Annie Philippe, née le à Paris, est une chanteuse française. Artiste à la voix acidulée, elle a eu son heure de gloire dans la deuxième moitié des années 1960, aux côtés des chanteuses yéyé Sheila, Sylvie Vartan, Françoise Hardy et France Gall. Les chansons Baby Love (1965) et J'ai tant de peine (1965) la firent connaître, mais le tube Ticket de quai (1966) la haussa au pinacle avec plus d'un million de disques vendus.

Biographie Enfance Annie Philippe naît le dans le de Paris. Elle grandit dans une famille très modeste habitant le quartier de Ménilmontant.

Comme elle rêve de devenir danseuse, son père l'inscrit aux cours de danse donnés par le chorégraphe Louis Orlandi au théâtre du Châtelet. Élève douée, elle a l'occasion d'être petit rat de remplacement dans le corps de balletAnnie Philippe, avec la collaboration de Dominique Besnehard et Bernard Fillaire, J'aurais pu être la marquise des anges, Cherche Midi, , 190 pages, livre électronique Google, n. p..

Découverte Alors qu'elle est disc-jockey au Twenty One, une boîte de nuit de la rue Balzac dans le 8, Annie Philippe est découverte par Paul Mauriat, un chef d'orchestre à la modeLaurent Abrial, Fabien Lecœuvre, Petites histoires des grandes chansons: Volume 2, Éditions du Rocher, 2017, 304 pages, version électronique Google, n. p.. À la suite d'une audition où elle chante des titres de Leny Escudero, Marie Laforêt et France Gall, Paul Mauriat lui trouve des capacités artistiquesAnnie Philippe, sur passionchanson.net. tout en lui conseillant de prendre des cours de chant.

En 1965, elle enregistre chez Riviera, une sous-marque de Barclay, son premier 45 tours, Vous pouvez me dire, comportant également une version de Love me Tender d'Elvis Presley (1956). Son second , Baby Love, reprise du tube du groupe féminin américain Supremes, et le troisième, avec une composition de Guy Marchand, J'ai tant de peine, font connaître la jeune chanteuse à la voix acidulée.

Des premiers succès à la consécration Au printemps 1966, elle interprète Ticket de quai, du compositeur Christian Sarrel et du parolier André Pascal, chanson sur le thème d'une séparation sur un quai de gare, destinée à l'origine à Richard Anthony mais refusée par celui-ci qui ne voulait pas d'un deuxième J'entends siffler le train, son tube de 1962En découvrant le thème de la chanson, le chanteur se serait écrié : « Je ne veux pas devenir le chanteur attitré de la SNCF ! », cf. Fabien Lecœuvre, 1001 histoires secrètes de chansons, Éditions du Rocher, 2017, 608 pages, rubrique Ticket de quai, livre électronique Google, n. p.. Proposé par Paul Mauriat à Annie Philippe, Ticket de quai fait un tabac auprès des jeunes couples séparés par le service militaire, encore obligatoire à l'époque. Il s'en vend plus d'un million d'exemplaires chez les disquairesDominique Besnehard, Le destin peu commun d’une vedette du petit écran : Annie Philippe, franceinter.fr, 18 mars 2018..

Cette même année, elle figure sur la « photo du siècle » regroupant françaises du « yéyé » le Bertrand Guyard, Annie Philippe, ex-amour de Claude François pas tendre avec Sylvie ou Sheila, lefigaro.fr20, section Culture, 20 avril 2017.. Elle dira plus tard que si la bonne humeur semble régner à en croire la photo, en réalité ce fut plutôt Annie Philippe : la chanteuse des yé-yés balance sur Sheila, Sylvie Vartan et les autres, Voici, 19 avril 2017.. À l'occasion de cette photo, elle fait la connaissance du chanteur Claude François, à l'époque en couple avec France Gall, qu'elle remplacera pendant quelques moisThierry Cadet, Annie Philippe : "Il ne fallait surtout pas dépendre de Claude François", sur melody.tv, 12 janvier 2018 : .

Entre 1966 et 1968, elle enregistre une cinquantaine de titres. Les succès s'enchaînent avec des chansons taillées sur mesure : Sœur Angélique, Cause donc toujours, Pas de taxi, C'est la mode, Pour qui pour quoi, Mes amis mes copains, Pour la gloire, Le temps des poupées, et Le mannequin, son deuxième plus gros succès, écrit aussi par André Pascal. À la différence des autres yéyés, elle fait peu d'adaptations, leur préférant des compositions originales (par Guy Marchand, Guy Béart, Alain Bashung, Jacques Revaux, etc.).

Elle passe à de nombreuses reprises à la télévision dans Âge tendre et tête de bois d'Albert Raisner (1965-1968) et dans le Palmarès des chansons de Guy Lux (1961-1965). La presse pour midinettes, comme Mademoiselle âge tendre, lui consacre souvent sa Une. En raison de sa voix, son débit et ses thèmes, elle est érigée en rivale de France Gall sur les ondes Gall, ma grande rivale ! , propos recueillis par Stéphane Eschenlohr, Ici Paris, hors série, Il était une fois les années yé-yé !, nouvelle édition, No 17, juin 2017.Albert Potiron, Annie Philippe, la rivale de France Gall, Gonzaï, 11 janvier 2018. Richie Unterberger, Annie Philippe Biography, Songs, & Albums, sur allmusic.com, sans date : ..

Lassitude et retrait En 1968, elle rentre dans l'écurie des disques Flèche, la maison de production de Claude François.

Cependant, le succès de ses chansons (Le même amour en 1968, Je découvre tout en 1969 et Je suis à toi en 1971) décline régulièrement. Après avoir fait de nombreuses tournées, notamment avec Claude François, elle se met quelque peu en retrait de son métier et .

En 1969, on la voit faire de la figuration dans le scopitone d'Adieu jolie Candy de Jean-François Michaël.

Dans les années 1970, elle fait peu parler d'elle, si ce n'est pour son apparition dans le numéro de du magazine Lui, où elle pose entièrement nue.

En 1975, elle rejoint le groupe Electrogène pour la chanson Je tu il nous vous les autres. Elle reprend ensuite son nom avec Comme je t’aime en 1976 et Appelle Jack en 1978.

Années 1980 et 1990 En , les Forbans lui proposent de faire la première partie de leur spectacle à l'Olympia.

Au printemps 1988, Jean-Paul Belmondo fait appel à elle pour jouer à ses côtés dans le film Itinéraire d'un enfant gâté de Claude Lelouch.

Dans la décennie 1990, elle refait de la télévision, apparaissant dans La Chance aux Chansons de Pascal Sevran, où elle interprète ses anciens succès.

En 1999, elle se rappelle au souvenir de ses admirateurs par une compilation sur CD de ses plus grands succès.

Années 2000 et suivantes En 2001, Annie Philippe retrouve Frank Alamo sur le plateau de Pascal Sevran lors de l’émission de célébration des quinze ans de La Chance aux Chansons. À la suite de cette émission télévisée, Frank Alamo, qui a lui aussi arrêté de chanter, décide de remonter sur scène et propose à Annie d'assurer la première partie de ses spectacles.

En 2006 et 2007, Annie et Frank se produisent dans des galas à travers la France. La tournée Âge tendre et Têtes de bois leur permet de rencontrer à nouveau leur public.

Dans les années 2010, Annie Philippe se produit régulièrement dans les soirées Jukebox au Petit Journal Montparnasse, un restaurant et club de jazz parisien, ainsi qu'au moulin de Dannemois, l'ancienne propriété de Claude François, devenue musée consacré au chanteur.

Devenue autrice-compositrice, elle sort en le single Versets de l'amour (cinq mixes), disponible sur les plates-formes de téléchargement légal et accompagné d'une vidéo.

En 2013, une photo de la chanteuse à ses débuts est choisie pour orner la couverture du livre Yé-Yé girls of '60s French Pop publié par le journaliste Jean-Michel Deluxe..

Le , invitée à l'émission télévisée Chez Jordan de Luxe, elle témoigne de sa situation financière devenue catastrophique depuis sa séparation d'avec Cyrille Guimard et lance un appel à l'aide"On ne m'a pas déclaré" : la chanteuse yéyé Annie Philippe (77 ans) affirme toucher une retraite à deux chiffres, pleinevie.fr, 3 avril 2024..

Autobiographie En 2017, elle publie au Cherche Midi son autobiographie, J'aurais pu être la marquise des anges, préfacée par Dominique Besnehard. Ce titre, qui est une allusion à l'héroïne blonde du film de Bernard Borderie, Angélique, marquise des anges, sorti en 1964, est venu à l'idée du préfacier en écoutant la chanteuse lui faire le récit de sa vie : .

Dans ses mémoires, Annie Philippe décrit un monde du spectacle peu reluisant, dont elle égratigne, non sans quelque amertume, certaines gloires de l'époque, Sheila, Sylvie Vartan, Michel Berger et Claude François. En raison de son mariage avec un truand, les célébrités féminines évitent celle qu'on nomme . À sa réputation sulfureuse, s'ajoutent son franc-parler et ses tenues très peu austères.

Vie privée Mariée à Izi Spieghel, truand et patron de la boîte de nuit Le Twenty One, elle réussit à se détacher de son emprise pendant quelques mois en 1967 pour une liaison avec Claude François, lequel toutefois ne fait rien pour la retenir lorsque son époux vient la chercher. Elle en voudra beaucoup au chanteur.

Elle sera aussi l'épouse du malfrat René Juillet (exécuté par le milieu en 1980), ainsi que du cycliste et directeur sportif Cyrille GuimardCyrille Guimard ou l'art de bousculer les idées reçues, france.fr, 19 juin 2013 : ..

Discographie Super 45 tours 1965 : N°1 : Vous pouvez me dire (He don’t want your love anymore) (T. Miller - P. Ford - H. Dawson / André Salvet - Claude Carrère) / Une rose (Love me tender) (Elvis Presley - Vera Matson / Yzi Spighel) / Qu’il le dise (Till he tells me) (R. Gordon / Frank Gérald) / Je chante et je danse (Pascal Groffe / André Salvet), Riviera / CED (231046) 1965 : Baby love (Baby love) (Ralph Bernet / Eddie Holland - Brian Holland - Lamont Dozier) / J’ai raté mon bac (Jacques Pezet - Gil Caraman / Jean-Michel Arnaud) / Tout finit à St-Tropez (Guy Béart) / C’est loin Domani (Forget Domani) (du film La Rolls-Royce jaune) (Hubert Ithier / Riz Ortolani), Riviera / CED (231083) 1965 : J’ai tant de peine (Guy Marchand) / Lui (Jacques Revaux / Ralph Bernet) / Trois petits tambours (Private John Q) (Roger Miller - Roger Berthier) / Le souffleur de verre (Georges Blaness / Michel Rivgauche), Riviera / CED (231111) 1965 : Ticket de quai (André Pascal / Christian Sarrel) / On m’a toujours dit (Jean-Claude Hayer / Marcel Hurten) / Tu ne comprends rien aux filles (Roger Berthier / Eddie Barclay) / Quand l’amour est à deux pas (Jacques Chaumelle / Bernard Kesslair), Riviera / CED (231156), Réédition 2006, CD 4 titres, Magic Records 1966 : Mes amis, mes copains (Jean Leccia / André Pascal) / Cause donc toujours (Raymond Bernard / Jean Peigné) / Pour qui, pour quoi ? (Tony Cucchiara / André Pascal) / Tchakaboum (Mon cœur fait tchakaboum) (Georges Liferman - Daniel White / Jacques Plait), Philips (437.237 BE) 1966 : C’est la mode (Jean-Pierre Morlane / Pierre Saka) / Ça fait pleurer (Paul Mauriat / André Pascal) / Sœur Angélique (Georges Liferman / Michel Rivgauche) / Le temps des poupées (Jacques Revaux / Gérard Melet), Philips (437.276 BE) 1967 : Tu peux partir où tu voudras (Go where you wanna go) (P. F. Sloan - Steve Barri / Billy Nencioli) / Pas de taxi (Georges Blaness / Jean Schmitt) / Le mannequin (Paul Mauriat / André Pascal) / Sensationnel Jeffry (Florence Véran / Raymond Bravard), Philips (437.307 BE) 1967 : Lettre pour Annie (Christian Gaubert / Annie Philippe) / De ce côté de la rivière (She’s coming to me) (T. O’Brien - T. Sprinfield / Roger Berthier) / Cœur brisé, cœur en fête (Christian Gaubert / Pierre-André Dousset) / Pour la gloire (Jean-Pierre Morlane / Pierre Saka), Philips (437.344 BE) 1967 : Les enfants de Finlande (Frédéric Botton) / Plus rien (Guy Magenta / Yzi Spighel) / Quarante maringouins (Alain Bashung / Gilles Thibaut) / Mon ange blond (Léo Clarens / Yzi Spighel), Philips (437.386 BE) 1968 : Une petite croix (Alain Bashung / Pierre-André Dousset) / Laisse-nous tranquilles (Jean-Pierre Morlane / Yzi Spighel) / Bonjour, bonsoir et au revoir (Christian Padovan - Gérard Kawczynski / Pierre-André Dousset) / Le flingue (Frédéric Botton), Philips (437.433 BE)