Orgueil et Préjugés (Pride and Prejudice) est une mini-série télévisée britannique en six épisodes de 50 minutes, produite par Sue Birtwistle et réalisée par Simon Langton sur un scénario d'Andrew Davies d'après le roman éponyme de Jane Austen. Diffusée pour la première fois entre le et le sur BBC One, puis du 14 au sur A&E Network aux États-Unis, en trois doubles épisodes de 90 minutes, elle fait rapidement l'objet d'éditions en vidéocassettes, puis en DVD et enfin en Blu-Ray. En Arte inaugure par cette mini-série un cycle consacré à Jane Austen.
Cette adaptation, qui se veut très fidèle à l'œuvre, pleine d'humour et de vitalité, a permis à de nombreux téléspectateurs de découvrir que Jane Austen n'est pas seulement un « écrivain scolaire », et a relancé l'intérêt pour ses romans. Véritable série culte au Royaume-Uni et dans d'autres pays de culture britannique, elle a joué un rôle important dans la carrière de Colin Firth et a obtenu de nombreuses récompenses en 1996, dont le BAFTA de la meilleure actrice pour Jennifer Ehle et un Emmy Award pour les costumes.
Elle est à l'origine de nombreux sites anglophones consacrés à Jane Austen, comme le très sérieux Republic of Pemberley. ; elle a augmenté l'audience des sites des Jane Austen Society, fondée en 1979, , fondée en 1989. ; elle est aussi une des sources du Journal de Bridget Jones (Bridget Jones’s Diary), d’Helen Fielding, publié en 1996, ce qui est encore plus flagrant dans le film qui en a été tiré, où Colin Firth joue Darcy, et a inspiré une nouvelle forme de « tourisme austenien » dont profite le National Trust : la visite des lieux de tournage, comme Lyme Park, sur les pas d'Elizabeth et de Darcy.
Synopsis Cette adaptation se veut une transposition fidèle du roman de Jane Austen, sa longueur lui permettant de garder la plupart des situations et des personnages qui s'y trouvent : pour plus de détails, voir Construction et découpage.
Mrs Bennet n'a qu'un but dans la vie : trouver un riche mari pour chacune de ses cinq filles, afin de leur assurer un avenir serein. Elle espère que l'une d'elles saura plaire à leur nouveau voisin, le sympathique et riche Charles Bingley qui vient de louer la somptueuse demeure de Netherfield. Malheureusement, il est accompagné de ses deux sœurs et de son meilleur ami, Mr Darcy, lesquels voient d'un très mauvais œil le fait que Charles s'éprenne de Jane, l'aînée des Bennet, car tous trois jugent la famille, à l'exception de Jane, tout juste fréquentable.
Elizabeth, la cadette, suit avec attention l'évolution des sentiments de sa sœur préférée, tout en acceptant les attentions de l'officier Wickham, un milicien séduisant qui ne la laisse pas indifférente. L'œil pétillant de malice, elle observe la société provinciale dans laquelle il lui faut vivre. Elle avoue aimer rire chaque fois qu'elle le peut de la sottise d'autrui. Mais la façon dont l'orgueilleux Mr Darcy s'est conduit à son égard lors de leur première rencontre ne l'a pas fait rire du tout : il ne l'a pas trouvée assez jolie pour l'inviter à danser. Cette « offense capitale » est à l'origine du « préjugé » qu'elle nourrit contre lui. Vexée plus qu'elle ne veut se l'avouer, elle tend une oreille complaisante aux calomnies de Wickham, et, par sens de la dignité, se sent obligée de défendre sa famille, même si elle souffre, elle aussi, du manque de bienséance dont font preuve sa mère et ses plus jeunes sœurs, Lydia surtout.
Pendant ce temps, Darcy se voit forcé de revoir son jugement sur Elizabeth : plus il l'observe, plus il l'apprécie, même si leurs conversations sont très tendues, car elle n'a aucune sympathie pour lui. Quand les Bingley repartent à Londres pour l'hiver, toutes relations avec les Bennet semblent rompues, et Jane en souffre. Cependant, le hasard réunit Elizabeth et Darcy au printemps à Rosings Park, chez Lady Catherine de Bourg. Apprenant, incidemment, qu'il s'est vanté d'avoir préservé son ami d'un mariage imprudent, Elizabeth en est malade de colère. C'est alors que, malgré son préjugé de caste, Darcy vient la demander en mariage ; mais elle le rejette, lui reprochant son comportement suffisant et hautain, son injustice envers Wickham et son intervention pour séparer Bingley de sa sœur Jane, qui l'aimait.
Blessé, Darcy prend alors la peine d'expliquer, et de justifier, dans une longue lettre, les actes qu'elle lui reproche. De retour à Longbourn, Elizabeth est soulagée de voir partir Wickham, mais s'inquiète de la tristesse de Jane. Elle ne peut, non plus, convaincre son père qu'il est imprudent de laisser Lydia accompagner la milice. Le voyage estival dans le Derbyshire auquel l'invitent son oncle et sa tante est un heureux dérivatif. Et lorsque le hasard les réunit à nouveau quand elle visite le beau domaine de Darcy, Pemberley, Darcy se montre si ouvert, si amical, si heureux de lui faire rencontrer sa sœur Georgiana, qu'elle en est troublée.
Mais la découverte de la fuite de Lydia avec Wickham, qu'elle ne peut lui cacher, semble les séparer définitivement : après un tel scandale, ni elle ni ses autres sœurs ne peuvent plus envisager un « bon » mariage. Maintenant consciente qu'elle aime Darcy, elle souffre, persuadée qu'il ne peut que la mépriser. Elle ignore qu'il est parti à la recherche des deux fuyards et s'est allié à son oncle Gardiner pour les obliger à se marier, sauvant ainsi, discrètement, la famille de l'opprobre et du déshonneur. Elle l'apprend avec stupéfaction par une indiscrétion de Lydia ; elle comprend alors toute l'étendue de la générosité de Darcy, car elle n'ose penser qu'il l'aime toujours.
Le retour de Bingley à l'automne, bien décidé à renouer avec Jane, redonne cependant espoir à Elizabeth. L'annonce de leurs fiançailles la ravit et elle résiste fièrement à Lady Catherine, venue expressément à Longbourn essayer de l'intimider. Lorsque Bingley ramène peu après Darcy à Longbourn, elle peut maintenant répondre favorablement et avec bonheur à sa deuxième demande. Elle a cependant un peu de mal à convaincre Jane et son père qu'elle l'aime sincèrement, mais le double mariage est bientôt célébré dans la joie.
Distribution thumb|upright=0.8|alt=portrait de l'acteur, de face|Colin Firth (Darcy), en 2005 thumb|upright=0.8|alt=Actrice blonde, pendant un enregistrement|Alison Steadman (Mrs Bennet), en 2006 Colin Firth (V.F. : Gabriel Le Doze). : Fitzwilliam Darcy Jennifer Ehle (VF : Catherine Le Hénan) : Elizabeth Bennet Alison Steadman (V.F. : Jocelyne Darche) : Mrs Bennet Julia Sawalha : Lydia Bennet Susannah Harker (V.F. : Claudine Grémy). : Jane Bennet Benjamin Whitrow (VF : Jean-Pierre Cassel) : Mr Bennet David Bamber (V.F. : Michel Mella) : Mr Collins Barbara Leigh-Hunt (V.F. : Jacqueline Cohen) : Lady Catherine de Bourgh Crispin Bonham-Carter (V.F. : William Coryn) : Charles Bingley Anna Chancellor (V.F. : Françoise Blanchard) : Caroline Bingley Adrian Lukis (V.F. : Jérôme Keen) : George Wickham Anthony Calf (V.F. : Emmanuel Curtil) : colonel Fitzwilliam Lucy Scott (V.F. : Frédérique Tirmont) : Charlotte Lucas Lucy Briers (V.F. : Virginie Méry) : Mary Bennet Polly Maberly (V.F. : Nathalie Régnier) : Kitty Bennet Lynn Farleigh (V.F. : Jacqueline Staup) : Mrs Phillips Lucy Robinson (V.F. : Brigitte Virtudes) : Mrs Hurst Rupert Vansittart : Mr Hurst Christopher Benjamin : Sir William Lucas Lucy Davis : Maria Lucas Nadia Chambers (rôle muet) : Anne de Bourgh Joanna David (V.F. : Christine Delaroche) : Mrs Gardiner Tim Wylton (V.F. : Georges Berthomieu) : Mr Gardiner Emilia Fox : Georgiana Darcy
Fiche technique Équipe technique thumb|alt=Homme souriant aux cheveux blancs, posant au piano|Carl Davis (2014) Scénario : Andrew Davies Réalisation : Simon Langton Productrice : Sue Birtwistle Producteur exécutif : Julie Scott Producteur délégué : Michael Wearing Directeur de production : Paul Brodrick Directeur artistique : John Collins, Mark Kebby Chef décorateur : Gerry Scott Ingénieur du son : John Downer, Michael Feinberg Directeur de la photographie : John Kenway Régisseur général : Sam Breckman Costumes : Dinah Collin maquillage : Caroline Noble Chorégraphie : Jane Gibson Musique originale : Carl Davis Musiciens : Melvyn Tan (pianoforte), Andrew Shulman (violoncelle)
Historique de la télésuite Genèse Il s'est passé neuf ans entre la soirée de où la productrice Sue Birtwistle proposa à Andrew Davies d'écrire une nouvelle adaptation de Pride & Prejudice, et la première diffusion à l'automne 1995.. Il y avait déjà eu une demi-douzaine d'adaptations pour la télévision depuis 1938, la plus récente datant seulement de 1980, mais toutes présentées en direct ou tournées en vidéo, donc essentiellement en studio. Sue Birtwistle, qui avouait les trouver toutes un peu « anémiques »Voir, en anglais, la ., désirait produire une version filmée.
Le projet ne commence à prendre forme qu'au début de 1993, quand ITV Network et la BBC s'y intéressent à nouveau. Le feu-vert donné et le réalisateur Simon Langton trouvé, la préproduction (recherche et choix des trente-quatre lieux de tournage et des acteurs ; construction des huit décors en studio ; création de garde-robes adaptées au caractère des personnages principaux ; auditions des acteurs pressentis, etc.) démarre en Une analyse du Making of est disponible ..
Le scénario Très fidèle au roman, jusque dans la reprise mot pour mot de nombreux dialogues, il porte la patte du scénariste Andrew Davies. Partisan du (), il voulait non seulement restituer le ton et l'esprit du roman mais aussi exploiter au maximum les possibilités visuelles du récit, pour créer une œuvre télévisuelle aussi vivante que possible..
thumb|alt=au premier plan, le sommet d'une falaise composée de vastes blocs gris entrecoupés de buissons, dominant un paysage de bocage qui s'étend en arrière plan| dans le Peak District : Elizabeth y grimpe, dans l'épisode 4, pour contempler et admirer le paysage du Derbyshire.
Le passage d'une œuvre écrite à un support visuel nécessitant inévitablement des transpositions, Davies justifie l'ajout de séquences totalement inventées pour montrer ce qui, dans le roman, se présente sous forme de récits, de commentaires ou d'explications données par le narrateur : la séquence d'ouverture, par exempleInterview dans le Making of, bonus du Collector Orgueil et Préjugés, édité par KOBA FILM VIDEO 2008., montre deux jeunes gens galopant dans la campagne en direction de Netherfield, puis, en plan rapproché, une jeune fille qui les regarde de loin faire la course, avant de retourner chez elle en bondissant. Cette séquence initiale fonctionne comme une scène d'exposition : elle donne un aperçu du caractère des personnages principaux (Bingley, ouvert, impulsif ; Darcy, hautain, méprisant les « manières campagnardes » ; Elizabeth, pleine de vitalité), et de la nette différence de leur niveau socio-économique (ce qui est un des problèmes traités dans le roman), en montrant Netherfield puis la demeure plus modeste et fort animée des Bennet. L'image permet aussi d'ajouter des gestes ou des scènes symboliques : ainsi, dans la première partie, Darcy est souvent montré de profil ou observant l'extérieur de l'embrasure d'une fenêtre, ce qui souligne son désintérêt (ou son mépris) pour la société qui l'entoure., Lydia, dans l'épisode 4, rate en riant une marche et manque tomber en montant dans la voiture qui va la mener à Brighton.