vignette|Mohammed Alim Khan, émir de Boukhara. Photo prise en 1911, par Sergueï Prokoudine-Gorski au cours de son travail de documentation sur l'Empire Russe.

Émir est un titre de noblesse utilisé dans le monde musulman. En arabe, ʾamīr est celui qui donne des ordres, mot lui-même dérivé du verbe ʾamara (commander).

Le mot « émir » peut signifier « prince » (« émira » désignant « princesse ») lorsqu'il désigne une personne régnant sur un territoire, ou « général » lorsqu'il désigne un commandant d'armée. On remarque ainsi que ce titre peut être comparé à celui de duc du monde européen.

Le territoire dirigé par un émir se nomme émirat (principauté en français).

Le terme émir peut également être porté comme prénom, orthographié dès lors « Amir » (ou « Amira » au féminin).

Le terme amiral est dérivé de ce titre. Une première étymologie le donne comme dérivé de la locution ʾamīr al baḥr (« émir/prince de la mer »), étymologie par la suite contestée au profit de la locution ʾamīr al ālī (« très grand chef »)Amiral in Trésor de la Langue française, vol. 2, CRTLF, 1973..

En arabe Amīr al-mu’minīn

Amīr al-mu’minīnen arabe , « prince des croyants » est habituellement traduit par « commandeur des croyants ». C’est le titre donné au représentant suprême des musulmans, porté dans les premiers temps de l'islam par le calife. Le terme a été latinisé comme Miramolinus, d'où en français Miramolin, tandis qu'en grec on trouve la forme "Améroumnis" (Αµερουµνης) voire "Mirmnis" (Μηρµνης).

Le roi du Maroc porte aujourd'hui le titre de Commandeur des croyants, mais son titre n'est pas reconnu par les autres pays musulmans.

Amīr al-muslimīn Amīr al-muslimīnAmīr al-muslimīn, en arabe : amīr al-muslimīn, , « prince des musulmans » est le titre donné aux sultans et signifiant « prince des musulmans ». Ce titre a été utilisé par Abû Yûsuf Ya`qûb ben `Abd al-Haqq sultan Mérinide qui en 1269, se proclame « prince des musulmans » (amīr al-muslimīn) pour ne pas prendre le titre califal de « commandeur des croyants » (amīr al-mu’minīn).

Amīr al-'umarā' Le titre d’amīr al-'umarā'Amīr al-'umarā’, en arabe : amīr al-ʾumarāʾ, , « émir des émirs » « émir des émirs » a été donné au au commandant des armées califales. Il a ensuite été porté par les grands émirs bouyides lors de leur mise sous tutelle du califat à partir de 945. Ce titre est ensuite repris par les Seldjoukides lorsqu’ils prennent la succession des Bouyides en 1055.

En persan Amīr-e olūs Amīr-e olūsAmīr-e olūs en persan : amīr olūs, , « prince de la nation ». Du mot turc d’origine mongole ulus, nation. « prince de la nation » un équivalent d'amīr al-'umarā' dans le contexte de la dynastie des Ilkhanides..

Amīr-e tūmān Amīr-e tūmānAmīr-e tūmān en persan : amīr tūmān, , « commandant de dix mille (hommes) » c'est-à-dire responsable d’une région capable de fournir dix mille soldats. « émir de dix-mille (hommes) » est le titre d’un chef militaire conduisant une armée de  hommes. L’armée était divisée en groupes de dix, cent, mille et dix mille hommes. À l’époque Kadjar, la vente des titres va le déprécier. Malgré un décret limitant à sept le nombre de titulaires de ce titre, il y en avait plus d’une centaine..

Amīr-e laškar Amīr-e laškarAmīr-e laškar en persan : amīr-e laškar, , « commandant de l’armée ». « émir de l’armée » est un titre militaire Iranien équivalent à celui de général qui a été aboli par Reza Pahlavi, lors de son accession au trône (1925). Sous les Kadjar, les titres d’amīr-e laškar et d’amīr-e tūmān coexistent jusqu’à leur abolition..

Amir-e nezām Le titre d’Amīr-e nezāmAmīr-e neẓām en persan : amīr-e neẓām, , « commandant de l’armée ». « émir de l’armée » a été utilisé pendant la période Kadjar, il ne semble pas avoir été en usage aux périodes antérieures. Il semble être l’équivalent de général en chef. En Azerbaïdjan, au début du , ce titre a été introduit dans le cadre d’une réforme de l’armée par le commandant en chef de la garde du prince royal. Après 1900, ce titre disparaît. En Iran, à la fin de l’époque Kadjar, avec la vénalité des titres, il devient un simple titre de parade. Les derniers titulaires n’avaient même plus de lien avec l’armée..

Amīr-e haras L’amīr-e harasAmīr-e haras en persan : amīr-e ḥaras, , « émir des gardes ». « émir des gardes » est, à la cour des Abbassides, l’officier chargé du maintien de l’ordre à l’intérieur du palais. Cet office perd de son importance avec les Seldjoukides..

Autres Amīr-e ǰāndārAmīr-e ǰāndār en persan : amīr-e ǰāndār, , « commandant des gardes (du corps) ». « émir des gardes (du corps) » titre porté par le chef de la garde du sultan. Amīr-e selāhAmīr-e selāh en persan : amīr-e selāḥ, , « commandant des armes ». « émir des armes » titre porté par celui qui est chargé de porter l’armure et des armes du sultan. Amīr-e ākhorAmīr-e ākhor en persan : amīr-e āḫor, , « commandant des écuries ». « émir des écuries » titre porté par celui qui est chargé des chevaux du sultan.

Notes et références

Annexes

Articles connexes Structure du pouvoir musulman Émir des croyants

Liens externes

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