Le réseau express régional d'Île-de-France, couramment appelé le RER , est un réseau de transport en commun au gabarit ferroviaire qui dessert Paris et son agglomération. Il fait partiellement partie du réseau régional dénommé Transilien (l'équivalent dans le reste de l'Hexagone étant appelé le transport express régional, en abrégé TER).

Constitué de cinq lignes numérotées A, B, C, D et E, le RER comporte d'arrêt pour de voies (dont en souterrain, situées pour l'essentiel dans Paris intra-muros) et est fréquenté par de voyageurs par jour (dont plus d'un million sur la ligne A). Pour des raisons historiques, une partie du réseau est gérée par la Régie autonome des transports parisiens (RATP), tandis que le reste fait partie du réseau Société nationale des chemins de fer français (SNCF).

L'essentiel de la partie centrale du réseau est le fruit d'un effort massif d'ingénierie civile et de financement entre et , date officielle de l'inauguration du réseau. comprend des stations plus profondes et plus spacieuses que celles du métro.

Histoire Origines du projet thumb|La ligne de Sceaux en carte postale.

Le RER d'Île-de-France est né d'une double problématique, affirmée dès les débuts du : relier entre elles les différentes gares parisiennes, et simplifier les échanges pendulaires Paris-banlieue en supprimant les ruptures de charge aux gares.

Les origines du RER peuvent être trouvées dans le plan de Ruhlmann-Langewin en 1936 de la CMP (Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris) pour un métro express régional à grand gabarit. Premier acte concret, la ligne de Sceaux est rétrocédée à la CMP par le PO (Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans) en 1938 après une importante modernisation (électrification, block automatique lumineux (BAL), quais hauts…) alors que le reste du réseau français à grand gabarit est nationalisé avec la création de la SNCF.

Ce plan est ressorti après-guerre par le successeur de la CMP, la RATP, durant les années 1950. En , un comité interministériel lance la construction d'une ligne ferroviaire est-ouest à grand gabarit. Étant à l'origine de l'idée, c'est tout naturellement la RATP qui fut chargée d'exploiter la nouvelle ligne, pour laquelle, en vue de sa constitution, la SNCF lui céda deux lignes qu'elle exploitait : la ligne de Paris-Saint-Lazare à Saint-Germain-en-Laye à l'ouest et la ligne de Paris-Bastille à Marles-en-Brie (dite aussi « ligne de Vincennes ») à l'est.

Schéma directeur de 1965 thumb|left|La ligne de Vincennes en carte postale.

Il faut attendre le schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme de la région parisienne (SDAURP) de , le premier du genre, pour qu'un véritable réseau régional soit imaginé.

Conçu sous l'autorité de Paul Delouvrier, ce schéma définit le réseau express régional comme un

Le SDAURP prévoit trois lignes principales, soit de lignesVie sociale, cahiers du CEDIAS - Centre d'études, de documentation, d'information et d'action sociales (Paris), mai 1966, , consulté le ..

Ligne transversale Est-Ouest thumb|La ligne de Saint-Germain-en-Laye en carte postale.

Lignes transversales Nord-Sud thumb|left|Vue aérienne de l'aérogare 1 de l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle.

Possibilités de liaisons tangentielles SDAURP, Éditions du District de la Région parisienne, Paris, 1965

Automatisation C'est à la suite de l'expérience réussie d'automatisation du péage du RER qu'en , la RATP annonce qu'il n'y aura plus de poinçonneur dans le métro à partir de 1974.Le Monde du 23 octobre 1969. Cette expérience réussie d'automatisation du péage du RER avait utilisé 54 ordinateurs CII 10010 couplés avec des Philips P 9201. Le premier des deux avait été lancé en par la CII sous le nom de CII 10010, avant d'être renommé Iris 10 un an et demi après.

Il est alors précisé que dans un second temps l'automatisation de portillons automatiques du métro reposera, à son tour, sur un nombre plus restreint d'ordinateurs, de la génération suivante, soit 14 CII 10020 seulement. L'étape suivante sera des rames automatisées sans conducteurs, qui ne verront le jour à grande échelle qu'en 1983, véhicule automatique léger (VAL), premier métro urbain intégralement automatique au monde. Il a ouvert en 1983 pour le nouveau métro de Lille, issu des recherches combinées de l'université Lille-I, de l'IDN. et du brevet d'automatismes d'un système sans conducteur déposé le par le professeur Robert Gabillard., qui s'est exporté à Toulouse, Rennes, Turin, Uijeongbu, Taipei ou dans les aéroports de Paris ou Chicago.

Du métro régional au RER thumb|Une rame MS 61 non rénovée, en gare de Nation, en .

La construction de la première ligne est-ouest a été lancée le par Robert Buron, ministre des Travaux publics et des Transports, au pont de NeuillyMétro-Express, les actualités françaises - Ina . L'extension rapide du nouveau quartier d'affaires de La Défense rendit prioritaire la section occidentale du nouvel axe, réalisée station après station à travers Paris de 1969 à 1977. Ce n'est que le que la première nouvelle station sur la section orientale fut inaugurée à Nation, puis ouverte au public le surlendemain.

Cette nouvelle gare entièrement souterraine devint provisoirement le terminus de l'ancienne ligne de Vincennes, limitée à Boissy-Saint-Léger. On appelle ce premier tronçon, le « Métro régional »Inauguration du RER, journal d'A2 - Ina ..

L'axe de la ligne A avait été choisi primitivement pour décharger la ligne 1 du métro entre les stations Charles-de-Gaulle - Étoile et Nation, la plus saturée.

Mais la nouvelle ligne de RER, plus rapide et desservant la banlieue, attira très vite autant de voyageurs au point d'atteindre elle-même la saturation.

Le même phénomène se produira plus tard sur l'axe nord-sud entre Châtelet et Gare du Nord, avec la ligne B du RER, qui soulage la ligne 4 du métro, puis approche à son tour de la saturation.

Quelques semaines après la mise en service la gare RER de Nation fut ouverte de l'autre côté de Paris la section occidentale, longtemps attendue, entre ÉtoileLa station ne fut rebaptisée Charles-de-Gaulle - Étoile qu'ultérieurement. et La Défense. Cette simple navette initiale fut d'abord prolongée vers l'est jusqu'à la nouvelle station Auber le , puis vers l'ouest le jusqu'à Saint-Germain-en-Laye par sa connexion à Nanterre116 à 126. à l'ancienne ligne de Paris à Saint-Germain-en-Laye.

Cette section devait initialement s'appeler « Métro express régional Défense – Étoile », soit un acronyme peu flatteur, qui ne sera découvert qu'assez tardivement, selon la rumeur, par un peintre travaillant sur le chantier, obligeant finalement à changer le nomL'Humanité 1992.Libération 2016.Le Parisien 2008.Le Parisien 2017.France bleu 2018..

Le , le schéma d'exploitation du futur réseau de transport en commun est approuvé par le Syndicat des transports parisiensRFF - Bilan LOTI de l'Interconnexion du RER D Châtelet-Gare de Lyon, .. Le métro régional est dorénavant conçu comme devant être constitué de trois lignes, la transversale est-ouest (future ligne RER A), une nouvelle transversale sur la rive gauche créée à partir de tronçons existants (future ligne RER C), le prolongement de la ligne de Sceaux et son interconnexion avec une ligne du réseau nord à déterminer (future ligne RER B), ainsi que la réalisation d'une nouvelle ligne supplémentaire interconnectée (future ligne RER D). L'opération de rénovation des Halles donne l'occasion inespérée de construire la nouvelle gare centrale du Châtelet à ciel ouvert, ce qui permet de réduire légèrement les coûts. En effet, lorsque débutent dans Paris les travaux de la transversale nord-sud (actuelle ligne RER B), l'idée d'envoyer des trains de banlieue de la SNCF en superposition des trains des lignes nord-sud et est-ouest du nouveau métro régional paraît judicieuse..

Naissance et extensions du RER

Naissance du RER thumb|left|À Châtelet - Les Halles, avec en premier plan un train de la ligne B et au second, un train du RER A, en .

Le . , la jonction entre les deux sections, occidentale et orientale du Métro régional, fut réalisée par l'ouverture de la station de correspondance Châtelet - Les Halles, jusqu'à laquelle fut prolongée la ligne de Sceaux à partir de Luxembourg, gare située sur la rive gauche, créant ainsi un embryon du métro régional projeté. Inaugurée par le président de la République Valéry Giscard d'Estaing, elle permit de lancer publiquement le nom du réseau ferroviaire : « Réseau Express Régional » (RER), en remplacement de « Métro régional » et le nom de baptême par lettres des lignes (A et B), déjà utilisé officieusement en interne par la RATP. Au cours de cette première phase, six stations entièrement souterraines et à grand gabarit furent créées..

Pour permettre la mise en service des premiers tronçons du réseau, l'État avait tout d'abord transféré l'exploitation de lignes SNCF à la RATP (ligne dite de Sceaux, ligne de Saint-Germain-en-Laye, ligne de Boissy-Saint-Léger). Seul, le tronçon central de la ligne A (La Défense – Vincennes), son extension entre Vincennes et Marne-la-Vallée et le tronçon central de la ligne B (Gare du Nord – Châtelet – Denfert-Rochereau) ont été construits par la RATP. Cela explique que les trains du RER circulent à gauche, comme sur la quasi-totalité du réseau SNCF, alors que les rames du métro de Paris roulent à droite.

Interconnexions et villes nouvelles La période 1977 - 1983 a vu l'achèvement de plusieurs opérations de grande ampleur.

Extension du RER A dans Marne-la-Vallée vignette|Construction du viaduc situé entre les futures gares de Lognes et de Torcy.

Le , tout juste baptisée « RER A », la ligne est prolongée jusqu'à Noisy-le-Grand-Mont d'Est, sixième gare souterraine et à grand gabarit ouverte au public depuis 1969. Cette nouvelle branche quitte l'ancienne ligne de Vincennes à proximité de la gare de Fontenay-sous-Bois. Elle est longue de et dessert trois nouvelles gares intermédiaires. La première, Val de Fontenay, dessert la ZUP de Fontenay-sous-Bois et permet une correspondance avec la ligne de Paris-Est à Mulhouse-Ville, les deux autres desservent Neuilly-Plaisance et Bry-sur-Marne.

Le , la branche de Noisy-le-Grand est prolongée de en direction de l'est jusqu'à la gare de Torcy. Le tracé dessert l'université Paris-Est-Marne-la-Vallée, à travers la gare de Noisy - Champs, le centre urbain de Noisiel, et franchit le ru de Maubuée, entre les deux dernières gares de Lognes et de Torcy, par un viaduc en béton précontraint. Ce prolongement, inauguré par Michel Giraud, président du conseil régional d'Île-de-France, s'accompagne d'une réorganisation du réseau d'autobus afin d'assurer un meilleur rabattement. La section n'est, au départ, exploitée qu'en simple navette dans l'attente de nouveau matériel..

Le , le gouvernement signe un protocole avec la Walt Disney Company établissant les conditions d'implantation du complexe de loisirs Disneyland Paris. Il est, par conséquent, acté la réalisation d'un nouveau prolongement de la ligne A, long de onze kilomètres, de Torcy à Chessy, pour permettre la desserte du nouveau parc d'attractions de Walt Disney, celui-ci devant s'implanter au cœur des grandes cultures céréalières de la Brie française, à l'est de la ville nouvelle de Marne-la-Vallée, sur le territoire de Chessy. Le , la ligne atteint Marne-la-Vallée - Chessy, onze jours avant l'inauguration du parc Disneyland. À cette occasion, la gare de Torcy - Marne-la-Vallée, ancien terminus de la branche, change de nom pour simplement devenir « Torcy ». L'arrivée du RER a ici précédé l'urbanisation des secteurs III et IV de la ville nouvelle.