La démographie de la Suisse est l’étude quantitative et qualitative des caractéristiques démographiques de la population de la Suisse, y compris la densité de population, d'ethnie, du niveau d'éducation, de la santé de la population, du statut économique, des affiliations religieuses et d'autres aspects de la population.

Au , la Suisse compte de résidents permanents, selon l'Office fédéral de la statistique. À titre de comparaison, au , la Suisse comptait environ 8,2 millions d'habitans. Après une décennie 1975-1984 de quasi-stagnation, la population du pays a repris sa tendance ascendante pour arriver en 2024 à un accroissement annuel de 1%.

Le rôle de l'immigration dans la démographie helvétique est notable : en 2025, la Suisse comptait quasiment 28 % de personnes de nationalité étrangère.

Population Avec une population de en 2023, la Suisse se classe au rang mondial par sa population. Sa densité de population est de par kilomètre carré en 2024. L'espérance de vie globale en Suisse à la naissance en 2024 est de pour les femmes et pour les hommes. Le taux de fécondité de par mère en 2025 est comparable aux autres pays développés. Le taux de natalité de la Suisse a continuellement dépassé son taux de mortalité depuis que des statistiques sont disponibles, en 1861. L'Office fédéral de la statistique prévoit que la population pourrait dépasser les d'habitants d'ici 2050. La population de la Suisse augmente régulièrement ; en 1861 elle s'élevait à d'habitants et elle a dépassé la barre des en 1891. Les cap des 4, 5, 6, 7 et d'habitants ont été atteints respectivement en 1926, 1955, 1967, 1994 et 2012. Depuis 1861, le taux d'accroissement naturel de la population n'a été négatif qu'en 1918, lorsqu'il a atteint . La même année, la population totale de la Suisse a connu une variation négative de 0,36 % ; la population a également baissé de entre 1975 et 1977.

Naissances et décès En 2020, vivantes ont eu lieu en Suisse. L'âge moyen des mères mariées à la naissance de leur premier enfant est de , l'âge moyen à la maternité étant de . 27,7 % des naissances vient de couples hors mariage. La même année, sont décédées en Suisse, parmi lesquelles et . ont eu lieu alors que la personne était agée de ou plus, tandis que la part des représente . En 2018, les maladies cardiovasculaires et les tumeurs malignes étaient les principales causes de décès dans le pays, avec respectivement . La même année, on a enregistré , dont dues à des accidents. En 2020, le taux brut de natalité était de 9,9 pour mille, dépassant le taux de mortalité qui était de 8,8 pour mille. En 2019, le taux de mortalité infantile était de 3,3 pour mille.

Structure d'âge Selon les chiffres de 2020, la population de la Suisse est dominée par le segment des 40-64 ans (35 %), tandis que la taille de la population de moins de 19 ans et de plus de 64 ans est relativement faible (19,9 % et 18,8 % respectivement). Le rapport de masculinité pour la population totale est de par femme.

Répartition de la population L'Office fédéral de la statistique regroupe les cantons en sept zones géographiques : la région lémanique (Vaud, Valais et Genève ; au ), l'Espace Mittelland (Berne, Fribourg, Soleure, Neuchâtel et Jura ; ), la Suisse du Nord-Ouest (Bâle-Ville, Bâle-Campagne et Argovie ; ), le canton de Zurich (), la Suisse orientale (Glaris, Schaffhouse, Appenzell Rhodes-Extérieures, Appenzell Rhodes-Intérieures, Saint-Gall, Grisons et Thurgovie ; ), la Suisse centrale (Lucerne, Uri, Schwytz, Obwald, Nidwald et Zoug ; ) et le canton du Tessin (). Toutes ces régions ont connu une variation positive de leur population en 2019, à l'exception du Tessin, dont la population a baissé de 0,2 % principalement à cause d'un accroissement naturel négatif.

En 2020, les cantons les plus peuplés sont Zurich (), Berne (), Vaud (), Argovie (), Saint-Gall () et Genève (). Les cantons les moins peuplés sont quant à eux Appenzell Rhodes-Intérieures (), Uri (), Obwald () et Nidwald (). En termes de densité de population, selon les chiffres de 2018, Bâle-Ville est première avec , suivi de Genève () et Zurich (). Les Grisons ont la plus petite densité avec .

Répartition linguistique

thumb|Répartition géographique des langues en Suisse.

La Suisse est à la croisée de plusieurs grands pays européens qui ont influencé ses langues et ses cultures. Elle a quatre langues nationales : l'allemand, le français et l'italien, toutes trois langues officielles, ainsi que le romanche, qui n'est que partiellement langue officielle.

L'allemand (63,7 % au recensement de l'année 2000) est parlé sur la plus grande partie du territoire, sauf à l'ouest où l'on parle français (22,5 %), au sud-est où l'on parle italien (6,5 %) et romanche pour une petite minorité (0,5 %) disséminée dans le sud-est et le sud-ouest du canton des Grisons. À cette date, 9 % des résidents parlaient une langue non nationaleLe paysage linguistique en Suisse ..

L'allemand est la langue la plus répandue. 17 cantons suisses sur 26 sont unilingues allemands. La population germanophone parle généralement l'un des nombreux dialectes suisses allemands ou Schwyzerdütsch, lesquels jouissent d'une grande valorisation sociale, y compris dans les centres urbains. L'usage de l'allemand standard est limité aux situations les plus formelles. Dans le milieu scolaire, afin d'élever le niveau d'allemand des élèves qui généralement préfèrent parler le dialecte, plusieurs cantons alémaniques (dont Zurich, Schwytz, Uri et Zoug) ont imposé l'usage systématique du Hochdeutsch, et les professeurs sont tenus de s'exprimer exclusivement dans cette langue.

Le français est parlé dans l'ouest du pays, région généralement appelée Suisse romande. Quatre cantons sont unilingues français (Genève, Jura, Neuchâtel et Vaud) tandis que trois sont officiellement bilingues français-allemand (Fribourg, Valais et Berne). Les dialectes arpitans sont encore pratiqués très localement (sauf dans le canton du Jura qui appartient à l'aire des langues d'oïl), notamment en Valais et dans le canton de Fribourg, mais ils ont presque disparu dans l'usage quotidien.

Quant à l'italien, il est parlé dans le canton du Tessin (Ticino en italien) et quelques vallées méridionales des Grisons. L'usage du dialecte tessinois, apparenté aux parlers lombards, y demeure très vivant.

vignette|Diagramme des langues nationales en Suisse.

Le romanche n'a pas le même statut que l'allemand, le français et l'italien. Selon l'alinéa 1 de l'article 70 de la Constitution fédérale, les langues officielles de la Confédération sont l'allemand, le français et l'italien. Le romanche est aussi langue officielle pour les rapports que la Confédération entretient avec les personnes de langue romanche.

L'anglais est parfois utilisé dans le monde du travail, y compris par l'administration. Il n'a pas de reconnaissance officielle. Enfin le latin sert parfois lorsqu'il faut désigner dans une seule langue des institutions suisses : Confœderatio helvetica (CH), Pro Helvetia, Pro Natura, Pro Infirmis, etc.

La majorité des formations supérieures ne sont enseignées que dans deux langues (allemand et français), dans une seule (allemand pour la formation de vétérinaire) ou encore ont lieu dans plusieurs langues mélangées : professeurs et étudiants parlent leur langue maternelle (diplôme d'expert en assurances de pensions).

Cantons et villes multilingues

La Suisse compte quatre cantons multilingues, dont trois sont bilingues français-allemand, le dernier, les Grisons, étant trilingue allemand-romanche-italienOFS - Population résidante selon la langue principale en 1990 et 2000 ..

+Langue principale utiliséeCantonRecensementPopulationtotaleAllemandFrançaisItalienRomancheValais19901252000114Fribourg19901172000131Berne19908672000688Grisons19908472000961

Dans les cantons de Valais et de Fribourg, on constate une forte progression du nombre de locuteurs francophones, liée à l'assimilation culturelle de nombreux immigrants (Fribourg : + 17,3 % de francophones en ). L'allemand y progresse également, mais à un rythme nettement moins élevé (Fribourg : + 11,5 %). Dans le canton de Berne, assez peu dynamique démographiquement, le français perd au contraire près de 2 % de ses locuteurs, tandis que l'allemand progresse avec le même pourcentage.

Enfin dans les Grisons, le romanche continue à se replier au bénéfice de l'allemand (-8,9 %), tandis que l'italien stagne.

La Suisse compte deux villes bilingues français-allemand importantes, dont voici la situation linguistique aux mêmes dates :

+Langue principale utiliséeVilleRecensementPopulationtotaleAllemandFrançaisFribourg19902000Bienne19902000

Entre les deux recensements, c'est le français qui progresse à Fribourg, mais l'allemand gagne du terrain à Bienne où les francophones passent de 30,6 % à 28,1 %. À noter que dans les deux cas la population totale est en léger déclin.

Immigration Entre 2014 et 2023, la Suisse a ainsi accueilli 1,8 million d’étrangers supplémentaires, avec une immigration nette supérieure à 1 million de personnes. En 2025, la Suisse compte ainsi près de 2,5 millions d'habitants n'ayant pas la nationalité hélvétique. À titre de comparaison, en 2001, d’immigrés et de descendants d’immigrés de ou plus vivaient en Suisse. Si l’on y ajoute les quelque de moins de , cette population représentait environ de personnes, soit 33 % de la population résidante permanente en Suisse: ce chiffre étant composé de deux tiers par les immigrés et d'un tiers par leurs descendantsCommuniqué de presse, Office fédéral de la statistique, Neuchâtel, 13 septembre 2002 ..

Cette augmentation soutenue de la population étrangère résulte d’une politique de portes ouvertes délibérée et assumée. En effet, bien que la Suisse ne fasse pas partie de l’Union européenne, le pays a rejoint l’espace Schengen de libre circulation des personnes dès .

La Suisse est également le pays en Europe, après le Luxembourg, qui compte proportionnellement en 2008 le plus de personnes issues de l'immigration ( et ) parmi les personnes âgées de avec 31,1 % d'immigrés et 15,3 % d'enfants d'au moins un immigré, soit un total de 46,4 %, loin devant la France (26,6 %), la Suède (25,8 %), l'Irlande (25,4 %), l'Autriche (25,3 %), le Royaume-Uni (24,4 %), les Pays-Bas (23,5 %), la Belgique (22,9 %), l'Allemagne (21,9 %) et l'Espagne (20,2 %)Migrants in Europe - A statistical portrait of the first and second generation, Eurostat, décembre 2011, ..

Dans un rapport de 2007, Doudou Diène, le Rapporteur spécial de l'ONU sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance qui y est associée, a constaté une dynamique raciste et xénophobe en Suisse. Selon ce document, les étrangers européens du sud-est ainsi que les extra-européens seraient les plus touchés. .. Le Conseil fédéral a pris note du rapport et a déclaré « qu’on ne peut pas, à partir de cas particuliers, tirer des conclusions générales quant à l’existence « d’une dynamique de racisme et de xénophobie en Suisse » comme le dit le rapport de l’ONU. ». Une étude conduite en 2006 par l’Université de Genève avec le soutien du FNS a toutefois révélé que plus de 50 % des personnes interrogées ont des idées xénophobes.. Même si 90 % n'approuvent pas l'extrémisme de droite, 77 % voudraient que les étrangers soient mieux intégrés et 55 % voudraient une naturalisation facilitée. Il faut également noter que dans certains cantons, le droit de vote est accordé aux étrangers sur le plan communal et cantonal. La disposition constitutionnelle leur donne parfois même le droit d’éligibilité.

Immigrés selon leur pays d'origine Pays voisins

Autres pays européens

Yougoslavie et son territoire

Apatrides

Immigrés selon leur continent d'origine

Répartition selon la nationalité

Début 2007, la Suisse comptait dont (soit 20,7 %). La proportion d'étranger vivant en Suisse est à mettre en perspective avec les règles de naturalisation :