Betacoronavirus (ou β-coronavirus) est l'un des quatre genres connus de coronavirus. Il est classé dans la sous-famille des Orthocoronavirinae, la famille des Coronaviridae et l'ordre des Nidovirales. Il regroupe des virus à ARN simple brin enveloppés, de sens positif, d'origine zoonotique.

Le genre Betacoronavirus est organisé en 5 sous-genres et une quinzaine d'espèces. Dans la littérature plus ancienne, ce genre est également connu sous le nom de « coronavirus du groupe 2 ».

Les espèces de Betacoronavirus de la plus haute importance clinique pour l'humain sont Betacoronavirus gravedinis (OC43) et Betacoronavirus hongkongense (HKU1) dans le sous-genre Embecovirus, SARS-CoV et SARS-CoV-2 dans le sous-genre Sarbecovirus. et MERS-CoV dans le sous-genre Merbecovirus.

Virologie Les bétacoronavirus (β-CoV) infectent principalement les chauves-souris., créant des lignées dérivées virales distinctes réputées affecter les voies respiratoires et/ou entériques d'autres espèces de mammifères, dont l'humain (avec HCoV-HKU1 et HCoV-OC43). Chez les animaux, des β-CoV différents ont à ce jour été trouvés chez des espèces aussi différentes que le chameau ou dromadaire et le lapin, et aussi chez le porc (PHEV), le cheval (coronavirus équin, ECoV), et le chien (coronavirus respiratoire canin, CRCoV).

Par ailleurs, plusieurs virus liés au genre Betacoronavirus (virus « de type β-CoV », tous actuellement inclus dans l'espèce unique Betacoronavirus-1), ont été retrouvés dans les voies digestives (entériques) et/ou respiratoires de ruminants domestiques et sauvages : chez des ruminants domestiqués tels qu'ovins et caprinsReinhardt, G., Zamora, J., Tadich, N., Polette, M., Aguilar, M., Riedemann, S., & Palisson, J. (1995). Diagnosis of coronavirus in sheep in Valdivia province, Xth Region, Chile. Archivos de Medicina Veterinaria, 27, 129-132., le buffle d'eau (Bubalus bubalis), le lama (Lama glama) et l'alpaga (Vicugna pacos). Six espèces de cervidés en portent (caribou/renne (Rangifer tarandus caribou), le cerf élaphe/wapiti (Cervus elaphus), le sambar (Cervus unicolor), le cerf de Virginie (Odocoileus virginianus), le cerf sika (Cervus nippon yesoensis) et le cerf d'eau (Hydropotes inermis). La girafe (Giraffa camelopardalis), plusieurs antilopes, le bison d'Europe (Bison bonasus), le thar d'Himalaya (Hemitragus jemlahicus) et le dromadaire (Camelus dromedarius).

Chez l'humain, les bétacoronavirus humains sont des agents du rhume commun. Certains bétacoronavirus ont provoqué des épidémies humaines, avec généralement de la fièvre et des symptômes respiratoires. Ils incluent : deux souches de SARSr-CoV : le SARS-CoV, agent du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS, 2003) ; le SARS-CoV-2 (deux lignées « L » et « S ») agent de la pandémie de Covid-19 (2019-2021) ; MERS-CoV, agent du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS, 2012).

Gestion écoépidémiologique du risque Risque pandémique : depuis le début des années 2000, de nombreux écologues, virologues et vétérinaires ont alerté sur le fait que les conditions d'une pandémie zoonotique grave étaient réunies. Au vu de la liste d'espèces présentée ci-dessus, et sachant que les bétacoronavirus (β-CoV) sont des archétypes de virus franchissant facilement les barrières interspécifiques, les chasseurs, éleveurs et profession liées aux abattoirs et marchés humides en première ligne en termes de contact avec un éventuel virus émergeant. Selon ces deux infectiologues, une surveillance génomique est pour cela nécessaire dans la faune sauvages (et pas que pour les CoV), de même qu'un séquençage massif et partagé des souches de SARS-CoV-2 détectées dans la faune et chez les patients ayant développé une COVID-19, ceci afin de comprendre l'origine de la COVID-19, et éviter d'autres pandémies similaires ou plus graves. Avant cela il est urgent ; de fermer tous les marchés humides, et mettre en place une gestion plus respectueuse de l'environnement ; comprendre les interactions entre les CoV et leurs hôtes, in vitro (cultures cellulaires, explants ex-vivo des voies respiratoires) et in vivo (étude d'animaux sensibles à l'infection par le SARS-CoV-2) ; préparer de nouveaux médicaments anti-coronaviraux sans attendre une prochaine épidémie ou pandémie.

L'OMS et l'OIE, sous l'égide de l'ONU recommandent de traiter les pandémies zoonotiques via une approche globale et balistique dite « One Health »..

Génome Les coronavirus ont un génome ARN de grande taille qui varie de 26 à 32 kilobases.

Classification Le genre Betacoronavirus de la sous-famille des Orthocoronavirinae de la famille des Coronaviridae comprend 5 sous-genres reconnus par l'International Committee on Taxonomy of Viruses (ICTV).. :

Virions

Les particules virales, quasi sphériques, sont généralement couvertes de grandes projections de surface (~ ) en forme de pétale ou de pointe (les "spikes" en anglais), qui créent une image qui rappelle la couronne solaire en micrographie électronique : cette propriété est à l'origine du nom des coronavirus. Ces « pointes », des protéines S (spiculaires) présentes à la surface du virus, déterminent le tropisme de l'hôte.

Le sous-genre Embecovirus diffère des autres en ce que les virions ont une protéine spiculaire plus courte appelée hémagglutinine-estérase (HE).

Le domaine de liaison au récepteur des protéines spiculaires (protéines S ou péplomères) des alpha- et bétacoronavirus est catalogué comme InterPro: IPRO018548.. Les protéines S s'assemblent en trimères (PDB: 3jcl., 6acg.) dont la structure centrale rappelle celle des protéines F (fusion) de paramyxovirus.

Notes et références

Référence biologique

Catégorie:Genre de virus