Larmor-Baden est une commune française située dans le département du Morbihan en région Bretagne.
Géographie
Localisation Larmor-Baden se situe sur une presqu'île au bord du golfe du Morbihan, à 14 km de Vannes et à 14 km d'Auray. vignette|left|Carte de la commune de Larmor-Baden.
Larmor-Baden a la particularité de n'avoir une limite terrestre qu'avec une seule commune, Baden. Elle possède des limites maritimes avec les autres communes.
Géologie et relief vignette|left|Baie de Port Lagaden.
La superficie de la commune est de dont 396 pour la partie émergée ; son altitude varie de .
Son littoral est très découpé alternant anses et presqu'îles : de l'ouest vers l'est l'anse de Locmiquel (partagée avec Baden), la pointe du Berchis, l'anse de Port Lagaden, la presqu'île de Larmor et l'anse de Kerdelan (aussi partagée avec Baden). Le marais de Pen en Toul, dans lequel se jette le ruisseau de Brangon (un minuscule fleuve côtier), est un ancien golfe marin qui fut partiellement exploité comme marais salant.
La commune possède 4 îles sur son territoire : l'île de Berder, reliée au continent par une chaussée submersible, l'île de Gavrinis, l'île Longue et Radenec.
Voies de communication et transports En situation péninsulaire, Larmor-Baden est à l'écart des principaux axes de circulation qui desservent le sud de la Bretagne, notamment de la voie express RN 165 et de la ligne ferroviaire Paris-Rennes (ou Nantes) - Vannes-Lorient-Quimper. Larmor-Baden est accessible par la RD 316 qui traverse le village et est connectée en deux points à la RD 101, reliant Auray à Vannes en passant par Baden.
Larmor-Baden est desservie par deux lignes d’autobus : la ligne 12 du réseau de l'agglomération vannetaise Kicéo qui la relie à Vannes et la ligne 6 du réseau des transports interurbains du Morbihan (TIM) qui la relie à Auray. Il existe également deux services de transport à la demande gérés par l'agglomération : Mobicéo pour les personnes à mobilité réduite et Créacéo. Les transports scolaires sont assurés par le conseil général du Morbihan.
Risques naturels et technologiques La commune est soumise à des risques d'inondation fluviale, d'inondation par subversion marine et de tempête ainsi qu'un aléa Retrait-Gonflement des Argiles dans l’axe du marais de Pen en Toul (risque moyen). Le risque sismique est de niveau 2.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le ruisseau de Brangon..
Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : le marais de Pen en Toul ()..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Auray à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme
Typologie Au , Larmor-Baden est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Vannes, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
La commune, bordée par l'océan Atlantique, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit..
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (45,2 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (45,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (25,5 %), zones agricoles hétérogènes (24,1 %), terres arables (15,6 %), zones humides côtières (15,4 %), forêts (11,1 %), prairies (5,5 %), eaux maritimes (2,8 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Larmor-Baden s'appelait jusqu'en 1695 Guenredut (ou Guerendut ou Gwerndut), ce nom d'origine bretonne pouvant être traduit en français par « Gens du marais ». C'est à partir de 1696 que Guenredut est dénommé Larmor pour la première fois, mais les deux noms demeurèrent fréquemment accolés jusqu'à la Révolution française pour dénommer le villageAssociation pour le développement du tourisme et des loisirs à Larmor-Baden (Morbihan), "Larmor-Baden sous la Révolution : chronique anecdotique : 1788-1799", 1989, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3374897j/f9.item.r=Keralbaud.
Le nom, actuel, de la commune a été fixé et décidé lors de sa création en 1924 en se séparant de Baden. Larmor signifie en breton « village de mer »., de l’ancienne écriture du nom de la chapelle du pèlerinage de « Notre-Dame de l’Armor »
Le nom breton de la commune est An Arvor-Baden. Le nom An-Arvor reprend le nom de la chapelle de pèlerinage, la transcription bretonne de son nom étant « Itron Varia an Arvor ».
La prononciation locale ignore la terminaison BadenNorois - Volume 13 - Page 308..
Histoire
Préhistoire Son territoire, habité depuis des millénaires fut marqué au néolithique (IVe millénaire) par la présence d'une population sédentaire d'agriculteurs, éleveurs et pêcheurs. Ils étaient organisés en communautés capables d'élever des monuments colossaux : menhirs, cromlechs, dolmens. On peut voir leurs vestiges dans les îles de Gavrinis, l'Ile Longue et Berder. Ces lieux étaient accessibles à pied : à cette époque le niveau de la mer était plus bas de plusieurs mètres. Remarquables constructeurs, ces hommes étaient aussi des marins expérimentés, allant le long des côtes et même en haute mer pour pêcher, échanger des produits (de curieux bateaux sont gravés sur le dolmen de Mane Lud en Locmariaquer). Les siècles passant, les monuments devinrent plus modestes ; on trouve, ainsi, une tombelle sur la route de Berder - un tumulus circulaire (tertre de terre) recouvre une fosse rectangulaire destinée à recueillir les restes d'un défunt. A la pointe de Berchis, la "Pierre aux oiseaux" était un monolithe percé de trous destinés à tailler la pierre par éclatement. Elle gisait dans la lande et servait de rendez-vous à la jeunesse avant la construction des maisons.
Les Vénètes Au les Celtes s'implantèrent dans l'Ouest. Le peuple des Vénètes s'installa dans le Golfe du Morbihan.
De l'époque gallo-romaine subsistent les vestiges d'une voie romaine à La Saline ; elle traversait le pays jusqu'à la côte d'où on embarquait pour Locmariaquer base d'une garnison romaine.
Durant les siècles suivants
Gavrinis Après les invasions vikings, le Cartulaire de l'abbaye de Redon note la présence d'un ermite normand installé dans l'île de Gavrinis"Cartulaire de l'abbaye de Redon".
Dès le , des "moines rouges" (Chevaliers de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem - confondus par le peuple avec les Templiers-) s'installèrent dans cette île. Des ruines d'un monastère et d'une chapelle témoignent de leur présence ainsi que des sépultures. Un crucifix de style byzantin a été trouvé dans les ruines.
Le village de Larmor La montre du qui se tint à Vannes n'indique la présence d'aucun noble venu de Larmor..
Larmor était une frairie de Baden et c'était son port. Jusqu'en 1695, il est très peu question de Larmor mais plutôt de Guenredut, Guerendut, ou Guerdut, à l'origine Guern en Duc, le marais du Duc ou Guerendut, les gens du marais. C'était, dit-on, le plus vieux village de Baden ; il était situé au pied des salines sous Trevras. Trevras était une seigneurie longtemps tenue par les seigneurs de Peillac, puis par le seigneur de Keralbaud. Elle dépendait du duc de Bretagne par la seigneurie de Largoët. En 1525, selon le rôle des fouages, Guenredut comprenait six feux.
Les noms de lieux comme la Saline, le Paludo témoignent de l'existence de marais salants et de paludiers. Il y avait un banc d'huîtres naturelles dans l'anse de Pen-en-Toul que les pêcheurs venaient glaner. Les laboureurs produisaient des céréales (blé, mil, seigle, avoine) et du lin . De vieux bâtiments de fermes subsistent : une maison rue du Four, datée de 1500, une ferme, rue du Verger datée de 1662, des fermes à Kereden et au Ter...
La vocation maritime de Larmor persista tout au long des siècles ; un document des archives de Bordeaux daté de 1445 l'atteste ; un marchand, Jean Le Gal, affrète la barque Saint-Yves de Baden dont le maître (capitaine) est Guillaume Jénodé, pour charger des tonneaux de vin à livrer dans divers ports bretons dont Vannes et Auray.
Dans la seconde moitié du , d'après les registres paroissiaux on peut estimer que la population de Larmor est d'environ 330 personnes ; une douzaine de personnes vivaient alors dans l'île de Berder, environ 25 au Diben, une trentaine au Ter et une quarantaine à Locqueltas, enfin environ 80 personnes à Trévras, y compris Les Salines, soit en tout environ 560 personnes dans les limites actuelles de la commune de Larmor-BadenAssociation pour le développement du tourisme et des loisirs à Larmor-Baden (Morbihan), "Larmor-Baden sous la Révolution : chronique anecdotique : 1788-1799", 1989, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3374897j/f10.item.r=Keralbaud.