vignette|upright=1|Jardin de la villa impériale de Katsura. thumb|upright=1|La demeure : les appartements. Le nouveau shoin, à gauche ; le passage empierré est axé sur le salon de musique (ouverture). Shoin intermédiaire, à droite. Exposition au sud-ouestCes pièces, les plus nobles, sont disposées dans la direction opposée de l’entrée, qui, elle, est sur le côté nord-est de la demeure..
thumb|upright=1|La demeure : détail de la terrasse de la Lune, de l'ancien shoin. Au fond : le petit pavillon de thé, Gepparō.
La villa impériale de Katsura, ou encore est un domaine constitué d'une villa, de jardins et de pavillons, réalisé entre 1616 et le milieu du . Elle est située dans la banlieue ouest de Kyōto, Japon (dans l'arrondissement de Nishikyō-ku, séparé du palais impérial de Kyōto). C'est l'un des .
Ses jardins sont de véritables chefs-d'œuvre du jardin japonais de la fin de la période Edo.
Par sa complexité même Katsura devient un sujet d'étude pour les architectes japonais, en particulier pour ceux attachés au mouvement moderniste qui voient là un parallèle idéal à leurs théories. À partir de 1933, l'architecte allemand Bruno Taut étudie, sur place, l'architecture nippone, et fait découvrir l'exceptionnelle valeur architecturale de Katsura, par ses écrits publiés en japonais dès 1934, puis en anglais en 1937La première version de Houses and People of Japan en allemand date de 1997, et la traduction en français date de 2014, sous le titre La Maison japonaise et ses habitants..
Le palais a autrefois appartenu aux princes de la famille de Hachijō Toshihito. Il est aujourd'hui ouvert au public ; l'Agence impériale l'administre et accepte les visiteurs sur rendez-vous.
Histoire thumb|left|Plan du domaine de Katsura. Le site de Katsura a été longtemps un emplacement favori pour des villas ; pendant l'époque de Heian, Fujiwara no Michinaga y avait une villa. Les membres de la cour de Heian y trouvaient un emplacement idéal pour regarder la lune.
Le , premier de la lignée des Hachijō-no-miya, établit la villa Katsura. Le prince est un descendant de l'empereur Ogimachi et le plus jeune frère de l'empereur Go-Yōzei. Il fut un temps adopté par Toyotomi Hideyoshi et fut le fondateur de la maison de Hachijō-no-miya.
Au début du , le corps de logis principal d’une habitation est désigné par le terme shoin. Ainsi le shoin de la villa impériale de Katsura est divisé en trois parties : l'ancien shoin, édifié après 1616, le shoin intermédiaire, édifié en 1642 et le nouveau shoin, achevé avant 1658, date de la visite de l'empereur retiré Go-Mizunoo. Plans des agrandissements successifs, voir « 1 » : sur . Gris foncé : villa initiale, gris de plus en plus clairs : extensions successives pendant près d'un demi siècle.. Le jardin et les cinq pavillons de plaisance ont été entièrement remaniés et restaurés à l’occasion de cette visite impériale. Le souverain y effectue une seconde visite en 1663. Les damiers bleus des portes et du tokonoma du grand pavillon de thé, le Shōkintei, « remontent à l’époque où Sanogawa Ichimatsu 佐野川市松 (1722-1762), un célèbre acteur de la troupe de théâtre kabuki Nakamura-za (中村座) de Kyōto, a joué sur scène, revêtant un hakama orné de ces mêmes couleurs. ».
La maison de Hachijō-no-miya change son nom pour , et finalement , avant que la lignée ne s'éteigne en 1881. Le ministère de l'Agence impériale prend le contrôle du palais extérieur de Katsura en 1883 et, depuis la Seconde Guerre mondiale, c'est l'Agence impériale qui a pris la succession de l'administration de ce bien culturel.
Bâtiments et jardins
Le domaine de Katsura est un lieu de villégiature, une villa secondaire pour les princes Hachijō qui résident près du palais impérial au centre de Kyoto. Le financement de cette construction viendrait de dons du shogun.
L'ensemble du jardin de Katsura est un chef-d'œuvre des jardins en circuit du style sukiya créé par Sen no Rikyū et inspiré par la maison de thé qui libère le Japon des contraintes de la tradition et permet une liberté et une fonctionnalité que l'on ne retrouve qu'avec l'architecture moderne. L'espace interne des pavillons, et spécialement de la demeure, est statique à l'extrême et offre un contraste saisissant avec l'atmosphère dynamique et variable du jardin. On a l'impression que le jardin s'écoule à travers les bâtiments et l'amour de la diagonale amène le visiteur vers un objet, une porte ou une construction. L'orientation des shoin est liée à la position de la lune..
Comme tous les jardins-promenade, celui de Katsura était dessiné pour être parcouru et admiré selon un sens particulier : présentation sur le site d'Arlea..
Le domaine de Katsura d'environ est limité à l'est par une haie de bambous noirs entrelacés et plus au nord par un tamagaki (clôture) plus élaborée en branchages sur de gros poteaux de bambous plantés dans le sol. On y trouve la porte principale très simple. Une allée bordée de pins mène à la porte impériale d'un caractère rustique. Cette issue marque une rupture et on se sent dans un autre monde. L'allée impériale de galets s'infléchit à gauche et la vision d'un pin soigneusement taillé crée un effet éblouissant. L'approche de la demeure se fait par le portail intérieur et un sentier dallé en diagonale traverse la cour jusqu'à l'escalier de pierre devant le porche..
En 2020, le jardin a de nouveau été élu par le magazine américain spécialisé Sukiya Living Magazine: The Journal of Japanese Gardening comme étant le deuxième plus beau jardin japonais existant derrière le jardin du musée d'art Adachi, et ce pour la consécutive...
Demeure Ensemble thumb|Façade principale de l'ancien shoin, côté terrasse de la Lune, exposition sud-est, en juillet. Îles centrales depuis le Shokintei. thumb|left|Plan de la demeure et du Gepparō. thumb|Ancien shoin et sa terrasse de la Lune (à droite) en janvier. Face à la coursive ouverte (au centre) et son prolongement intérieur, une véranda fermée qui distribue les antichambres. On accédait à la coursive et à la véranda par des chemins empierrés.
thumb|Le shoin intermédiaire et le nouveau shoin avec leurs galeries ouvertes sur l'intérieur, en surplomb sur le jardin. L'ensemble de la demeure donne sur le grand jardin et sur l'étang, l'implantation des bâtiments sur une diagonale génère des décrochements offrant la possibilité de percer de grandes baies sur les façades est et sud.
L'organisation générale du plan qui intègre les trois phases de construction réserve l'orientation vers le sud-est, le jardin et l'étang pour les espaces de réception et les pièces plus nobles qui sont également éloignées de l'entrée des bâtiments. Les lieux privés et les annexes de fonctionnement sont orientés vers le nord-ouest. Les liaisons se font par des galeries ouvertes et des couloirs pour les pièces de service.
Trois corps de bâtiment La demeure est constituée de trois corps de bâtiments qui illustrent l'évolution du style shoin de la fin du Moyen Âge en style sukiya-zukuri du début de la période Edo : une transition historique qui conduit au développement de l'architecture résidentielle moderne du Japon. L'ancien shoin, le deuxième shoin ou shoin intermédiaire, ainsi que le nouveau palais, ou nouveau shoin (shinshoin), sont chacun de style shoin-zukuri, avec des toits irimoya . L'ancien shoin montre des éléments du style sukiya-zukuri dans des endroits tels que la véranda. Un endroit appelé « plate-forme pour admirer le jardin au clair de lune » dépasse encore plus le style de la véranda et montre l'intérêt principal du palais extérieur de KatsuraLa tradition veut que Katsura soit le meilleur endroit de Kyōto pour admirer la pleine lune. Cela provient d'une légende chinoise selon laquelle un arbre de Judée (en japonais : katsura) serait planté sur la lune..
L'ancien shoin (ko shoin) sert à la réception officielle des hôtes et ménage une vue extérieure sur le jardin qui, dans le cheminement des invités, était resté caché, sauf à la vision du pin Sumiyoshi de l'allée impériale. Sur la façade Est, une galerie extérieure est conçue pour contempler la lune. La première pièce, la salle majeure comporte un tokonoma. On accède au second shoin en traversant la salle du foyer.
Le shoin intermédiaire (shu shoin ou « second shoin ») est le quartier privé du maître des lieux et il s'en dégage une atmosphère plus calme et plus personnelle. Dans la première salle, un paysage de massifs montagneux sur fond blanc occupe toute la paroi du tokonoma. À droite de cette peinture, des étagères, survivances du style shoin classique, sont placées dans un cadre sukiya. La pièce principale du shoin intermédiaire ou troisième salle a un tokonoma flanqué d'un recoin à plafond surbaissé et de peintures représentant des oiseaux virevoltant parmi les bambous et les roseaux enneigés. Au sud-ouest du shoin intermédiaire, la salle de musique placée en avant-corps sert au rangement des instruments et sur sa façade sud s'ouvre une grande loggia donnant sur une vaste pelouse.
De la loggia de la salle de musique, on accède au nouveau shoin (shoin goten, ou nouveau palais) construit pour répondre aux besoins d'une visite impériale en 1658. Il comprend une salle de réception officielle avec un espace surélevé pour l'empereur, une antichambre, une chambre à coucher, un bain et un office. La décoration est plus luxueuse que les deux précédents et représente un exemple particulièrement précieux du style sukiya à son apogée. Le gradin impérial concentre sur trois tatamis tout un monde de créations artistiques et d'habileté manuelle. Un ensemble de placards et de bibliothèques, l'utilisation de bois de rose, d'ébène et de mûrier chinois forment une particularité du style subiya. Réalisés en bois précieux, les étagères et les cinq placards de la garde-robe présentent un dessin géométrique et sont décorés de peintures de Kanō Tan'yū., avec des paysages, personnages, oiseaux, orchidées, pruniers en fleurs, chrysanthèmes et pivoines..
Trois cloisons coulissantes (fusuma) du shoin intermédiaire ont été peintes à l'encre par des membres de l'école Kanō. Ce style de peinture est hérité de la peinture chinoise et les peintres japonais se le sont approprié pour les commandes venues des grands monastères zen à Kamakura et Kyoto à l'époque de Muromachi (1333-1573). Kanō Tan'yū aurait peint le fusuma (paroi coulissante) de la salle du paysage. Il l'aurait réalisé en 1641, et ses frères seraient intervenus dans le même temps, Naonubo ayant peint les Sept Sages de la forêt de bambous et Yasunobu, Les Oiseaux dans la neige..
Principe constructif
L'ensemble de la demeure est une construction de charpente recevant des éléments de remplissage non porteurs. Le module de base est le tatami. Sur un terrain préparé, des poteaux sont posés sur des pierres de fondation. À la villa de Katsura, on a utilisé des « pierres [aux formes] naturelles » d'environ 40 à de diamètre et de profondeur.
Les bâtiments des nobles étant bâtis sur pilotis permettant une meilleure adaptation au sol et d'éviter les crues de la rivière Katsura, la poutre sablière du niveau habité est entre 1 et au-dessus du sol. Des murs pleins isolent le soubassement au niveau du jardin. Ces « murs » sont plus exactement des « pants-de-bois hourdés de torchis. ». Pour ce genre de remplissage, le torchis est constitué d'un mélange de terre et de paille et appliqué sur une structure de bambous avec un enduit de finition teinté par des oxydes de fer ou recouvert d'un papier peint tendu.
Sur une structure de bois classique est posée une petite charpente cachée par les plafonds puis après une cérémonie, les charpentiers posent les pannes et les chevrons. Une couverture de bardeaux en planchettes de bois est posée sur un lattis. Les bandes d'égouts et de faîtage sont renforcées par une dizaine d'épaisseur de ces planchettes, ce qui leur donne l'impression d'avoir une forte épaisseur.