La Siagne est un fleuve côtier français arrosant les départements des Alpes-Maritimes (57 %) et du Var (43 %), en région Provence-Alpes-Côte d'Azur dans le Sud-Est de la France. La Siagne coule sur et dans une grande partie de sa longueur, elle forme la frontière entre ses deux départements. Son bassin versant est de . Depuis sa source située près d'Escragnolles, elle coule vers le Sud-Est, traverse Saint-Cézaire-sur-Siagne et Pégomas, et se jette dans la Méditerranée à Mandelieu-la-Napoule, à cinq kilomètres à l'Ouest de Cannes.
Géographie
thumb|upright=1.2|Carte de la Siagne (1845). La Siagne prend sa source dans la commune d'Escragnolles, au-delà du hameau de Bail, sur les flancs Sud de l'Audibergue entre les lieux-dits Colle et Colle-Est, à d'altitudeCG06 : La Force de l'eau - Les cours d'eau de l'arrondissement de Grasse et leur utilisation en 1845, ar Bosc..
Fleuve côtier de ., la Siagne traverse ou longe les communes de Saint-Vallier-de-Thiey, Mons, Saint-Cézaire-sur-Siagne, Callian, Montauroux, Le Tignet, Tanneron, Cabris, Pégomas, Auribeau-sur-Siagne, La Roquette-sur-Siagne et Mandelieu-la-Napoule, où elle rejoint la mer Méditerranée.
Elle forme une vallée qui abrite également le canal de la Siagne. Celui ci alimente en eau potable les villes de Grasse et de Cannes.
Son bassin versant d'environ est bordé au Nord par le massif de l'Audibergue, à l'Ouest par les montagnes de Malay et du Lachens, à l'Est par le plateau de Calern et celui de Caussols et au Sud par le massif du Tanneron. Son cours est essentiellement dans sa partie amont celui d'un torrent, avec une pente moyenne de 3,5 %, mais devient un fleuve paisible en aval d'Auribeau-sur-Siagne avec une pente moyenne de 0,9 %.
Étymologie Selon Frédéric Mistral, son nom serait une variante du mot sanha ("marais" en occitan), qui désigne une variété de roseaux.
Son origine pourrait également être pré-indo-européenne *SEG- (d'où viendrait aussi Seine). La Siagne, sur certaines cartes anciennes, est désignée sous le vocable de CyagnaGallia Christiana., CyagneBouche H. La Chorographie, ou description de Provence et Histoire chronologique du mesme pays, Tome 1, Aix, David Ch. Imp., 1664., de Siagna.Chronol. Lérin. II, .
Historique Au tertiaire, Oligocène, Stampien, la Siagne, comme beaucoup d'autres cours d'eau de la région coulait en sens inverse. On peut en observer la réminiscence dans la manière dont la Siagnole, le Miron et la Siagne de la Pare s'abouchent dans la Siagne : en remontant vers le Nord ou vers l'EstLes Seigneuries d'outre-Siagne, Jeancard R., Robaudy Ed., Cannes, 1952..
Dans l'Antiquité, la Siagne s'appelait l'Apron (Απρονα ποταμον)Polybe, XXXIII, VIII (2), Didot Ed., Paris..
Du néolithique, subsiste de nombreuses traces sous forme d'habitats fortifiés (oppidum), tumulus, tombes en bloc, grottes habitées, grottes sépulcrales.
Les Ligures, puis les celto-ligures laissèrent une série d'ouvrages monumentaux (oppidums). Le fleuve faisait la frontière entre les peuples des Déciates, à l'est, et les Oxybiens, à l'ouestDanièle Roman, « M. Fulvius Flaccus et la frontière transalpine », In Yves Roman (directeur de publication) La Frontière, Séminaire de recherche, Lyon : Maison de l'Orient et de la Méditerranée Jean Pouilloux, 1993. ..
De la période romaine, en plus des traces d'habitats éparses, l'aqueduc de Mons à Fréjus captant l'eau du Neissoun (source vauclusienne de la Siagnole) est le monument le plus important, et il est encore en service sur ses sept premiers kilomètres.
Par la suite de nombreux moulins hydrauliques (appelés usines), à rouets puis à roue, ont été installés sur tout son cours, ses affluents et leurs sous-branches : moulins à farine, à olives, à foulon, à plâtre, des papeteries, seuls les moulins communaux de Mons-sur-la-Siagnole sont encore en état de fonctionnement après avoir été rachetés par leur meunier.
Du passé récent, on retrouve la trace de très nombreuses constructions en pierre sècheNumérisation des données actuelles de l'inventaire départemental en cours des ouvrages traditionnels en pierre sèche de la campagne varoise, réalisée par les membres de l'A.S.P.P.S.V. (Association pour la sauvegarde du patrimoine en Pierre sèche du Var), Royon M., Bull. A.S.P.P.S.V., Draguignan, 2004 (6), . : cabanes, abris, agachons, cabanons, bergeries, cochonniers, aiguiers, citernes, glacières, puits, fours, fours à chaux, fours à poix, fours à cade, restanques, murs, murs à abeilles, calades, aires de battage, recavades, clos, enclos, garennes, lèques, apiès.
Affluents thumb|120px|Chapelle et vallon Saint-Martin, riche en ammonites. La Siagne a seize affluents référencés: Le Vallon de la Colle (Y5511040) Le ruisseau de la Faye ou source de Nans (Y5511030) Le ruisseau du Vallon de Saint-Martin (Y5511060) Le Vallon de la Combe (Y5511120) La Siagne de la Pare ou Siagne de Mons, ou Siagnette, et 'rivière des Eaux Noires' (Y5510500) Le Miron (Y5510520)
La Siagnole (et le Fil) (développé à part) Siagnole (Y5510540) ou Siagne RomaineLes sources de la Siagnole de Mons, Étienne M., Thèse Doct. , 1987, Univ. Sc. et Tech. du Languedoc, Montpellier.. Le Vallon des Gourgs (Y5511340) La Font du Roure (Y5511360) Ruisseau de Vernatelle (Y5511380) Le Biançon (Y5520500), ou Riou Blanc ou Riou de Seillans (Y5520520), voir Lac de Saint-Cassien la Courraire rejointe par le Vallon du Haut-Serminier,
Prend sa source à Tourrettes, longueur = , débit le 24-10-1843 : 61 l/s. Elle reçoit
thumb|150px|Vallon de Saint-Martin du Serminier (ou des Sources).
Reçoit le Vallon de l'hubac de Peillon, thumb|right|220px|Vallon de la Carpénée à sa confluence avec le Biançon à Fondurane.
thumb|right| Vallon de Larquet avec ses ruines de l'aqueduc de Fréjus.
thumb|right|Vallon des Coulombons (ou Castagnier) avec ses ruines de l'aqueduc de Mons à Fréjus.
Hydrologie
La Siagne est un petit fleuve relativement bien fourni toute l'année, dont le niveau varie selon les précipitations. La Siagne à Pégomas Son débit a été observé sur une période de (1967-2007), à Pégomas, en amont de Cannes et donc non loin de son embouchure .. Le bassin versant du fleuve est de , c'est-à-dire sa presque totalité.
Le module du fleuve à Pégomas est de .
La Siagne présente des fluctuations saisonnières pouvant se résumer en un régime à deux périodes. Les hautes eaux débutent en octobre et jusqu'en mai inclus. Elles portent le débit mensuel moyen à un niveau situé entre 9,75 et , avec un léger sommet en novembre suivi d'une très légère baisse en décembre, et un second sommet en janvier. Dès la fin du mois de mai s'amorce une descente assez rapide vers les basses eaux d'été qui mènent à l'étiage en juillet-août avec un minimum moyen de en août, ce qui reste encore assez appréciable. Au total, les oscillations saisonnières ne sont pas trop importantes. Cependant, les fluctuations de débit peuvent être beaucoup plus prononcées sur de plus courtes périodes.
Étiage ou basses eaux Le VCN3 peut chuter jusque , en cas de période quinquennale sèche, ce qui n'est pas très sévère dans le Midi.
Crues thumb|Niveau de la Siagne à son embouchure.
Comme presque partout en Provence, les crues peuvent être importantes, relativement à son envergure de petit fleuve à bassin réduit. Les QIX 2 et QIX 5 valent respectivement 140 et . Le QIX 10 est de et le QIX 20 de . Quant au QIX 50, il se monte à . Cela signifie que, par exemple, tous les deux ans, l'on doit s'attendre à une crue de l'ordre de , et tous les dix ans une crue de doit statistiquement survenir.
Le débit instantané maximal enregistré a été de le , tandis que le débit journalier maximal se montait à le même jour. En comparant cette valeur avec l'échelle des QIX du fleuve, il apparaît que cette crue était plus importante que la crue cinquantennale calculée (QIX 50) et donc exceptionnelle.
Lame d'eau et débit spécifique Au total, la Siagne est un petit fleuve relativement abondant. La lame d'eau écoulée dans son bassin versant est de annuellement ce qui est élevé, valant nettement plus que la moyenne d'ensemble de la France tous bassins confondus, mais un peu inférieur à la lame de la totalité du bassin du Var son voisin par exemple ( par an). Le débit spécifique du fleuve (ou Qsp) atteint par seconde et par kilomètre carré de bassin.
Aménagements de la Siagne
Moulins usines, papeteries, scieries sur la Siagne En 1855, le cadastre répertoriait dans le VarStatistiques du Var et résumé généraux de la statistique de l'Empire, Teissier O., Garcin Ed., Draguignan, 1855.. Pendant au moins deux siècles, l'eau, souvent rebaptisée houille blanche, représentait la principale source d'énergie, et la moins chère : ainsi les moulins, alors baptisés usines, se sont multipliés le long du moindre cours d'eau sous la poussée des communes et des particuliers. Ces moulins ne consommaient guère d'eau, mais leurs biefs d'alimentation servaient aussi à fournir l'eau d'irrigation aux champs avoisinants. il s'est ensuivi une surconsommation jamais maîtrisée. Les périodes de sécheresse aggravent actuellement cette situation et de nombreux cours ont tendance à se fossiliser, mettant au chômage bien des braconniers de la truite ou de l'écrevisse…
Moulins à (1) = farine, (2) = olives, (3) = plâtre, 4 = ressence, (5) = à foulons, (6) = forges
À Escragnolles, en rive droite : 1 moulin (1), À Saint-Vallier-de-Thiey, en rive gauche : au sieur Ollivier : 2 moulins (1) À Callian, en rive droite : au Maure : 3 moulins (1), 1 ressence, 1 papeterie, À Saint-Cézaire-sur-Siagne, en rive gauche : au sieur Amic : 2 moulins (1), 2 moulins (2), 1 ressence, À Montauroux, en rive droite : 2 moulins (1), au sieur Fabre : 2 moulins (2), au sieurs Imbert, Comte et Poule : 1 ressence, Au Tignet, en rive gauche : à de Navaille : 2 moulins (1), 1 moulin (2), 1 papeterie, 1 scierie, À Tanneron, en rive droite : au sieur Maubert : vignette|Ruines du moulin de Saint-Cassien à Tanneron. 1 moulin (1), 1 scierie,
À Auribeau-sur-Siagne, en rive gauche : aux sieurs de Drée et Maganosc : 1 moulin (1), 1 moulin (2), 1 scierie, À Pégomas, en rive gauche, au sieur Ricord, dénommés les moulins de l'Abadie : 4 moulins (1), 1 scierie
Barrages, captures sur la Siagne Capture du canal de la Siagne, Usine hydro-électrique des Malines à Saint-Cézaire, Capture du canal d'alimentation de lac de Saint-Cassien à Saint-Cézaire (Veirachon), Capture de l'usine des eaux à Auribeau, Capture de l'Écluse à Pégomas, Canal de Meayne depuis la Roquette-sur-Siagne Gué de Mandelieu-la-Napoule, où en 405 se noya Galla la femme d'Eucher, évêque de Lyon (qui mourut probablement en 449 et fut ensuite canonisé.)
Canaux, biefs, béalières sur la Siagne Aqueduc de Mons à Fréjus Canal de la Siagne
Canal de Belletrud Canal du Béal (Pégomas, Mandelieu) Canal de Meayne : de la Roquette sur Siagne, vers le Béal Bief et papeterie du Rey de Siagne Bief du moulin des Ajustadous La Siagne canalisée dans sa partie aval (à La Napoule)
Autres Le parcours du Golf Club Old Course de Cannes - Mandelieu sur les deux rives de la Siagne à son embouchure. Le passage des joueurs d'une rive à l'autre se fait par bac.
Environnement : les gorges
thumb|Les Gorges de la Siagne : sur la droite, le bois des Malines.
Les gorges de la haute Siagne présentent de nombreuses curiosités tels que des grottes, ruines de moulins, scieries ou habitats fortifiés sur les sommets. Elles peuvent être traversées en voiture par les routes suivantes : Accès par Saint-Cézaire-sur-Siagne : par la D105, Accès par Callian: par la D96, Accès par Mons : par la D656. Ces trois routes se rejoignent au Pont de Siagne, juste en aval de l'usine hydroélectrique, près de la résurgence de la Foux, des grottes de la Combrière et des peintures, en rive droite, et des grottes de Pâques (réseau très important).
Grottes À Saint-Cézaire-sur-SiagneInventaire spéléologique des Alpes-Maritimes, Créac'h Yves, tome IV, chez l'auteur, Nice, 1987. :