vignette|Un à robe calico à la patte droite levée et avec un ōban attaché à son collier.
Le , est une figurine représentant un chat, assis, levant une ou deux pattes, en guise de salutation. Issu des traditions populaires japonaises dans lesquelles les chats étaient estimés grâce à leur efficacité dans la lutte contre les rongeurs, cet okimono (置物 ; « bibelot »), généralement en céramique, en porcelaine ou même en plastique, est considéré comme un porte-bonheur associés à la prospérité commerciale. On le trouve devant de nombreux magasins et restaurants, mais aussi dans les foyers où il se décline en de nombreux autres objets comme des tirelires ou des porte-clés, devenant un objet emblématique de la culture japonaise contemporaine.
Présentation Étymologie et dénominations Le terme vient du verbe qui en japonais signifie « inviter » (dans le sens de faire venir) ou « saluer », et désigne le « chat ». Il s'agit donc littéralement du « chat qui invite ». À l’international, le maneki-neko peut être désigné sous le nom de chat porte-bonheur.
Attributs Le geste Le geste est un détournement du mouvement du chat se nettoyant l'oreille. Il y avait une croyance au Japon selon laquelle, les bénéfices d’une entreprise seraient florissants, lorsqu’un chat situé à l’entrée d’un bâtiment (genkan ; 玄関), passait sa patte sur sa figure"Maneki Neko: The Beckoning Cat", Onmark Productions, consulté le 2 janvier 2025.. Cette croyance a probablement pour origine un proverbe chinois de la dynastie Tang, « Le chat qui se lave le visage, passe par l'oreille, jusqu’à ce que l'invité arrive » ().
Pour faire signe à un pair de venir vers soi, il est d’usage en Chine et au Japon d’ouvrir sa main, paume vers le bas, de plier légèrement les doigts et de faire des mouvements de va-et-vient de sorte à signifier à l’interlocuteur de venir vers le locuteur. Ce genre est souvent utilisé par des commerçants ou des prestataires de services pour faire venir des clients. Du fait des différences culturelles spécifiques à la position de la main, certaines sculptures de maneki-neko conçues pour le marché international font le geste en montrant le dos de la patte.
gauche|vignette|Un maneki-neko doré levant la patte gauche. Les maneki-neko peuvent lever la patte droite ou la patte gauche, parfois les deux. La signification de chaque patte varie en fonction de la région et de l'époque : La croyance la plus répandue affirme que la patte gauche levée attire les clients, tandis que la patte droite attire la fortune et la chance « Manekineko : les figurines de chats porte-bonheur [archive] », sur www.nippon.com (consulté le 21 janvier 2020). , toutefois, certaines personnes affirment l'inverse. Certaines personnes affirment également que les pattes sont liées au sexe du chat : La main gauche appelant les clients est associée à la féminité, là où la main droite, attirant la fortune, est associée à la masculinité. Le chat levant la main droite est généralement plus utilisé dans les foyers. Dans d'autres contextes, la patte gauche levée peut être utilisée pour les commerces de boissons, là où la patte droite est levée pour les autres commerces. Cette croyance peut être associée au fait qu'au cours de la période Édo, on désignait ceux qui tenaient leur boisson avec leur main gauche de hidari-kiki (左利き ; « gaucher efficace »), du fait que la main droite, libre, permettait aisément de dégainer le sabre, lors d’une confrontation surprise.
La croyance voudrait que plus le chat lève haut la patte, plus il attire la chance. C’est pourquoi, les pattes des maneki-neko sont devenues de plus en plus hautes au fil du temps ; certains peuvent même deviner l'époque d'un maneki-neko à la hauteur de sa patte. Certaines figurines ont une patte remuant par un procédé électronique, alimentée par une pile ou par un capteur solaire, qui bouge sans cesse en répétant son geste de bienvenue.
La couleur vignette|Un bobtail Japonais tricolore à dominance blanche. vignette|Un maneki-neko rouge au musée du maneki-neko à Seto, préfecture d'Aichi. Les maneki-neko étaient traditionnellement blancs ou noirs, mais au fil du temps, et sous l’influence du feng shui, une grande diversité de couleurs a vu le jour. Chaque couleur est aujourd’hui associée à une signification particulière, souvent liée à des bénéfices spécifiques : Tricolore (mi-ke ; 三毛) : Inspiré du chat calico, le chat est blanc avec des taches noires et rousses. Cette couleur, considérée comme un puissant porte-bonheur, est la plus populaire. Cela pourrait être lié à la rareté de cette couleur chez les bobtails japonais, la race qui sert de modèle aux maneki-neko. Blanc : Symbolise la pureté, il s’agit de la seconde couleur la plus populaire. Les deux modèles tricolore et blanc sont les plus représentés chez les maneki-neko car ils sont considérés comme des porte-bonheur polyvalents apportant à la fois chance et prospérité. Noir : Les maneki-neko noirs sont censés écarter les esprits maléfiques et apporter la sécurité, cela inclut la protection contre les mauvais esprits, les calamités ainsi que la sécurité du foyer. Ces maneki-neko sont particulièrement populaires auprès des femmes pour éloigner les agresseurs sexuels et sont parfois associés à la divinité Shuyajin du temple Dan-o Hōrin-ji à Kyoto. Rouge : Associé à la santé et à la longévité, le rouge est également censé repousser les divinités de la variole. Dans un contexte plus international, il sert surtout à favoriser les relations sociales. Doré : Symbole de richesse et de prospérité financière. Jaune : Symbole de prospérité économique, le jaune étant lié à la richesse dans le feng shui et correspond à l’élément « terre » dans la théorie des cinq éléments, où la terre produit le métal. Vert : Représente la réussite scolaire et universitaire. Il partage cette caractéristique avec le maneki-neko bleu. Rose : Non associés aux figures traditionnelles, cette couleur, devenue populaire, est associée à la réussite dans les relations sociales, mais surtout amoureuse. Si la couleur rouge est peu utilisée et que la couleur rose est considérée comme ne relevant pas de la culture traditionnelle, c’est parce que jusqu’à une période relativement récente mais non précisée, il était coutume de penser que les chats associés à la couleur rouge (dont le rose) pouvaient être dotés de pouvoirs surnaturels et aux forces occultes et étaient généralement évités.
Le collier, la bavette et la clochette Les maneki-neko sont souvent ornés d’objets symboliques qui renvoient à des coutumes historiques ou religieuses. Ils portent fréquemment un collier rouge accompagné d’une clochette et parfois d’une bavette décorative. Ces colliers rouges remontent probablement à une tradition de l'ère Edo, où les riches propriétaires de chats, un animal de compagnie coûteux à l'époque, ornaient leurs animaux de colliers fabriqués en hichirimen (une étoffe inspirée de la fleur de camélia rouge) et y ajoutaient des clochettes pour décorer et localiser leurs animaux.
La bavette, quant à elle, pourrait être inspirée des yodarekake (涎掛け), un tissu évoquant un bavoir, que l’on retrouve sur les statues de Jizo Bodhisattva, le protecteur des enfants malades ou décédés et des femmes enceintes. Ces statues, souvent situées à l'entrée des temples ou dans les cimetières japonais, sont ornées de bavoirs et de vêtements offerts par les parents d’enfants guéris, en signe de reconnaissance. Parfois, ces offrandes sont faites par des parents endeuillés, qui espèrent que Jizo protégera l'âme de leur enfant.
La pièce Les maneki-neko sont souvent représentés avec une grosse pièce dorée, appelée koban, utilisée au Japon pendant la période Edo. Un koban valait un ryo, une autre ancienne devise japonaise, mais le koban porté par la plupart des maneki-neko est marqué comme valant . Un ryo devait valoir un peu moins d’un millier d’euros, même si la valeur de la pièce, comme celle de l’euro, a varié considérablement.
Les inscriptions vignette|Un maneki-neko doré, couvert de koban, duquel est écrit l’inscription kenkō (健康 ; santé) sur l’un d’eux. Certains maneki-neko portent une inscription sur leur ventre ou leur koban : Le caractère le plus répandu est le caractère 福 (fuku, « bonheur ») écrit à l'envers, une référence au concept chinois de daofu (倒福). Sur d’autres sculptures, il peut être marqué des mots entiers comme 福助 (fukusuke ; « porte-bonheur ») ou 開運 (kaiun ; « porteur de chance »), certaines de leurs figures évoquent notamment Ebisu et Daikokuten, deux des sept divinités du bonheur.
Le matériau et la confection Les maneki-neko sont généralement fabriqués en porcelaine, en céramique ou bien avec d’autres matériaux moins onéreux comme le plastique, le bois, le papier mâché ou l'argile.
La principale région de production de maneki-neko au Japon est Tokoname, dans la préfecture d'Aichi. Une autre région notable est Seto, également dans la même préfecture, où la majorité ils sont fabriqués en céramique. Près de Takasaki, dans la préfecture de Gunma, on trouve des maneki-neko produits selon des méthodes similaires à celles utilisées pour les daruma (達磨), en utilisant une structure en papier mâché sur un moule en bois.
Dans les périodes les plus récentes, ont émergé des modèles électroniques, sous forme de jouets ou de souvenirs, généralement alimentés par piles ou bien par des panneaux solaires, permettant de reproduire le mouvement de l’invitation. Cette pièce s'inscrit fortement dans le rôle d'apporteur de fortune du maneki-neko. Il n'est donc pas surprenant qu'on trouve des maneki-neko tirelires, une pratique qui remonte au moins aux années 1890, comme le cochon tirelire.
Histoire Origine gauche|vignette|Sculpture en céramique d’Imado représentant un Marushime-neko, dans le style des périodes Kaei et Ansei de la période Edo. Il est généralement admis que ces figurines de chat seraient originaires des différentes grandes villes japonaises de l’époque, Édo ou parfois de Kyoto Pate, Alan (2008). « Maneki Neko: Feline Fact & Fiction ». Daruma Magazine. Amagasaki, Japan: Takeguchi Momoko. Archived from the original on 14 March 2013. Retrieved 30 December 2012..Une théorie populaire suggère que les figurines de maneki-neko sont nées de la céramique d'Imado, vendue à Asakusa durant l'époque Édo. Pendant l'ère Tenshō, de la période Azuchi-Momoyama, une argile adaptée à la poterie fut découverte dans cet ancien canton, dans le quartier d'Asakusa, permettant aux habitants de produire cette céramique. Plus tard, au cours de l'époque Édo, des potiers de la province de Mikawa s’installèrent à Imado et améliorèrent cet artisanat. Pendant l’ère Genroku, des figurines connues sous le nom d’Imado-ningyō (今戸人形 ; « poupée d’Imado ») furent créées 遠藤薫「幕末から維新期における社会変動と大衆の無意識 ―招き猫と化け猫騒動―」『学習院大学法学会雑誌』第54巻第1号、2018年9月、49頁、ISSN 1341-7444、NAID 40021718493。 . La première mention d'un maneki-neko à proprement parler, en tant que figurine, remonte à la fin de cette période, sous la forme d'un marushime-neko, une variation du maneki-neko fabriquée en céramique d’ImadoAsahi Shimbun, https://sippo.asahi.com/article/10562501, 7 janvier 2017, https://web.archive.org/web/20230601014843/https://sippo.asahi.com/article/10562501 |archive-date=1 juin 2023 |script-title=ja:招き猫のルーツを探る ささやかな庶民の願いこめ、化け続ける. vignette|Des Marushime-neko sur l’étal d’un marchand dans Joruri-machi Hanka no zu par Utagawa Hiroshige, 1852. Les deux sculptures sont contemporaines l’une de l’autre : l’une des premières mentions documentées du maneki-neko apparaît dans le Bukō nenpyō (武江年表 ; « Chronologie d'Edo ») en 1852. Cette même année, l’ukiyo-e de Utagawa Hiroshige, intitulé Joruri-machi Hanka no zu, montre un marushime-neko vendu au Temple Sensō-ji à Tokyo. gauche|vignette|Le sanctuaire d’Imado à Asakusa, Tokyo.