Gandia (Gandia en valencien et officiellement Gandía en castillan, Gandie forme française historique mais vieillie), est une ville d'Espagne de la province de Valence dans la Communauté valencienne. Elle est le chef-lieu de la comarque de la Safor. Elle se trouve sur les rives du Serpis, petit fleuve dont le nom ancien était riu d'Alcoi, sa source se trouvant près de cette ville. Elle est située dans la zone à prédominance linguistique valencienneLoi 4/1983 du 23 novembre 1983 relative à l'utilisation et l'enseignement du valencien.

Jadis berceau d'Ausiàs March, de Joanot Martorell, de Joan Roís de Corella et de la famille des Borja (Borgia en italien), Gandia est de nos jours une importante station balnéaire, grâce à son Grau sur la côte méditerranéenne.

Géographie

Gandia est située au sud de la province de Valence, sur la côte méditerranéenne à de Valence. Le territoire communal est relativement plat dans le secteur proche du littoral, et montagneux à l'ouest, dans la partie qui pénètre dans les contreforts de la Sierra de Montdúver, alors qu'au sud-ouest on trouve la Sierra de la Falconera. Le fleuve Serpis traverse la commune de Gandia, pour aller déboucher dans la méditerranée, au sud du Grau de Gandia.

Le territoire communal de Gandia comporte également les différents noyaux de population : L'Ermita Barranc Blanc Corral del Moliner Grau y Platja Marxuquera Alta Marxuquera Baixa Meravelles-Cova Negra Mollo de La Creu Monte Pino Monte Sol Racó dels Frares Santa Marta Xauxa

Quartiers Administrativement, la mairie de Gandia a divisé le noyau urbain de manière suivante : Grau, Venecia y Rafalcaíd. Beniopa. Benipeixcar. Santa Ana (également connu sous le nom de Nazaret). Marxuquera. Corea. Raval. Centre historique. Platja (Plage) Plaza Elíptica, República Argentina. Roís de Corella, Hospital.

Quant au codes postaux, on passa en 2005 de deux codes postaux: un pour Gandia (46700) et un autre pour le Grau et la Plage (46730) à cinq codes postaux. Désormais, la ville de Gandia est divisée en trois zones (46701, 46702, 46703), le Grau et la Plage gardent le même (46730) tandis que le 46700 était réservé pour les boites postales.

Communes limitrophes Gandia est entourée par les communes suivantes, toutes faisant partie de la province de Valence :

Ador, Almoines, Barx, Bellreguard, Benirredrà, Daimús, Guardamar de la Safor, Xeraco, Xeresa, Llutxent, Miramar, Palma de Gandía, Pinet et Real de Gandía.

Histoire

Origines

On a trouvé des restes remontant au Paléolithique, lors de fouilles archéologiques réalisées dans la cueva del Parpalló de les Meravelles et le Barranc del Llop. Elle fut habitée par l'homme de Cro-Magnon pendant plusieurs milliers d'années, du Gravettien au Magdalénien. Des objets ibériques ont été découverts également, et on a pu relever un processus de romanisation de la société locale de l’époque.

La ville médiévale

Pour ce qui est de Gandia proprement dite, on n’en a pas de trace avant 1240, si ce n’est une ancienne alqueria (ferme) arabe, année au cours de laquelle le roi Jacques a conquis le château de Bairén (es : Bayren). Au début du Gandia n’était qu’une petite ville médiévale florissante, avec une économie étroitement liée à l’agriculture (principalement la canne à sucre), mais aussi au commerce et à l’artisanat. Ainsi, les premières années du virent la construction d’un noyau urbain protégé par des remparts, endroit idéal pour rassembler les différents groupes dispersés dans toute la campagne environnante. Le roi Jacques II légua Gandia à son fils, l’infant Pere, en 1323. À son tour, Alfons el Vell, fils de Pere, hérita de Gandia en 1359 et en fit un duché royal en 1399. Le nouveau duc, Alfons el Vell (Alphonse le Vieux), fit de Gandia sa résidence et la convertit en une cour prestigieuse, sur le modèle renaissant italien, dont sont issus les grandes figures littéraires Ausiàs March, Joanot Martorell et Rois de Corella. Le duc construisit des édifices comme le palais ducal, le monastère Saint-Jérôme de Cotalba ou la rénovation de l’église de Santa Maria la Major.

Les Borja, Valenciens internationaux

En 1485, le cardinal Roderic, (es : Rodrigo), futur pape Alexandre VI, acheta le duché de Gandia pour son fils Pedro-Luis de Borja (es : Pedro Luis), premier duc de Gandia, la ville connut une époque de splendeur.

Après la mort prématurée de Pedro-Luis de Borja, son frère Jean (es : Juan) lui succéda. Pedro-Luis se maria avec María Enríquez et fut assassiné alors que son frère héritait et épousait sa femme Maria Enriquez, Jean fut à son tour assassiné et son fils Jean héritait mais était encore mineur. María gouverna donc le duché pour Jean II de Gandie en tant que régente. Le quatrième duc, François Borgia (es : Francisco) de Borja lança la construction d’une seconde enceinte défensive, et d'une école qui devint très vite l’Université de Gandia. François entra alors dans la Compagnie de Jésus en 1550 et abdiqua en faveur de son fils Carles (es : Carlos) de Borja. Avec Carles et son épouse Magdalena de Centelles i Folch, sœur et héritière du comte d’Oliva, Gandia devint l’une des villes les plus florissantes et les plus puissantes de la Péninsule. C'est à partir de la dernière décennie du siècle, après que Francesc de Borja i Centelles eut succédé à son père, Carles de Borja, que l'on commence à ressentir les premiers symptômes d’une crise. Des finances malades, l’endettement de la noblesse, l’expulsion des Morisques, la décadence de la culture de la canne à sucre, due à l’arrivée du sucre américain, la peste, la criminalité et la seconde guerre des Germanies, sont autant de facteurs qui feront du un siècle critique dans l’histoire de Gandia.

Le

Ce fut un siècle marqué par la guerre de Succession d'Espagne. Le royaume de Valence perdit ses Furs (es : Fueros, ensemble de lois spécifiques au royaume) après la bataille d’Almansa, en 1707. Les ducs de Gandia étaient depuis longtemps absents de leurs terres de la Safor, ce qui fut à l’origine d’une opposition contre la puissance seigneuriale. Au milieu du , le onzième duc de Gandia, Lluís Ignasi (es : Luis Ignacio) de Borja, mourut à Madrid et le titre de duc de Gandia passa alors à ses parents les plus proches, d’abord aux Benavente, puis aux Osuna, qui conservèrent depuis ce titre.

Le

Après les Cortès (assemblée législative espagnole) de Cadix, en 1812, le régime féodal fut définitivement supprimé. Ainsi, tous les lieux appartenant aux Borja s’émancipèrent petit à petit de la tutelle seigneuriale. C'est en 1881 que démarra la démolition des murailles et que le premier journal de la ville (El Litoral) vit le jour.

En 1886, le port fut inauguré, et en 1893 ce fut au tour de la ligne de train Gandia-Alcoy. La culture de l’oranger commença à se développer grâce aux nouveaux moyens de transport.

Le Le commerce qui en découla constitua à l’époque moderne, avec des fluctuations dues au marché européen, la base de la vie économique de la ville, et malgré les différentes crises et la guerre civile, Gandia et la Safor réussirent à s'épanouir, grâce à la culture de l’orange et, à partir des années 1960, au tourisme.

Démographie Gandia comptait, en 2011, habitantsSource:Institut national des Statistiques espagnol. On estime à 18,04 %, le pourcentage de la population issue de l'immigration.

Évolution démographique de Gandia1857 1887 1900 1910 1920 1930 1940 1950 1960 1970 1981 1991 2000 2005 2011 6785 8723 12 676 78 704

Entre les recensements de 1960 et 1970, la mairie de Gandia a ajouté les communes de Beniopa et Benipeixcar, jusque-là indépendantes.

Administration Liste des maires, depuis les premières élections démocratiques. Législature Nom du Maire Parti politique1979-1983 Juan RomanUCD1983-1987 Salvador Moragues PSPV-PSOE1987-1991 Salvador MoraguesPSPV-PSOE1991-1995 Pepa FrauPSPV-PSOE1995-1999 Pepa Frau PSPV-PSOE1999-2003 Pepa FrauPSPV-PSOE2003-2011 José Manuel Orengo PastorPSPV-PSOE2011-2015Arturo Torró ChisvertPP2015-2021Diana MorantPSPV-PSOEdepuis 2021José Manuel PrietoPSPV-PSOE

Économie Jusqu'à la fin du , Gandia développa la culture de la soie ainsi que les fruits secs. Mais la construction de la ligne de chemin de fer entre Gandia et Alcoi, et du port charbonnier en 1893, les poussa à se tourner vers la culture des orangers, culture aujourd’hui encore prédominante.

Elle est devenue depuis plusieurs années, une destination touristique très prisée, en raison de ses plages de qualité. Ce tourisme saisonnier est issu de l'intérieur de l'Espagne, en grande partie.

Éducation On trouve à Gandia des représentations de l'université polytechnique de Valence et de l'université de Valence, avec l'Université d'été. L'Université nationale d'enseignement à distance (Universidad nacional de Educación a Distancia, UNED) a également une représentation dans la ville.

Circuits touristiques

Entre Senill et Borró. Itinéraire des marais aux dunes. Ce parcours est long de , du premier au dernier arrêt. Ceux-ci sont distribués de la façon suivante. Si l'on part de Gandia, le trajet total est de . El Racó del Duc : ancienne voie ferrée, entre Alcoy et Gandia

El Racó del Duc (le coin du Duc), appelé aussi barranc de l’Infern (Ravin de l’Enfer), est la partie du fleuve Serpis qui coule entre les communes de Villalonga (Valence) et de l'Orxa (Alicante). Le fleuve traverse un défilé délimité par les monts de la Safor ( s.n.m.) et de la Cuta ( s.n.m).

La Drova-Barx. Route touristique de la Drova à Barx, passant par Marxuquera et l’Ermita. En suivant le Passeig de les Germanies (es : Paseo de Germanías) en direction de l’hôpital, on trouve des pancartes indiquant la route à suivre pour aller à Barx. Ce chemin conduit à Marxuquera et l’Ermita. Le dimanche se tient à l’Ermita une brocante. Sant Jeroni. Route écolo-touristique du monastère Saint-Jérôme de Cotalba, accès : par la route départementale 320, en direction d’Albaida avant d’arriver à Ròtova. Le monastère Saint-Jérôme de Cotalba date du . Il est actuellement est possible de visiter la plus grande partie du monument. C’est une propriété privée, acquise par la famille Trénor pendant le désamortissement (expropriation des terrains et des biens de l'Église).

Ville ducale

Palais ducal de Gandia

C’est l’un des monuments les plus emblématiques de Gandia ; il est situé dans la vieille enceinte qui entoure la ville médiévale. Il s’agit d’un bâtiment construit autour d’une grande cour centrale, d'où part un escalier en deux volées.

On remarquera surtout el Saló de Corones (salon des Couronnes), la Sala dels Carròs i Centelles, la Sala Daurada (salle Dorée), la céramique de Manises datant du renvoyant aux quatre éléments et la cellule-oratoire du duc, François de Borgia. Ancienne université

Celui qui allait devenir saint François Borgia créa en 1549 une université gérée par la Compagnie de Jésus. L’université comprenait : des cellules, un réfectoire, une infirmerie, des bureaux, des salles de classe, une académie et une église.

On y dispensa pendant plus de deux siècles un enseignement universitaire, jusqu'en 1767, année où les Jésuites furent expulsés d'Espagne par Charles III, roi d'Espagne. En 1806, les Frères des écoles pieuses prirent la succession des Jésuites, où ils sont restés jusqu’à aujourd’hui, assurant toujours des activités d’enseignement.

Collégiale Sainte-Marie de Gandia

L’église de Santa Maria constitue un exemple de l’architecture gothique valencien des . L’architecture est éminemment horizontale, de hauteur réduite, massive, offrant peu d'ouvertures sur l’extérieur, sobre et austère. L’unique nef, couverte par une voûte en ogives, comprend cinq travées des chapelles latérales entre les gros contreforts et un presbytère rectangulaire.