Avec le fleuve Congo dont le bassin versant incorpore de manière assez étroite la totalité du pays - un débit moyen de /s (/an), et des précipitations abondantes et régulières, la république démocratique du Congo (RDC) n'est pas dépourvue d'eau. Les eaux de surface de la RDC représentent environ 52 pour cent des réserves en eau de l’Afrique. Cependant, l’abondance en eau contraste nettement avec l’approvisionnement effectif, estimé en 2000 à seulement par individu par an lorsque la quantité d’eau disponible par individu est estimée à (2008). L’utilisation d’eau en république démocratique du Congo (RDC) est par habitant considérablement plus faible que celle de plusieurs pays arides du Sahel faisant face à un problème de pénurie physique d’eauProgramme des Nations unies pour l'environnement. Problématique de l’Eau en République Démocratique du Congo Défis et Opportunités. 2011. sur postconflict.unep.ch..

Les prélèvements en eau douce vont principalement à un usage domestique (52 %), le secteur agricole, bénéficiant de précipitations abondantes, a recours à une agriculture pluviale et ne nécessite que très peu de prélèvements supplémentaires en eau pour l'irrigation (32 %), les prélèvements à destination de l'industrie sont faibles (16 %), le taux d'exploitation des ressources renouvelables en eau est bas (0,04 %). En 2000, FAO Aquastat a estimé que les prélèvements totaux d’eau s’élevaient à pour cette année. À titre de comparaison, c'est un dixième de la quantité d'eau prélevée sur la même période par la seule centrale nucléaire de Saint-Alban en France ()Ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer, chargé des relations internationales sur le climat. Les prélèvements d’eau douce en France: les grands usages en 2013 et leur évolution depuis 20 ans. ou 1 % des prélèvements en eau de la France (33 milliards de m3 pour la France métropolitaineMinistère de la Transition écologique et solidaire Les prélèvements d’eau par usage et par ressource sur statistiques.developpement-durable.gouv.fr.).

Malgré l’abondance des eaux de surface, la grande majorité de la population congolaise dépend des nappes phréatiques et des sources pour s’approvisionner en eau potable. On estime que les nappes phréatiques représentent presque 47 pour cent ( /an) des ressources hydriques renouvelables de la RDC. L'aquifère du bassin du Congo fait partie des 37 plus grands aquifères du monde, a dépassé son seuil de durabilité et est en déplétionStudy: Third of Big Groundwater Basins in Distress sur nasa.gov.New NASA data show how the world is running out of water sur washingtonpost.com..

Ressources en eau douce et approvisionnement en eau vignette|Vue aérienne du fleuve Congo. vignette|Bassin versant du fleuve Congo.

La république démocratique du Congo est le pays le plus riche en eau d'Afrique. Il représente environ 52 % des réserves d'eau de surface de l'Afrique et 23 % des ressources en eau renouvelables intérieures de l'Afrique. Les ressources internes en eau douce renouvelables par habitant ont été estimées à /personne/an en 2008, quand la moyenne mondiale de consommation d’eau est /individu/an. Cette valeur est nettement supérieure à la limite de suffisance en eau reconnue internationalement de /personne/an.

La république démocratique du Congo a des précipitations annuelle moyenne d'environ /an., variant dans l'espace et le temps (800-/an). De plus, la république démocratique du Congo possède une autonomie d'eau considérable puisque 70 % de ses ressources en eau renouvelables sont générées en interne par les précipitations. L'abondance des ressources en eau en RDC est liée à la vaste couverture forestière qui s'étend sur millions d'hectares.

Les ressources en eaux de surface de la république démocratique du Congo sont dominées par le fleuve Congo et ses affluents. Avec un débit moyen d'environ /s, le fleuve Congo a le deuxième plus grand débit au monde. Le bassin du fleuve Congo représente 98 % de la superficie du pays et fournit au pays l'un des plus vastes réseaux fluviaux au monde. La qualité des eaux de surface est généralement très bonne, à l'exception des points chauds de pollution localisés dans les centres urbains et à proximité des exploitations minières. La qualité élevée de l'eau résulte principalement de la forte capacité de dilution du réseau hydrographique, de la faible densité de population et de la prédominance des activités humaines appartenant au type de subsistance, avec un impact minime sur l'environnement.

Les rivières et les lacs représentent environ 3,5 % de la superficie de la république démocratique du Congo.

On estime que les eaux souterraines représentent environ 47 % des ressources en eau renouvelables internes de la république démocratique du Congo. Les sources situées dans les forêts denses constituent la principale source d'approvisionnement en eau pour la majorité de la population. Cependant, les informations sur l'étendue et la qualité des ressources en eaux souterraines et des sources en république démocratique du Congo sont rares. De simples sources captées sont couramment utilisés pour l'approvisionnement en eau dans les villages dispersés et les zones périurbaines. L'approvisionnement en eau à grande échelle à partir des sources à travers les réseaux de distribution est utilisé dans de nombreuses villes, y compris Beni, Bunia, Lisala, Lubumbashi, Kisangani et Mbuji-Mayi. L'approvisionnement en eau des puits forés en profondeur est limité à un faible pourcentage de la population. La plupart des quelque puits ont été construits entre les années 1960 et 1990 et ont des rendements compris entre 15 et /h. Les puits de pompage manuels et mécaniques et les puits creusés représentent environ 10 % de l'approvisionnement en eau potable.

En 2015, environ 1 million de personnes n'avaient toujours pas accès à de l'eau « améliorée ». En 2015, 76 % de la population avait accès à une source d'eau «améliorée», respectivement 96 % et 40 % dans les zones urbaines et rurales.WHO/UNICEF Joint Monitoring Programme for Water Supply and Sanitation..

Utilisation de l'eau Les prélèvements d'eau par personne ont été estimés à /personne/an en 2014, ce qui indique un faible niveau de mobilisation des ressources en eau (moins de 1 pour cent).. La consommation d'eau par habitant en république démocratique du Congo est considérablement inférieure à celle de nombreux pays arides du Sahel, qui connaissent un problème physique de pénurie d'eau. L'eau est principalement utilisée à des fins domestiques, représentant 52 % du total des prélèvements d'eau en république démocratique du Congo. L'agriculture (agriculture pluviale essentiellement, mais aussi irrigation) représente 32 % du total des prélèvements d'eau, suivie par l'industrie avec 16 %. La pêche, la production d'hydroélectricité et la navigation sont d'autres utilisations importantes de l'eau en RDC, qui ne sont généralement pas incluses dans les statistiques sur l'utilisation de l'eau.

Le prélèvement d'eau en république démocratique du Congo devrait augmenter de manière significative d'ici 2025. L'utilisation domestique, l'agriculture et l'industrie devraient augmenter respectivement de 470 %, 375 % et 225 %. Cependant, la consommation d'eau d'ici 2025 ne représenterait encore que 0,16 % des ressources en eau douce renouvelables de la république démocratique du Congo.

Crise de l'eau en république démocratique du Congo vignette|Congo River - source d'eau potable, mais aussi menace pour la santé publique. Bien que la république démocratique du Congo (RDC) dispose des plus grandes ressources en eau douce d'Afrique, elle souffre d'une grave crise d'approvisionnement en eau potable. Le pays a l'un des taux d'accès à l'eau potable les plus faibles de l'Afrique subsaharienne. Seulement 46 % de la population avait accès à une source d'eau potable améliorée en 2012. En outre, la couverture de l'assainissement était estimée à seulement 31 % en 2012.. Les informations actualisées et précises sur les services d'approvisionnement en eau et d'assainissement en RDC sont rares. En raison des services d'approvisionnement en eau et d'assainissement inadéquats, de nombreux habitants souffrent de maladies d'origine hydrique, notamment la diarrhée, la typhoïde et  choléra.

La crise actuelle de l’eau résulte de la dégradation de l'infrastructure hydraulique due au sous-investissement dans le secteur de l'eau et à la destruction liée aux conflits, ainsi que de la croissance rapide de la population, estimée à 4 % dans les zones urbaines et à 2,5 % dans les zones rurales par la Banque mondiale en 2009.. Dans l'ensemble, le secteur de l'approvisionnement en eau et de l'assainissement de la RDC se caractérise par plusieurs juridictions institutionnelles qui se chevauchent et se contredisent. Par conséquent, la crise de l'eau en RDC peut être considérée comme un problème de pénurie d'eau économique, entravant le développement du pays. L'article 48 de la Constitution de 2006 de la RDC reconnaît le droit humain à l'eau.. La réhabilitation et le développement du secteur de l’eau est une priorité à laquelle le gouvernement national s’est engagé dans les stratégies de croissance et de réduction de la pauvreté et à laquelle il a adhéré dans le cadre international des Objectifs du millénaire pour le développement..

Structure du secteur de l'eau Le développement et la réhabilitation du secteur de l'eau sont une priorité pour laquelle le gouvernement national s'est engagé dans les documents de stratégie pour la croissance et la réduction de la pauvreté (DSCRP I et DSCRP II) et dans le cadre international des Objectifs du Millénaire pour le développement. La gouvernance du secteur de l'eau en RDC est structurellement faible et caractérisée par des mandats institutionnels qui se chevauchent et se contredisent. La capacité de mise en œuvre est le principal facteur limitant du développement dans le secteur de l'eau. Des flux d'aide importants ont été mobilisés pour la réhabilitation des infrastructures d'approvisionnement en eau, mais en raison de dysfonctionnements institutionnels et administratifs, de faibles capacités et d'infrastructures de soutien, de logistique et de services économiques, l'utilisation des fonds a été considérablement ralentie. Dans les projets publics, l'utilisation des investissements est généralement inférieure à 50 %. En outre, d’autres investissements financiers sont nécessaires pour une réforme globale du secteur de l’eau.

Cadre institutionnel La gestion du secteur de l'eau en république démocratique du Congo est répartie entre plusieurs ministères et organisations. Le Ministère de la planification est responsable de l’élaboration et du suivi des stratégies de croissance et de réduction de la pauvreté définies. Sous l'autorité du Comité national de l'eau et de l'assainissement (CNAEA), il est chargé de l'élaboration et du suivi des politiques, de la coordination des ministères et de la coopération avec les partenaires de développement du secteur de l'eau.. La coopération étatique REGIDESO est chargée de fournir des services d'approvisionnement en eau dans les zones urbaines. Elle opère sous la supervision administrative et financière du ministère des finances et sous la supervision technique du ministère de l'énergie. Le service national des eaux usées rurales, SNHR, relève du ministère du Développement rural et est responsable du développement des services d'approvisionnement en eau potable en zones rurales et périurbaines. Le ministère de la Santé publique est également impliqué dans le secteur de l'eau en milieu rural à travers les programmes Villages Assainis et Écoles Assainies, soutenus par l'UNICEF et conçus pour impliquer les communautés rurales dans le développement de services améliorés d'eau potable et d'assainissement..

Assistance internationale et ONG