Le régiment d'Aunis est un régiment d'infanterie du royaume de France, créé en 1621 sous le nom de régiment de Castelbayard, devenu sous la Révolution le d'infanterie de ligne.
Création et différentes dénominations : Création du régiment de Castelbayard : Licenciement du régiment de Castelbayard : Recréation du régiment de Castelbayard : Devient le régiment de Montausier : Renommé régiment de Crussol : Prend le nom de régiment d'Antin : Renommé régiment de Gondrin : Devient le régiment de La Gervasais : Reprend le nom de régiment d'Antin : Reprend le nom de régiment de Gondrin : Renommé régiment de Montboissier : Devient le régiment de Joyeuse : Prend le nom de régiment de Vaubécourt 10 décembre 1762 : Renommé régiment d'Aunis : Le régiment est dédoublé; ses et bataillons forment le régiment de Bassigny. 1er janvier 1791 : Tous les régiments prennent un nom composé du nom de leur arme avec un numéro d’ordre donné selon leur ancienneté. Le régiment d'Aunis devient le d'infanterie de ligne ci-devant Aunis.
Colonels et mestres de camp Régiment de Castelbayard : N. Marion, baron de CastelbayardLe baron de Castelbayard était un hobereau gascon Régiment de Montausier : Hector de Sainte-Maure, baron de Montausier : Charles de Sainte-Maure, marquis de Montausierfrère du précédent Régiment de Crussol : Emmanuel de Crussol, comte puis duc d'Uzès gendre du précédent, duc d'Uzès brigadier le 13 février 1674, † juillet 1692 : Louis, duc de Crussol d'Uzèsfils du précédent, duc d'Uzès : Jean Charles, duc de Crussol d'Uzèsfils du précédent, duc d'Uzès Régiment d'Antin : Louis Antoine de Pardaillan de Gondrin, marquis d'Antingendre du précédent, brigadier le 30 mars 1693, maréchal de camp le 3 janvier 1696, lieutenant général des armées du roi le 23 décembre 1702, donna à cette époque (1702) le régiment à son fils († 2 novembre 1736) Régiment de Gondrin : Louis de Pardaillan de Gondrin marquis de Gondrin, puis duc d'Antinfils du précédent, brigadier le 29 mars 1710, † 5 février 1712 à l'âge de 23 ans. : Louis Antoine de Pardaillan de Gondrin, marquis d'Antin ()Après la mort de son fils (Louis de Pardaillan de Gondrin) le père reprit le régiment le 13 février 1712, et le garda jusqu'au 26 juillet de la même année. Il s'en démit alors sous la condition que la propriété du corps ferait retour à sa famille, aussitôt qu'il s'y trouverait quelqu'un en âge de le commander. Régiment de La Gervaisais : Auguste Nicolas Magon de La Gervaisais Régiment d'Antin : Louis de Pardaillan de Gondrin, duc d'Antin fils de Antoine Louis de Pardaillan de Gondrin, marquis d'Antin, brigadier le août 1734, maréchal de camp le 20 février 1743, † 9 décembre 1743 Régiment de Gondrin : Louis de Pardaillan, marquis de Gondrinfils du précédent, † 1757 Régiment de Montboissier : Charles Henri Philippe, vicomte de Montboissier brigadier le 27 octobre 1747, † 24 février 1751 Régiment de Joyeuse : Jean Armand, marquis de Joyeuse brigadier le janvier 1748 Régiment de Vaubécourt : Jean Charles de Nettancourt Hausseville, marquis de Vaubécourt Régiment d'Aunis : Pierre Marie de Chapelle, comte de Jumilhac François-Alexandre Aubert de La Chesnaye-Desbois : Dictionnaire de la noblesse : Jean-Baptiste, comte du Lau d'Allemans : Antoine Louis, marquis d'ApchonAntoine Louis Claude de Saint-Germain d'Apchon mort guillotiné le 17 germinal an II () : Hilarion Paul François Bienvenu de Puget, comte de Barbatanne d'infanterie de ligne ci-devant Aunis : Charles Joseph de Losse de Bayac : Jean Théodore Colle
Historique des garnisons, combats et batailles du régiment Les origines (1615-1621) Un de ces hobereaux gascons, fanfarons et besogneux, qui vivaient de leur rapière et du dévouement intéressé dont ils faisaient parade pour le duc d'Épernon, colonel-général de l'infanterie, le baron de Castelbayard, rassembla dès l'année 1615, quelques centaines de soldats vagabonds, ses compatriotes, et en forma un régiment pour le service de son maître. Celui-ci, que le prince de Condé venait d'accuser ouvertement d'avoir armé la main de Ravaillac, ne voyait pas sans inquiétude le roi Louis XIII s'acheminer à la tête d'une armée, et à travers les provinces de son gouvernement, pour aller à Bordeaux célébrer son mariage avec l'infante Anne d'Autriche, et, sous l'apparence de faire honneur à son souverain, il se mettait en mesure de résister à un acte d'autorité.
Ce danger passé, le duc d'Épernon licencia les gens de pied de Castelbayard, mais il les rappela près de lui en 1617, au moment où la levée de boucliers des seigneurs du royaume contre le maréchal d'Ancre, lui fit craindre de nouveau qu'une atteinte ne fût portée à l'énorme autorité dont il était revêtu La faveur de Henri III et la politique de Henri IV avaient assuré au duc d'Épernon la charge de colonel-général de l'infanterie et les gouvernements des Évêchés, de l'Angoumois, de la Saintonge et de l'Aunis.. Après la mort du maréchal d'Ancre, pour masquer le motif réel de ses armements, le colonel-général eut recours à un moyen qui lui réussit plusieurs fois, et dans lequel on trouve le secret du maintien de sa fortune dans la position extrêmement difficile où il était forcé de vivre. Il se rabattit sur les protestants, ce qui ne pouvait être qu'agréable à la cour, et conduisit ses forces autour de La Rochelle. Cette guerre, qu'on appela la guerre d'Aunis, ne donna lieu qu'à quelques escarmouches sans importance, mais, les railleries que les Rochelais se permirent alors, peuvent être considérées comme l'origine des querelles plus graves qu'on leur suscita bientôt, et qui finirent par amener la ruine de cette ville et du protestantisme.
Les tracasseries dont les Huguenots furent l'objet pendant les trois années suivantes, les conduisirent enfin à se révolter, comme on le désirait. Une assemblée générale convoquée à La Rochelle publia, le , une déclaration d'indépendance qui partageait la France protestante en huit cercles fédérés. C'était une république superposée à une monarchie.Louis XIII marcha en personne contre les rebelles, et après la prise de Saint-Jean-d'Angély, au moment de partir pour aller soumettre la Guyenne, il chargea le duc d'Épernon, par un ordre du , de lever des troupes et d'aller bloquer La Rochelle.
Régiment de Castelbayard (1621-1630)
Rébellions huguenotes Le régiment du baron de Castelbayard, fort de 500 hommes, fut bientôt prêt et arriva le premier à La Jarrie, quartier général du duc d'Épernon. Ce corps se distingua dans les escarmouches journalières qui eurent lieu contre les troupes rochelaises jusqu'à l'hiver, se montra des plus ardents à faire les moissons et les vendanges des Huguenots, et mérita ainsi d'être maintenu sur pied pendant la morte-saison.
Au mois d', il se trouva tout porté pour prendre part, avec l'armée royale, à la chasse donnée à Benjamin de Rohan seigneur de Soubise dans les marais du bas Poitou, et il eut ensuite l'honneur d'accompagner le roi sous les murs de Royan et d'y ouvrir la tranchée du côté du Fossillon, pendant que les Gardes françaises et Navarre faisaient la même opération d'un autre côté. Royan se rendit au bout de six jours, et pendant que Louis XIII marchait vers la Guyenne, le régiment de Castelbayard revint prendre son poste aux environs de La Rochelle bloquée par Louis de Bourbon comte de Soissons. Le régiment établit son camp à Laleu, commença les travaux du Fort Louis et de la digue, et soutint un vif combat le contre les Rochelais, tout proche du village de Saint-Maurice.C'est sans doute le souvenir de ces circonstances, qui valut à ce corps le titre de la province d'Aunis, quand il cessa, en 1762, d'être régiment de gentilshommes.
La paix de Montpellier fut cause que le régiment de Castelbayard fut réformé au mois de . Cette réforme toutefois, ne paraît point avoir été exécutée, car le duc d'Épernon ayant été pourvu en 1623, du gouvernement de la Guyenne, demanda au roi et obtint, pour appuyer son autorité dans cette province, d'entretenir à ses frais deux régiments d'infanterie et une compagnie de gendarmes. Or, ces deux régiments d'infanterie étaient le régiment de son fils Bernard de La Valette, et celui du baron de Castelbayard. Ce dernier fut mis en garnison à Bergerac. Les armements des Rochelais firent rentrer Castelbayard au service du roi, le . Il fut alors employé dans les îles de l'Aunis, et resta entretenu jusqu'au .
Le , le baron reçut l'ordre de remettre son régiment sur pied pour le siège de La Rochelle, et depuis ce moment il n'a plus eu d'interruption dans son existence.
Pendant le siège de La Rochelle, le régiment de Castelbayard fut surtout employé à la construction et à la garde du fort que Louis XIII ordonna d'élever sur la pointe de Corneilles. Après la capitulation de la ville, le régiment qui avait bien servi, y fut mis en garnison avec les corps connus plus tard sous les noms de Bourbonnais et de Poitou.
Guerre de Succession de Mantoue Il resta moins d'un an en garnison à La Rochelle, car on le trouve en 1629, à l'armée de Savoie pour participer à la guerre de Succession de Mantoue. Au mois d'août de cette année, un détachement de 400 hommes se jeta dans Rosignano près de Casale, et s'y fortifia.
Régiment de Montausier (1630-1665)
Guerre de Succession de Mantoue Il y fut assiégé en 1630 par le fameux Ambrogio Spinola. Après une résistance de quatorze jours dans cette mauvaise bicoque, résistance qui fut fort admirée, après avoir supporté les effets de coups de canon et de trois mines, ce détachement obtint, le , une capitulation des plus honorables, et rentra en France. Les officiers eurent la liberté de se jeter dans Casal où se trouvait le reste du régiment et son nouveau mestre de camp, Hector de Sainte-Maure baron de Montausier, qui s'était illustré l'année précédente en défendant avec succès cette ville contre Spinola.
Le général espagnol reprit immédiatement ses projets contre Casal, mais il y eut affaire à des troupes aguerries, à des officiers ivres de gloire (1), et au brave marquis de Toiras, qui défendit Casal comme il avait défendu l'île de Ré. Le traité de Ratisbonne vint mettre fin à une résistance qui semblait sans limites, et qui arracha à Spinola ce témoignage d'admiration : . Le colonel du régiment, Hector de Sainte-Maure baron de Montausier avait été blessé pendant ce siège.
Guerre de Trente Ans Le régiment fit la campagne de 1631, lors de la guerre de Trente Ans, en Lorraine, et on le trouve en 1632, employé à la prise de Moyenvic, de Bar-le-Duc et de Saint-Mihiel. Il va de là à la conquête de Trèves et passe l'hiver sur la Moselle.
En , il est à l'investissement de Nancy, et après la soumission de cette ville, il y est mis en garnisonLe siège de Nancy en 1633 sur societe-histoire-lorraine.com.
Il quitte Nancy en , pour se rendre à Rambervillers où s'assemblait une petite armée placée sous les ordres du duc de Rohan.
Guerre franco-espagnole Au commencement de 1635, il opère en Alsace contre le duc de Lorraine, qui est obligé