Libreville est la capitale politique et administrative du Gabon.

Avec estimés en 2025, elle est la plus grande ville du pays et représente à elle seule près de la moitié de la population du pays, évaluée dans sa totalité à environ en 2024.

Géographie Situation vignette|250x250px|Immeubles du quartier des assurances de Libreville. Libreville est située sur la côte nord-ouest du pays, devant l'océan Atlantique à l'ouest, sur la rive droite de l'estuaire du Gabon, qui baigne sa périphérie sud, embouchure du fleuve Komo dans le golfe de Guinée. Au nord, forêt et mangrove occupent un vaste espace quasi-inhabité, qui s'étend jusqu'au parc national d'Akanda.

Relief Le relief sur lequel Libreville prend place est accidenté, parsemé de multiples collines et de vallons traversés par des cours d'eau plus ou moins importants qui se jettent dans l'estuaire du Gabon. Les plus connus de ces affluents sont l'Arambo, la Nomba et le Batavéa.

À l'origine, Libreville est établie sur une bordure côtière qui s'enfonce à plus de dans les terres. Même si la mangrove ne recouvre qu'à peine 2 % de sa superficie au sud (dans la région du pont Nomba), la capitale gabonaise subit régulièrement de grandes inondations, surtout lors de la saison des pluies.

Libreville est également entourée d'une immense forêt, dont le prolongement est parfois visible dans certains quartiers de la capitale, comme à Sibang, Ondôk ou Mindoubé. C'est le cas au nord de la capitale, dont la forêt classée Mondah s'étend au-delà de la périphérie nord, sur la route du cap Estérias, jusque dans le domaine des palétuviers.

vignette|centre|300px|Libreville vue de la région du cap au Gabon. La côte atlantique qui s'étend du nord au sud de la capitale est jalonnée de plages de sable.

Climat Libreville est soumis à un climat tropical de mousson (Köppen: Am, Trewartha: Amaa) avec une saison sèche de juin à août et une longue saison humide de septembre à mai à cause du Courant Benguela.

Histoire vignette|Congo Français.« Five o'clock à Libreville ». thumb|right|Entrée de Libreville en 1899. Origines Le site de l'actuelle Libreville est découvert en 1472 par des navigateurs portugais.

La forme de caban marin auquel peut faire songer la région de Libreville donne l'idée à ceux-ci de la nommer par la traduction gabão de ce mot dans leur langue. Plus tard ce nom désignera le pays entier du Gabon où se situera cette ville.

Le , le capitaine de corvette français Édouard Bouët-Willaumez est nommé gouverneur du Sénégal sur l'île de Gorée, chargé de réprimer le commerce des esclavesCelui pratiqué par des nations européennes concurrentes ? Car la France s'est remise à le pratiquer elle-même sous Napoléon Bonaparte... et ne le ré-abolira définitivement que sous sa République à partir de 1848. ; au nom de la France alors sous la monarchie de Juillet, il va très vite établir des comptoirs qui seront ses dépendances administratives, et conclure de nouveaux « traités » de commerce et de protection avec les différents villages-royaumes de la côte.

Fondation Sous son administration arrive dans l'estuaire le , l'expédition venue du Nord du Gabon chargée de créer le poste français du Gabon qui deviendra bientôt Libreville. Elle est dirigée par le capitaine de corvette Mauléon, commandant le brick Le Zèbre, accompagné du brick L'Églantine et du navire de commerce Le Diligent transportant des maisons démontables et du matériel. Une casemate appelée poste d'Okolo est établie sur un emplacement cédé par le roi Louis Ré-Dowé, près de la future mission chrétienne catholique. Okolo, fondé par un roi Denis, est situé non loin dans l'estuaire, à l'est du village de Glass où le révérend John Leighton Wilson, arrivé au Gabon le , a établi sa mission protestante américaine sur un site connu sous le nom de Baraka (aujourd'hui un quartier du Libreville moderne). Le le roi Glass signe un traité avec Rodolphe Darricau, puis le est signé au poste d'Okolo le traité général avec les chefs de l'estuaire, le roi Denis Rapontchombo, Quaben, Georges, Louis, François (de l'île de Coniquet), Kringer, Datyngha, Petit-Denis et Quavène. Le poste d'Okolo reçoit probablement à cette date le nom de Fort d'Aumale. Le garde du génie Dubuc en prend le commandement en janvier suivant. Il est avéré que les rois sont loin de se rendre compte de la portée de leur engagement..

Toponymie Le nom de « Libreville » est donné pour la première fois par Édouard Bouët-Willaumez, d'abord au village fondé en 1849 derrière les futurs bâtiments officiels du Plateau destinés à remplacer le fort d'Aumale. Le village est créé afin d'accueillir les esclaves vilis libérés du navire négrier brésilien nommé l'Elizia, arraisonné au large des côtes du royaume de Loango alors que la traite négrière, formellement interdite depuis 1848, se poursuivait dans le golfe de Guinée. Les esclaves libérés, de 13 à , de 18 à et d'un an, sont embarqués à Gorée le par le navire "L'Adour", et parviennent ainsi fin avril au Gabon. Deux sont tués dans une révolte. Les Français les font se marier et élire comme maire un certain Mountier. Ils sont installés par couples dans les cases du village de Libreville le .

Voir l'Histoire du Liberia, de Freetown en Sierra Leone, etc.

Développement Dès lors, Libreville sert de point de départ à la colonisation française du Gabon vers la fin du , tout d'abord avec la seconde vague marquée par l'installation au fort d'Aumale (dont les vestiges ont servi à l'édification de la cathédrale Sainte-Marie) de missionnaires catholiques spiritains de la Congrégation du Saint-Esprit du père Jean-Rémi Bessieux. Au début du Libreville devient la capitale du Congo français, avant de perdre ce statut au profit de Brazzaville en 1904.

En Libreville est le théâtre des affrontements meurtriers de la fin de la campagne du Gabon Roman Adrian Cybriwsky, Capital Cities around the World: An Encyclopedia of Geography, History, and Culture, ABC-CLIO, États-Unis, 2013, .. Libreville et le Gabon sous administration coloniale choisissent de rallier le camp de la France libre contre celui des colons vichystes. C'est de Libreville que partent de nombreux combattants de la Liberté incorporés dans la Force L qui deviendra plus tard la blindée du futur maréchal français Leclerc, et qui rejoint le Tchad dont il est nommé commandant militaire par le général de Gaulle. La colonne traverse l'Afrique du Nord pour libérer la France sous occupation en 1944.

En 1956 Léon Mba est élu premier maire de Libreville. Il devient quelques années plus tard le premier président de la République gabonaise, jusqu'à sa mort en . Un mausolée est érigé en sa mémoire dans la ville, boulevard Léon Mba.

L'indépendance du Gabon est entretemps proclamée le 17 août 1960 dans la future capitale.

Demeurée une simple bourgade jusqu'à la proclamation de l'indépendance, Libreville connaît ensuite un essor important, en particulier à partir de la fin des années 1970 lorsque le gouvernement lance une série de grands travaux : construction et mise en service du chemin de fer transgabonais en 1978 ; édification du stade omnisports Président Bongo pour accueillir les premiers Jeux de l'Afrique centrale du au , avec près de athlètes de dix pays dans huit disciplines sportives : athlétisme, basket-ball, boxe, cyclisme, football, handball, judo et volley-ball. Construction en 1970 des premiers bâtiments de l'université de Libreville, la première du Gabon.

En 1977 Libreville accueille le de l'Organisation de l'unité africaine (OUA).

La ville est également marquée dès les années sombres de la dictature par une série de meurtres, d'assassinats d'opposants politiques et de disparitions mystérieuses jamais élucidées dont celle de Germain Mba en 1971. Elle est le théâtre d'émeutes en 1990 (intervention militaire française, « l'opération Requin »), en 1994 après la défaite à la première élection présidentielle post-monopartiste du principal opposant Paul Mba Abessole (né en 1939) arrivé en deuxième position, et en 1998.

En 2003, André Dieudonné Berre est élu maire de Libreville, succédant audit opposant historique M. Mba Abessole, maire de 1996 à 2003 rallié au président Omar Bongo.

Le , la ville perd son statut de chef-lieu de la province de l'Estuaire au profit de la jeune commune d'Akanda créée en 2013 à partir notamment d'anciens quartiers et faubourgs de la capitale..

Liste des maires - : Léon Mba (élu président du conseil municipal)., au moment de la transition de 1960 vers l'indépendance politique du pays et de maints de ses voisins d'Afrique noire vis-à-vis de la France ; - : Lubin Martial Ntoutoume Obame (président de la délégation spéciale) ; - : Léon Mebiame Mba (président de la délégation spéciale) ; - : Léon Mebiame Mba (élu maire par le bureau politique du Parti démocratique gabonais) ; - : Samuel Minko (président du conseil municipal nommé par décret présidentiel) ; - : Lubin Martial Ntoutoume Obame (président du conseil municipal nommé par décret présidentiel) ; - : Jean Aveno Davin (président du conseil municipal nommé par décret présidentiel) ; - : Claude Damas Ozimo (président du conseil municipal nommé par décret présidentiel) ; - : Paul Mba Abessole (élu par le conseil municipal) ; - : André Dieudonné Berre (élu par le conseil municipal) ; - : Alexandre Ayo Barro (élu par le conseil municipal) ; vacance apparente du poste entre et ? - : Jean-François Ntoutoume Emane ; cumul de deux maires simultanés, le précédent et le suivant, entre les et ? - : Rose Christiane Ossouka Raponda. ; vacance apparente du poste entre et ? - : Léandre Nzué. ;

vacance temporaire du poste de 3 mois au maximum constatée le - : Eugène Mba. ; - : Christine Mba Ndutume Mihindou ; : Jude Ibrahim Rapotchombo ; : Pierre Matthieu Obame Etoughe; 23 Avril 2026 : Eugène Mba.

Démographie La capitale gabonaise regroupe environ la moitié des habitants du pays. Sa croissance démographique est rapide et son développement assez anarchique, les infrastructures urbaines ne suivant pas le rythme des constructions nouvelles.

Évolution démographique

Évolution démographique de Libreville

Groupes ethniques Libreville est une cité cosmopolite où se côtoient toutes les ethnies du Gabon, des immigrés d'Afrique centrale et de l'Ouest (Nigérians et Béninois notamment), des Européens, des Libanais, des Marocains ou encore, de plus en plus, une population asiatique principalement d'origine chinoise.

Les habitants les plus défavorisés habitent dans des bidonvilles connus sous le nom de matitis. ou encore Mapanes (akébé et kinguélé, par exemple).

Langues Bien que le français soit la langue officielle du Gabon, les langues parlées à Libreville sont tout d’abord celles des peuples autochtones de Libreville, à savoir la langue Omyenè (variante Mpongwè), le Sekiani, Le Fang de l’Estuaire (variantes Mekè, Atsi et Okak), le Benga et l’Akélé. Puis, les langues des différentes peuples de l’intérieur du Gabon installés dans la capitale gabonaises, Yipunu, Inzebi, Téké, Kota et le français.

Le Gabon devient en 2022 le troisième pays non majoritairement anglophone à se voir admis au sein du Commonwealth sans lien colonial ou historique d'importance avec le Royaume-Uni.. Toutefois, la langue anglaise reste peu parlée, voire pas du tout.

Lieux de culte thumb|250px|La cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption à Libreville. Parmi les lieux de culte de Libreville, l'on compte principalement des églises et des temples émanant des obédiences chrétiennes suivantes : l'archidiocèse de Libreville (Église catholique), l'Église de l'Alliance chrétienne et missionnaire du Gabon (Union mondiale de l'Alliance), les Assemblées de Dieu, (Église adventiste du septième jour au Gabon ). Église Évangélique du Gabon Britannica, Gabon, britannica.com, USA, consulté le 4 août 2019.. Les mosquées se sont développées à la suite de la conversion à l'islam du président Omar.

Économie vignette|Façade du Bureau de la poste gabonaise à Libreville.