Emmanuelle Pouydebat, née le à Paris, est directrice de recherche au CNRS et au Muséum national d'histoire naturelle, spécialisée dans l’évolution des comportements animaliers, en particulier des capacités de manipulation et d’utilisation d’outils.

Biographie Études Née d’une mère institutrice et d’un père ingénieur en informatique, Emmanuelle Pouydebat se passionne toute jeune pour Yves Coppens. En 1984, elle lit Le Singe, l'Afrique et l'homme, se passionne pour Lucy et souhaite comprendre pourquoi cette petite australopithèque n'est pas un humain. Pendant ses études, elle effectue ses premières observations de comportements chez les macaques et autres mammifères au Zoo de Thoiry, lit Jane Goodall, puis part à la rencontre des chimpanzés de Côte d'Ivoire. Elle obtient le prix de la Vocation (Fondation Marcel Bleustein-Blanchet) et rencontre un des membres du Jury, Yves Coppens. Elle commence alors sa thèse au Muséum national d'histoire naturelle et au Collège de France, sous la direction du professeur, sur les capacités de manipulation et d’utilisation d’outils chez les primates. C'est aux zoos de Beauval et de Vincennes qu'elle mène alors ses observations et expérimentations, qui la conduiront à démontrer que chaque espèce est unique et que les humains n’ont pas le monopole de la dextérité manuelle.

Carrière Après son doctorat, obtenu en 2004, Emmanuelle Pouydebat devient attachée temporaire d’enseignement et de recherches du Yves Coppens, puis rejoint, comme chargée de recherche, le CNRS, où elle intègre MECADEV pour travailler sur les mécanismes adaptatifs et l’évolution des comportements. Elle supervise alors des projets interdisciplinaires explorant les capacités de manipulation de nombreuses espèces parmi les mammifères (singes, éléphants, carnivores…), les oiseaux (perroquets), les amphibiens (xénopes, grenouilles terrestres…) et les arthropodes (écrevisses, bernard-l’hermite, araignées…). Cette approche lui permet aussi d'interpréter les capacités de manipulation des mains fossiles d’une part, et de mieux comprendre les corrélations entre génétique, comportement, morphologie et biomécanique d’autre part, afin d'explorer les mécanismes évolutifs des comportements étudiés. Devenue directrice de recherche, elle poursuit ses travaux interdisciplinaires et s’intéresse à des animaux aussi différents que des écrevisses ou des éléphants, en développant des approches bio-inspirées, au service notamment de la robotique. Sensible à la souffrance animale, elle développe des projets liés au bien-être en captivité, montre que chaque espèce est intelligente et que toutes doivent être respectées et protégées. Elle a rédigé plus de 60 articles scientifiques internationaux et participé à encore davantage de conférences nationales et internationales, coordonnant de très nombreux projets et encadrant de nombreux étudiants et étudiantes.

Émissions de télévision, de radio et presse écrite Emmanuelle Pouydebat transmet régulièrement sa passion à la télévision, à la radio ou dans la presse.

Au cours de nombreuses conférences grand public, elle propose d'utiliser un autre concept de l'intelligence, mettant de côté celui qui repose habituellement sur des critères sémantiques humains comme le langage. Si l'intelligence a plusieurs composantes, alors comment comparer l'intelligence des espèces entre elles dans le monde animal ? Emmanuelle tente donc de proposer un concept utilisé régulièrement pour comprendre l'évolution des espèces en fonction de leur milieu : l'adaptation. Ainsi, l'intelligence serait définie par les capacités d'adaptation comportementale d'un individu face à une situation donnée. Emmanuelle invite ainsi l'auditeur à se détourner d'une définition singulière, montrant que l'intelligence est plurielle. À partir de ses observations, affirmer que les humains sont les plus intelligents n'a pas beaucoup de sens au regard de l'évolution et du contexte. En replaçant ainsi les humains à leur place, au sein du règne animal, son analyse permet d'établir objectivement les points communs et les différences entre les espèces .

Ouvrages L’Intelligence animale, cervelle d’oiseaux et mémoire d’éléphants, Odile Jacob, 2017, Atlas de zoologie poétique, Arthaud, 2018, Quand les animaux et les végétaux nous inspirent, Odile Jacob, 2019, Sexus Animalus, Arthaud, 2020, Lucy, Coppens, moi et les autres, Humenscience, 2022 (Pouydebat E. & G. Macagno (illustrateur)) Mes histoires incroyables sur les animaux. Bayard éd. Jeunesse, 2023 (ouydebat E., Martin R., Glassof W. ) Mes plus belles rencontres animales, Odile Jacob, 2023, Animaux artistes, Odile Jacob, 2024 (Pouydebat E., Pochart C. (historienne de l’art), Orsini S. (illustrateur)) Les oiseaux se cachent-ils pour mourir ? Les Animaux et la Mort, Delachaux et Niestlé, 2025, (illustr. Arnaud Rafaelian)

Distinctions Récompenses 2026 : Prix Nos Humanités pour Les oiseaux se cachent-ils pour mourir ? 2019 : Médaille d'argent du CNRS 2001 : Lauréate de la Fondation Marcel Bleustein Blanchet

Décorations . Elle est nommée chevalier le par le ministère de la transition écologique et solidaire. (nommée le ).

Notes et références

Liens externes

Catégorie:Directrice de recherche au CNRS Catégorie:Naissance à Paris Catégorie:Naissance en mai 1973 Catégorie:Docteur du Muséum national d'histoire naturelle Catégorie:Lauréat de la médaille d'argent du CNRS Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur Catégorie:Scientifique française Catégorie:Officier de l'ordre national du Mérite