La cathédrale Saint-Étienne de Toul est un édifice de style gothique remarquable par sa façade occidentale, chef-d'œuvre du gothique flamboyant, et par son cloître gothique, le deuxième plus grand de ce style en France, et deux chapelles Renaissance. C'est, avec Notre-Dame-de-l'Annonciation de Nancy, l'une des deux cathédrales du diocèse de Nancy-Toul.
Architecture Les tours de la façade mesurent de hauthttp://www.ot-toul.fr/PDF/CATHEDRALE-F-03.pdf, la nef, de long pour une hauteur de voûte de ( avant rehaussement du dallage) et le transept de large.
Malgré une construction sur plus de trois siècles, l'édifice (hors façade) présente une grande homogénéité de style. Le voit l'édification du chœur, du transept, de la dernière travée de la nef et de la première travée de la galerie est du cloître. Un élément remarquable lors de la construction du transept est la création de verrières surmontées de roses qui ouvrent le mur du transept sur la majeure partie de sa hauteur.
Cet effet de mur vitré sera repris à la cathédrale de Metz lors de la création de la façade occidentale, un siècle plus tard ainsi qu'au lors de la reconstruction du transept tout comme à la basilique Saint-Vincent de Metz.Au , les quatre travées suivantes de la nef sont construites. Au , la magnifique façade de style gothique flamboyant est construite ainsi que les deux premières travées de la nef. Au , deux chapelles Renaissance sont ajoutées à l'avant des collatéraux nord et sud de la nef, la chapelle de Tous-les-Saints, devenue la sépulture de Jean Forget, chapelain et chantre du chapitre des chanoines, et la chapelle des Évêques avec sa voûte plate à caissons, supportée par de simples arcs surbaissés - fermée depuis cinquante ans, en attente de restauration.
La Convention nationale en 1794 impose la destruction des personnages sculptés de la façade (heureusement certains seront sauvés et depuis exposés au Musée de Toul). Un bombardement en 1870 détruit les vitraux Renaissance du chœur. Un bombardement lors de la Seconde Guerre mondiale anéantit la toiture et l'orgue. Une importante campagne de restauration commence dans les années 1980. vignette|Plan du groupe cathédral au début du .
D'une manière générale la cathédrale est une synthèse de l'influence de la cathédrale de Verdun pour la conception du chœur sur crypte et flanqué de tours et de Reims pour la façade « à la française » dont est également reprise l'idée des tympans vitrés des trois portails.
Une école touloise Alain Villes dans son ouvrage sur la cathédrale de Toul définit les prémices d'une école touloise qui crée le modèle gothique du qui sera en grande partie repris en terres d'empire notamment via l'église Notre-Dame de Trèves ou l'église des franciscains de Cologne, la collégiale de Wimpfen-im-Tal…
Le chevet lorrain thumb|Le chevet harmonique dit « lorrain » de la cathédrale. Deux tours d'aspect inachevé encadrent le chœur ce qui traduit une influence héritée probablement de la cathédrale romane (l'une des tours s'était effondrée peu après sa construction, mais elles étaient coiffées de flèches ajourées gothiques). On retrouve ce plan roman-rhénan sur d'autres édifices religieux lorrains, champenois et rhénans. Ce type de chevet d'influence rhénane est surnommé « chevet lorrain », dont celui de Toul est l'archétype.
D'autres caractéristiques Une autre influence touloise apparaît lors de l'édification de la vaste façade de style gothique flamboyant. Si la décoration des tours de la cathédrale est probablement inspirée de celles de l'église Saint-Martin de Pont-à-Mousson, le style des clochers et a définitivement influencé l'architecture de la collégiale Saint-Gengoult de Toul, dont le chantier fut contemporain de la cathédrale ainsi que plus tardivement en l'église Saint-Léon de Nancy de style néo-gothique.
La structure globale de la façade de structure « à la rémoise » mais dans un style flamboyant de la façade de style français, cette façade fera également des émules. L'influence la plus nette se retrouve sur la façade de la basilique de Saint-Nicolas-de-Port, même si les lignes annoncent déjà la Renaissance, tandis que les portails de la basilique Notre-Dame de l'Épine reprennent la structure avec gâble présentant un Christ en Croix au-dessus du portail principal de Toul.
Une influence sur l'architecture de la région La cathédrale de Toul est le premier chantier gothique commencé en terre d'Empire et, de ce fait, a évidemment influencé de nombreux édifices du Saint-Empire, en commençant par la Lorraine et même en Champagne : L'abbatiale Saint-Vincent de Metz dont le plan entier est très proche de celui de Toul, quoique de moindre envergure ; La collégiale Saint-Gengoult de Toul, dont le chantier fut contemporain de la cathédrale, Le chœur de Notre-Dame-la-Ronde (incluse ensuite en la Cathédrale de Metz) suit le plan du chevet de Toul, mais dépourvu de tours cette fois Il en est de même pour l'église Sainte-Ségolène de Metz qui reprend globalement le plan de la cathédrale sans les tours du chevet, ou encore la basilique Saint-Maurice d'Épinal. Toutes deux adaptent le modèle des chapelles latérales au chœur et ouvrant sur le transept. L'élévation à hautes lancettes, sans déambulatoire est également de règle à l'abbatiale de Wissembourg.
La chapelle des Évêques La sublime chapelle des Évêques est une étonnante chapelle Renaissance dont le plafond unique, en voûte plate, ne contient aucune structure de maintien.. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la chapelle attend une restauration et sa réouverture au public..
Histoire La cathédrale fut probablement construite à l'emplacement d'un temple romain vraisemblablement détruit lors du passage des Huns. Réédifié à plusieurs périodes, l'édifice actuel, en large partie contemporain de la cathédrale de Reims est la sixième cathédrale édifiée à Toul.
Le groupe cathédral vignette|upright=1.2|Simulation 3D du chevet de la cathédrale de Toul au XVIe siècle : hypothèse des flèches maçonnées et ajouréesMGS 3D (Maxime Santiago) & ville de Toul.
La première cathédrale, dédiée à saint Étienne et Notre-Dame, est édifiée dans la seconde moitié du . Le groupe épiscopal comprend à l’origine trois églises, l’une consacrée à la Vierge Marie, la deuxième à saint Étienne et la troisième, qui servait de baptistère, à saint Jean-Baptiste. Édifiée au nord-est de la ville romaine, la cathédrale est encore bordée d'une partie du mur médiéval sur son flanc Nord.
La cathédrale romane Entre 963 et 967, l'évêque Gérard de Toul fait entreprendre la construction d'une cathédrale romane sur l'emplacement des trois basiliques du qui ne formeront plus qu'un seul édifice. Aux et la cathédrale subit diverses reconstructions avec probablement établissement d'un plan roman-rhénan (chœur flanqué de tours...).
La reconstruction gothique vignette|Vue sur le chœur de la cathédrale de Toul (premier tiers du ) et ses chapelles attenantes. La construction de l'édifice que nous pouvons contempler actuellement s'étale sur trois siècles. Elle débute probablement avant 1220, avec plusieurs phases de construction plutôt rapides et d'arrêts assez longs liés à la vie de la cité épiscopale, pour finalement s'achever en 1497 par la façade flamboyante, la cathédrale romane étant détruite petit à petit pour laisser place à l'élévation gothique.
Le chœur (1210-1235) Le gros-œuvre du chantier débute par le chœur, flanqué de deux tours de chevet dites « harmoniques », adaptation du plan-type de l’église gothique avec la tradition romane de l'ancien édifice (comme à la cathédrale de Verdun). Ce premier chantier est entrepris rapidement après le début des travaux de reconstruction gothique de la cathédrale de Reims, le chantier de Toul reprend en effet la structure de la chapelle axiale de Reims de manière plus vaste et monumentale. Le chevet de Toul débute donc entre 1207 et 1221, avant ou pendant l'épiscopat de l'évêque Eudes II de Sorcy (1219-1228).
Le chœur est achevé rapidement, dès 1235, et se compose d'un chœur à sept pans encadré de deux tours harmoniques ouvertes en chapelles surmontées de tribunes.
Le vaste transept (1275-1297) La construction du vaste et audacieux transept, dont le volume est remarquable ( de longueur sur de largeur avec initialement sous voûte), ainsi que de la dernière travée de la nef, nécessaire à la stabilité de l'ensemble commence vers 1275 pour s'achever rapidement, vers 1297. Dès l'achèvement du transept, le nouveau chœur des chanoines est mis en place en son centre. En contrebas du transept sont probablement édifiés le portail du cloître et les premières travées attenantes.
La nef (1331-1400) thumb|upright|Vue sur la lumineuse nef et le revers de la façade. Les cinq dernières travées précédentes de la nef sont édifiées de 1331 à 1400, en parallèle avec la destruction progressive de la nef romane. Fait étonnant, le plan établi sur la travée stabilisant le chœur est scrupuleusement respecté durant un siècle, l'unique modification notoire est l'ajout de chapelles ouvrant sur les bas-côtés. Le cloître est également réédifié en style gothique par Pierre Perrat (mort en 1400) d'après le modèle des travées édifiées en contrebas du transept, établissant ainsi l'un des plus vastes cloîtres gothiques de France.
Entre 1400 et 1460, les travaux sont totalement interrompus du fait de la guerre entre le duc de Bourgogne et le duc de Lorraine.
L'achèvement flamboyant La façade harmonique (1460-1497) vignette|upright|Façade harmonique flamboyante. En 1460, le chapitre de la cathédrale s'étant adressé au pape et au roi de France, il reçoit du pape Sixte IV un don de , et du roi Louis XI qui permettent la reprise des travaux. La construction d'une partie de la façade, jusqu'au niveau de la rosace, et de la première travée de la nef est entreprise par Jacquemin de Lenoncourt. On démolit le massif occidental de la cathédrale romane du . La façade gothique est aux armes de Warry de Dommartin, évêque de Verdun, et de René II de Lorraine.Les seconde et troisième travées de la nef sont achevées dans le style gothique flamboyant. Suit le raccord entre la façade construite à partir de 1460 et la quatrième travée de la nef achevée à la fin du . Le , le chapitre de Toul commande à Tristan de Hattonchâtel le dessin de la façade occidentale en se réservant le droit de la faire construire par l'architecte de son choix. En 1496, la construction du portail occidental de la cathédrale est complétée par le couronnement fleurdelisé des deux tours de style gothique flamboyant ; en 1497 sonnent les premières cloches dans la tour Nord.
Chapelles et aménagements intérieurs thumb|La chapelle Jean-Forget. Entre la fin du et le début du , l'autel des reliques est édifié dans le collatéral sud. De style composite, il combine avec harmonie le style gothique flamboyant et le style renaissant. Il est orné des armes des mécènes, Nicolas le Sane, chanoine de la cathédrale de Toul et archidiacre de Port, encadré par les armes des évêques de Toul et du blason du chapitre canonial de Toul. 1503 voit la réalisation par un certain I.V. (Jehan le Verrier ?) de la verrière du Couronnement de la Vierge, dans le croisillon nord du transept de la cathédraleLAMARQUE (Vincent), « Les vitraux du dans le Toulois », in Études touloises, Toul, 2006, , .. Il est orné des armes des mécènes, le blason de Nicolas le Sane, le blason du cardinal Raymond Perrauld, évêque de Gurk et administrateur apostolique du diocèse de Toul, le blason des évêques de Toul ainsi que le blason du chapitre canonial de Toul.
Apports Renaissance et baroque thumb|upright|Chapelle des Évêques (édifiée après 1533).