Le championnat du monde masculin de handball réunit tous les deux ans les meilleures équipes nationales masculines du handball mondial sous l'égide de la Fédération internationale de handball (IHF). Après une première édition en 1938, cette épreuve se déroule régulièrement depuis 1954 et adopte sa cadence biennale depuis 1993.

Au terme de la ving-neuvième édition en 2025, soixante sélections ont pris part à la compétition. Aucune nation n'a participé à toutes les éditions. Neuf nations, toutes européennes, ont remporté l'épreuve. Une seule nation non-européenne a terminé sur le podium d'un championnat du monde : le Qatar en 2015. Avec six titres remportés depuis 1995, la France est la sélection la plus titrée et, à titre individuel, le gardien de but français Thierry Omeyer est le plus titré avec cinq championnats remportés et deux médailles de bronze.

Le Danemark a remporté les quatre dernières éditions en 2019, 2021, 2023 et 2025.

Histoire De 1938 à 1958 : les premières compétitions

Le premier championnat du monde de handball en salle en 1938 n'a duré que deux jours, ce qui n'est pas surprenant puisque seuls quatre pays y participaient. Les 5 et , le Reich allemand, l'Autriche, la Suède et le Danemark, sous la direction de la Fédération internationale de handball amateur (IAHF), prédécesseur de la Fédération internationale de handball (IHF), déterminent les vainqueurs de ce tournoi toutes rondes, qui n'a donc pas eu de véritable finale. Vainqueurs de ses trois matchs, l'Allemagne remporte la compétition devant l'Autriche, battue de justesse dans la « finale » 5 à 4, et la Suède qui a battu le Danemark 2 à 1.

Toutefois, c'est le handball à onze, sur gazon et en plein air qui prévaut dans la première moitié du . La Seconde Guerre mondiale et trois éditions du championnat du monde en plein air (1938, 1948 et 1952) plus tard, ce n'est qu'en 1954 qu'a lieu le second championnat du monde de handball en salle. Si le handball à onze en plein air était encore plus populaire en Europe centrale dans les années 1950, sa version à sept joueurs en salle prévalait de plus en plus en Scandinavie. Il était donc presque logique que la Suède, vice-champion du monde en plein air en 1952, ait non seulement accueilli mais aussi gagné ce tournoi. Les Allemands ont gagné leurs matchs du tour préliminaire contre la Suisse et la France, tandis que la Suède a vaincu le Danemark et la Tchécoslovaquie. En finale, l'hôte suédois écarte les Allemands 17 à 14 tandis que la Tchécoslovaquie remporte le bronze.

La troisième édition a eu lieu du 27 février au en République démocratique allemande. Seize équipes participent à la compétition : le Brésil est le premier pays non européen à participer à un championnat du monde tandis que l'Allemagne est composée de joueurs de l'Allemagne de l'Ouest et de l'Est concourant en tant qu'équipe unifiée d'Allemagne. Le premier match des Allemands, remporté 46 à 4 face aux modestes Luxembourgeois, constitue encore aujourd'hui la plus large victoire à un championnat du monde. Meilleure attaque et meilleure défense de la compétition, l'Allemagne est néanmoins battue par la Tchécoslovaquie lors du tour principal et doit se contenter de la médaille de bronze. En finale, les Tchécoslovaques n'ont pas non plus eu la moindre chance face au tenant du titre, la Suède qui s'impose nettement 22 à 12, ayant déjà cinq buts d'avance à la mi-temps (10-5). Quant à la France elle est éliminée dès la phase préliminaire et se classe neuvième.

De 1961 à 1974 : la domination roumaine

thumb|Le Roumain Mircea Costache II avec le trophée du championnat du monde 1961. Trois ans plus tard, en 1961, les 12 équipes qualifiées se rendent à nouveau en Allemagne, mais cette fois en République fédérale d'Allemagne. Il convient de mentionner l'absence de l'URSS, battue par la Roumanie lors des qualifications. L'hôte, qui présentait une équipe unifiée composée à la fois de joueurs de l'Allemagne de l'Ouest et de l'Est, a réalisé un résultat plutôt décevant, ne se classant que quatrième : après deux victoires lors du tour préliminaire, ils sont ensuite battus par la Roumanie lors du tour principal et enfin par la Suède dans le match pour la médaille de bronze. À l'inverse, les Roumains, qui avaient été éliminés au tour préliminaire trois ans auparavant et qui n'ont terminé que deuxièmes dans le groupe du tour préliminaire du fait de leur défaite face à la Tchécoslovaquie, remportent leurs trois matchs du tour principal face à l'Allemagne, au Danemark et à la Norvège et se qualifient pour la finale. Dans l'autre groupe, la Tchécoslovaquie est d'abord tenue en échec par l'Islande () mais s'impose ensuite face à la Suède et à la France. La finale est donc une revanche entre les deux états communistes de Tchécoslovaquie et de Roumanie, pourtant outsider de la compétition... Disputée devant , la finale nécessite deux prolongations pour désigner le vainqueur : à égalité à l'issue du temps réglementaire, aucun but n'est marqué lors de la première prolongation puis la Roumanie s'impose () lors de la seconde prolongation et remporte son premier titre aux dépens de la Tchécoslovaquie.. La Suède, tenante du titre et favori, doit se contenter de la troisième place.

Le du monde est organisé par la République socialiste tchécoslovaque en 1964. Après une médaille de bronze puis deux médailles d'argent lors des trois éditions précédentes, les hôtes espèrent enfin remporter leur premier titre et s'en donnent les moyens en gagnant leurs trois matchs du tour préliminaire : les Tchécoslovaques sont ainsi qualifiés en compagnie du Danemark tandis que la Suisse et la France sont éliminés. Dans le groupe A, un match à trois oppose les deux Allemagne (RFA et RDA qui concourent séparément) et la Yougoslavie, les États-Unis perdant nettement ses trois matchs : les Yougoslaves ayant réalisé deux matchs nuls face aux deux Allemagne, la défaite des Est-Allemands face aux Ouest-Allemands les élimine de la compétition. Dans le groupe B, la Suède, la Hongrie et l'Islande terminent avec chacun deux victoires pour une défaite, l'Islande étant éliminée en raison d'une plus mauvaise différence de buts. Enfin, dans le groupe D, la Roumanie remporte ses trois matchs tandis que l'URSS, le Japon et la Norvège, tous à 2 points, sont départagés selon la différence de buts en faveur des Soviétiques. Lors du tour principal, la Roumanie détruit les espoirs de l'hôte tchécoslovaque en remportant de justesse la revanche de la finale de 1961 16 à 15. Dans l'autre groupe, les Suédois, malgré leur défaite contre la RFA, se qualifient pour la finale car les Allemands ont perdu contre la Hongrie et ont conservé le match nul concédé face à la Yougoslavie. Dans la petite finale, la Tchécoslovaquie a dominé la RFA 22 à 15 et remporte sa quatrième médaille consécutive. Vainqueur en finale de la Suède 25 à 22, la Roumanie conserve ainsi son titre.

La Suède accueille la du championnat du monde en 1967. Seize équipes ont participé comme en 1964, mais le format a à nouveau été changé : si la première phase est identique (4 groupes de 4 équipes), un format coupe débute ensuite en quarts de finale. C'est ainsi que la Yougoslavie et la RFA, vainqueurs de leurs groupes respectifs, sont éliminées en quarts de finale respectivement face au Danemark (14-13) et à l'URSS (19-16), deuxième de son groupe derrière la Roumanie. Dans les deux autres quarts de finale, la Roumanie s'est difficilement imposée face à la Hongrie 20 à 19 et les hôtes suédois ont été nettement défaits par la Tchécoslovaquie 11 à 18. En demi-finale, la Tchécoslovaquie parvient enfin à écarter son chat noir en s'imposant 19 à 17 face à la Roumanie et retrouve en finale une surprenante équipe danoise, vainqueur de l'Union soviétique 17 à 12. La Roumanie sauve l'honneur en remportant après prolongations le match pour la troisième place contre l'URSS 21 à 19, tandis que la Tchécoslovaquie ne laisse pas passer l'occasion de remporter son premier titre pour sa troisième finale en battant le Danemark 14 à 11.

vignette|La Roumanie, championne du monde 1970. Pour le championnat du monde 1970 qui a eu lieu en France, le mode tournoi est resté inchangé si ce n'est l'introduction d'une poule de classement pour les équipes classées troisième après le tour préliminaire, pour jouer les places 9 à 12. En quarts de finale, le Danemark s'est vengé face à la Tchécoslovaquie après la défaite subie lors de la finale de 1967 et a éliminé le tenant du titre 18 à 16. Dans le duel allemand, la RDA a battu la RFA 18 à 17 après prolongations tandis que la Roumanie et la Yougoslavie ont également atteint leur qualification en disposant respectivement de la Suède 15 à 13 et de la Hongrie 11 à 10. En demi-finales, les matchs sont moins serrés puisque la RDA a éliminé la Yougoslavie 17 à 13 et la Roumanie a battu le Danemark 18 à 12. Si la Yougoslavie a surclassé les Danois 29 à 12 dans la petite finale, une finale palpitante et très disputée a opposé à Paris la Roumanie et la RDA puisque ce n'est qu'après la deuxième période de prolongation que les Roumains ont remporté le match (13 à 12) et donc retrouvé le titre qu'ils avaient perdu trois ans plus tôt.

En 1974, la a lieu en République démocratique allemande. Comme quatre ans plus tôt, les équipes de Roumanie et de la Allemagne de l'Est se sont affrontées en finale et une nouvelle fois les Roumains l'ont emporté, s'adjugeant après 1961, 1964 et 1970 leur quatrième titre de champion du monde. Ni la Yougoslavie, championne olympique à Munich, ni l'URSS, ni la RDA, évoluant pourtant devant son public n'ont réussi à battre le champion sortant. La formule du tournoi a fait, qu'après un tour éliminatoire facile, les Roumains, opposés successivement au Danemark et à la Tchécoslovaquie lors du tour principal n'ont jamais été réellement sollicités avant la finale. Par contre, la RDA, dès le tour éliminatoire, dut s'employer contre l'URSS (15-15) et puiser dans ses réserves au tour principal pour battre la Yougoslavie (19-17) avant de jouer la finale. Le classement final fait apparaître une progression très sensible des pays du bloc de l'Est : les 7 premières équipes viennent de l'Est. Seule la Bulgarie, placée dans une poule difficile, n'a pu accéder au tour principal ; le seul représentant des pays de l'Ouest dans les 8 premiers est le Danemark, classé en 1970 à Paris. Encore faut-il noter qu'au tour éliminatoire, dans la poule A, figuraient également la République Fédérale Allemande et l'Islande : il était donc certain qu'au moins un pays de l'Ouest accéderait au tour final. On note par ailleurs un fléchissement très net des deux grands représentants des pays de l'Ouest : la République Fédérale Allemande et la Suède. Cette dernière ne doit sa qu'à une « victoire » sur la Roumanie. Si la logique sportive avait été respectée, c'est l'Espagne qui restait en course en poule de consolation et la Suède était purement et simplement éliminée ; malgré un jeu fondé sur la vivacité, le risque, le Japon, par manque relatif de gabarits, ne réussit pas à gravir des échelons supplémentaires dans la hiérarchie mondiale.

De 1978 à 1990 : l'alternance Cette période a vu quatre vainqueurs différents sur les quatre éditions. La plus régulière a été l'Union soviétique, vainqueur en 1982 et finaliste en 1990. Seules deux autres nations ont atteint le podium à deux reprises : la Yougoslavie, vainqueur en 1986 et finaliste 4 ans plus tôt, et l'Allemagne de l'Est, troisième en 1978 et 1986.

Le championnat du monde 1978 est, pour la première fois, organisé par le Danemark. Cette est remportée pour la deuxième fois (après 1938) par l'Allemagne de l'Ouest grâce à sa victoire en finale face à l'Union soviétique, championne olympique en titre. L'Allemagne de l'Est complète le podium tandis que la Roumanie, double tenant du titre, ne termine qu'au septième rang, dernière place qualificative pour les Jeux olympiques de 1980.