La crise post-électorale bolivienne de 2019 , désigne la période d'instabilité sociale et politique ayant eu lieu en Bolivie après la diffusion des premiers résultats des élections générales du , qui donnaient vainqueur le président sortant Evo Morales dès le premier tourLas pelotas de Evo. Publicado el 3 de noviembre de 2019. Consultado el 4 de noviembre de 2019.La Primavera Boliviana. Publicado el 3 de noviembre de 2019. Consultado el 4 de noviembre de 2019.El fútbol boliviano le dice a Evo Morales: "primero la democracia, después el fútbol". Publicado el 2 octobre 2019. Consultado el 4 octobre 2019... Le parti du candidat déclaré vaincu (Carlos Mesa, dirigeant la Communauté civique) ainsi que certains acteurs de la société civile, notamment le Comité civique pro-Santa Cruz, en appellent à la grève générale afin de protester contre ces résultats et répondre à ce qu'ils dénoncent comme de la fraude électorale. Des manifestations et des affrontements entre partisans du président et opposants éclatent un peu partout dans le pays.
La crise débouche sur la démission et l'exil d'Evo Morales, le . La présidence revient alors à la seconde vice-présidente de la Chambre des sénateurs Jeanine Áñez, issue de l'opposition, après la démission du vice-président Álvaro García Linera, de la présidente de la Chambre des sénateurs Adriana Salvatierra, et du président de la Chambre des députés Víctor Borda. Áñez annonce rapidement la tenue de nouvelles élections visant à pacifier le pays, mais l'agitation sociale et politique continue pendant des semaines. Finalement, l'organisation de nouvelles élections en 2020 voit la victoire dès le premier tour de Luis Arce, candidat du Mouvement vers le socialisme d'Evo Morales, avec des résultats en hausse par rapport à .
Contexte Nouvelle candidature de Morales
droite|vignette|Résultat du référendum de 2016, qui rejette la modification constitutionnelle des modalités de réélection du président. En vert, les circonscriptions qui ont voté majoritairement pour la modification constitutionnelle, en rouge celles qui ont voté majoritairement contre. L'article 168 de la Constitution bolivienne de 2009 permet au président et à son vice-président d'être réélus une seule fois, limitant ainsi le nombre de mandats à deux. Le parti au pouvoir, le Mouvement vers le socialisme (MAS), soutient un amendement de cet article. Le référendum a été autorisé par une séance conjointe de l'Assemblée législative plurinationale le , avec pour et 41 contre... La Loi 757 a convoqué le référendum pour , a été approuvée avec 113 votes pour et 43 contre, et a été promulguée le ..
Le référendum a eu lieu le , et l'amendement proposé a été rejeté à 51,3 % des voix exprimées. Si le « oui » l'avait emporté, cela aurait permis au président Evo Morales et au vice-président Álvaro García Linera de se représenter pour un autre mandat en 2019. Morales avait déjà été élu trois fois. La première fois, en 2006, n'a pas été comptée puisqu'elle avait eu lieu avant que la modification de la Constitution de 2009 n'introduise la limite des deux mandats.
Malgré le résultat du référendum, le Tribunal suprême de justice, en se rapportant à l'article 23 de la Convention américaine relative aux droits de l'homme, a établi un peu plus d'un an après, en , que toutes les charges publiques n'auraient pas de limites de mandat malgré ce qui était établi par la Constitution, ce qui a permis à Morales de se représenter pour un quatrième mandat..
Élections générales de 2019
gauche|vignette|Pont avec un grafiti « Evo dictateur » en référence à la longue période de présidence d'Evo Morales depuis 2006. La première des élections pour les mandats de président, vice-président, députés et sénateurs a lieu le . L'Organe électoral plurinational a publié deux séries de décompte des voix peu après la fin des votes. Un sondage à la sortie des urnes sur 95,6 % des votes a montré que le président Morales avait 9,33 points de pourcentage sur son principal rival et ex-président, Carlos Mesa. Dans le système électoral bolivien, si le premier candidat a une avance de moins de sur le deuxième candidat, un deuxième tour électoral doit être organisé. Le décomptage complet était partagé en direct sur un site web officiel qui publiaient les résultats provisoires et les réactualisaient. Lorsque 83,8 % des votes avaient été décomptés, le site web donnait 45,3 % des voix à Morales et 38,2 % à Mesa, c'est-à-dire une avance de moins de dix points. Pourtant après 19 h 40, heure locale, plus aucune actualisation des résultats n'est publiée.. Les autorités électorales ont expliqué que les actualisations du décompte préliminaire s'étaient arrêtées parce que les résultats officiels étaient sur le point d'être publiés ; pourtant, les résultats officiels n'ont été publiés que presque après...
Le candidat à la présidence Carlos Mesa déclare qu'il doit y avoir un deuxième tour en disant : trois heures avant la fin du décompte des voix..
À , le président Morales s'est déclaré gagnant des élections : ...
Le , l'Organe électoral plurinational a donné une conférence de presse, pour annoncer les résultats du premier décomptage des voix effectué par le système de transmission de résultats électoraux préliminaires (TREP), publié à 19 h 30, presque après avoir arrêté d'actualiser les résultats provisoires, en indiquant que sur 95,3 % des votes décomptés, le MAS de Morales a obtenu 46,86 % des voix contre 36,72 % pour Communauté citoyenne de Mesa, en dépassant les d'avance nécessaires pour gagner au premier tour et, comme résultat, Morales demeurerait au pouvoir pour un quatrième mandat...
Enfin, la présidente du Tribunal suprême électoral, María Eugenia Choque, a présenté les résultats à 100 % des voix décomptées, selon lesquels le candidat du Mouvement vers le socialisme, Evo Morales, a gagné avec 47,08 % des voix et que Carlos Mesa, de Communauté citoyenne, est arrivé deuxième avec 36,51 % des voix. La différence de voix entre les deux est donc de 10,57 %.
Bien qu'elle s'attendît à ce que les zones rurales votent majoritairement en faveur de Morales, l'Organisation des États américains (OEA), a signalé que même si Morales gagnait directement, ses d'avance ne seraient pas suffisants pour se passer d'un second tour.. Tous les organismes internationaux qui surveillaient les élections ont exprimé leur préoccupation à propos du délai entre la fin de l'actualisation des résultats en direct sur internet et la publication des résultats définitifs : après , l'avance de Morales était plus grande dans les résultats définitifs que dans les derniers résultats provisoires actualisés..
Les partis d'opposition boliviens, ainsi que des gouvernements étrangers et les observateurs internationaux ont demandé un audit du processus électoral et de ses résultats.. L'audit a commencé le , mené par l'OEA et observé par l'Espagne, le Mexique et le Paraguay.
Le , l'opposition bolivienne a publié un rapport de 190 pages qui contenait des accusations de fraude et irrégularités électorales, comme des additions de voix erronées, des données et des documents électoraux substitués par d'autres qui augmentaient les voix reçues par le parti de gouvernement, ce qui donnait un nombre de votes décomptés supérieur au nombre d'électeurs dans certains départements d'électeurs ; le rapport a été envoyé à l'OEA et aux Nations unies.
Dans son rapport final rendu le , l'OEA estime qu'il y a eu une des résultats, et que l'écart réel entre Morales et Mesa est en réalité , impliquant une .. Le cependant, trois chercheurs indépendants publient une étude statistique faisant état d’erreurs dans l'étude menée par l'OEA.. ; selon eux, le MAS n'a pas triché aux élections d'octobre et les conclusions de l’OEA étaient fausses. Les futures élections générales boliviennes du 18 octobre 2020 semblent avoir confirmé a posteriori leurs conclusions.
Faits Les manifestants se sont réunis face à l'hôtel ex-Radisson de La Paz, où le recompte des voix a été effectué. Le candidat d'opposition Carlos Mesa a appelé ses partisans à se réunir afin de vérifier qu'il n'y avait pas de fraude électorale, en insinuant que le tribunal électoral défendait les intérêts du Mouvement vers le socialisme (MAS) et d'Evo Morales pour essayer de faire en sorte qu'il n'y ait pas un deuxième tour aux élections générales..
Après plus de , le Tribunal suprême électoral de l'Organe électoral plurinational (OEP) actualise les données issues du premier décompte en annonçant une victoire à une courte majorité pour Morales, et revalide ainsi une deuxième fois la non-nécessité d'un deuxième tour.... Les partisans des deux candidats avec le plus de chances d'accéder à la présidence, Evo Morales et Carlos Mesa, se jettent dans la rue.
Le secteur universitaire, les membres de la coalition électorale Communauté citoyenne (Comunidad Ciudadana - CC) dirigée par le candidat de centre droit Carlos Mesa, et des partis d'opposition, notamment le groupe d'extrême droite Comité civique pro-Santa Cruz dirigé par Luis Fernando Camacho., réclament un nouveau décompte impartial des votes, et la démission des autorités de l'Organe électoral plurinational. Ils demandent également un deuxième tour et le respect de la décision populaire manifestée par le référendum du , au cours duquel 51,3 % des participants avaient refusé que les autorités puissent être réélues à deux reprises consécutives..
Le , le président Evo Morales annonce l'organisation de nouvelles élections générales avec un organe électoral renouvelé.. Mais plus tard, dans la journée, il annonce sa démission suivie de celles de son premier vice-président Álvaro García Linera et de la présidente du Sénat Adriana Salvatierra, sous la pression de l'armée et de la police..
Le , le Mexique confirme qu'Evo Morales accepte l'asile politique que Andrés Manuel López Obrador lui avait offert dans les heures suivant la question de démissionner..
En l’absence du gouvernement du Mouvement vers le socialisme (Movimiento Al Socialismo - MAS), la deuxième vice-présidente Jeanine Áñez devient présidente de l'État par charge constitutionnelleSenadora opositora Jeanine Añez afirma que será la nueva presidenta de Bolivia. Publicado el 10 de noviembre de 2019. Consultado el 11 de noviembre de 2019.. Des dégradations sur les appartements d'Evo Morales, de membres de sa famille et d'alliés politiques sont rapportéesIncendian la casa de una hermana de Evo Morales y de dos gobernadores. Publicado el 10 de noviembre de 2019. Consultado el 11 de noviembre de 2019..
À l'inverse, le candidat à la présidence Carlos Mesa et l'opposition bolivienne rejettent les accusations de putsch, tout comme le gouvernement du président Jair Bolsonaro au Brésil, et affirment que les dénonciations de fraude électorale ont joué un plus grand rôle que l'intervention de la police et de l'Armée dans la démission d'Evo Morales... De leurs côtés, les gouvernements de la Colombie et du Pérou se limitent à demander que la transition politique se fasse de manière pacifique et en respectant la Constitution, sans parler de ...
Chronologie Événements post-élection 20 octobre 2019 Les manifestations contre la fraude électorale présumée ont commencé dans la nuit du (jour des élections générales). Les manifestants se sont rassemblés face de l'ex-hôtel Radisson de La Paz, où avait lieu le dépouillement des votes. Le candidat d'opposition Carlos Mesa, a appelé ses partisans à se rassembler pour surveiller qu'il n'y ait pas de fraude électorale, en alléguant que le tribunal électoral obéissait aux intérêts du Mouvement vers le socialisme (Movimiento Al Socialismo - MAS) et d'Evo Morales pour essayer d'empêcher un deuxième tour.