La bataille de Paris s'est déroulée le . Ultime bataille de la campagne de France, elle oppose l'armée impériale française ( hommes) aux forces européennes alliées ( hommes). La défaite française marque la fin du règne de Napoléon , qui abdique à l'issue de la capitulation.
Contexte Après la bataille de Leipzig, rentre en France avec une armée battue. L'Europe tout entière est à ses trousses : Russes, Prussiens, Autrichiens, Suédois, Bavarois, Wurtembergeois, Hollandais, Allemands et même Suisses franchissent le Rhin et marchent sur Paris pendant qu'Anglais, Espagnols et Portugais franchissent les Pyrénées. Trois armées coalisées forment la menace principale sur le Rhin : la Grande Armée de Bohême, dirigée par Schwarzenberg : elle franchit le Rhin par la Suisse et marche sur Paris par Langres, Troyes et la rive gauche de la Seine ; l'armée de Silésie, sous le commandement de Blücher : elle franchit le Rhin à Mayence et marche sur Paris par la Lorraine, Reims et la rive droite de la Marne ; l'armée du Nord, menée par Bernadotte, prince héritier de Suède : elle franchit le Rhin en Hollande, traverse la Belgique où elle encercle Anvers ; deux corps marchent sur Paris par Laon et la rive gauche de l'Oise.
Au terme de la campagne de France, ne parvient pas à repousser les Coalisés de la route de Paris. Après la bataille indécise d'Arcis sur Aube, Napoléon décide d'abandonner la défense de la capitale pour marcher plein est, afin de rallier les nombreuses troupes en garnison dans les places alsaciennes mais aussi pour couper la route de la Suisse à la grande armée coalisée et celle de Mayence à l'armée de Silésie. Contrairement à ce qu'il estime, les Coalisés ne le poursuivent pas dans sa marche vers l'est. Ils marchent droit sur Paris et franchissent la Marne à Meaux.
Face aux armées coalisées réunies, Napoléon a laissé les faibles 6 et corps des maréchaux Marmont et Mortier pour couvrir la capitale. Il y a aussi les troupes en formation dans les dépôts de Meaux, Paris, Fontainebleau et Versailles. La garde nationale parisienne est là en dernier recours. Mais la défaite de Fère-Champenoise va précipiter la retraite des maréchaux sur Paris qui n'a pas été mis en état de défense. Le frère aîné de Napoléon, Joseph Bonaparte, lieutenant général et régent de l’Empire, a mission de défendre la capitale.
Napoléon, qui avait tenté de couper les lignes de communication des Coalisés, remporte la deuxième bataille de Saint-Dizier contre une force de diversion quand il apprend que les trois armées coalisées convergent sur Paris : il accourt à marche forcée par la rive gauche de la Seine mais il a trois journées de marche de retard sur les troupes coalisées.
Plan des forces en présence vignette|gauche|Plan de la ville de Paris (1805), comprenant le mur des Fermiers généraux.
Plan des coalisés Les coalisés n’ont qu’un seul objectif : entrer dans Paris au plus tôt, pour prendre la capitale de l'Empire. Ils ont pour cela deux choix possibles : forcer les portes de la ville et la prendre d’assaut, ou alors battre l’armée française en dehors des remparts puis bloquer les portes afin d’obtenir la reddition de la capitale. Les souverains coalisés, pour des raisons politiques, choisissent la deuxième option, tout en n’écartant pas la première si nécessaire. Schwarzenberg met alors en place un plan d’attaque relativement simple puisqu’il repose essentiellement sur l’énorme disproportion des forces. Il veut envelopper Paris par la rive droite sous ses immenses armées.
À droite, Blücher, dont les troupes sont au Bourget, est chargé de mener l’attaque par le nord. Langeron, chargé de l'ouest, doit marcher sur Saint-Denis, Clichy puis sur Montmartre et le Bois de Boulogne. Yorck et Kleist, chargés du nord, doivent prendre Aubervilliers, puis La Villette et La Chapelle. Vorontsov reste en réserve pour appuyer l’une des deux colonnes en cas de besoin.
Au centre, Raïevski, appuyé par les réserves des gardes russe et prussienne et chargé du nord-est, doit s’emparer des hauteurs de Romainville puis marcher sur Belleville.
À gauche enfin, Wurtemberg et Giulay, chargés de l'est, doivent marcher sur Nogent puis se séparer pour l’un marcher sur Saint-Maur et Charenton, l’autre sur Vincennes et Charonne. La rive droite doit ainsi être totalement occupée.
Schwarzenberg espère ainsi qu’avant la tombée de la nuit, il aura contraint l’armée française à se replier dans la capitale, à l’abri des murs. Il est persuadé que la ville se rendra à la première sommation. Il compte lancer ses deux ailes en avant aux alentours de 9 heures, de façon à pouvoir commencer le combat vers les 11 heures sur l’ensemble du front. La pression concentrique des Coalisés devrait amener les Français à se replier après quelques heures de combat.
Plan français Les Français n’ont plus qu’un seul objectif : combattre pour l’honneur. Ils pensent que plus rien n’empêchera les Coalisés d’entrer dans Paris ; tout le monde ignore que Napoléon est en grande marche pour rallier la capitale. Si l'armée parisienne l'avait su, il n'est pas certain qu’elle aurait pu s’opposer aux coalisés pendant les 48 heures nécessaires, et elle serait restée en infériorité numérique même avec l'apport des troupes ralliées par Napoléon.
Dispositions et forces en présence
La bataille se déroule sur la rive droite de la Seine, du bois de Vincennes au bois de Boulogne. L'armée française prend une position défensive, le gros des troupes entre Montreuil et La Villette. L'armée coalisée, ayant franchi la Marne à Meaux, débouche par Rosny, Bondy et Le Bourget.
+ Armée française Unités Nombre Fantassins Garnison de Paris Garnisons alentour (garde nationale et troupes de ligne) Cavaliers Artillerie de position Artillerie de campagne
+ Armée coalisée Unités Nombre Fantassins Première ligne Réserve Cavaliers Première ligne Réserve
L'extrême droite du général Langeron participera très peu à la bataille en raison du retard dans l'arrivée des ordres de marche.
La bataille droite|vignette|350px|La Barrière de Clichy. Défense de Paris, le 30 mars 1814, toile d'Horace Vernet décrivant la défense de Paris.
La bataille de Paris peut être divisée en trois secteurs.
Le secteur principal va de Montreuil à Pantin. Le général Barclay y affronte les troupes du maréchal Marmont, duc de Raguse.
Le deuxième secteur va de La Villette à Clichy. Les troupes de Blücher y rencontrent celles du maréchal Mortier.. Dans ce secteur, l'action est répartie entre : la division du général Curial à Pantin, en soutien des troupes de Rébeval ; les troupes du général Charpentier en réserve aux buttes Chaumont ; les troupes colonel-major Secrétan positionnées à Aubervilliers ; les troupes du général Christiani chargées de la défense de La Villette et de La Chapelle ; la cavalerie du général Belliard en poste dans la plaine entre La Chapelle et Saint-Ouen.
Le troisième secteur va de Charenton à Vincennes. Le Prince de Wurtemberg, avec Giulay en réserve, engage les garnisons de gardes nationales du long de la Marne.
Secteur principal : Marmont
5 heures Marmont et Mortier se mettent en marche pour gagner leurs positions. Marmont charge les troupes de Compans, qui sont au pied de la butte Chaumont, de marcher sur Pantin et Romainville pour permettre au de se déployer dans ses positions. Il veut que la division Boyer s’empare de Pantin, que Ledru vienne au Pré-Saint-Gervais et que Compans s’empare de Romainville.
Pantin et Romainville sont aux mains de la division russe Helfreich depuis la veille. Pantin est occupé par la brigade Roth, Romainville par la brigade Laelin. Elles comptent chacune hommes, soit Russes, pour s’opposer à une attaque de Français. Alors que les Coalisés sont trois ou quatre fois plus nombreux que les Français, ils trouvent le moyen de se trouver en infériorité numérique sur le point central de leur dispositif. Le général Barclay de Tolly, inconscient du danger, ne croyant pas que les Français prendraient l’offensive, applique tranquillement le plan d’attaque. Il n’a que le Raïevski de disponible à Noisy-le-Sec et compte bien le déployer selon le plan vers 11 heures. En urgence, Barclay envoie les deux divisions du prince Eugène de Wurtemberg et la de cuirassier sur Pantin. Une seconde colonne composée de la division Mezentsov et de la cavalerie de Pahlen est envoyée occuper l’espace entre Bagnolet et Montreuil.
6 heures Les premiers tirailleurs de Boyer font le coup de fusil sur Pantin. Roth est contraint de replier ses voltigeurs derrière les murs du village. Boyer s’empare des premières maisons lorsque le corps d'Eugène de Wurtemberg arrive à la rescousse. Voyant qu’il n’a plus aucune chance de s’emparer du village, Boyer rebrousse chemin et vient se replacer un peu en avant des Maisonnettes, à la droite de la division Michel qui vient juste d’arriver. Il est six heures passées quand l’avant-garde d'Eugène de Wurtemberg arrive en vue des Maisonnettes, sur la grande route d’Allemagne. Mortier, qui s'y trouve avec l’état-major de la division Michel, fait ouvrir le feu par ses canonniers. La bataille de Paris vient de commencer.
De son côté, Ledru est déjà en position au Pré-Saint-Gervais. Compans arrive en vue de Romainville. Le Russe Laelin appelle aussitôt à l’aide à sa gauche et à sa droite. Mezentsov, arguant ses ordres formels de marcher sur Montreuil, refuse de se porter un peu plus sur sa droite pour soutenir la position de Romainville. Eugène de Wurtemberg de son côté se montre plus coopératif et envoie aussitôt sa . Elle arrivera à Romainville juste au moment où le général Compans commençait à prendre ses dispositions pour l’attaque du village. Devant le nombre, le Français est contraint d’y renoncer.
La division Lagrange arrive en colonne de marche sur Romainville par la route de Bagnolet. Les tirailleurs de Mezentsov se déploient rapidement à la droite du village. La division Chakhovskoï arrive elle aussi, débouchant en direction du Bois de Romainville où quelques tirailleurs ont déjà pris position. Lagrange est contraint de stopper sa marche pour déployer sa division en ordre de bataille. Cinq minutes plus tard, lui font face. Lagrange renonce à engager le combat mais ne recule pas pour autant, ce qui permet de gagner le temps nécessaire au restant du pour se déployer. La division Arrighi vient à Malassis sur la droite, en avant de Bagnolet. Les deux divisions de cavalerie se déploient encore plus à droite, couvrant Montreuil. La division Ricard reste en réserve au Parc de Bruyères. L’artillerie de campagne du (environ une vingtaine de pièces) est en partie déployée sur la butte des Deux-Tourelles.
7 heures