Le vignoble du Mâconnais, ou vignoble de Mâcon, est une zone de production viticole située dans le département de Saône-et-Loire. Il s'étend à l'ouest de Tournus à Mâcon, soit sur une cinquantaine de kilomètres. Il s'agit d'une des subdivisions du vignoble de Bourgogne (avec la Basse-Bourgogne, la côte de Nuits, la côte de Beaune et la côte chalonnaise).

Les mâcons désignent par extension les différents vins produits sur la côte, notamment sous l'appellation mâcon.

Appellations et dénominations La principale appellation est le mâcon, comprenant la dénomination villages pour laquelle le nom de la commune d'origine peut être adjoint à celui de mâcon pour les vins récoltés à l'intérieur de l'aire délimitée sur le territoire de quarante-et-une communes. Il s'agit en général des meilleures expositions et des terrains argilo-calcaires.

Outre les mâcons et les appellations régionales (bourgogne, bourgogne aligoté, bourgogne mousseux, coteaux-bourguignons, bourgogne-passe-tout-grains et crémant de Bourgogne), le vignoble mâconnais produit cinq appellations d'origine contrôlée situées pour quatre d'entre eux dans le sud de ce vignoble : pouilly-fuissé ; pouilly-vinzelles ; pouilly-loché ; saint-véran ; viré-clessé.

Géographie Communes viticoles du vignoble de MâconAzéBrayBerzé-la-VilleBerzé-le-Châtel Bissy-la-MâconnaiseBurgyBussièresChaintré ChânesLa Chapelle-de-GuinchayChardonnayCharnay-lès-Mâcon ChasselasChevagny-les-ChevrièresClesséCrêches-sur-Saône CruzilleDavayéFuisséGrevilly HurignyIgéLeynesLoché LugnyMilly-LamartineMontbelletPéronnePlottesPierreclosPrisséPruzillyLa Roche-Vineuse Romanèche-ThorinsSaint-Amour-BellevueSaint-Gengoux-de-ScisséSaint-Symphorien-d'Ancelles Saint-VérandSerrièresSolognySolutré-PouillyVergissonVerzéVinzellesViréUchizy

Géologie vignette|Le vignoble au pied de la roche de Solutré. Les monts du Mâconnais ont pour origine l'effondrement de la plaine de la Saône : ils en marquent la limite occidentale, dans le prolongement des affleurements calcaires de la côte d'Or (côte de Nuits et côte de Beaune) et de la côte chalonnaise.

Les couches penchent vers l'est et forment plusieurs blocs monoclinaux (c'est-à-dire non plissés). Par le jeu de l'érosion, cette disposition a mis en relief les parties les plus dures, tandis que les formations les plus tendres se creusaient en sillons orientés sud-sud-ouest nord-nord-est. Le Mâconnais est donc une succession de compartiments comportant la même série de formations géologiques de l'ouest vers l'est : Paléozoïque, puis le Trias, ensuite le Jurassique, pour finir par des formations tertiaires disposées en synclinal, le tout recouvert dans les fonds de vallée par des alluvions.

Le socle granitique apparaît d'abord le long de la bordure occidentale des monts du Mâconnais, formant les sommets du mont Saint-Romain et du mont de Mandé ; il réapparaît ensuite au mont de la Péralle (sur le territoire de Lugny) ; enfin il devient majoritaire au sud, au-delà d'une faille est-ouest empruntée par la rivière l'Arlois, qui fait limite avec le Beaujolais. Le granite est recouvert vers l'est par du grès du Trias, puis par des marnes et des calcaires du Jurassique (roche de Solutré et roche de Vergisson).

Climatologie

Le Mâconnais à un climat tempéré de type océanique dégradé (ou semi-continental), avec de légères tendances continentale (un peu plus sec, avec des hivers un peu plus froids) et subméditerranéenne (bon ensoleillement et été plus chaud). En raison de l'actuel changement climatique, les vendanges sont souvent plus précoces de quelques jours (le débourrement, la floraison et la véraison de la vigne se faisant plus tôt)..

Pour la station météorologique de Charnay-lès-Mâcon (à d'altitude, en bordure de l'aérodrome : )., les valeurs climatiques sont (les moyennes 1961-1990 comparées à celles 1991-2020 montrent le réchauffement actuel) :

Encépagement Vins blancs : chardonnay Vins rouges et rosés : pinot noir et / ou gamay

Histoire

Claude Brosse Claude Brosse, viticulteur à Charnay-lès-Mâcon, est né en 1656, probablement fils d'André Brosse et de Pierrette Dubief<ref>Maurice Charnay, Charnay-lès-Mâcon et son passé, Imprimerie Buguet Comptour, 1980, 149 p.</ref> est celui qui, en vendant du vin de Mâcon à Louis XIV, aurait permis au vignoble du Mâconnais de bénéficier d'une grande renommée. Son histoire est ainsi résumée, en 1910, dans un rapport sur l'exposition franco-britanniqueC. Charton et A.M. Desmoulins, Rapport sur l'exposition franco-britannique de Londres, vins et eaux-de-vie de vin ; Comité français des expositions à l'étranger, 1910, 195 p., p. 61 (consultable sur Gallica).

L'histoire est restée dans la mémoire collective. Elle est fréquemment citée, par exemple, dans le livre Journal de la Bourgogne des origines à nos jours ou l'article consacré à Claude Brosse, intitulé « Un vigneron à l'assaut de la capitale »Jacques Jacques Marseille, Journal de la Bourgogne des origines à nos jours, ed. Larousse, 2002, 356 p., p. 169..

Un éco-lycée, l'EREA-LEA de Charnay-lès-Mâcon, porte le nom de Claude Brosse.

La propriété Brosse abrite toujours des caves voûtées situées dans la commune Charnay-lès-Mâcon.

En hommage à Claude Brosse, la commune de Chasselas organise chaque année une fête du char à bœufs.

Veille de la Révolution Un siècle plus tard, au moment où éclate la Révolution, le Mâconnais possède un terroir qui est essentiellement viticole. Le vignoble, à cette époque, est plus étendu que de nos jours. Ses vins blancs sont déjà célèbres. La culture de la vigne est favorisée par la hausse générale du niveau de vie entraînant une plus grande consommation de vin. Quant à l'amélioration du réseau routier, il ouvre des débouchés nouveaux, et pas seulement en direction des villes de Paris et Lyon mais aussi vers les pays de la LoireFrançois Nosjean, « Paysans mâconnais à la veille de la Révolution », revue Images de Saône-et-Loire, n° 113, mars 1998, pages 20 à 22..

Phylloxéra vignette|260px|right|Nombreux sont les pressoirs anciens désormais exposés au bord des routes pour témoigner de la tradition viti-vinicole en Mâconnais. Ici, celui visible à Lugny. « Autour de 1886, un minuscule insecte, le phylloxéra, venant d'Amérique, suçait les racines de la vigne, les ceps épuisés perdaient leur vigueur, devenaient improductifs, malgré l'utilisation de sulfure de carbone. Il fallut se résoudre à arracher. De cette triste période on garde le souvenir de nombreuses personnes obligées, pour subvenir aux besoins de leur famille, de partir dans le Midi, l'Algérie ou dans les grandes villes, dans les mines, partout où on trouvait du travail. Sont restés pourtant ceux qui possédaient en propriété quelques coupées de vigne, leur maison, de vieux parents, et ils ont réussi l'impossible. La Société d'agriculture et de viticulture détachée de l'Académie de Mâcon se pencha sur le problème, l'étudia. Il fallait remplacer l'ancien vignoble par des vignes greffées résistantes au phylloxéra. Un greffon gamay ou de chardonnay était fixé sur un porte-greffe de vigne américaine. Après de nombreuses réunions, on organisa des écoles de greffage. » a raconté un habitant de Saint-Gengoux-de-Scissé (en Haut-Mâconnais), Alphonse GrosbonAlphonse Grosbon, Mon Saint-Gengoux, avec mes souvenirs et ceux qui m'ont été contés (textes transcrits par Noëlle Proutry), Société des amis des arts et des sciences de Tournus, 2006..

Caves coopératives vignette|Les plus anciens bâtiments de la cave de Lugny (ici en 2004), coopérative vinicole fondée le 30 janvier 1927. Peu après la Première Guerre mondiale, les vignerons du Mâconnais vont tendre à se regrouper par la création de coopératives vinicoles.

En effet, au cours des années 1920, dans un contexte de surproduction et de mévente, les petits vignerons souffrent cruellement de l’instabilité des cours du vin et de leur orientation à la baisse ; par ailleurs, la guerre a durement éprouvé les exploitations et celles-ci manquent de moyens financiers pour se moderniser, alors qu’elles ont à faire face au vieillissement des installations vinaires affectant la qualité des récoltes et empêchant le stockage dans de bonnes conditions – en particulier lorsque les prix diminuent.

Les caves coopératives furent légion en Saône-et-Loire, où 21 caves (certaines intercommunales) furent créées (principalement en Mâconnais mais aussi dans le Chalonnais) entre octobre 1925 (Saint-Gengoux-de-Scissé) et janvier 1932 (Genouilly), l'objectif était une gestion collective permettant, outre une diminution notable des « frais généraux », de mutualiser les risques et de faire en commun les investissements nécessaires à l’amélioration de la récolte et de la vinificationAnnie Bleton-Ruget et Frédéric Lafarge, « 1925-2025 : un siècle de coopération viticole en Saône-et-Loire », revue Images de Saône-et-Loire, n° 220 (novembre 2025), pp. 28-36..

Concours des vins

Parmi les plus importants concours récompensant chaque année les vins issus du vignoble du Mâconnais figurent : le Concours général agricole (section vin), organisé chaque année à Paris ; le Concours national des vins de Mâcon, consistant en une dégustation annuelle de vins, avec l'attribution de médailles pour les meilleurs vins, de toutes les régions viticoles françaises.

Existe aussi le Concours des vins du Mâconnais et du Beaujolais, organisé à la Saint-Vincent par la Société d’agriculture et de viticulture de l’arrondissement de Mâcon (sous le patronage du préfet de Saône-et-Loire, du président du conseil départemental de Saône-et-Loire et du maire de Mâcon, du lycée viticole et agronomique « Lucie Aubrac » de Davayé, du Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne, de l’Inter-Beaujolais et de la Confrérie des vignerons de saint Vincent) pour primer les meilleurs crus, sélectionnés par 500 dégustateurs parmi 1200 vins. Ce concours a tenu sa 133 édition en janvier 2026.

Hiérarchie des prix Le prix de vente des vignes dans l'aire d'appellation mâcon est officiellement en 2023 de l'hectare en moyenne pour du blanc (variant entre et ), alors que pour la même appellation en rouge c'est à une moyenne de (de à ). C'est bien moins que pour les AOC voisines pouilly-loché/pouilly-vinzelles (à une moyenne de ), viré-clessé (), saint-véran () et pouilly-fuissé (), par la FNSafer (fédération nationale des sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural)..

Pour une comparaison entre les appellations, on peut aussi prendre les prix pratiqués en vrac officiellement pour le calcul des fermages en 2023, qui fournissent une hiérarchie. : en rouge : 76,39 €/hl pour du vin de France (VSIG) rouge ; 277,06 €/hl pour du mâcon rouge ; 282,91 €/hl pour du passe-tout-grains ; 302,34 €/hl pour du coteaux-bourguignons ; 526,19 €/hl pour du bourgogne rouge ; en blanc : 87,32 €/hl pour du vin de France blanc ; 312,97 €/hl pour du bourgogne aligoté ; 402,62 €/hl pour du bourgogne blanc ; 413,35 €/hl pour du mâcon blanc ; 584,53 €/hl pour du viré-clessé ; 665,41 €/hl pour du saint-véran ; 716,36 €/hl pour du pouilly-loché ; 728,13 €/hl pour du pouilly-vinzelles ; 961,21 €/hl pour du pouilly-fuissé. Les prix dans le commerce sont évidemment bien plus élevés, variant considérablement en fonction du nom du producteur.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie , . (rapport présenté au nom d'une commission lors du Congrès national viticole de Mâcon), . , . , . P. Goujon, « La vigne en Saône-et-Loire au », revue Images de Saône-et-Loire de , p. 23-26. . Sandrine Lafarge, Le mouvement pour la défense du vignoble en Mâconnais pendant les années trente, mémoire d'histoire contemporaine à l'université de Bourgogne, 2004. Edward Steeves, « Les vins du Mâconnais », article paru dans la revue Images de Saône-et-Loire'' de (pages 14 à 19).

Liens externes . .

Articles connexes Liste des vins primeurs Mâconnais Haut-Mâconnais Tournugeois Mâconnais (fromage) Lycée viticole de Davayé Rue des Mâconnais