Dyne Mousso est une actrice québécoise, née à Montréal, le et morte le .

Biographie Dyne Mousso est née du mariage de Armand Guilbault et d'Hélène Daoust sous le nom de Denise Guilbault. Sa sœur, Muriel Guilbault, elle aussi actrice, a joué aux côtés de Gratien Gélinas dans Ti-Coq (le rôle de Marie-Ange), une pièce de théâtre de Gratien Gélinas qui sera présentée pour la première fois en 1948 et qui a donné lieu au film Ti-Coq en 1952. Muriel Guilbault deviendra ensuite la « muse incomparable » du poète et dramaturge Claude Gauvreau, avec qui il a joué sa pièce Bien-être, et de qui il sera profondément amoureux. Muriel Guilbault se suicide en 1952, Dyne a alors 21 ans et reste profondément marquée par cette mort. Muriel aura été pour elle l'inspiration qui la mènera vers le théâtre. Bien qu'elle craigne de ne pas être à la hauteur, étant donné le succès rencontré par sa sœur, elle sent, quelque trois ans plus tard, le besoin de continuer son travail.

En 1949, Denise Guilbault épouse le peintre Jean-Paul Mousseau, membre des automatistes et signataire du Refus global (comme Claude Gauvreau et Muriel Guilbault). C'est de sa relation avec Jean-Paul Mousseau qu'est né le pseudonyme Dyne Mousso, « Dyne » étant le sobriquet que Jean-Paul Mousseau lui avait attribué (un prénom synonyme d'une unité d'énergie) et « Mousso » étant le nom de son mari, nom qu'elle portera toute sa vie, mais avec une orthographe différente (ils ont divorcé en 1964 - par bill privé - le divorce n'ayant été légalisé au Canada qu'en 1968). De cette union est née Katerine Mousseau, qui deviendra elle aussi comédienne et la conjointe du chanteur Michel Rivard pendant plusieurs années, de laquelle union naîtra le réputé chef cuisinier Antonin Mousso-Rivard.

En 1954, Dyne Mousso, qui, par sa relation avec Mousseau, côtoie Paul-Émile Borduas, Jean-Paul Riopelle et le groupe des automatistes, décide, après s'être frottée à la peinture et avoir exposé (ce qui ne plaisait pas à Mousseau, dira-t-elle), de suivre une courte formation de théâtre, un mois de leçons, auprès de Jean Dalmain du Théâtre du Nouveau-Monde. Elle passe ensuite une audition devant Jacques Mauclair, fondateur du théâtre d'avant-garde L'Amphytrion, lequel lui donne aussitôt, en 1955, trois rôles dans lesquels elle fait montre d'une intensité hors du commun. Démarre alors pour elle, et très rapidement, une dense carrière de comédienne au cours de laquelle elle interprétera plusieurs rôles de premier plan.

Dyne Mousso a marqué le Québec par son talent. Ses interprétations, notamment dans La Mouette de Tchekhov (qu'elle jouera d'ailleurs en 1955 et en 1968) et dans Mademoiselle Julie de Strindberg, sont qualifiées de remarquables. Tout laissait à penser que non seulement sa carrière serait longue, et qu'elle se poursuivrait probablement en France ou même aux États-Unis. Mais, en 1960, Dyne Mousso fait la rencontre d'un comédien, Jean Doyon, - lequel se fera connaître dans la série télévisée Le Paradis terrestre, en 1968, aux côtés d'Élizabeth Chouvalidzé - duquel elle est très amoureuse. Cette rencontre est déterminante pour elle et change le cours de sa vie et de sa carrière.

En , elle obtient une importante bourse du Conseil des arts du Canada et quitte Montréal pour aller vivre à Paris. Elle est enceinte de Jean Doyon, mais ne le sait pas encore. Elle venait de jouer La Plus Belle de Céans à la Télévision de Radio-Canada en , un téléthéâtre de Charlotte Savary qui a causé un scandale inégalé au Québec et au Canada. Cette interprétation de la vie de jeune fille de Marguerite d'Youville (Fondatrice des Sœurs Grises) lui a valu de nombreux articles de presse, un tollé de la communauté religieuse du Québec, et même des lettres de menaces. Pourtant, elle n'y est pour rien, n'étant qu'interprète, mais on lui reprochera d'avoir accepté de porter un décolleté trop révélateur, d'avoir accepté le rôle, et surtout de s'être portée à la défense du réalisateur Charles Dumas, menacé de congédiement.

Avec le scandale de La Plus Belle de Céans, elle se dit que ce séjour à Paris lui permettra une pause qui tombe à point. Elle a en outre beaucoup joué depuis cinq ans et cherche à apprendre davantage. Elle planifie voir beaucoup de théâtre à Paris, pour voir jouer les grands. Elle se rend donc dans la capitale de France avec sa fille Katerine, mais est de retour plus tôt que prévu, du fait de sa grossesse, de laquelle naît sa fille Emmanuelle. Dyne cherche à renouer en vain avec Jean Doyon, de qui elle aura néanmoins deux autres enfants (Stéphanie et Gilles), dans l'espoir, tout aussi vain, d'établir une relation amoureuse stable. Dyne Mousso et Jean Doyon ne se sont en effet jamais mariés. La relation de Dyne Mousso avec Jean Doyon, toujours tumultueuse et difficile, aura un impact considérable sur sa vie. De fait, ils n'ont pratiquement jamais vécu ensemble, Dyne ayant élevé ses enfants seule alors que sa carrière de comédienne bat son plein jusqu'en 1970. Conjuguer sa carrière de comédienne avec ses obligations de mère devient après cette date trop difficile et, peu à peu, la comédienne se tourne vers la narration, la post-synchronisation-doublage et la radio. Ultérieurement, elle développe des relations amoureuses marquantes avec le comédien Gilles Renaud, puis avec le réalisateur Charles Binamé, de plus courte durée, puis, plus tard, avec le comédien Raymond Bélisle.

Dans une lettre adressée à Anne-Marie Alonzo en 1989, elle écrit que le théâtre est un amant qu'elle a trompé avec la vie, la sienne.

Pendant près de quinze ans, de 1978 à 1993, Dyne Mousso sera lectrice et animatrice à la station de radio CIEL-MF (98,5, située à Longueuil), alors propriété de Jean-Pierre Coallier. Elle décède un an plus tard, en 1994, à l'âge de 64 ans.

Filmographie

1955 : Passé antérieur de Hubert Aquin, réalisation Louis-Georges Carrier : Interprète aux côtés de Jean Brousseau 1955 : La Buveuse d'absinthe de Jacques Languirand, Radio-Canada, dans le rôle-titre 1955 - 1956 : Je me souviens de Jean Desprez, réalisation Florent Forget, aux côtés notamment de Janine Sutto, Gérard Poirier, Béatrice Picard 1956 : À la bonne étoile: Hommage à François Villon, Radio-Canada : Interprète, aux côtés de Gilles Pelletier 1956 : Histoires du Canada (série télévisée), Radio-Canada : Interprète 1956 : Champ libre, L'évocation de Federico Garcia Lorca, aux côtés de Jacques Lorain 1957 : À moitié sages de Françoise Loranger (série télévisée), réalisation Denys Gagnon, Radio-Canada : Interprète Marie-Thérèse, aux côtés de Huguette Oligny, Julien Bessette, Roger Garceau, Marthe Mercure, Tania Fédor, Solange Harbeau, François Cartier et Victor Désy 1957 : Radisson de Pierre Gauvreau (série télévisée), Radio-Canada: Interprète l'indienne cri Tayona année sous vérification : Musée intime, (TV), deux bouleversantes compositions année sous vérification : dramatique en anglais, Toronto, dans le rôle de l'Italienne 1957 : Le Colombier (série télévisée); Interprète Sophie Duvernay, aux côtés de Guy Hoffmann 1957 : Le Survenant de Germaine Guèvremont (série télévisée) : Fleur-Aimée, aux côtés de Olivier Guimond, Jean Coutu et Marthe Mercure 1957 - 1958 : Quatuor : C.Q.F.D. (téléthéâtre), Radio-Canada, aux côtés de Gisèle Schmidt 1958 : Marie-Didace (série télévisée) : Fleur-Aimée 1961 : Sous le signe du lion (série télévisée) : Martine Martin 1960 : Quand vient l'été de Roger Blais : Narration 1961 : Le Grand Duc (série télévisée): Interprète 1962 : Kanawio, Radio-Canada: Interprète 1964 : La Beauté même de Monique Fortier : Narration 1965 : Septième nord (série télévisée): Interprète, aux côtés de Monique Miller 1969 : Bozarts de Jacques Giraldeau: Lecture des écrits de Borduas 1970 - 1978 : Les Berger (série télévisée) : Jacqueline Morin, aux côtés de Roland Chenail et Claudine Chatel 1971 : Héritage perdu de Eugene Boyko : Narration 1971 : Le Hibou et le Lemming; une légende eskimo de Co Hoedeman : Narration 1972 : Saint-Urbain de Troyes de Yves Leduc : Narration 1973 : Beyond the Naked Eye (titre français Notre monde invisible) de Claudia Overing : Narration 1974 : Pris au collet de Raymond Garceau : Interprète 1974 : Les Filles du roy de Anne Claire Poirier : Narration 1978 : La Loi de la ville de Michel Bouchard : Narration 1978 : Légendes et Réalités Inuit de Richard Robesco : Narration 1979 : L'Arrache-cœur de Mireille Dansereau: La Psychologue, aux côtés de Louise Marleau 1979 : Dominga de Guy L. Coté : Narration 1980 : Le Coq de clocher de Claire Boyer : Narration 1982 : Le féminisme des années 1960: Madame, vous avez rien de Dagmar Teufel: Voix et Narration 1983 - 1984 : La Vie promise de Marcel Dubé : Interprète 1986 : L'Avenir entre nos mains de Carol Gedded, Ginny Stikeman, Yolande Garant : Narration 1987 : La Casa de Michel Regnier : Voix

Téléthéâtres ? : Poèmes (Federico Garcia Lorca) ? : Quatuor (Françoise Loranger), productions Radio-Canada, dans le rôle de la réfugiée hongroise, aux côtés de Gisèle Schmidt et Georges Groulx 1955 : Montserrat (Emmanuel Robles), Radio-Canada, dans le rôle de Héléna, aux côtés de François Rozet, Guy Provost et Henri Norbert 1955 : Un cas intéressant, Radio-Canada, dans le rôle de l'infirmière 1956 : Plainte contre inconnu (Georges Neveux), réalisation de Louis-Georges Carrier, Radio-Canada, aux côtés de Georges Groulx, Henri Norbert, Jean-Claude Deret et Monique Miller 1957 : La puissance et la gloire (Graham Greene), Radio-Canada 1958 : La Volupté de l'honneur (Luigi Pirandello), productions Radio-Canada: dans le rôle de Agathe aux côtés de Gilles Pelletier, Guy Provost et Marthe Thiéry 1958 : Un remède de cheval (Leslie Sands), traduction de Frédéric Valmain et adaptation de Jeanne Frey, mise en scène de Bruno Paradis, Radio-Canada, aux côtés de Gilles Pelletier, Suzanne Avon et Jean Brousseau 1958 : Une maison dans la ville (trilogie auteurs-réalisateurs de CBFT), aux côtés de Janine Sutto, Colette Courtois, Lucie de Vienne et Pierre Boucher 1958 : Le feu sur la terre (François Mauriac), réalisation de Louis-Georges Carrier, Radio-Canada, dans le rôle de Laure, aux côtés de Benoît Girard, Andrée Lachapelle, Margot Campbell, Nathalie Naubert et Henri Norbert 1959 : Banquet au chevreuil bleu (Sandor Torok), à l'affiche de Première, réalisation de Fernand Quirion, aux côtés de Georges Groulx, Guy Godin, Jean Lajeunesse, Gérard Paradis et Camille Ducharme 1959 : La Dame de l'aube, réalisation de Jacques Gauthier, Théâtre populaire, aux côtés de Monique Lepage, Nathalie Naubert et Benoît Girard 1959 : La Plus Belle de Céans (Charlotte Savary), mise en scène de Charles Dumas, Radio-Canada, dans le rôle-titre, interprétant la vie de jeune fille de Marguerite d'Youville 1959 : Shoestring Theatre, Toronto, plusieurs émissions dont « The telephone call », une adaptation de « La Voix Humaine » de Cocteau 1960 : La Cerisaie, Anton Thekhov Radio-Canada 1962 : Monsieur Vernet (Jules Renard), réalisation de Aimé Forget, productions Radio-Canada, dans le rôle de Madame Vernet, aux côtés de André Valmy, Janine Sutto, Jean-Louis Roux et Margot Campbell année sous vérification : Pas d'amour (Ugo Betti), réalisation Jean-Paul Fugère, productions Radio-Canada, dans le rôle de Délia, aux côtés de Jean-Louis Roux, Guy Hoffmann et Charlotte Boisjoli 1966 : Le Canard sauvage (Henrik Ibsen), Radio-Canada 1967 : Cet animal étrange, productions Radio-Canada, aux côtés de Jean Coutu 1970 : L'Île des chèvres (Ugo Betti), Radio-Canada 1970 : Ta nuit est ma lumière, productions Radio-Canada: personnage principal 1974 : Hedda Gabler (Henrik Ibsen), productions Radio-Canada: Hedda Gabler 1978 : Un mois à la campagne (Ivan Tourgueniev), réalisation de Richard Martin, productions Radio-Canada, dans le rôle de Natalia Petrovna, aux côtés de Pascal Rollin et de Daniel Gadouas

Théâtre