Sidonie Poiret, connue sous le nom de scène de Fernande d'Erlincourt, née à Reims le et morte le à Val-Suzon, est une artiste lyrique et comédienne française, surtout connue en tant que militante anarchiste puis en tant que philanthrope.

Elle a utilisé le nom de plume Comtesse Éliane.

Biographie Née le au de la rue de Venise à Reims, Sidonie Gabrielle Poiret est la fille de Victoire Amanda Doutté (née vers 1831) et de Jean Antoine Gustave Poiret, employé., né en 1834 dans une famille de tisserands de Saint-Paul-aux-Bois..

Sidonie Poiret a dix ans quand son père est condamné pour avoir participé à la Commune. Tout d'abord élevée par sa grand-mère paternelle en Normandie, elle rejoint vers 1882 son pèreDavranche (cf. Liens externes)., qui vit au de la rue du Temple à Paris et qui gagne sa vie comme comptable à la miroiterie Baulard (Remlinger et Vinet successeurs), au rue des Archives.

Passionnée par le théâtre, Sidonie Poiret suit des cours de musique et de déclamationLe Monde illustré, 14 avril 1883, ., puis adopte le nom de scène Fernande d'Erlincourt. Ce pseudonyme vient du nom de plume de son père. En effet, Gustave Poiret rédige des articles politiques sous le nom de Poiret-Derlincourt (du nom de jeune fille de sa mère) ou sous le pseudonyme de Sigus dans un journal d'extrême gauche fondé en 1881, La République socialeL'Intransigeant, 19 décembre 1881, .. Il en est l'administrateur, tandis que le jeune Michel Morphy en est le rédacteur en chef et que le vieux révolutionnaire Jules Raynaud (1807-1882), également communard, en est le gérantL'Intransigeant, 21 octobre 1881, ..

Au contact de ce milieu d'extrême gauche, Fernande d'Erlincourt s'engage en politique et participe à des réunions socialistesLa Justice, 27 novembre 1882, .. En 1883, elle fréquente des anarchistes tels que Louise Michel, L'Intransigeant, 2 mars 1883, . et Olivier Souêtre, qui écrit pour elle un chant révolutionnaire, La Marianne de 1883, sur une musique de Léon TrafiersLe Figaro, supplément littéraire du 17 octobre 1885, ..

vignette|Fernande (à gauche) lors de la bagarre de la salle Rivoli.

Lors des manifestations anarchistes du , Fernande d'Erlincourt accompagne Digeon en tête d'un cortège qui tente de rejoindre l'hôtel de ville depuis la place de la Bastille. Dispersés par un peloton de gardes à cheval, les manifestants se rendent à la salle Rivoli, où a lieu un meeting de maçons et tailleurs de pierre présidé par le conseiller municipal Yves Guyot. Les ouvriers ayant refusé de suivre les anarchistes, une bagarre éclate. Guyot est pris à partie et violemment molesté par les intrusLe Moniteur universel, 12 mars 1883, , sous les encouragements de Fernande, qui aurait réclamé qu'on mette la tête du conseiller municipal en haut d'une pique. Arrêtée et incarcérée pendant quinze jours à Saint-Lazare, Fernande d'Erlincourt est libérée après une ordonnance de non-lieuLe Petit Parisien, 27 mars 1883, ..

vignette|Louise Michel et Fernande (caricature d'Alfred Le Petit, 1883).

Remarquée pour sa grande beauté, souvent opposée à la laideur de Louise MichelL'Avenir de la Mayenne, 18 avril 1883, ., Fernande d'Erlincourt acquiert ainsi une certaine notoriété. Alphonse Karr la considère comme une imitatrice de Théroigne de MéricourtLe Moniteur universel, 6 avril 1883, , tandis que Charles Laurent écrit avec sarcasme : Paris, 14 mars 1883, ..

Grâce à cette célébrité momentanée, Fernande d'Erlincourt est embauchée au théâtre des Bouffes-du-NordLa Gazette de France, 29 mars 1883, ., alors dirigé par le communard Maxime Lisbonne. Sept ans plus tard, Lisbonne la fait jouer sur les planches du théâtre BeaumarchaisLe Constitutionnel, 11 mars 1890, .. En 1894, sous le nom de plume Comtesse Éliane, elle écrit les paroles de La Fille de Tabarin, une scène tragi-comique composée par Émile AndréLe Journal, 23 octobre 1894, ., qu'elle interprète en au Trianon-ConcertLa Libre Parole, 19 avril 1895, ..

Après être passée par le boulangisme (elle a notamment déclamé des strophes lors d'un grand banquet boulangiste en )La Presse, 29 janvier 1890, ., Fernande d'Erlincourt délaisse la politique au profit d’œuvres philanthropiques.

En 1895, elle fonde « La Maison du soldat » (51, rue d'Hauteville)Office central des œuvres de bienfaisance, Paris charitable et bienfaisant, Paris, Plon, 1912, ., qui a pour but d'aider les anciens soldats sans ressources et, en cas de guerre, d'organiser un service d'ambulance. Accusée d'avoir détourné les fonds de l’œuvre, elle est poursuivie pour abus de confiance et escroquerie. Défendue par Émile de Saint-Auban, elle est condamnée à un mois de prison avec sursis et d'amende le Le Figaro, 25 janvier 1916, .. Le ministère public ayant fait appel, la peine de prison est élevée à six mois sans sursis au début du mois d'L'Écho de Paris, 3 avril 1917, ..

En , à la requête du ministère de la Guerre, la justice ordonne son expulsion de l'ancien carmel de la rue Denfert-Rochereau, où elle avait installé l’œuvre du « Foyer du soldat »La Lanterne, 20 novembre 1919, ..

En 1921, Fernande d'Erlincourt est recensée au 59, route de Versailles à Châtillon, où elle réside avec son secrétaire particulier et deux jeunes femmesRecensement de population, Châtillon, , Archives départementales des Hauts-de-Seine (vue 89/95).

Elle meurt en son domicile de Val-Suzon en Bourgogne le , à l'âge de 74 ansArchives départementales de Côte-d'Or Acte de décès dressé à Val-Suzon le même jour, vue 38 / 43. Notes et références

Notes

Références

Liens externes

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