Georges Darboy, né le à Fayl-Billot (France)État civil de Fayl-Billot, Registre des naissances de l'année 1813, acte n°4 dressé le , Archives départementales de la Haute-Marne. et mort exécuté avec d'autres otages durant la Commune de Paris le à ParisÉtat civil de Paris, Registre des décès du de l'année , acte n° 3776 dressé le , Archives de Paris., est un ecclésiastique français, évêque de Nancy de à , puis archevêque de Paris de à .

Son procès en béatification est ouvert en Père Yvon Sabourin et Marie Piloquet, « Cinq victimes de la Commune bientôt béatifiées ? », L'Homme Nouveau. La basilique de Montmartre : au cœur du sacré, hors-série n° 42-43, , p. 29.. Il est pour l'heure serviteur de Dieu Vie Oblate Life, pp. 16 à 18, Yvon Beaudoin, numéro 1/2009, Ottawa, Canada..

Biographie

Fils d’épiciers, il est ordonné prêtre en . Il fut quelque temps vicaire à l'église Notre-Dame de Saint-Dizier et professeur au grand séminaire de Langres.

En , il rejoignit Denys Affre, archevêque de Paris ; d'abord prêtre auxiliaire à la Maison des Carmes et aumônier du lycée Henri-IV, il fut bientôt élevé aux postes de chanoine à Notre-Dame, de vicaire général et d'archidiacre de Saint-Denis, ayant auparavant été nommé protonotaire apostolique. Républicain convaincu, Darboy accueillit avec enthousiasme la République en .

En , il fut nommé évêque de Nancy grâce à l’appui des milieux gallicans où, pendant les trois ans où il eut la charge de ce diocèse, il s'intéressa spécialement aux questions d'éducation, entre autres avec Claude-Joseph Drioux, et créa l'école Saint-Léopold, agrandit le grand séminaire et écrivit () sa lettre célèbre Sur la nécessité de l’étude.

Transféré par un décret impérial du à l'archevêché de Paris, laissé vacant par la mort du cardinal Morlot, il reconsacra cette année-là la cathédrale Notre-Dame, alors complètement restaurée, et fut honoré des titres et fonctions de Grand aumônier, de sénateur du Second Empire () et de conseiller impérial. Il soutient avec fermeté la politique romaine de contre l'hostilité d'une grande partie de l'opinion catholique et du clergé sensibles aux thèses ultramontaines.

Bien qu'il lui manquât l'indépendance de son prédécesseur et ami Affre, la compétence administrative de Sibour et l'affabilité du cardinal Morlot, Darboy était un prélat instruit, consciencieux et respecté. Avec l'aide d'hommes tels que Buquet, Isoard, Langénieux, Meignan et Foulon, il donna une impulsion nouvelle à l'administration ecclésiale que dans sa vieillesse son prédécesseur avait quelque peu négligée.

Alors que, de plus en plus, le clergé français passait à l'ultramontanisme, Darboy restait un des derniers gallicans, ce qui lui valut de ne jamais recevoir le chapeau de cardinal et de se voir réprimander par le pape Pie IX dans une lettre privée qu'une erreur fit publier. On lui reprocha de se montrer plus soumis qu'il n'aurait dû aux vœux impériaux et d'adopter contre les exemptions des religieux une attitude que Rome le contraignit à abandonner en .

Ce fut la raison principale qui, pendant le concile du Vatican de 1869-1870, le rangea, avec la minorité qui considérait que bien qu'elle fût réelle, la définition de l'infaillibilité pontificale était inopportune. Ses motivations étaient de nature plus politique que théologique. Darboy fut un de ceux qui pensèrent à une intervention diplomatique comme au moyen de mettre un terme à ces difficultés. Il quitta Rome avant le vote final du en exprimant des sentiments qu'il rétracta cependant plusieurs mois après la définition du dogme.

Arrêté le selon l’ordre de la Commune de Paris, il fut emprisonné à Mazas. Les efforts de ses amis ne parvinrent pas à le sauver, le gouvernement versaillais de Thiers ayant notamment refusé toutes les propositions d’échange formulées par les Communards, contre le socialiste Blanqui, enfermé dans une prison de Bretagne. Il fut exécuté comme otage pendant la Semaine sanglante, le , à la prison de la Roquette. Avec lui périrent en même temps, le président Bonjean, l'abbé Deguerry, curé de la Madeleine, l'abbé Surat archidiacre de Notre-Dame et le journaliste Chaudey. Après la Commune, il reçut des obsèques nationales.

L’église Saint-Georges de la Villette a été construite ultérieurement à sa mémoire avenue Simon-Bolivar dans le .

alt=Photomontage en noir et blanc présentant, en intérieur, deux portes de prison, dont celle de droite ouverte laisse voir un religieux assis dans sa cellule.|vignette|Georges Darboy dans sa cellule de la prison de la Roquette, photomontage d'Ernest-Charles Appert, Crimes de la Commune (1871).

Son exécution lui aurait été prédite par Maximin Giraud, un des jeunes voyants de La Salette, le , durant une entrevue au cours de laquelle Georges Darboy s'était exprimé de manière assez négative sur les apparitions de la Vierge Marie qui eurent lieu en :

[V]otre prétendue Belle Dame ? […] Il est stupide, son discours ! » […]

Maximin, humilié pour ce prince de l'Église qui s'oubliait tellement devant lui, voulut que Notre Dame de la Salette eût le dernier mot. ― « Monseigneur, répondit-il avec force, il est aussi vrai que la Sainte Vierge m'est apparue à la Salette et qu'elle m'a parlé, qu'il est vrai qu'en 1871, vous serez fusillé par la canaille. » Trois ans plus tard, à la Roquette, on assure que le prélat, prisonnier, répondit à des personnes qui voulaient faire des tentatives pour le sauver : ― « C'est inutile, Maximin m'a dit que je serai fusillé.

Sa cellule de détention et le mur où il fut fusillé sont gardés depuis le début du dans la crypte de la grande chapelle du séminaire Saint-Sulpice d'Issy-les-Moulineaux.

Un de ses neveux, Henri Darboy, a été Communard.

Succession apostolique Georges Darboy a ordonné les évêques suivants : Évêque Louis-Charles Buquet (1863)

Distinctions () ; Chevalier en 1860, Officier en 1863

Ouvrages Œuvres de saint Denys l'Aréopagite, traduites du grec (Paris, 1845). La critique historique établit ultérieurement qu'il s'agit d'écrits du Pseudo-Denys. Les Femmes de la Bible (Paris, 1846-1849) Les saintes femmes (Paris, 1850) Lettres à Combalot (Paris, 1851) Jérusalem et la Terre Sainte (Paris, 1852) L'Imitation de Jésus-Christ, traduction nouvelle (Paris, 1852) Statistique religieuse du diocèse de Paris (Paris, 1856) Saint Thomas Becket (Paris, 1858)

Il collabora aussi au Correspondant (1847-1855) et fut pendant une année (1850) directeur du Moniteur Catholique.

Études Jacques-Olivier Boudon : Darboy, archevêque de Paris entre Pie IX et Napoléon III (188 p., Cerf, ) Alexis Pierron : Mgr. Darboy : esquisses familières, Paris, Laplace : Sanchez et Cie, 1872.

Notes et références

Cet article est partiellement ou en totalité issu d'une traduction de l'article Georges Darboy de la Catholic Encyclopedia de 1912 (domaine public).

Liens externes

Georges Darboy (1863-1871), L'Église catholique à Paris

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