Le traité de défense mutuelle entre les États-Unis et la république de Corée, en coréen (hangeul), (hanja), est un traité entre la Corée du Sud et les États-Unis signé le , deux mois après la signature de l'armistice de Panmunjeom, qui met un terme aux combats de la guerre de Corée. L’accord engage les deux pays à s’entraider si l’un ou l’autre fait face à une attaque armée externe et permet aux États-Unis de stationner des forces militaires en Corée du Sud en consultation avec le gouvernement sud-coréen.

Historique du traité Conformément aux accords passés à Potsdam entre les Alliés, l'Union soviétique déclare la guerre au Japon le et dès le lendemain ses troupes entament leur avance en Mandchourie et dans le nord de la Corée. L'URSS accepte la proposition des États-Unis que le parallèle soit la ligne de délimitation des zones d'occupation soviétique (au Nord) et américaine (au Sud), malgré le refus des Américains de créer une zone d'occupation soviétique dans la partie nord de l'île japonaise d'Hokkaidō. Les forces russes achèvent d'occuper la zone qui leur est dévolue avant la fin , tandis que les premières troupes américaines ne débarquent en Corée qu'à la mi-septembre. L'administration militaire d'occupation se met en place sous le nom d'US Army Military Government in Korea (USAMGIK). Sous les auspices des Nations unies, des élections ont lieu dans la zone Sud le qui amènent au pouvoir Syngman Rhee, soutenu par les Américains. La république de Corée, usuellement appelée Corée du Sud est proclamée le , mettant ainsi fin à l'occupation américaine. Les Soviétiques dénoncent les menées de l'ONU et des États-Unis qu'ils considèrent illégitimes car notamment contraires au principe acté précédemment d'instaurer un État coréen unifié, et organisent en riposte la création de la Corée du Nord, proclamée le . Les États-Unis n'accordent pas aux questions coréennes une importance primordiale et commencent à retirer leurs troupes. Leur retrait s'achève le . Le déclenchement de la guerre de Corée par l'attaque des forces communistes du Nord le bouleverse durablement la politique américaine dans la région.

Les États-Unis s'engagent massivement dans le conflit durant trois ans. La guerre de Corée prend fin par la signature de l'armistice de Panmunjeom le . La ligne où le front s'est stabilisé en 1951, très proche du parallèle, devient de façon durable la frontière entre les deux États coréens. Le contexte géopolitique d'ensemble en Asie de l'Est a tourné à l'avantage des communistes, au pouvoir en Chine et en Corée du Nord, et à l'offensive en Indochine face aux Français. La Corée du Sud est devenue un maillon essentiel de la politique d'endiguement du communisme des États-Unis en Asie. Aussi, négocient-ils avec Syngman Rhee un traité de défense mutuelle qui oblige les États-Unis à intervenir en cas d'attaque armée contre la Corée du Sud et légalise le maintien d'importantes forces américaines sur le sol sud-coréen.

Le traité de défense mutuelle entre les États-Unis et la république de Corée est signé le à Washington par les ministres des Affaires étrangères, John Foster Dulles et Yung Tai Pyun. Le traité entre en vigueur le après échange des instruments de ratification.

Durant la guerre froide, les forces américaines en Corée (USFK) représentent environ 40 à , des effectifs à peine inférieurs à ceux des forces américaines au Japon (USFJ). Le traité est complété par la signature le d'un accord relatif aux installations, aux zones et au statut des forces américaines.

Depuis la guerre de Corée et la pérennisation de l'existence de deux États coréens qui en est résultée, la Corée du Sud est d’une importance capitale pour Washington pour le maintien de l'équilibre géopolitique en Asie de l'Est. Aussi l’influence américaine sur la république de Corée est-elle considérable et s’étend à presque tous les aspects de la vie coréenne. Au fil des années, l'alliance militaire, le partenariat économique et les relations politiques étroites entre les deux pays ont fait des États-Unis un acteur incontournable du cours des événements en Corée du Sud.

Texte du traité Le traité comporte un préambule et six articles.

Le préambule expose deux considérations importantes. En premier lieu, les deux parties affirment , ce qui élargit la portée de ce traité bien au-delà de la seule défense du territoire coréen tout en restant ambigu. En second lieu, le préambule fait état de la volonté des parties d'intensifier leurs efforts pour mettre sur pied un système plus vaste et plus efficace de sécurité régionale dans le Pacifique.

L'article premier, comme c'est le cas dans tous les traités similaires signés par les États-Unis durant la guerre froide, stipule que les parties et s'abstiendront .

L'article II engage les parties à se concerter , à prendre .

L'article III stipule que . La ratification du traité par les États-Unis est assortie de la réserve suivante relative à cet article III : .

Par l'article IV, .

Notes

Sources Références

Bibliographie

. .

Compléments Articles connexes Traités internationaux de la guerre froide Traité de sécurité entre les États-Unis et le Japon (1951) Traité de coopération mutuelle et de sécurité entre les États-Unis et le Japon (1960) Gouvernement militaire de l'armée des États-Unis en Corée (USAMGIK)

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