Louis Delluc est un écrivain, dramaturge, scénariste, éditeur, photographe, critique de cinéma et réalisateur français, né le à Cadouin (Dordogne) et mort le dans le .
Son nom a été donné en 1936 à une distinction cinématographique, le prix Louis-Delluc, qui récompense annuellement le meilleur film français.
Biographie
Origines Louis Jean René Delluc naît le à Cadouin en Dordogne, de Pierre René Delluc et Anne Pradelle.
Années de formation
Installé à Paris à partir de 1903, Louis Delluc suit des études classiques au lycée Charlemagne et écrit un premier recueil de poésies en 1906.
En 1908, il s'inscrit au lycée Henri-IV en cours de rhétorique et prépare le concours d'entrée à l'École normale supérieure. Il y rencontre Marcel Jouhandeau et se tourne alors vers le journalisme.
Critique de théâtre
Louis Delluc écrit des critiques de pièces de théâtre pour la revue Comœdia et pour Le Courrier de Paris-Province. Il participe à l'occasion à des concours littéraires.
En 1910, il entre au Comœdia Illustré dont il devient ensuite le secrétaire de rédaction. Il participe régulièrement à la Revue française politique et littéraireles numéro 10 à 16, décembre 1909, en ce qui concerne la publication originelle de la série "Les idées au théâtre" (référence pour le seul numéro 13), et d'autres articles dans la même revue dont le format lui permet d'approfondir ses premières réflexions sur le monde du théâtre, ainsi qu'à Le Monde et le théâtre et à Gil Blas.
Écrivain
Louis Delluc écrit du théâtre en vers, des comédies fantaisistes, des romans, des poèmes et des chansons et il dessine à l'occasion des caricatures. Il s'intéresse de près à la mise en scène et au cinéma.
Il confie à l'occasion l'interprétation de son œuvre à des amis proches comme Georges Pitoëff rencontré à Paris et qui crée depuis Genève, en prévision de tournées françaises à venir, plusieurs œuvres de Delluc. Il est également très proche de l'acteur Édouard de MaxUn faux courrier, publié le 4 septembre 1911 par "Comoedia" dans lequel il écrit, pour dénoncer l'attribution hâtive et peu rigoureuse par les journalistes de ses œuvres aux directeurs des salles qui les mettent en scène, comme Abel Tarride du théâtre de la Renaissance pour Francesca, témoigne de cette proximité entre les deux hommes - dit « » — à qui il confie de nombreux textes et créations, et au sujet duquel il écrira plusieurs articles. Il publiera notamment ses confidences, Chez de Max, en 1918.
En 1914, Jean Hervé lui présente l'actrice Ève FrancisLouis Delluc, l'éveilleur du cinéma français par Brigitte et Gilles Delluc qui va lui faire découvrir le cinéma américain et qui deviendra son épouse en 1918.
Critique de films
En 1917, Louis Delluc intègre la revue Le Film créée par Diamant-Berger en tant que rédacteur en chef et publie très régulièrement dans des journaux comme Le Siècle, L'Action ou L'Événement des critiques cinématographiques, ainsi que des analyses dans des revues spécialisées qu'il édite avec son ami Arcady Roumanoff au 10 rue de l'Élysée, comme Le Journal du Ciné-club ou Cinéa. Il continue à écrire des pièces et des romans et rédige plusieurs ouvrages majeurs d'analyse du Cinéma.
Avec son ami d'enfance Léon Moussinac, il est l'un des premiers critiques indépendants et théoriciens du cinéma en France.
Il généralise le principe du ciné-club cher à Edmond Benoît-Lévy.
L'intérêt que Louis Delluc porte au Cinéma n'est pas restrictif : s'il s'interroge avant tout sur la transposition au cinéma des contraintes de la mise en scène de théâtre, il n'en apprécie pas moins les innovations techniques - les effets spéciaux, les prises de vues macroscopiques, les images accélérées - ou les aspects documentaires, pédagogiques et naturalistes.
Sans forcément les opposer, il compare souvent les productions cinématographiques française et américaine. Il juge le cinéma français léger, récréatif et il souhaite qu'il se façonne une identité propre en limitant le texte et la gestuelle à l'essentiel, en cherchant à conserver la maîtrise de la composition de l'image, etc.
Réalisateur
À partir de 1920, Louis Delluc met en pratique ses analyses et écrit et réalise sept films innovants. La presse le qualifie de cinégraphe, parfois d'écraniste, ce à quoi il rétorque "cinéaste". Deux de ses films ont particulièrement marqué l'histoire du cinéma français : Fièvre, réalisé en 1921, et La Femme de nulle part qu'il réalise en 1922.
Il fonde en la société de production Parisia-Film dont il devient le directeur artistique, rapidement transformée en société de production Films Louis Delluc, puis en la Société d’Éditions Cinématographiques Alhambra-Film créée en .
Très attaché à son ex-épouse Ève Francis, il continue de lui dédier la majeure partie de son œuvre et compose pour elle son dernier film en 1923, L'Inondation.
Vie privée Louis Delluc épouse l'actrice Ève Francis le . Ils se séparent au cours de l'été 1922"...après les représentations de Natchalo au théâtre des Arts, le couple se sépara.... son dernier livre... porte en dédicace Pour la Même..." Nécrologie officielle non signée publiée à la suite des nécrologies de Louis Delluc faites par ses collègues et amis "Aux écoutes" 30 mars 1924, page 15.
Mauvaise santé et mort Lors du tournage en extérieur de L’Inondation en 1923, dans la vallée du Rhône et dans des conditions climatiques très mauvaises, il aggrave la tuberculose dont il souffre depuis l'adolescence.
Au début de l'année suivante, de retour d'Hendaye, il est atteint d'une pneumonie et succombe en quelques semaines — le au 5, rue de Beaune dans le — à une phtisie galopante alors qu’il n’est âgé que de .
Il est inhumé au cimetière parisien de Bagneux (Hauts-de-Seine). Ses amis le décrivent tourmenté à la fin de sa vie"... il promenait sa tristesse comme le bouleau argenté promène son front sur le ruisseau..."Abel Gance; "...Il était avant tout poête...un amant du silence." Marcel l'Herbier, etc. Nécrologie de Louis Delluc par ses collègues et amis "Aux écoutes" 30 mars 1924, page 15 et Abel Gance lui rend un dernier hommage dans une courte nécrologie intitulée A la mémoire de mon ami Louis Delluc.
L'Inondation est présenté pour la première fois au public la semaine suivante au cours d'une projection commémorative qui est organisée au Colisée.
vignette|Plaque rue de Beaune ( arrondissement de Paris). Au rue de Beaune ( arrondissement de Paris) où il habitait, une plaque a été apposée.
Le travail de Louis Delluc, à la fois prospectif, cinématographique et théorique, forme un corpus cohérent proposant une vision du cinéma partagée par une nouvelle génération de réalisateurs, parmi lesquels Abel Gance, Germaine Dulac, Marcel L'Herbier, Jean Epstein ou encore René Clair. Ce mouvement, actif dans les années 1920, est désigné sous le nom de première avant-garde.
Filmographie partielle Louis Delluc considère que La Femme de nulle part est son premier vrai film.
Comme scénariste 1920 : La Fête espagnole de Germaine Dulac, adapté du roman Le Train sans yeux
Comme réalisateur 1920 : Le Silence (court métrage), premier essaile Crapouillot du 16 avril 1924, page 17 1920 : Fumée noire, mise en scène de René CoiffardSur de nombreuses Affiches promotionnelles, le film est présenté Réalisé par René Coiffard, avec l'aide de l'auteur, mais la presse accorde normalement la totalité du crédit du film à Louis Delluc, ce dont Coiffard s'offusque en revendiquant une paternité sur la mise en scène 1920 : Le Chemin d'Ernoa ou L'Américain, mise en scène de René CoiffardD'après la BNF - fiche René Coiffard 1921 : Fièvre, censuré à sa sortie en mai sous le nom La Boue 1921 : Le Tonnerre 1922 : La Femme de nulle part 1924 : L'Inondation
Comme acteur 1921 : Prométhée... banquier de Marcel L'Herbier
Projets 1916 : Le Train sans yeux, scénario non tourné dont Louis Delluc tirera le roman du même nomLE CINÉASTE LOUIS DELLUC, HOMME DE LETTRES OUBLIÉ(1890-1924) par Gilles Delluc, avec la collaboration de Brigitte Delluc. 1921 : Paris, fresque (non-tournée ?). 1921 : Série de bandes comiques, avec FoottitHenri Lepage reprend les propos de Louis Delluc à propos de la nécessité pour le cinéma français de produire de bons films comiques. 1924 : Nachalo, d'après la pièce en trois actes d'André Salmon et René Saunier créée au théâtre des Arts en 1921Il est fait état de cette adaptation cinégraphique à de nombreuses reprises et pendant plusieurs mois dans la presse, qu'il adapte dans le courant de l'année 1923, prévue à la suite de L'Inondation par contrat avec Cinegraphic. 1924 : Choc en retour, d'après un texte de Pierre Mac Orlan. 1924 : Un Homme à la mer, d'après François Duhourcau. 1924 : Un fou, d'après sa pièce Histoire d'un fou ou bien d'après le roman Un fou de 1895 d’Hélène de Monbart sous son pseudonyme de Hans Von Kahlenberg.
Théâtre 1911 : Comme la plume au vent, conte rimé, créé le au théâtre sous-bois de Marnes-la-Coquette 1911 : Aux parisiennes, prologue récité au théâtre de verdure du pré Catelan. 1911 : Francesca, pièce en vers en trois actes, adaptée de Comme la plume au vent et créée le au théâtre de verdure du pré Catelan. 1911 : Lazare le ressuscité, pièce en vers en un acte, écrite pour Édouard de Max et qui ne sera mise en scène qu'en 1920sans citation de l'auteur, une référence à son ami l'acteur De Max qui s'intéresse au projet, avec l’actrice Ève Francis dans le rôle de Lazare 1911 : Le Geste, pièce en trois actes, réécrite et mise en scène après la mort de Louis Delluc par Maurice Donnay et Henri Duvernois les 26, 27 et au théâtre de la Renaissance ; la pièce est jouée à la radio en au Poste parisien 1911 : La Débutante 1911 : L'Homme de peine et la fille de joie, créé en août au théâtre de la Renaissance par Abel Tarride 1913 : La petite sera tragédienne, pièce montée au palais du Trocadéro à l'occasion d'un gala de bienfaisance, le 1913 : La Frangine, chanson co-écrite avec Léo Daniderff et créée au théâtre de la Gaîté-Rochechouart en juin par Gaby Montbreuse 1914 : La Route, poésie dramatique, pièce en un acte adaptée du livret de 1910 et créée le au théâtre Villiers 1916 : Tout avance !, monté avec Albert Willemetz au théâtre des Variétés sous la direction de René Danancier 1916 : Edith Cavell, martyre, pièce en trois actes, refusée par le théâtre Antoine par peur de la censure et montée à Florence par Lyda Borelli en . 1917 : La Semelle de ses souliers, pièce annoncée initialement au Gymnase, puis aux Bouffes-Parisiens . 1917 : La princesse qui ne sourit plus, ballet parlé, présenté le à l'opéra Garnier avec Ève Francis 1917 : Le Cobzar, pièce en un acte créée le et jouée lors d'une matinée de bienfaisance au bénéfice de la Roumanie, en compagnie de son ami Édouard de Max dont c'est la patrie de naissance 1918 : Pomme se marie 1918 : Le Filon, confié à une complète ré-écriture à André Mouëzy-Éon par Gustave QuinsonLa référence suivante révèle la ré-écriture du texte "Le filon" de l'auteur de "Pomme se marie" par Mouëzy-Eon à la demande de Quinsson....... et celle-ci confirme l'identité de l'auteur de Pomme se marie comme étant Louis Delluc qui en achète les droits 1919 : Ma femme danseuse, comédie en trois actes créée par la troupe du théâtre Pitoëff à Genève et Lausanne 1919 : Le temps est un songe L'Homme-orchestre Histoire d'un Fou La Vivante Un mariage à Marseille Trois Enfants dans une étoile Lapin et Zoiseau
Publications Chansons du jeune temps", poèmes, (œuvre d'adolescence écrite en 1906), Impr. St-Gervais, 1908. Les idées au Théâtre ou Le théâtre, feuillets, 1909 et 1910La Revue Française politique et littéraire, numéro 10 à 16, décembre 1909, référence donnée pour le seul numéro 13 La route, livret, poème dramatique en prose, 1910 L'Armoire aux Masques, galerie de portraits d'artistes (Poèmes publiés) La Ronde d'Eté (1912), Rustique (1912), Montmartre (1913), Le Miroir (1914)