Michel Pinçon, né le à Lonny dans les Ardennes et mort le à Paris, est un sociologue français, ancien directeur de recherche au CNRS au Centre de sociologie urbaine.
L'essentiel de son œuvre, écrit en collaboration avec sa femme, Monique Pinçon-Charlot, est consacré à l'étude de la haute bourgeoisie et des élites sociales.
Biographie Michel Pinçon naît le Notice d'autorité personne sur le site du catalogue général de la BnF.. dans la commune de Lonny (Ardennes)., dans une famille d'ouvriers : son père est un temps ouvrier polisseur à NouzonvilleFrantz Durupt, « Michel et Monique Pinçon-Charlot, leur part du Gotha », liberation.fr, 21 septembre 2018.. Il se marie en 1967, avec une étudiante en sociologie, Monique Charlot ; le couple a un fils. Le mariage permet à son épouse de le suivre pendant la période de service national en coopération, au Maroc, où ils enseignent le français, tirant de cette expérience un mémoire supervisé par Jean-Claude Passeron. À leur retour, ils terminent leur formation à l'université libre de Vincennes. Ils ont ensuite la possibilité d'entrer au Centre de sociologie urbaine (une association de recherche qui devient un laboratoire du CNRS en 1978) en 1970Mort de Michel Pinçon, sociologue coureur d’élites, article d'Anastasia Vécrin et Simon Blin le 28 septembre 2022. Page consultée le 6 octobre 2022.. Huit ans plus tard, à la suite de la lutte "hors-statuts" à laquelle Michel et Monique Pinçon-Charlot ont participé, les sociologues sont intégrés comme attachés de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS)Mort du sociologue Michel Pinçon, article sur le site du magazine Historia le 28 septembre 2022. Page consultée le 6 octobre 2022.. Jusqu'au milieu des années 1980, lui travaille sur le monde ouvrier, son épouse sur la ségrégation urbaine..
Un de ses premiers ouvrages, Désarrois ouvriers : familles de métallurgistes dans les mutations industrielles et sociales, est consacré aux évolutions de l'industrie métallurgique dans la vallée de la Meuse et à leurs conséquences sociales. Les travaux et ouvrages suivants sont généralement l'œuvre du couple. Ils s'intéressent notamment aux normes sociales, aux dynasties, bourgeoises ou nobles, aux nouveaux entrants dans le monde de la richesse, ainsi qu'aux loisirs et aux us et coutumes des familles fortunées. Ils arrivent à pénétrer ce milieu à partir de 1986 grâce à Paul Rendu (directeur de leur laboratoire, le Centre de sociologie urbaine), lui-même issu de cette classe. Une synthèse de leurs travaux a été publiée sous le titre Sociologie de la bourgeoisie. À travers ces différents éclairages, leur ambition est de construire une anthropologie des privilégiés de la société française contemporaine.....
Les ouvrages des Pinçon-Charlot connaissent parfois des succès en librairies rares pour des ouvrages de sociologie. Le Président des riches, consacré à Nicolas Sarkozy, se vend à plus de 150 000 exemplaires ; La Violence des riches se vend à plus de 100 000 exemplaires.
Retraités en 2007, ils publient depuis des ouvrages plus engagés – étant – et qui sont des succès en matière de ventes.
En 2011, il soutient publiquement Jean-Luc Mélenchon candidat du Front de gauche à l'élection présidentielle de 2012.. Comme son épouse, il prend par la suite ses distances, considérant que .
Michel Pinçon meurt le . Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, rend hommage .. D'après son éditeur, La Découverte, Michel Pinçon est décédé « des suites de la maladie d'Alzheimer ». Il est inhumé au cimetière de Bourg-la-Reine (division 11)Cimetières de France et d'ailleurs.
Recherches en commun avec son épouse Monique Pinçon-Charlot Au moment où Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot entrent au CNRS en 1970, peu de sociologues s'intéressent à la sociologie des milieux aisés et riches. Le couple mène à bien un master sous la direction de Jean-Claude Passeron, travail consacré à la culture française comme outil de distinction dans le Maroc contemporain. Le couple cite Passeron et Pierre Bourdieu comme deux de ses principaux inspirateurs : , indiquent-ils dans Voyage en grande bourgeoisieVoyage en grande bourgeoisie, cité dans https://www.liberation.fr/livres/1997/06/26/heurs-et-malheurs-de-chercheursmichel-pincon-et-monique-pincon-charlot-voyage-en-grande-bourgeoisie-_208660/ [Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot. Heurs et malheurs de chercheurs], article de Jean-Baptiste Marongiu dans Libération le 26 juin 1997. Page consultée le 6 octobre 2022.. Les recherches du couple s'inscrivent dans un vaste héritage intellectuel de Bourdieu qui s'observe, dans le même temps, sur d'autres sujets de recherche, tels la justice, les classes laborieuses et la jeunesse (ouvrages de Stéphane Beaud et de Gérard Mauger) ou la famille (chez Rémi Lenoir)https://www.theguardian.com/world/2012/feb/21/pierre-bourdieu-philosophy-most-quoted, article de Nicolas Truong et Nicolas Weill dans The Guardian le 21 février 2012. Traduction anglaise de l'article L'héritage de Bourdieu, auteur classique paru dans Le Monde le 23 janvier 2012. Pages consultées le 6 octobre 2022..
Les relations entre les deux enquêteurs et les milieux sociaux qu'ils étudient constituent un problème scientifique à part entière, notamment la question de leur engagement citoyen et politique. Le sujet, classique dans les ouvrages de méthode sociologique, a été abordé dès les années 1960. Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot lui consacrent des articles dans la revue Journal des anthropologues en 1993Pinçon-Charlot Monique, Pinçon Michel. « Des difficultés de la recherche dans les classes dominantes : de l'objet impossible au sujet manipulé », Journal des anthropologues, n°53-55, Automne-hiver 1993 – Printemps 1994. L'ethnologue dans les hiérarchies sociales, sous la direction de Tiphaine Barthelemy et Monique Sélim, 29-36. puis dans la revue L'Homme et la société en 1995Michel Pinçon Michel, Monique Pinçon-Charlot, « Aises et malaises du chercheur : considérations sur l'enquête sociologique dans les beaux quartiers », L'Homme et la société, n°116, 1995. « Les passions de la recherche (II) : L'allemagne revisitée », 19-29. . En 1997, ils approfondissent ce questionnement dans un ouvrage méthodologique complet, Voyage en grande bourgeoisie. Journal d'enquête. Ils y détaillent les problèmes posés par leur objet d'étude, notamment les attitudes adoptées par les « enquêtés », de la tentative d'enjôlement à la condescendance en passant par la prudence, ou encore la célébrité de certaines personnes ou familles étudiées, qui met à mal l'anonymat de l'étude et pose des problèmes spécifiques. Ils s'interrogent sur les risques d'autocensure consécutifs à ces problèmes d'écriture ainsi qu'à la réception des ouvrages, pris entre les exigences de la communauté scientifique (qui voit d'un mauvais œil une forte médiatisation d'un livre) et celles des médias (qui voient d'un mauvais œil un langage trop technique)Maria Drosile Vasconcellos, « Pinçon Michel, Pinçon-Charlot Monique, Voyage en grande bourgeoisie. Journal d'enquête », Revue française de sociologie, 1999, 40-3, 609-610. .
Ouvrages Désarrois ouvriers : familles de métallurgistes dans les mutations industrielles et sociales, Éditions L'Harmattan, 1987
En collaboration avec Monique Pinçon-Charlot :
Dans les beaux quartiers, Seuil, 1989 La chasse à courre, ses rites et ses enjeux, Payot, 1993, Voyage en grande bourgeoisie, PUF, 1997 réédité en 2002 et 2005 Grandes fortunes : dynasties familiales et formes de richesse en France, Paris, Éditions Payot, coll. « Documents Payot », 1996, ; rééditions coll. « Petite bibliothèque Payot », 1996, 2006 et 2019 Nouveaux patrons, nouvelles dynasties, Calmann-Lévy, 1999 Sociologie de la bourgeoisie, La Découverte, coll. « Repères », 2000, 2003, 2016 Sociologie de Paris, La Découverte, 2004 Châteaux et châtelains : les siècles passent, le symbole demeure, Éditions Anne Carrière, 2005
Paris : quinze promenades sociologiques, Payot, Paris, 2009 Les millionnaires de la chance, Payot, Paris, 2010 Le Président des riches, La Découverte, 2010, Des sociologues sans qualités ? : pratiques de recherche et engagements, (ouvrage collectif sous la direction de Delphine Naudier et Maud Simonet), Paris, La Découverte, 2011. L'argent sans foi ni loi, Éditions Textuel, 2012, Altergouvernement, ouvrage collectif réunissant Paul Ariès, Geneviève Azam, Marc Dufumier, Marie Duru-Bellat, Claude Egullion, Jean-Baptiste Eyraud, Susan George, Franck Lepage, Jean-Marie Harribey, Philippe Leymarie, Laurent Mucchielli, Aline Pailler, Nathalie Péré-Marzano, Fabien Piasecki, Monique Pinçon-Charlot, Clarisse Taron, et Jacques Testart, éditions Le Muscadier, 2012, La violence des riches, Zones, 2013 Riche, pourquoi pas toi ? avec Monique Pinçon-Charlot, illustré par Marion Montaigne, 2013, Dargaud. Pourquoi les riches sont-ils de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres ?, illustré par Étienne Lécroart, Paris, La Ville brûle, 2014. C'est quoi être riche ? : entretiens avec Émile, illustré par Pascal Lemaître, Paris, Éditions de l'Aube, 2015. Tentative d'évasion (fiscale), Zones, 2015. Les prédateurs au pouvoir : main basse sur notre avenir, Textuel, 2017. Panique dans le ! : une enquête sociologique et dessinée, dessins d'Étienne Lécroart, La Vlle brûle, 2017. Les Riches au tribunal : l'affaire Cahuzac et l'évasion fiscale, dessins d'Étienne Lécroart, Delcourt/Encrages, 2018.
Articles Seul auteur 1981 : « Habitat et modes de vie. La cohabitation des groupes sociaux dans un ensemble H.L.M. », Revue française de sociologie, 1981, 22-4, 523-547. 1985 : « Un patronat paternel », Actes de la recherche en sciences sociales, volume 57-58, . « Stratégies de reproduction », 95-102. 1986, avec Paul Rendu : « Un ouvrier désenchanté », Actes de la recherche en sciences sociales, volume 62-63, . « L’illusion biographique », 93-99. 1986 : « Autoproduction, sociabilité et identité dans une petite ville ouvrière », Revue française de sociologie, 1986, 27-4. 629-653.
Avec Monique Pinçon-Charlot
Article collectif 1991, avec Monique Pinçon-Charlot, Bruno Duriez et Jacques Ion, « Institutions statistiques et nomenclatures socio-professionnelles. Essai comparatif : Royaume-Uni, Espagne, France », Revue française de sociologie, 1991, 32-1, 29-59.
Accueil vignette|Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon en 2019. Réception universitaire de ses travaux de recherche Au sujet du premier ouvrage de Michel Pinçon, Désarrois ouvriers. Familles de métallurgistes dans les mutations industrielles et sociales (paru en 1987), Luc Thériault apprécie la même année dans la Revue internationale d’action communautaireLuc Thériault, « Michel Pinçon, Désarrois ouvriers. Familles de métallurgistes dans les mutations industrielles et sociales, Paris, L’Harmattan, 1987. » (compte-rendu), International Review of Community Development / Revue internationale d’action communautaire, numéro 18 (58), automne 1987, 192–194. la capacité du livre à et à . Dans la revue Espace populations sociétésJeanne Fagnani, Michel Pinçon : « Désarrois ouvriers. Familles de métallurgistes dans les mutations industrielles et sociales » (compte-rendu), dans Espace, populations, sociétés, 1988-1. Ménages, familles et isolés - Households, families and lonely persons. p. 161-162. , Jeanne Fagnani salue un ouvrage .