert de module d'habitation. Deux autres modules, ESPRIT et I-HAB, fournis par l'Europe et le Japon, devaient permettre d’accroître les capacités (ergols, télécommunications, sas scientifique) et le volume habitable de la station spatiale. Ces modules devaient être lancés par les fusées et SLS. La station spatiale devait circuler sur une orbite dite NRHO (orbite de halo presque rectiligne) de période orbitale de sept jours (), qui présente l'avantage d'être très stable et de réduire les interruptions des liaisons avec la Terre.

Historique vignette|Vue d'artiste d'un vaisseau Orion visitant la station .

Le développement de la station spatiale lunaire vise initialement à donner un objectif au programme spatial habité américain à la suite de l'abandon en 2010 du programme Constellation (qui devait ramener des hommes sur la Lune) et, en 2017, de la mission ARM (détournement d'un petit astéroïde géocroiseur). À la suite de la réactivation en 2019 des ambitions lunaires par le président Donald Trump (programme Artemis), la station spatiale lunaire doit servir de relais entre la Terre et la surface de la Lune.

Abandon par la NASA de l vignette|Schéma d'un vaisseau conçu pour permettre un séjour de dans l'espace interplanétaire.

En 2010, l'arrêt pour raisons budgétaires du programme « Constellation », dont l'objectif est de ramener l'homme sur le sol lunaire, semble annoncer le repli du programme spatial habité américain sur l'orbite terrestre basse. Toutefois la même année, la NASA décide de poursuivre le développement d'un lanceur lourd SLS et du vaisseau spatial Orion. Ces engins spatiaux doivent être utilisés pour réaliser des missions interplanétaires d'une complexité croissante dans le but de déposer des hommes sur Mars. La stratégie ainsi définie, baptisée « Flexible Path », est beaucoup plus progressive que ce qui était envisagé dans les projets martiens antérieurs. Avant de poser l'homme sur Mars, il est prévu de mener des missions autour de la Lune, sur des astéroïdes proches puis sur la lune martienne Phobos pour mettre au point les matériels et gagner en expérience. Les premières missions de SLS et Orion à destination de l'espace cislunaire sont progressivement définies au cours des années suivantes. Toutefois la stratégie d'exploration du système martien reste vague. La première mission est l'envoi d'un équipage à la surface d'un astéroïde géocroiseur : l' doit combiner l'étude in situ de cet objet et tester les nouveaux matériels notamment en déplaçant une roche de de diamètre située à la surface de l'astéroïde pour la placer sur une orbite lunaire.. Toutefois en interne à la NASA comme au Congrès peu de personnes soutiennent cette mission et celle-ci est finalement annulée en .. Cette annulation replace la Lune au cœur du programme spatial habité.

En parallèle, à compter de 2012, la NASA réalise plusieurs études d'un engin spatial de grande taille (le ou DSH) qui doivent permettre à des équipages d'effectuer des séjours de longue durée (de 60 à ) dans l'espace interplanétaire dans le cadre de missions à destination des astéroïdes géocroiseurs, de la Lune et de Mars. Les engins spatiaux étudiés fournissent un espace habitable et reprennent certains des concepts mis au point pour les modules de la Station spatiale internationale. Ils doivent être lancés par le lanceur géant et fonctionner avec le vaisseau Orion. Ils utilisent le système d'amarrage IDSS..

Regain d'intérêt pour la Lune des agences spatiales russe et européenne La Russie annonce au milieu de la décennie 2010 qu'elle projette de développer une station orbitale lunaire, la et d'envoyer des humains à la surface de la Lune à l'horizon 2030 en utilisant le vaisseau Federatsia en cours de développement. De son côté, l'Agence spatiale européenne lance en 2015 l'idée d'un village lunaire, c'est-à-dire d'une base permanente sur la Lune développée par l'ensemble des nations spatiales.

Lancement du projet En , la NASA précise la stratégie de son programme spatial habité. Elle annonce le développement d'une station spatiale placée en orbite lunaire baptisée (DSG). Celle-ci peut accueillir des équipages pour une durée de . Elle comprendra un module d'habitation, un module de propulsion et éventuellement un module servant de sas. La station DSG est assemblée à partir de composants transportés par le lanceur lourd SLS et est desservie par le vaisseau Orion. Il est prévu que, dans une première phase, les équipages qui doivent occuper la station à partir de 2025 l'utilisent pour apprendre à vivre et à travailler en orbite lunaire et se préparer ainsi aux missions à destination de la planète Mars. Cette phase permettra également de réaliser des rendez-vous orbitaux loin de l'orbite terrestre basse. La NASA indique qu'elle compte faire appel aux entreprises privées et aux partenaires internationaux pour les missions de ravitaillement. Les missions utilisant la station spatiale doivent constituer une répétition avant l'envoi de missions vers Mars qui constituent l'objectif final du programme. Pour transporter les équipages jusqu'à Mars, l'agence spatiale prévoit de développer un vaisseau spatial de grande taille, le . Celui-ci sera lancé vers la station lunaire par une fusée SLS, complètera son ravitaillement à son arrivée, avant d'être lancé vers Mars avec un équipage de quatre à cinq personnes.... Le , la NASA signe des contrats avec plusieurs industriels (Boeing, Lockheed Martin, Northrop Grumman, Sierra Nevada et MacDonald, Dettwiler) pour mener des études de conception du module de propulsion (PPE) de la future station spatiale.. L'Agence spatiale canadienne souhaite tester une voile solaire à bord de l'avant-poste..

Le , Jim Bridenstine, administrateur de la NASA, dévoile les grands axes du programme Explore Moon To Mars lors d'une conférence au Centre spatial Kennedy qui replace le programme de la station spatiale lunaire dans la stratégie à long terme du programme spatial habité américain. L'envoi d'astronautes vers la planète Mars est prévu à l'horizon 2030 après une décennie passée à l'étude des séjours longue durée dans l'espace, en orbite autour de la Lune..

Développement Le premier budget consacré au développement de la station spatiale lunaire, qui est rebaptisé à cette occasion , est soumis en 2018. Un montant de de dollars américains est affecté au projet pour l'année 2019 tandis que doivent être dépensés d'ici 2023. La station doit comprendre dans sa configuration initiale deux modules : le module PPE () prend en charge les fonctions de propulsion et de production d'énergie tandis que le module HALO () sert de logement aux astronautes. Deux modules supplémentaires, un sas et un module logistique, sont prévus dans un deuxième temps.. En , la NASA sélectionne Maxar Technologies pour la réalisation du module PPE pour un montant de de dollars.. La réalisation du second module HALO est confiée à Northrop Grumman. Début 2021, la NASA sélectionne la fusée de SpaceX pour le lancement des deux modules qui doit avoir lieu en 2025.

En , la NASA passe commande auprès de la société SpaceX d'une version dérivée du cargo spatial , baptisée SpaceX Dragon XL, pour assurer le ravitaillement de la station spatiale lunaire. Le vaisseau doit permettre le transport de de fret pressurisé et d'une tonne de fret non pressurisé. Il sera lancé par une fusée . Le vaisseau ne revient pas sur Terre mais est chargé de déchets au bout d'une durée maximale d'un an et se place en orbite héliocentrique à la fin de sa mission. La NASA n'apporte aucune précision sur le budget alloué à cette commande et sur le nombre d'engins nécessaires pour assurer le support de la station spatiale.

Coopération internationale Pour ce projet, la NASA souhaite poursuivre la politique de coopération internationale mise en œuvre pour la construction et l'exploitation de la Station spatiale internationale. La Russie, partenaire principal dans cette dernière, donne son accord en .. Mais en , Dmitri Rogozine, responsable de l'agence spatiale russe Roscosmos, annonce que la Russie a décidé de ne pas participer à ce projet qu'elle trouve trop lié aux intérêts américains..

L'agence spatiale canadienne est la première organisation à confirmer sa participation au programme.. Le Canada est chargé de fournir un bras robotique, Canadarm3, aux fonctionnalités similaires à celles de en service à bord de la Station spatiale internationale..

Programme Artemis et Gateway

Les plans de la NASA sont en partie modifiés par la décision en du président américain Donald Trump d'accélérer son programme lunaire. Celui-ci fixe initialement à 2024 la date du retour des astronautes sur le sol lunaire.. Pour répondre aux demandes du président, l'agence spatiale américaine lance le programme Artemis qui s'appuie en partie sur les développements déjà lancés dont la station spatiale lunaire. Dans ce nouveau contexte, la doit servir de relais entre la Terre et la surface de la Lune. Toutefois en , la NASA décide que, pour que l'assemblage de la station spatiale ne constitue pas une source de blocage, les premières missions vers le sol lunaire pourront être réalisées sans passer par la station spatiale lunaire.. Dans le cahier des charges du vaisseau lunaire HLS chargé de déposer les astronautes sur le sol lunaire, un rendez-vous en orbite lunaire entre le vaisseau Orion et le HLS est une option pour laquelle le candidat peut opter. Par contre, pour les missions dites « durables » à compter de 2028, la station lunaire devient obligatoire notamment pour permettre la réutilisation de tout ou partie du vaisseau lunaire.. Pour les premières missions du programme « Artemis », la priorité est donnée aux deux modules nécessaires pour les missions qui doivent se dérouler sur le sol lunaire, les modules PPE et HALO.

Suspension du développement Fin , une annonce de réorganisation du programme Artemis laisse en suspens le projet de la , tout en promettant des annonces à son sujet dans les mois qui suivront.

En , la NASA annonce la suspension du développement de la au profit d'une base sur la surface lunaire. Elle a également annoncé pouvoir rediriger certains équipements développés pour la Gateway vers le nouveau projet.

Orbite vignette|La station spatiale lunaire est positionnée sur une orbite NRHO. Ce schéma montre les orbites NRHO L1 et L2 nord et sud. L'orbite retenue est une L2 sud.