L'offensive d'Abou Douhour a lieu du au lors de la guerre civile syrienne. Les combats se déroulent sur les limites du gouvernorat d'Idleb, du gouvernorat de Hama et du gouvernorat d'Alep.

L'offensive est initialement lancée par Hayat Tahrir al-Cham et d'autres groupes rebelles au nord-est de Hama, mais elle est rapidement repoussée par les loyalistes. Dans les semaines qui suivent, les deux camps continuent cependant de lancer offensives et contre-offensives indécises. La situation se complexifie début octobre avec l'infiltration de troupes de l'État islamique venues de l'est des gouvernorats de Hama et de Homs qui parviennent à former une nouvelle poche dans la région. Les troupes du régime syrien prennent l'avantage fin décembre en réalisant une percée au nord-est de Hama qui leur permet de pénétrer au sud-est du gouvernorat d'Idleb. La contre-offensive loyaliste s'achève par la reconquête de l'aéroport d'Abou Douhour et des villages environnants dans le sud-est de la poche d'Idleb.

Prélude Depuis , la poche d'Idleb, comprenant le gouvernorat d'Idleb, l'ouest du gouvernorat d'Alep et le nord du gouvernorat de Hama, fait partie des « zones de désescalade », mises en place après la conclusion d'un accord à Astana entre la Russie, l'Iran et la Turquie . Trois groupes principaux occupent la région : Hayat Tahrir al-Cham, Ahrar al-Cham et l'Armée syrienne libre . L'accord exclut cependant le groupe le plus puissant, Hayat Tahrir al-Cham, en raison de ses liens avec al-Qaïda . Environ , dont environ d'Hayat Tahrir al-Cham, et 2,6 millions de civils sont présents dans cette poche.

L'offensive de septembre, menée sur le front au nord de la ville de Hama, provoque les combats les plus violents entre loyalistes et rebelles depuis l'annonce de la mise en place des « zones de désescalade ».

Déroulement Offensive rebelle et contre-offensive loyaliste en septembre 2017 vignette|upright=1.4|gauche|Situation dans la région de Hama à la date du 23 septembre 2017 :

Le , Hayat Tahrir al-Cham et plusieurs groupes rebelles lancent une nouvelle offensive contre le régime au nord de Hama . La dernière sur ce front avait été lancée en mars. Parmi les principaux groupes engagés figurent Hayat Tahrir al-Cham , le Parti islamique du Turkestan, Jaych al-Ezzah, Jaych al-Nasr , l'Armée libre d'Idlebكودي روش@badly_xeroxed, #HTS-led Battle "O Servants of God, Prove Yourselves" began today targeting regime positions including Ma'an N #Hama, twitter, 19 septembre 2017., Jaych al-Nokhba et Al-Forqat al-Wasti. Ils sont ensuite rejoints par Ahrar al-Cham et Faylaq al-Cham. Les forces du régime engagent pour leur part sur le front de Hama le corps et les Forces du Tigre de l'armée syrienne ; les milices syriennes des Forces de défense nationale, du Liwa al-Quds, de la Résistance syrienne et du Liwa al-Baqir ; et des miliciens chiites du Hezbollah, du Harakat Hezbollah al-Nujaba, des Brigades de l'imam Ali et de la Brigade al-Mokhtar al-Tahaqafi .

Les assaillants parviennent initialement à s'emparer de quelques villages — notamment al-Qahirah, al-Shatheh, al-Tulaysiyah et al-Talah al-Sawdaa — mais les loyalistes contre-attaquent et les reprennent le soir du .

Le , les troupes du régime attaquent les positions rebelles à l'est de la petite ville de . Les combats se concentrent dans le village d'Um Haratayn qui est repris par les forces d'Ahrar al-Cham et de Hayat Tahrir al-Cham ; les loyalistes laissent derrière eux plusieurs prisonniers et deux chars détruits .

Le , les loyalistes repartent à l'assaut contre Qbibat Abou al-Huda et Um Haratayn, mais ils doivent à nouveau battre en retraite deux jours plus tard . Le , un hélicoptère russe est abattu dans la région de Hama ; l'attaque est revendiquée par Jaych al-Ezzah .

Le , des inghimasi de Tahrir al-Cham mènent une attaque près de Maan, au cours de laquelle cinq militaires du régime sont tués, dont le général de brigade Dahi Abou Jaber Ahmad.

Les 28 et , les hommes de Jaych al-Ezzah repoussent également une attaque loyaliste près de , au nord-ouest de Hama.

Raids aériens du régime et de la Russie sur la poche d'Idleb en septembre 2017 En représailles, le régime syrien et la Russie mènent une série de frappes aériennes dans le gouvernorat d'Idleb . Dans la nuit du 20 au , leurs forces aériennes bombardent Khan Cheikhoun, Maarat al-Nouman, Kafr Zita et Kafr Nabil. Le selon l'OSDH, des avions russes frappent des QG et des grottes de Faylaq al-Cham, tuant au moins 45 rebelles . Le , au moins de Hayat Tahrir al-Cham sont tués ou blessés à Khan al-Sabeel . Le , au moins 37 civils, dont 12 enfants, sont tués par des frappes russes dans les environs de Jisr al-Choghour selon l'OSDH . Le , la Russie revendique la mort de cinq chefs et 32 combattants de Hayat Tahrir al-Cham au sud d'Idleb, mais sans en préciser la date . Le , les Casques blancs de la Défense civile syrienne affirment qu'au moins 152 civils ont été tués et 279 secourus en plus d'une semaine dans le gouvernorat d'Idleb .

Le , 40 civils au moins sont encore tués par des raids sur le village d'Armanaz, au nord-ouest d'Idleb ; le , au moins 69 personnes sont encore tuées par des bombardements à Atareb, à l'ouest d'Alep, dont six femmes, cinq enfants, 17 membres de la Police libre et sept prisonniers . Le , la commission d'enquête de l'ONU sur les crimes de guerre en Syrie impute le bombardement d'Atareb à l'aviation russe et affirme qu'il a fait 84 morts et 150 blessés

Pour l'OSDH, en onze jours près de aériens ont été menés dans les gouvernorats d'Idleb et Hama, causant la mort d'au moins 203 civils, dont 47 femmes et 57 enfants, ainsi que 500 blessés . Au moins 168 rebelles ont également été tués, dont 68 de Faylaq al-Cham .

Première offensive de l'État islamique contre les rebelles en octobre 2017 vignette|Poche de l'État islamique en octobre 2017 :

Au cours de l'offensive de la Badiya, les troupes du régime syrien parviennent en à encercler les djihadistes de l'État islamique dans une poche située au sud-est du gouvernorat de Hama et au nord-est du gouvernorat de Homs . Cette poche est entièrement conquise le , l'État islamique ne contrôle alors plus aucune localité dans la région .

Cependant, le , l'État islamique réapparaît dans le nord du gouvernorat de Hama en attaquant des villages rebelles après avoir traversé les zones tombées aux mains du régime syrien. Hayat Tahrir al-Cham, alors déjà engagé dans des combats contre les loyalistes au nord de Hama, accuse alors le régime de complicité et d'avoir laissé passer librement les troupes de l'État islamique à travers son territoire pour ensuite venir l'affaiblir. Cependant, l'organisation bénéficie également de cellules dormantes dans la poche d'Idleb. Ainsi en , Hayat Tahrir al-Cham avait annoncé l'arrestation d'une centaine de membres de l'État islamique ; en représailles, l'EI avait mené un attentat trois jours plus tard à Idleb qui avait fait au moins 26 morts parmi les hommes de Tahrir al-Cham .

Selon Hassan Hassan, du Tahrir Institute for Middle East Policy, les hommes de l'État islamique .

Pour l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), des membres de l'EI fuyant les offensives loyalistes s'étaient déjà réfugiés dans la poche d'Idleb et s'étaient rendus aux hommes de Tahrir al-Cham ; mais 70 d'entre-eux, dont 20 blessés, avaient été portés disparus après être tombés aux mains de djihadistes des al-Cheitaat, une tribu victimes de massacres commis par l'EI en 2014 .

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), le nombre des combattants l'État islamique engagés dans les combats est d'environ 400. Mais ces derniers sont isolés face au Hayat Tahrir al-Cham, qui dispose de dans la région d'Idleb

Le , l'État islamique passe à l'attaque et s'empare de quinze villages. Hayat Tahrir al-Cham déploie alors des renforts et lance peu après une contre-offensive : rapidement, ses combattants reprennent six villages et le , ils en contrôlent sept . Le , ils reprennent le village de , considéré comme le plus important . Le , les djihadistes de Tahrir al-Cham s'emparent du village d'al-Mestriha ; ils tentent ensuite de reprendre les villages d'Abou Laffah, al-Shakuziyyeh et Abou Al-Hawadeed, toujours tenus par l'EI .

Le , après quelques jours d'accalmie, les combats reprennent avec une nouvelle offensive de Hayat Tahrir al-Cham visant à reprendre les trois dernières localités tenue par l'État islamique : Aniq Bajra, Tawtah et Jib Azraq . Ces trois villages sont entièrement reconquis le ; l'État islamique ne contrôle alors plus aucune localité dans le gouvernorat de Hama .

Progression des loyalistes contre les rebelles d'octobre à décembre 2017 vignette|gauche|upright=1.4|Situation dans la région de Hama à la date du 24 novembre 2017 :

vignette|droite|Avancées des loyalistes et de l'État islamique en décembre 2017 :

Le , Hayat Tahrir al-Cham lance une offensive dans les environs d'Abou Dali, au nord-est de Hama. Les djihadistes s'emparent du village de Mushayrifah, au sud-est d'Abou Dali, puis ils prennent Tell Aswad, au-sud-ouest, le , avant qu'Abou Dali ne soit conquise à son tour le 8. Un char T-72, un blindé BMP-1, plusieurs autres véhicules et plusieurs dizaines de caisses de munitions tombent aux mains des assaillants.

Le , les troupes du régime relancent une offensive au nord-est de Hama . Le , les combats ont lieu dans la région d'Abou Dali ; les loyalistes reprennent le village de Mushayrifah . Le , Hayat Tahrir al-Cham, Jaych al-Ezzah, Jaych al-Nasr, Al-Forqat al-Wasti lancent une contre-attaque et s'emparent des villages d'al-Boleel et d'Umm Turaykiyah . Le , les loyalistes reprennent Talat Al-Tallu et al-Boleel . Le , l'OSDH affirme qu'après un mois d'offensive, 30 villages ont été repris par les loyalistes .

Le , les loyalistes entrent dans le village de . Le , ils s'emparent de deux autres villages : Al-Bulail and Um Khazim .

Dans la nuit du 19 au , 19 civils, dont sept enfants, sont tués par des bombardements dans le village de Maar Chourine selon l'OSDH et les Casques blancs .

Le , l'OSDH déclare qu'après deux mois d'offensive, 40 villages ont été repris par les loyalistes .

Le , un chasseur-bombardier du régime syrien est abattu sur le front de Hama et le pilote est tué .

Deuxième offensive de l'État islamique contre les rebelles de novembre 2017 à janvier 2018 vignette|Différentes offensives de l'État islamique et des loyalistes en janvier 2018 :

L'État islamique n'est cependant pas chassé du gouvernorat de Hama : le , ses combattants s'infiltrent à nouveau et s'emparent de plusieurs villages tenus par Hayat Tahrir al-Cham ; une vingtaine de villages sont pris en cinq jours .

Le , l'État islamique progresse contre Tahrir al-Cham et s'empare du village de Bachkoun ; il reprend ainsi pied pour la première fois depuis près de quatre ans dans le gouvernorat d'Idleb . Tahrir al-Cham reprend la localité deux jours plus tard , mais l'État islamique reprend ensuite pied dans la province. Au , il contrôle 26 villages dans les gouvernorats de Hama et Idleb . L'EI continue ensuite de progresser : au , il contrôle 43 villages.

Percée des loyalistes dans le gouvernorat d'Idleb entre décembre 2017 et février 2018 vignette|Progression des loyalistes et des djihadistes de l'État islamique entre décembre 2017 et février 2018 :

vignette|gauche|upright=1.2|Évolution dans le sud-est du gouvernorat d'Idleb, du 27 décembre 2017 au 14 février 2018 :