Walker Smith Jr. dit Sugar Ray Robinson (né le à Ailey et mort le à Culver City) est un boxeur américain professionnel s'étant illustré entre les années 1940 et les années 1960, et souvent cité à ce titre parmi les plus illustres pugilistes de l'histoire. Ses prestations sur le ring ont incité nombre d'observateurs à créer le classement pound for pound, permettant ainsi de comparer les boxeurs au-delà des différences de catégories de poids. Il est intronisé à l'International Boxing Hall of Fame dès sa création en 1990.
Il est resté invaincu durant sa carrière amateur totalisant 85 victoires en autant de combat dont 69 obtenues sur knockout (KO), 40 dès le premier round. Promu professionnel en 1940, il remporte 128 victoires dont 84 sur KO sur les 131 combats — 1 défaite et 2 nuls — qu'il dispute jusqu'en 1951. À partir de 1946, il domine mondialement les poids welters et s'impose même chez les moyens la dernière année. Après s'être retiré en 1952, il revient en 1954 et regagne la ceinture mondiale des moyens en 1955. En 1958, il devient le premier boxeur à remporter un même titre mondial à cinq reprises. Nommé boxeur de l'année en 1942 et 1951, il affronte les plus célèbres boxeurs tels que Jake LaMotta, Carmen Basilio, Gene Fullmer, ou Bobo Olson au cours de ses 202 combats professionnels. Vingt-cinq ans après l'avoir débutée, il met fin à sa carrière professionnelle en 1965.
Plusieurs titres honorifiques lui reviennent depuis sa retraite. Désigné par l'Associated Press, il est nommé en 2007 selon le site Internet d'ESPN. En 1997, le très renommé Ring Magazine le place quant à lui en tête de son classement pound for pound, et le considère meilleur combattant des années 1950. Il reçoit également les honneurs de ses pairs comme Joe Louis, Sugar Ray Leonard ou Mohammed Ali qui le surnomment .
Célèbre pour son mode de vie flamboyant en dehors des salles de boxe, il est aussi le premier sportif reconnu pour avoir mis à contribution son . Reconverti sans succès dans le show business, il meurt ruiné en 1989.
Jeunesse Sugar Ray Robinson naît sous le nom de Walker Smith Jr. à Ailey en Géorgie selon son certificat de naissance ou à Détroit dans le Michigan selon son autobiographie. Ses parents sont Walker Smith Sr. et Leila HurstRobinson and Anderson. pg. 7 ; ils ont deux autres enfants : Marie, l'aînée, née en 1917, et Evelyn née en 1919. Le chef de famille travaille dans les champs de coton, d'arachide et de maïs en Géorgie avant de rejoindre Détroit où il commence à travailler dans le bâtiment. Plus tard comme égoutier, il trouve un deuxième emploi afin d'assurer la bonne intégration de sa famille. Robinson déclare à ce sujet : Robinson and Anderson. pgs. 8–9.
Quand ses parents se séparent alors qu'il a , il suit sa mère à Harlem. Il espère alors devenir médecin mais après avoir fui l'école De Witt Clinton en classe de troisième, il décide de se lancer dans la boxeRobinson and Anderson. pg. 5. mais on lui refuse l'accès car il doit d'abord obtenir une licence auprès de l'Amateur Athletic Union qui n'attribue ce document qu'à partir de . Pour enfreindre la règle et commencer la boxe, il emprunte la carte de membre d'un ami, Ray Robinson. Ce nom d'emprunt se joint plus tard au surnom que lui donne son manager George Gainford, Sugar, décrivant son style ("sweet as sugar"). C'est comme cela que Walker Smith Jr. devient Sugar Ray Robinson et entame sa carrière.
Jeune, Robinson idolâtre Henry Armstrong et plus encore Joe Louis, d'autant plus qu'il vivait dans le même quartier que ce dernier à Détroit quand il avait et que Louis en avait 17. Il révèle par ailleurs dans son autobiographie avoir été dévasté par la défaite de Joe Louis contre Max Schmeling en 1936, pensant même brièvement à arrêter la boxeRobinson and Anderson. pg. 40. En dehors des ring, le jeune Robinson entre dans la délinquance de rue et intègre même un gang. Par ailleurs marié à , il devient père d'un enfant avant de divorcer à . Il mène toutefois sa carrière amateur avec réussite et la termine avec un bilan parfait de 85 victoires en autant de combats (69 victoires par KO dont 40 dans la première reprise). Il remporte les Golden Gloves dans la catégorie des poids plumes en 1939, puis des poids légers en 1940.
Carrière professionnelle Premiers combats Ray Robinson fait ses débuts professionnels le en battant Joe Echevarria par KO dès le second roundSugar Ray Robinson, boxrec.com, consulté le .. Il monte cinq autres fois sur les rings en 1940, cinq combats tous remportés par KO. En 1941, il vainc le champion du monde des légers Sammy Angott, le futur champion Marty Servo et l'ancien champion Fritzie Zivic. Mais puisque Sammy Angott ne souhaite pas risquer la perte du titre mondial, c'est au-delà de la masse limite autorisée pour un combat de poids légers que le duel a lieu, rendant impossible une transmission du titre planétaire. Il bat Zivic devant au Madison Square Garden de New York, l'une des plus grosses affluences observées sur ce site jusqu'alors Nichols, Joseph C.Harlem Fighter Still Unbeaten, The New York Times, , consulté le .. Face à ce boxeur, Robinson remporte les cinq premières reprises selon le journaliste du New York Times Joseph C. Nichols, mais Zivic frappe plusieurs fois la tête de Robinson durant les et . Contrôlant les deux rounds suivants, Robinson touche de nouveau son adversaire qui vacille lors du . La dernière reprise n'inverse pas le court du combat puisque Robinson est déclaré vainqueur aux points, à l'unanimité des trois juges.
Lors de la revanche organisée en , Robinson met Zivic KO à la ; le second revers par KO de la carrière de Zivic en plus de . Robinson avait déjà mis à terre son adversaire lors du . Zivic et son coin ont beau protester contre l'arrêt de l'arbitre lorsqu'il chute de nouveau, mais la défaite est là. , écrit après la rencontre James P. Dawson du New York Times, ajoutant que Dawson, James P. Robinson Knocks Out Zivic in Tenth Round to Score 27th Victory in Row, The New York Times, , consulté le ..
Robinson enchaîne après quatre victoires par KO avant de battre de nouveau Servo en dans un combat dont la décision finale provoque une controverse. Après trois nouveaux succès, il rencontre pour la première fois Jake LaMotta, en octobre, qui allait devenir l'un de ses grands rivaux. Robinson bat LaMotta par une décision unanime bien qu'il rende à son adversaire ( contre ). Cet écart n'empêche pas Robinson de dominer le combat de bout en bout, portant les coups les plus rudes à LaMotta Nichols, Joseph C. Robinson Takes Unanimous Decision Over La Motta in Garden 10-Round Bout,The New York Times, , consulté le .. Jusqu'en décembre, Robinson demeure invaincu lors des quatre combats suivants, dont deux contre Izzy Jannazzo. Vainqueur avec la manière de ses quatorze combats en 1942, Ray Robinson est nommé boxeur de l'année par le magazine Ring Magazine.
Son invincibilité se termine lors de son professionnel et un match en dix rounds l'opposant à Jack LaMotta Associated Press, Robinson's Streak Ended by LaMotta, The New York Times,, consulté le .. Les de plus de ce dernier font la différence et permettent à LaMotta de mettre à terre Robinson déclaré vaincu par décision arbitrale. Une foule immense assiste au combat qui se déroule à Détroit, l'ancienne ville de Robinson. D'abord muselé par Robinson, LaMotta reprend progressivement le dessus. Moins de trois semaines plus tard, Robinson s'impose lors d'une troisième confrontation avec LaMotta avant d'affronter et de vaincre l'une des idoles de jeunesse, Henry Armstrong.
Le , Robinson est appelé pour rejoindre l'US Army, qui l'identifie toujours comme Walker SmithRobinson and Anderson. .. Il sert quinze mois durant lesquels il retrouve Joe Louis avec qui il organise quelques matchs exhibitions devant les troupes américaines. Il se signale par ailleurs en s'opposant plusieurs fois à ses supérieurs qu'il soupçonne de discriminations. Ainsi, il refuse plusieurs combats quand il se rend compte que les soldats noirs ne peuvent assister à ces rencontresRobinson also discusses this at length in: Robinson and Anderson. Chapter nine. En 1944, il est examiné par les autorités militaires qui lui trouvent un déficit mental, puis est réformé le Robinson and Anderson. .. Durant son service, Robinson se lie d'amitié avec Joe Louis mais les deux boxeurs retournent à leurs affaires après. Ils envisagent toutefois de lancer un débit d'alcool à New York mais ce projet échoue car on leur refuse l'autorisation à cause de leur couleur de peauBoyd and Robinson II. ..
Outre la défaite de la revanche face à LaMotta, l'unique résultat non-positif de Ray Robinson est un match nul en dix rounds concédé contre Jose Basora en 1945.
Champion du monde des poids welters Jusqu'en 1946, Robinson a disputé 75 combats professionnels, présentant un bilan de 73 victoires, 1 défaite et 1 match nul. Plus encore, il compte des succès face aux principales figures de la catégories des poids welters. Cependant, en refusant de coopérer avec les très influentes organisations mafieuses, il ne peut obtenir une chance mondiale malgré ses performancesSugar: Too sweet for Raging Bull, bbc.co.uk, July 13, 2001, accessed June 6, 2007.. Il finit néanmoins par obtenir cette occasion en affrontant Tommy Bell le au Madison Square Garden, avec pour enjeu le gain du titre mondial des poids welters laissé vacant par Marty Servo. Robinson, qui a déjà battu Bell lors d'un combat disputé l'année précédente, est mis à terre dès la mais parvient à se relever. Au terme des 15 rounds, la décision arbitrale, serrée, penche en la faveur de Robinson qui enlève le titre mondial des welters.
L'année suivante, après quatre victoires sans enjeu, il défend avec succès pour la première son titre mondial en mettant KO Jimmy Doyle au . L'épilogue du match est cependant dramatique : Doyle, touché par un crochet du gauche, ne reprend pas conscience même après le décompte du juge-arbitreNat Fleischer, The Ring, septembre 1947, page 4.. Immédiatement transféré à l'hôpital, il meurt quelques heures plus tard. Robinson admet plus tard que l'impact du décès de Doyle est , d'autant plus qu'il révèle avoir rêvé de la mort accidentelle de son concurrent auparavant. Affecté par ce rêve, il décide d'annuler sa défense mais revient sur sa décision sur les conseils d'un prêtre.
Après deux défenses victorieuses en et , il dispute un combat disputé sans enjeu contre le futur champion du monde Kid Gavilan. Ce dernier touche plusieurs fois Robinson qui maîtrise toutefois les derniers rounds en enchaînant plusieurs séries de directs et crochets du gaucheBoyd and Robinson II. pg. 93. En 1949, il monte 13 fois sur le ring mais une seule fois pour défendre son titre mondial. Robinson retrouve en effet Gavilan qu'il bat une deuxième fois sur décision en prenant le dessus sur son adversaire dans la seconde moitié du combat. Un seul boxeur accroche Ray Robinson cette année : Henry Brimm qui décroche un match nul en 10 rounds en février à Buffalo.
Sugar Ray Robinson combat 19 fois en 1950 dont une fois pour défendre son titre, l'ultime défense du titre mondial des welters. Face à Charley Fusari, il s'impose aux points. Après ce dernier combat, hormis , il décide de reverser le solde de sa victoire à la recherche contre le cancer. Auparavant, il affronte George Costner dans un combat précédé de plusieurs provocations. Costner partage en effet le même surnom que Robinson — Sugar — et clame, les semaines précédant le match, être l'unique boxeur digne de ce nom. , déclare Robinson en montant sur le ring, ajoutant : Anderson, Dave. Sports of the Times; The Original Sugar Ray 'Never Lost', The New York Times, April 13, 1989, accessed April 10, 2008.. Robinson met Costner KO après 2 min et . Il termine l'année en effectuant une première tournée sur le continent européen, à Paris, Bruxelles, Genève et Francfort où il affronte avec succès des boxeurs français, néerlandais ou allemand.