L'année 1970 est une année commune qui commence un jeudi.
En bref : fin de la guerre du Biafra. : entrée en application du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, signé le par Richard Nixon et Léonid Brejnev, mais pas par la France. : la conférence de Niamey (Niger), qui rassemble 21 États, crée l’Agence de coopération culturelle et technique (Agence francophone). : première célébration du Jour de la Terre. : intervention américaine au Cambodge. 8- : troisième conférence des non-alignés à Lusaka (Zambie). 17- : Septembre noir. : le prix Nobel de la paix est attribué à l’Américain Norman Borlaug ; Louis Néel et Hannes Alfvén partagent le prix Nobel de physique.
Événements Afrique : gouvernement Houphouët-Boigny VI en Côte d’Ivoire. , guerre du Biafra : les troupes nigérianes prennent la capitale du Biafra, Owerri. Le , après la prise de l’aérodrome d’Uli-Ihiala, un cessez-le-feu est signé. : le Biafra, touché par la famine, doit capituler (officiellement le ). La victoire du gouvernement central du Nigeria, opérée sans représailles envers la population Igbo, se concrétise par un renforcement du pouvoir fédéral. : coup d’État au Lesotho ; après avoir perdu les élections le , le Premier ministre Joseph Leabua Jonathan décrète l’État d’urgence, suspend la constitution et fait arrêter les leaders de l’opposition. Le , le roi du Lesotho Moshoeshoe II est placé en résidence surveillée et le part en exil aux Pays-Bas, pendant que son épouse Mamohato assume la régence.
: réforme constitutionnelle au Sénégal, adoptée par référendum le . Un poste de Premier ministre est créé, occupé par Abdou Diouf (fin en 1980).
: proclamation de la République en Rhodésie du Sud. : Bantu Homelands Citizenship Act en Afrique du Sud. Les bantoustans prennent le nom de homelands. Cette loi de 1970 fait perdre la citoyenneté sud-africaine aux noirs. : Ahmadou Ahidjo, seul candidat, est réélu président du Cameroun.
: sixième victoire consécutive du parti national aux élections sud-africaines ; John Vorster reste premier ministre d’Afrique du Sud.
: élections législatives camerounaises. : évacuation des bases étrangères en Libye.
: le roi Hassan II annonce la fin de l’état d’exception au Maroc. : rencontre à Dar-es-Salaam des présidents Nyerere, Kaunda et Obote sur la question de l’Afrique du Sud.
: réforme agraire en République centrafricaine. 21- : élections législatives marocaines tenues à la suite de la révision constitutionnelle du .
: accord entre la Libye et la compagnie Occidental Petroleum. Entre septembre et , Kadhafi modifie les termes des contrats passés avec les compagnies pétrolières. Il obtient une hausse des prix, impose un contrôle et une limitation de la production.
Octobre : invoquant des raisons économiques, le président de l’Ouganda Milton Obote fait expulser plus de Kényans de son pays. : début de la construction d’un chemin de fer de Tanzanie en Zambie (Tan-Zam) financé par la Chine communiste (fin en 1975).
: au cours d’une conférence de presse, le président ivoirien Houphouët-Boigny évoque la tenue d’une conférence au sommet des États africains pour envisager de pratiquer une politique de « dialogue » avec l’Afrique du Sud. : gouvernement Nouira en Tunisie. : débarquement en Guinée de 350 mercenaires dont 200 Portugais et une centaine d’opposants guinéens pour renverser le régime de Ahmed Sékou Touré ; l’opération échoue. : Félix Houphouët-Boigny est réélu président en Côte d’Ivoire.
: création de l’autorité pour le développement intégré de la région du Liptako-Gourma, organisation de coopération sous-régionale groupant la Haute-Volta, du Mali et le Niger, en vue de la mise en valeur des ressources de la région. : Moshoeshoe II, roi du Lesotho rentre d’exil et retrouve son trône, mais pas ses pouvoirs, dont l’essentiel a été transféré au Premier ministre. : état d’urgence en Érythrée.
Amérique
: le consul du Paraguay Joaquin Waldemar Sanchez est capturé en plein centre de Buenos Aires par des membres des Forces armées de libération, qui le relâchent cinq jours plus tard. : le conservateur Misael Pastrana, candidat du Front national, remporte l’élection présidentielle en Colombie face au candidat populiste, le général Gustavo Rojas Pinilla. Les partisans de Rojas Pinilla dénoncent une fraude. Le mécontentement populaire est à l’origine du Mouvement du 19 avril, un mouvement de guérilla urbaine fondé en 1974. vignette|Les obsèques du président Aramburu, exécuté par les Montoneros. Une guérilla urbaine contre la dictature apparaît en Argentine autour de trois mouvements : les Forces armées de libération (Fuerzas Armadas de Liberación), l’Armée révolutionnaire du peuple (Ejército Revolucionario del Pueblo, ERP), de tendance trotskiste, et les Montoneros, péronistes. , Argentine : des Montoneros (péronistes) enlèvent l’ancien président Aramburu, qui avait renversé Juan Perón en 1955 puis l’exécutent le après l’avoir traduit devant un tribunal révolutionnaire. : un tremblement de terre de magnitude 7,9 provoque à Ancash au Pérou.
: le général Roberto Marcelo Levingston est désigné par la junte président de l’Argentine (fin le ) pour remplacer le dictateur Juan Carlos Onganía. 1er juillet : le général Carlos Manuel Arana Osorio prend le pouvoir au Guatemala et dirige une sanglante répression contre les guérillas paysannes.
: Omar Torrijos promulgue la loi bancaire qui fait de Panama un centre financier d’importance internationale. vignette|gauche| : abrogation du traité Bryan-Chamorro. : abrogation du traité Bryan-Chamorro (effective le ). 29- : création en Argentine de l’Armée révolutionnaire du peuple (Ejército Revolucionario del Pueblo, ERP), au cours du cinquième congrès du Parti révolutionnaire des travailleurs (Partido Revolucionario de los Trabajadores), de tendance trotskiste, pour mener la guérilla urbaine contre la dictature. vignette|upright| : Salvador Allende remporte les élections. : Salvador Allende remporte les élections au Chili avec 36,3 % des voix, devant une droite divisée.
: enlèvement à Montréal de l’attaché commercial du Royaume-Uni James Richard Cross par le Front de libération du Québec, suivi le par celui du ministre provincial du travail Pierre Laporte, retrouvé mort sept jours plus tard ; début de la Crise d’Octobre au Québec (fin le ).
, Bolivie : le général Juan José Torres Gonzales arrive au pouvoir par un Coup d’État (fin en ). Il fait assumer aux militaires la responsabilité révolutionnaire du développement national. Comme son prédécesseur, il s’oppose au libéralisme de Barrientos, procède à des nationalisations (dont celle des biens de la Gulf Petroleum Company) et adopte des mesures favorables aux syndicats. Il rencontre l’opposition de l’oligarchie et les relations avec les États-Unis se dégradent, d’autant plus que le nationalisme d’Ovando et de Torres les pousse à se rapprocher de Cuba. vignette|gauche|Salvador Allende et son cabinet ministériel en 1970. : Salvador Allende entre en fonction comme président du Chili. Son gouvernement de coalition de l’Unité populaire (UP), composé de divers partis de gauche, engage immédiatement des réformes sociales importantes. Des relations diplomatiques sont rétablies avec Cuba (le jour même de l’investiture), la Chine, la RDA et le Nord Viêt Nam.
: début du mandat de Luis Echeverría, élu président de la république du Mexique le . Il poursuit une stratégie plus équilibrée de croissance économique et introduit des mesures destinées à réduire le contrôle de l’économie par les étrangers et à accroître les exportations. Les liens avec les États-Unis se relâchent et Echeverría négocie des accords économiques avec plusieurs pays d’Amérique latine, avec le Canada et la Communauté européenne ; il négocie également un accord avec le Conseil d’assistance économique mutuelle, parrainé par l’Union soviétique. : après quatre années d’emprisonnement, la Bolivie libère le Français Régis Debray, militant d’extrême gauche qui s’était engagé aux côtés du révolutionnaire marxiste Che Guevara. Normalien et auteur de Révolution dans la révolution, il avait été capturé le et condamné à trente ans de prison. : décision de la Communauté andine des Nations (Groupe de Carthagène). Adoption d’un régime commun du traitement des capitaux étrangers et des marques, brevets, licences et redevances. Il s’agit de contrôler les investissements étrangers, synonyme de domination capitaliste imposée de l’extérieur.
Asie et Pacifique : le chef de l’État du royaume du Cambodge, Norodom Sihanouk, qui n’est plus soutenu par l’Union soviétique et menacé par la CIA, se réfugie à Grasse, sur la Côte d’Azur française, officiellement pour raisons médicales.
: le Japon lance un satellite par ses propres moyens (Ōsumi).
: des manifestations à Phnom Penh contre la présence des communistes vietnamiens au Cambodge tournent à l’émeute ; les immeubles des ambassades du Nord-Viêt Nam et du Vietcong sont pillés. Sihanouk prend l’avion pour Moscou le et tente d’obtenir le retrait des troupes nord-vietnamiennes du Cambodge. vignette| - : Expo ’70. - , Japon : exposition universelle d’Osaka (Expo ’70), dont le thème est "Progrès et harmonie pour l'humanité". : sous la pression du prince Sirik Matak, le général Lon Nol, chef du gouvernement du Cambodge, renverse le roi Norodom Sihanouk, qui aussitôt se rend à Pékin à l’invitation de la Chine communiste.
: réfugié à Pékin, Norodom Sihanouk annonce la formation d’un « gouvernement en exil ». Il se range officiellement dans le camp du Nord-Viêt Nam au sein du FUNK (Front uni national du Kampuchéa) et appelle les Cambodgiens à lutter contre l’armée cambodgienne dissidente. : répondant à l’appel de Sihanouk, des milliers de paysans cambodgiens des provinces de l’est du Mékong convergent sur Phnom Penh ; ils sont massacrés le par les troupes du gouvernement de Lon Nol, alors que les forces vietcong et nord-vietnamiennes envahissent le Cambodge. En juin, ils contrôlent tout le nord-est, soit environ un tiers du pays.
: la république populaire de Chine lance un satellite par ses propres moyens (Dong Fang Hong I). vignette| : intervention américaine au Cambodge. : intervention américaine et sud-vietnamienne au Cambodge (jusqu’au ).
: Sirimavo Bandaranaike, veuve de Solomon Bandaranaike, prend la tête d’un gouvernement radical à Ceylan (fin en 1977).
: indépendance des Tonga vis-à-vis du Royaume-Uni. : le secrétaire général de l’ONU U Thant lance un appel pour la sauvegarde du temple et du sanctuaire d’Angkor, où se déroulent des combats. : reconduction du traité de sécurité entre les États-Unis et le Japon.
: retour aux provinces linguistiques au Pakistan occidental (Pendjab, Sind, province de la Frontière-du-Nord-Ouest et Baloutchistan.
, Malaisie : Abdul Razak élargit la coalition de l’Alliance au pouvoir (qui avait déjà intégré des partis du Sarawak et du Sabah) pour former un Front national, qui regroupe les principaux partis d’opposition au niveau fédéral et au niveau des États. Il annonce une nouvelle politique économique destinée à lutter contre la pauvreté et à améliorer la situation sociale des Malais. En , le régime parlementaire est restauré.
, Cambodge : proclamation de la République khmère. Ses chefs ne contrôlent que les villes avec l’aide des États-Unis. Les campagnes tombent aux mains des Khmers rouges. : indépendance des îles Fidji vis-à-vis du Royaume-Uni. Ratu Sir Kamisese Mara devient Premier ministre des Fidji. Le parti de l’Alliance (composé en majorité d’autochtones fidjiens), dirige l’île jusqu’en 1987.
8 - : le cyclone de Bhola fait de à au Pakistan oriental. : raid de Son Tay au Viêt Nam. Les forces spéciales américaines tentent de libérer des prisonniers américains de la prison de Son Tay au Nord Vietnam à partir de la Thaïlande.