vignette|311x311px|Os Lusíadas. Œuvre fondatrice, elle est l'une des références communes à tous les pays et auteurs lusophones. Couverture de la première édition (1572) La littérature lusophone rassemble l'ensemble de la littérature écrite en langue portugaise.
La lusophonie fédère tous les pays ayant le portugais pour langue officielle : Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) d'environ en 2019.
Histoire
La genèse de la littérature lusophone est étroitement liée à l'expansion et à l'empire portugais. Partout où ils vont, les Portugais emportent avec eux leur langue et leur patrimoine culturel, qu'ils enrichissent au fil de leurs découvertes. En raison des liens étroits qui unissent les colons à leur métropole, et de leurs va-et-vient constants entre les Indes portugaises, le Brésil, l'Afrique portugaise, les îles de l'Atlantique et la métropole, la littérature élaborée outre-mer appartient pleinement à la littérature du Portugal. Pendant plusieurs siècles, l'Empire portugais est conçu culturellement comme un tout, dont le centre de gravité est Lisbonne. Les auteurs écrivant outre-mer sont euro-centrés.
Jusqu'au premier quart du pour le Brésil, et jusqu'à la seconde moitié du pour les anciennes colonies d'Afrique et d'Asie, on parle de littérature portugaise du Brésil colonial (ou luso-brésilienne), de littérature portugaise de l'Orient (ou indo-portugaise), de littérature portugaise d'Afrique (luso-africaine), chacune de ces littératures étant un prolongement et une ramification de la littérature du PortugalBrandão, Roberto de Oliveira. Poética e poesia no Brasil (Colônia). UNESP, 2001.. Parce qu'ils sont simplement la toile de fond d'histoires et d'évènements vécus par des Portugais (ou d'individus se revendiquant comme tels), les territoires et les sociétés coloniales de l'Empire ne possèdent pas à proprement parler d'identité littéraire propreSi les écrivains européens intègrent parfois la littérature autochtone dans leurs propres œuvres, ils contribuent aussi par la même occasion à la faire disparaître en tant que littérature locale, et à la faire passer dans la sphère littéraire portugaise. João de Barros par exemple reproduit fidèlement dans ses Décades les chroniques royales orientales, mais les originaux écrits en arabe, en sanskrit ou en malais ont disparu depuis.. Les plus grands écrivains installés dans ces territoires continuent à être formés ou affiliés au Portugal, où ils se rendent régulièrement, et où ils publient. Les auteurs de référence, les mouvements dominants et les normes sont toujours imposés depuis le Portugal.
Des genres littéraires liés aux immenses trajets effectués dans l'Empire se développent, tels que le récit de voyage, ou la littérature tragico-maritime. Le résultat de ce phénomène est double. D'une part, la littérature portugaise de la période moderne est une littérature d'envergure mondiale. Elle présente une richesse exceptionnelle. D'autre part, une partie importante de la littérature du Portugal sert aujourd'hui de facto de base aux littératures des autres pays lusophones.
vignette|400x400px|L'Empire portugais.
Parmi ces écrivains portugais évoluant ou nés dans l'Empire, on peut citer João de Barros, Fernão Mendes Pinto, Luís de Camões, Diogo do Couto, Garcia da Orta et Manuel Godinho de Erédia pour les Indes, et Pero Vaz de Caminha, Gregório de Matos, Basílio da Gama et Cláudio Manuel da Costa pour le Brésil. Bien que très liés à la littérature métropolitaine, quelques particularismes commencent à apparaître au , avec d'une part une activité littéraire amérindienne et asiatique orale encouragée et consignée par les jésuites, et d'autre part des thèmes propres à la société coloniale ou à la réalité extérieure environnante. Voyageant entre le Portugal et le Brésil, les poètes Tomás António Gonzaga, Cláudio Manuel da Costa et Basílio da Gama empruntent certains de leurs thèmes aux Amérindiens (dans le cadre des luttes contre les Amérindiens), tout en les adaptant aux réformes du marquis de Pombal et à l'encyclopédisme en vigueur en métropole.
Quelques mouvements séparatistes émergent dans des provinces de l'Empire à la fin du , en raison de problèmes de taxes ou de représentativité dans les institutions coloniales, sans toutefois que ceux-ci se réclament à proprement parler d'une nationalité brésilienne ou indo-portugaise, ou qu'ils entraînent la naissance d'une littérature différenciéeAu Brésil comme en Inde portugaise, ils correspondent à des particularismes provinciaux qui se manifestent même après l'indépendance, en 1831-1834 au Brésil (ils sont en partie résolus par l'acte additionnel de 1834) et entre 1961 et 1987 à Goa (ils sont en partie résolus lorsque Goa acquiert le statut d'État de l'Union le 30 mai 1987).. Les plus connus de ces mouvements sont la conjuration des Pintos à Goa, en Inde (1787), et la conjuration Mineira, dans le Minas Gerais, au Brésil (1789). Leurs meneurs restent culturellement portugais, et écrivent avec des repères métropolitains. À titre d'exemple, le poète Tomás António Gonzaga, l'un des meneurs de conjuration Mineira, est né à Porto, au Portugal. Lui, les conjurés Inácio José de Alvarenga Peixoto et Manuel Inácio da Silva Alvarenga ont tous fait leurs études à l'université de Coimbra et une carrière administrative au Portugal avant de basculer vers le Brésil, où ils se révoltent avec d'autres colons portugais contre les excès fiscaux du régime colonial. La majorité d'entre eux finissent leur vie en exil dans les provinces portugaises d'Afrique.
Du point de vue de la langue, des thématiques, du style et des mouvements dans lesquels elles s'inscrivent, leurs œuvres restent profondément portugaises et tributaires des normes de la métropole. Le Brésil et l'école autochtone révolutionnaire de Minas renouvellent l'inspiration poétique portugaise en vigueur en métropole faite de passion et de nostalgie de liberté. La littérature brésilienne commence à s'émanciper doucement de la littérature portugaise au , après la reconnaissance de l'indépendance du Brésil par le Portugal en 1825. Elle prend véritablement son autonomie au terme d'un siècle de gestation, au début du , avec le modernisme (1922)L'émancipation de la littérature brésilienne se fait très progressivement. Elle commence avec le Romantisme (1830-1870). Alors que les écrivains brésiliens encore liés aux modèles de Lisbonne s'efforcent de définir leurs propres thématiques sur fond de crises sociales (école indianiste), des polémiques critiques et littéraires apparaissent entre grammairiens portugais d'un côté et défenseurs de la liberté d'écriture de l'autre, qui souhaitent introduire des brésilianismes. La prose prend son essor à la fin du , avec les œuvres de José de Alencar et surtout de Machado de Assis. Ce dernier, à cheval entre romantisme et réalisme, reste le grand maître au-dessus de tout courant. À la même époque, apparaissent la prose régionaliste et le roman naturaliste en prose, le parnassianisme de Bilac en vers, dont l'emprise se prolonge jusqu'aux années 1920, parallèlement au courant symboliste. Si le début du garde encore les grandes caractéristiques de l'époque précédente, certains prosateurs annoncent le renouveau de l'après-guerre..
gauche|vignette|400x400px|Distribution de la langue portugaise dans le monde:
On retrouve sensiblement le même phénomène au en Afrique portugaise, où la langue et la culture portugaises s'imposent par le biais des colons venus du Portugal. Toutefois, bien que constituant la majorité de l'élite lettrée, les Blancs sont très minoritaires démographiquement. On assiste à l'émergence d'une littérature créole au Cap-Vert dans la première moitié du , avec par exemple l'autodidacte Eugénio Tavares, et surtout d'une littérature noire de combat singulière à partir des années 1950 en Afrique australe, la place des Noirs africains étant centrale dans les mouvements d'émancipation nationale (contrairement à ce qui s'était passé au Brésil où les indépendantistes et les écrivains autochtones étaient très majoritairement Blancs et d'origine portugaise jusqu'à la fin du )Parmi ces premiers écrivains angolais, on peut citer Mário Pinto de Andrade et Agostinho Neto..
Parmi ces premiers écrivains noirs africains d'Afrique australe, on peut citer Mário Pinto de Andrade et Agostinho Neto pour l'Angola, Albino Magaia et Paulina Chiziane pour le Mozambique. La couleur de peau n'ayant alors que peu d'importance dans le contexte littéraire, des écrivains blancs ou métis, nés en Afrique, et se considérant Africains, se battent également contre la dictature de l'Estado Novo et les guerres coloniales, et restent en Afrique après les indépendances. Imprégnés de culture africaine, et soucieux de la réalité environnante, ils ont par la suite une place déterminante dans l'émergence de la littérature des PALOP. Parmi eux, on peut notamment citer Arlindo Barbeitos et José Luandino Vieira en Angola, Sérgio Frusoni, Ovídio Martins et Arménio Vieira au Cap Vert, le Mozambicain José Craveirinha, un métis luso-africain, et surtout Mia Couto, fils de colons portugais, l'un des plus grands écrivains actuels du Mozambique.
Du fait de cette histoire particulière et du corpus littéraire considérable qu'ils partagent, des liens culturels singuliers, remarquablement vivants, unissent aujourd'hui les pays lusophones. Des écrivains lusophones de toutes nationalités sont régulièrement lus et étudiés dans les programmes scolaires des différents pays de langue portugaise, ou invités dans leurs grands médias. Depuis 1989, le très prestigieux prix Camões, remis conjointement par la Fondation Bibliothèque Nationale du Portugal et Ministère de la Culture du Brésil, récompense les auteurs de langue portugaise hors critères de nationalité. Le cadre institutionnel et linguistique dans lequel évolue la littérature lusophone est également bien structuré. Un projet d'uniformisation de la langue portugaise, visant à modifier l'orthographe de plusieurs centaines de mots, a vu le jour en 1990 sous le nom officiel de « accord orthographique de la langue portugaise ». Ratifié au long des années 1990 et 2000 par tous les pays lusophones, et complété par un « second protocole modificatif », il est techniquement en vigueur suivant le droit international depuis le . Depuis 1996, la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) regroupe tous les pays lusophones240 millions d’habitants répartis sur 10 750 000 km2..
Du fait de l'expansion maritime du Portugal et de l'émigration continue qui s'est ensuivie, la littérature portugaise comprend l'ensemble des œuvres écrites par des auteurs de nationalité portugaise, affiliés au Portugal, et/ou écrivant en langue portugaise, quel que soit leur lieu de naissance (en métropole ou dans l'Empire), leur confession religieuse, leur degré de métissage et le lieu où a été rédigée leur œuvre. Prise ici au sens de « Belles Lettres », la littérature portugaise englobe la poésie, le théâtre et la prose littéraire (contes, romans divers, essais, lettres, nouvelles, récits de voyages, sermons, pamphlets, histoires tragico-maritimes, journaux intimes, etc.), mais exclut les ouvrages purement scientifiques, philosophiques et historiques. Liste d'écrivains portugais par ordre alphabétique Écrivains portugais par genre
Langue portugaise Le galaïco-portugais, matrice du galicien (au nord du Portugal) et du portugais, est la langue de prestige au Moyen-Âge dans la région.
La mériterait une place particulièrehttp://www.poesiagalega.org/uploads/media/araguas_frias_1999_galice.pdf., qu'on soit ou non partisan du réintégrationnisme : voir .
Le latin et le néo-latin, longtemps utilisés dans les domaines religieux, scientifique, juridique, ont favorisé une production importante de textes, abordée ailleurs : écrivains portugais de langue latine.