Simon Gutman ( à Varsovie (Pologne) - ), est un Français d'origine polonaise, déporté à l'âge de vers Auschwitz par le premier convoi de Juifs de France le , survivant et témoin de la Shoah.
Biographie Les premières années Simon Gutman est né le à Varsovie en PologneAlain Vincenot, Rescapés d'Auschwitz - Les derniers témoins, Editions de l'Archipel, 2015, . Son père, David Gutman arrive en France en 1929. Il travaille comme apiéceur à domicile. Il fait ensuite venir sa femme et ses quatre enfants nés à Varsovie : Mordka Gutman, né le , Szmul Gutman, né le , Chana Gutman, née le , et Szrul Gutman, né le . Trois autres enfants naissent à Paris : Yvette Gutman, née le , dans le 14e arrondissement de Paris, Isaac Gutman, né le dans le 12e arrondissement de Paris et Bella Gutman, née le dans le 18e arrondissement de ParisVoir, Klarsfeld, 2012..
En , il est arrêté pour espionnage au bénéfice de l'Angleterre. Simon Gutman, alors adolescent, n'hésite pas à demander un entretien avec le préfet de police pour démonter cette accusation et faire libérer son père. Lycéen, il est arrêté lors de la rafle du 20 août 1941Antoine Fouchet, Rescapés du premier convoi de juifs pour Auschwitz-Birkenau, ils témoignent, La Croix, 26 mars 2012, et transféré à Drancy. Il est déporté dans le convoi du , parti de Drancy et de Compiègne vers Auschwitz. Il a dix-neuf ans.
La déportation Arrivé dans le complexe d'Auschwitz, Simon Gutman est transféré à Birkenau. Il y subit la violence extrême des Kapos, des condamnés de droit commun allemands. Les conditions de vie y sont particulièrement dures. La mortalité parmi les déportés du premier convoi est effrayante. En aout 1942, 1 008 des 1 112 déportés ont perdu la vie à cause de la faim et des mauvais traitementsRobert Belleret, Premier convoi pour Auschwitz, Lemonde.fr, 26 mars 2002 . Simon Gutman devient le numéro 27815, numéro qu'il doit mémoriser en Allemand pour les appels, ce qui ne lui est pas trop difficile à faire car il comprend le yiddish. Il doit pendant plusieurs semaines transporter des briques d'un endroit à l'autre puis en sens inverse. Le Kapo, un véritable sadique les fait lever à 3 heures du matin et les arrose d'eau froideFrance: Simon Gutman, « mémoire d’Auschwitz », est mort à 97 ans, Agence France Presse, 7 octobre 2020, repris par Médiapart . Un jour, un prisonnier politique allemand, affecté aux cuisines, demande un aide cuisinier. C'est Simon Gutman qui est choisi. Cette affectation lui sauve la vie même s'il est régulièrement battu par les cuisiniers polonaisSimon Gutman, survivant du premier convoi de juifs de France pour Auschwitz, Ladépèche.fr, 26 mars 2012 et s'il ne comprend rien aux ordres donnés en PolonaisEsther Lagarde, Il y a 70 ans, la premier convoi de déportation partait de Drancy, Libération, 27 mars 2012 car il peut mieux se nourrir. Il songe un temps à se suiciderEsther Lagarde, Il y a 70 ans, la premier convoi de déportation partait de Drancy, Libération, 27 mars 2012, .
Il apprend que son frère ainé Maurice, arrêté lors de la rafle du billet vert en a été déporté à Auschwitz et y a péri dans les chambres à gaz. Il parvient à retrouver son père déporté dans un autre secteur du camp. Il l'aide à survivre en lui donnant un peu de sa ration. Finalement son père est envoyé à Varsovie en pour déblayer les ruines du ghetto.
Simon Gutman est ensuite transféré au Kommando s'occupant des vêtements des déportés. Malade du typhus, il est sélectionné pour la chambre à gaz, mais il est « oublié » dans le block 7 de Birkenau dans un état comateux, ce qui lui sauve la vie. Il est transféré au camp de concentration du Stutthof en . Il n'y reste que peu de temps. Il est ensuite envoyé dans celui d'Hailfingen, de Dautmergen et d'Altshausen en Allemagne.. Il parvient à s'enfuir en près de Dachau lors d'une marche de la mort avec quatre autres déportés dont Emanuel Mink et un jeune juif polonais de . Au terme d'une longue errance, les cinq fuyards rencontrent le une colonne de la 2e division blindée de l'armée française, près d'Altshausen dans le sud du Bade-Wurtemberg et sont libérés..
Après-guerre À son retour en France, Simon Gutman ne retrouve que son père, David Gutman. Sa mère, ses trois frères : Mordka Gutman, Szrul Gutman, Isaac Gutman, et ses trois sœurs, Chana Gutman, Bella Gutman et Yvette Gutman ont tous été assassinés. Il se marie en 1947 à Paris avec une rescapée polonaise avec qui il a deux enfants. Il fonde rue de Turenne, une prospère entreprise de prêt-à-porter. Il meurt le à l'âge de .. C'était le dernier rescapé du premier convoi.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Serge Klarsfeld. Le Mémorial de la déportation des Juifs de France. Beate et Serge Klarsfeld: Paris, 1978. Nouvelle édition, mise à jour, avec une liste alphabétique des noms.FFDJF (Fils et Filles des Déportés Juifs de France), 2012. Alain Vincenot, Rescapés d'Auschwitz - Les derniers témoins, Éditions de l'Archipel, 2015,
Documentaire Premier convoi, documentaire de Pierre-Oscar Lévy, Jacky Assoun et Suzette Bloch, 1992,
Articles connexes Convois de la déportation des Juifs de France
Catégorie:Naissance en juillet 1923 Catégorie:Naissance à Varsovie au XXe siècle Catégorie:Survivant de la Shoah en France Catégorie:Survivant de la Shoah en Pologne Catégorie:Survivant de la Shoah en Allemagne Catégorie:Survivant français de la Shoah Catégorie:Survivant polonais de la Shoah Catégorie:Survivant des Marches de la mort Catégorie:Survivant d'Auschwitz Catégorie:Prisonnier au camp de Drancy Catégorie:Mémoire de la Shoah Catégorie:Décès à 97 ans Catégorie:Décès en octobre 2020 Catégorie:Décès dans le 3e arrondissement de Paris