de Choiseul, de Choiseul ou de Choiseul est le fils de et d'Alix de Vignory. Il est seigneur de Choiseul, en Champagne (dans l'actuel département de la Haute-Marne), à la fin du et au début du .
Il épouse en premières noces Clémence de Faucogney, héritière de la seigneurie de Faucogney dans le comté de Bourgogne, qu'ils dirigent tous les deux. Il prend part à la guerre de succession de Champagne et soutient les prétentions de son cousin Érard de Brienne contre la comtesse Blanche de Navarre et son fils, le futur . Il participe ensuite à la cinquième croisade où il combat probablement lors du siège de Damiette aux côtés d'un autre de ses cousins, Jean de Brienne, roi de Jérusalem.
Revenu en France, il réalise un mariage prestigieux et épouse en secondes noces Alix de Dreux, d'origine capétienne et dame de Traves. En 1228, il combat aux côtés du comte de Champagne contre une ligue menée par un demi-frère du roi, mécontente de la régence de la reine mère Blanche de Castille.
Vassal de l'évêque de Langres, il s'est montré généreux toute sa vie durant avec le clergé et s'est efforcé d'augmenter la puissance de sa maison tout en conservant au maximum son indépendance vis-à-vis de ses puissants voisins, les comtes de Bourgogne, de Champagne et de Bar. Il meurt en 1239 et est inhumé en l'abbaye de Morimond. Son fils aîné lui succède dans la seigneurie de Choiseul tandis que son plus jeune fils, Robert de Choiseul, hérite de la seigneurie de Traves qui était de l'apanage de son épouse.
Biographie
Origines thumb|upright=1.5|alt=Photo de la motte castrale de Choiseul en Haute-Marne.|Motte castrale sur laquelle était situé l'ancien château de Choiseul. Né vers 1175, probablement au château de Choiseul, Renard est le fils aîné, et donc le principal héritier, de et d'Alix de Vignory. Les maisons de Choiseul (issue du démembrement du comté de Bassigny) et de Vignory (issue du démembrement du comté de Bolenois) sont parmi les principaux vassaux de l'évêque de Langres.
Renard est nommé pour la première fois dans une charte de 1176 lors d'un don de son père à l'abbaye de Belfays, probablement en remerciement à Dieu pour lui avoir donné un fils. Il est par la suite nommé régulièrement aux côtés de son père lors de différents actes au cours de la décennie suivante, probablement afin de l'associer au pouvoir et à son apprentissage.
Participation à la troisième croisade ? vignette|gauche|redresse=0.75|alt=Miniature médiévale représentant le siège de Saint-Jean-d'Acre lors de la troisième croisade.|Siège de Saint-Jean-d'Acre lors de la troisième croisade. British Library. Certains historiens du affirment que Renard a participé à la troisième croisade et aurait combattu au siège de Saint-Jean-d'AcreAlcide Marot, La Haute-Marne aux Croisades, 1927.. Mais avant de partir pour la Terre sainte, de nombreux croisés effectuaient des dons au clergé afin de s'attirer les bonnes grâces divines durant leur périple. Or, aucune charte de Renard n'atteste de tels dons ou de ce voyage. Seul un acte de 1190 signale la présence de Renard à Messine dans l'entourage du comte de Bar où ce dernier se porte garant d'un emprunt contracté par vingt-et-un chevaliers dont RenardPaul-André Roger, La Noblesse de France aux Croisades, 1845.. Or, il s'avère que cet acte est un faux établi pour la mise en place de la salle des Croisades au château de Versailles. De plus, l'historien Gilles Poissonnier estime la naissance de Renard en 1175 ou 1176, si bien qu'il n'aurait eu que quinze ans environ lors de cette croisade.
Premier mariage et accession à la seigneurie de Faucogney
Avant 1192, alors âgé d'environ , il épouse Clémence de Faucogney, fille d', seigneur de Faucogney et mort après 1174. La seigneurie de Faucogney est alors tenue par le fils aîné de ce dernier, également prénommé Aymon, qui meurt à son tour vers 1205 sans mariage ni postérité, transmettant ainsi le fief familial à sa sœur Clémence et donc au mari de celle-ciHenri de Faget de Casteljau, « Géographie, histoire et généalogies médiévales. Autour des premiers seigneurs de Lomont : les maisons de Faucogney, de Vesoul, de Ronchamp et d ’Auxelles », dans Mémoires de la Société pour l'histoire du droit et des institutions des anciens pays bourguignons, comtois et romands, 1981, ..
Renard et Clémence administrent donc ensemble les terres de Faucogney et partagent leur temps entre Choiseul et Faucogney jusqu'en 1207 où meurt la mère de Renard, Alix de Vignory, et où il est alors nécessaire pour lui d'imposer sa présence dans le Bassigny. Mais vers 1217, à la mort de Clémence de Faucogney et en l'absence d'héritier, Renard doit cependant laisser la seigneurie de Faucogney à la famille de son épouse, le titre revenant alors à , fils de Béatrice de Faucogney, sœur de Clémence, et d'Hugues de Rougemeont.
Accession à la seigneurie de Choiseul
Peu avant 1198, Renard hérite de la seigneurie de Choiseul à la mort de son père Foulques. Toutefois, il dirige le domaine paternel en commun avec sa mère Alix de Vignory qui en est usufruitière et dont le domaine constitue peut-être une partie de son douaire. Mais avant 1203, il dirige seul ses domaines bien que sa mère soit toujours vivante ; peut-être cette dernière a-t-elle renoncé à son douaire au profit de son fils aîné.
Renard essaie, par la suite, de renforcer le pouvoir de sa maison et de garder son indépendance. Il est ainsi le premier de sa lignée à utiliser des scribes personnels, dès le début de son règne, ce qui lui permet de s'affranchir de l'administration épiscopale alors qu'il est vassal de l'évêque de Langres.
En tant que seigneur de Choiseul, c'est également à lui que revient la charge de doter ses sœurs et de leur trouver un mari afin de nouer des alliances avec d'autres maisons nobles. Helvide, la plus âgée, épouse Simon de Beaujeu, tandis que la puînée, Ide, épouse Pierre de Mereville. Quant à la cadette, Alix, elle devient probablement moniale ou est alors morte jeune.
Vassalité aux comtes de Champagne, de Bourgogne et de Bar
thumb|upright|alt=Miniature médiévale représentant le roi Philippe-Auguste à cheval lors de la bataille de Bouvines.|Philippe-Auguste lors de la bataille de Bouvines, dans Vincent de Beauvais, Le Miroir Historial ().
Renard était déjà vassal du comte de Bourgogne pour Faucogney et ce qu'il possédait à Bourbonne, mais Choiseul était jusqu'alors un fief isolé qui devait hommage uniquement à l'évêque de Langres, bien qu'il attirait la convoitise de ses puissants voisins : les comtés de Bar et de Champagne.
En 1210, lors de deux chartes, Renard se déclare pour la première fois vassal de la comtesse de Champagne Blanche de Navarre pour des rentes qu'il possédait sur les foires de Bar-sur-Aube et de Provins. Cette vassalité ne compromettait pas beaucoup Renard, mais elle permettait de contenter les envies expansionnistes des Champenois et le protégeait contre d'autres rivaux.
En 1214, il fait partie des chevaliers-bannerets réunis sous l'étendard du comte de Champagne pour répondre à l'appel du roi de France Philippe-Auguste, et participe probablement à la bataille de Bouvines, même si aucun document n'atteste de sa présenceAlexandre Mazas, Vies des grands capitaines français du moyen-âge, 1845..
Toutefois, Renard garde toujours de bonnes relations avec son autre puissant voisin, le comte de Bar, d'autant plus que l'épouse de celui-ci est la sœur de sa seconde épouse. Ainsi, en 1209, il devient tuteur de la terre d'Apremont pendant l'absence de son légitime propriétaire parti aux croisades. Puis, en , à la mort du comte de Bar , Renard se porte caution pour le nouveau comte Henri de Bar envers le suzerain de ce dernier, le duc de Lorraine . Ces deux actes démontrent l'importance du sire de Choiseul vis-à-vis de ses voisins. Puis en 1224, il se déclare également vassal du comte de Bar, son beau-frère, pour Colombey et ce qu'il possède à Vrécourt.
thumb|left|upright|alt=Miniature médiévale représentant le buste de la comtesse Blanche de Navarre.|La comtesse Blanche de Navarre.
Guerre de succession de Champagne
Lors de la guerre de succession de Champagne, il fait partie des partisans d'Érard de Brienne, dont il était cousin, et de sa femme Philippa de Champagne, contre la comtesse Blanche de Navarre et son fils Thibaut.
En 1217, le pape exhorte Érard de Brienne et ses partisans, dont Renard, à faire la paix avec Blanche de Navarre sous peine d'excommunication. Cette paix dure du au ; après la reprise des hostilités, le pape fulmine l'excommunication d'Érard de Brienne et ses alliés, dont Renard.
En , Blanche de Navarre et le duc de Bourgogne , alors en marche pour attaquer la ville de Nancy car le duc de Lorraine compte parmi les plus puissants soutiens d'Érard de Brienne, attaquent tour à tour les châteaux de Châteauvillain, de Clefmont et de JoinvilleErnest Petit, Histoire des ducs de Bourgogne, 1885.. Renard prend probablement part à ces batailles. Puis, en , alors que la ligue menée par Érard perd un à un tous ses soutiens, les derniers membres sont réunis dans son château de Faucogney et Renard se porte alors caution d'Érard de Brienne pour que ce dernier observe la trêve qui lui est imposée.
Participation à la cinquième croisade vignette|upright=1.5|alt=Tableau représentant une bataille navale lors du siège de Damiette pendant la cinquième croisade.|Navire brisant la chaîne de Damiette lors la cinquième croisade. Peinture d'histoire de Cornelis Claesz van Wieringen, musée Frans Hals, vers 1625.
En 1218, il prend part à la cinquième croisade et participe probablement au siège de Damiette sous le commandement de son cousin le roi de Jérusalem Jean de Brienne.
Une charte de 1219 attesterait de la présence de Renard à Damiette, mais les historiens Henri de Faget de Casteljau et Gilles Poissonnier ne mentionnent pas la présence de Renard à cette croisade dans leurs études sur la famille de Choiseul. Par conséquent, il demeure possible que Renard n'ait jamais effectué le voyage en Terre sainte.
Toutefois, avant son départ, sa notoriété ne semble pas entachée par sa participation à la guerre de succession de Champagne car il se trouve à la cour de l'évêque de Verdun où il est témoin de l'acquisition d'un bien par le seigneur de Cons, puis à celle du comte de Bar où il figure comme caution avec le comte de Vaudémont d'un accord entre le comte de Chiny et Guillaume et Richard de Chauvency.
Deuxième mariage et lutte pour l'obtention de Salins
Vers 1220, alors qu'il est veuf et âgé d'environ , il épouse en secondes noces Alix de Dreux, veuve de , seigneur de Salins, et fille de , comte de Dreux, et Yolande de Coucy. Ce mariage est prestigieux pour la maison de Choiseul car Alix de Dreux est une arrière petite-fille du roi des Francs et donc d'origine capétienne. Le douaire d'Alix de Dreux comprend alors en Franche-Comté le château de Bracon et un probable usufruit sur la terre de Salins. Renard assigne alors son château de Choiseul et la moitié de sa terre sur ce douaire. Les démarches entamées pour recouvrer les biens de son épouse doivent être ruineuses pour Renard, car en 1223 il doit emprunter à un certain Gilebert de Chaumont, un bourgeois enrichi, et lui laisser comme garantie de remboursement le village de Chauffourt.
Vers 1222, Renard voit la naissance de son premier fils et héritier Jean. Jusqu'alors, son unique héritier était son frère puîné Barthélemy de Choiseul, qu'il a associé à plusieurs de ses actes. Passé cette date, Barthélemy semble se retirer dans ses terres de Vrécourt.