Lélection présidentielle française de 2022 a eu lieu les et afin d'élire le président de la République française pour un mandat de cinq ans.

Il s'agit de la douzième élection présidentielle de la et onzième au suffrage universel direct. Aucun des douze candidats en lice n'ayant remporté la majorité absolue des suffrages exprimés au premier tour, un second tour est organisé entre les deux premiers candidats.

Arrivé en tête du premier tour, le président sortant Emmanuel Macron (27,85 %) affronte Marine Le Pen (23,15 %), un duel identique à celui du scrutin de 2017. C'est la deuxième fois qu'un second tour opposant les mêmes candidats à deux scrutins présidentiels consécutifs a lieu après ceux où se sont affrontés Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand en 1974 et 1981.

En troisième position avec 21,95 % des voix, Jean-Luc Mélenchon réalise le score le plus élevé de ses trois candidatures et arrive largement en tête de la gauche, mais ne réussit pas à accéder au second tour, avec environ de moins que Marine Le Pen.

Une nouvelle fois, les partis politiques traditionnels sont absents du second tour, dans des proportions encore plus importantes que lors de la précédente élection. Le Parti socialiste et Les Républicains, représentés respectivement par Anne Hidalgo et Valérie Pécresse, s'effondrent avec des scores historiquement faibles et n'atteignent pas le seuil des 5 %, condition permettant d'obtenir un remboursement des frais de campagne.

Pour la première fois, les candidatures classées à l'extrême droite dépassent le seuil de 30 % des suffrages exprimés au premier tour. La campagne est marquée à ses débuts par l'irruption sur la scène politique d'Éric Zemmour, dont la candidature fait concurrence à Marine Le Pen sur sa droite. Malgré des sondages initialement favorables, le candidat et fondateur de Reconquête arrive finalement loin derrière, en quatrième place. Les sondages d'opinion laissent également annoncer un duel serré entre le président sortant et Marine Le Pen, la possibilité d'une victoire pour cette dernière étant pour la première fois envisagée par ceux-ci.

Le second tour voit Emmanuel Macron l'emporter par 58,55 % des suffrages exprimés, permettant ainsi au président sortant d'entamer un second mandat. Le septennat ayant été aboli en 2000, il devient ainsi le premier président de la République française à être réélu pour un deuxième quinquennat, le deuxième président de la Cinquième République réélu hors période de cohabitation et le quatrième président de la Cinquième République réélu. Son investiture pour un second quinquennat a lieu le bien que son premier mandat arrivait à terme le .

Contexte Politique Présidence sortante d'Emmanuel Macron L'élection présidentielle de 2017 voit la victoire d'Emmanuel Macron, qui l'emporte au second tour sur la candidate du Front national, Marine Le Pen. En vertu de l' de la Constitution française, le président de la République française ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs. Emmanuel Macron ayant accédé pour la première fois à la magistrature suprême en 2017, il est éligible en 2022 pour un second mandat.

vignette|gauche|Le mouvement des Gilets jaunes, ici à Belfort en , marque le début du quinquennat.

Les débuts de la présidence Macron sont notamment marqués par le mouvement des Gilets jaunes, qui le pousse à organiser un grand débat national. La seconde partie de son quinquennat est caractérisée par un projet contesté puis ajourné de réforme des retraites, la mise en place d'une convention citoyenne pour le climat, la pandémie de Covid-19 et l'invasion de l'Ukraine par la Russie de 2022 entraînant les sanctions occidentales contre la Russie. Les réformes et lois passées pendant son quinquennat incluent notamment des modifications du droit du travail, la réforme de la SNCF, un texte de moralisation de la vie politique, la procréation médicalement assistée pour tous, le congé de paternité doublé, la réforme de l’assurance chômage, la suppression de l’ISF transformée en IFI (impôt sur la fortune immobilière), le dédoublement des classes de primaire en réseaux d’éducation prioritaire, l’école obligatoire dès l'âge de trois ans, une réforme du baccalauréat et la mise en place de Parcoursup. Durant le quinquennat d'Emmanuel Macron, et notamment en réponse au mouvement des Gilets jaunes de nombreuses mesures de soutien au pouvoir d’achat ont été mises en place : la baisse des cotisations salariales des salariés, la suppression de la taxe d’habitation, le pour les lunettes et prothèses dentaires, la suppression des cotisations sur les heures supplémentaires et leur défiscalisation. On peut ajouter l’augmentation de près de de l'allocation aux adultes handicapés, l’augmentation du minimum vieillesse également de par mois, ou encore l'augmentation de la prime d'activité d’environ . Une prime exceptionnelle de pouvoir d’achat jusqu'à (prime dite « Macron »), sans cotisations ni impôts, a pu être versée de façon disparate par une partie des employeurs. De même, à la suite du « Ségur de la santé », une augmentation minimale de nets par mois est décidée pour de professionnels des établissements de santé, des EHPAD et du personnel des établissements et services sociaux et médico-sociaux..

gauche|vignette|199x199px|Emmanuel Macron durant la pandémie de Covid-19. Pendant la pandémie de Covid-19 et après des ratés notamment sur l’approvisionnement de masques en début de pandémie, la gestion de la présidence Macron et des gouvernements Philippe et Castex s’est caractérisée par des restrictions importantes des libertés pour enrayer l’épidémie, notamment par la mise en place de jauges, la fermeture de certains établissements recevant du public (salles de concerts, discothèques), et de trois confinements. Pendant cette période a été mis en place la stratégie du « quoi qu’il en coûte » c’est-à-dire un soutien important aux entreprises directement impactées par ces restrictions et financé par l’emprunt et donc par le creusement du déficit et de la dette de l’état. À la suite d'une récession record à -8 % du PIB en 2020, celui-ci rebondit l’année suivante à +7 % retrouvant fin 2021., en tenant compte de l’inflation, un volume supérieur à son niveau d’avant crise. La stratégie du « quoi qu’il en coûte » a été saluée par de nombreux économistes comme Paul Krugman., ou Nicolas Bouzou. mais critiquée par une partie de l’opposition pour son côté trop dispendieux.

Selon plusieurs médias, le chef de l’État prépare sa campagne présidentielle à partir du début de l'année 2021... Malgré l'échec de la majorité présidentielle à s'implanter au niveau local, notamment par un faible nombre de conseillers municipaux élus en 2020 ainsi qu'une absence de régions conquises et un seul département supplémentaire remporté lors des scrutins de 2021, Emmanuel Macron est donné gagnant dans la majorité des sondages réalisés en vue de l'élection. Selon Le Figaro, il entend séduire les électeurs de droite en mettant l’accent sur les sujets régaliens, alors qu’il présentait une image plus centriste lors du précédent scrutin présidentiel et au début de son quinquennat..

Le , le Conseil constitutionnel fait savoir qu'Emmanuel Macron a reçu les 500 parrainages nécessaires pour pouvoir se présenter à l'élection présidentielle, alors qu'il n'a pas encore déclaré s'il allait se présenter au scrutin... Le , il envoie une lettre à différents quotidiens régionaux pour annoncer sa candidature à sa réélection..

Montée de l'extrême droite et affaiblissement du « front républicain »

À trois mois de l’élection, les deux candidats d'extrême droite Marine Le Pen et Éric Zemmour cumulent ensemble plus de 30 % des intentions de vote..

En , le journal Libération rapporte que, dans le cas d'un nouveau second tour opposant Emmanuel Macron à Marine Le Pen, de nombreux électeurs de gauche ne voteront pas pour le chef de l’État sortant en raison de son positionnement davantage à droite qu’en 2017, ce qui romprait avec le « front républicain », traditionnellement appliqué face à l’extrême droite..

Divisions et absence initiale de leadership à droite Contrairement à 2007 et 2012 avec Nicolas Sarkozy et comme en 2016-2017, aucun candidat ne s'impose naturellement à droite, dont le principal parti est Les Républicains (LR). Ce parti, à la suite de la débâcle de François Fillon lors de l'élection présidentielle de 2017, se retrouve divisé entre les partisans d'une alliance avec la nouvelle majorité et ceux partisans d'une ligne davantage conservatrice. L'élection de Laurent Wauquiez à la tête du parti en 2017, représentant de la frange la plus dure, provoque le départ de nombreux élus, notamment Xavier Bertrand, président de la région des Hauts-de-France. L'échec du parti aux élections européennes de 2019, où la liste de François-Xavier Bellamy tombe sous la barre des 10 %, pousse Laurent Wauquiez à la démission quelques jours plus tard. Christian Jacob le remplace lors du congrès d'.

À l'approche du scrutin présidentiel, Xavier Bertrand est perçu comme le favori des sondages. Réélu à la tête de sa région, il annonce sa candidature, tout en précisant qu'il ne souhaite pas passer par une élection primaire.. Finalement, une primaire interne est organisée au cours d'un congrès entre le et le . Alors que Xavier Bertrand accepte finalement de se présenter, le congrès voit la victoire au second tour de Valérie Pécresse face à Éric Ciotti, ce qui fait d’elle la première femme à représenter la droite parlementaire lors d'une élection présidentielle en France...

Multiplicité des candidatures et absence d'union à gauche Concernant la gauche, le chercheur Antoine Bristielle distingue , avec d'une part le Parti socialiste (PS) et Europe Écologie Les Verts (EELV), alignés sur la plupart des enjeux, et d'autre part l'électorat proche de La France insoumise (LFI) ; les principales divergences entre ces blocs portent selon lui sur la question économique et sur l'Union européenne, et amoindrissent la probabilité d'une candidature d'union ainsi que celle de la qualification d'une personnalité de gauche au second tour.. La primaire du Pôle écologiste (Europe Écologie Les Verts, Génération.s, Génération écologie, Cap21 et le Mouvement des progressistes) est lancée en et voit Yannick Jadot en sortir vainqueur. En , Anne Hidalgo, candidate socialiste désignée à l'élection présidentielle, se prononce pour une primaire de la gauche., mais sa proposition est immédiatement refusée par Fabien Roussel, Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot.. De son côté, l'ancienne garde des Sceaux Christiane Taubira, qui fait partie des favorites pour la Primaire populaire organisée par des sympathisants de gauche., soutient l’initiative et apparaît comme une candidate potentielle...

Face aux refus persistants de ses concurrents de gauche, Anne Hidalgo annonce qu'elle ne se pliera finalement pas à la primaire, tout en maintenant sa propre candidature.. Le , Christiane Taubira annonce sa candidature à Lyon, soutenue par le Parti radical de gauche., mais accepte de se plier à la Primaire populaire, qui l'élit le .. N’ayant pas obtenu le nombre de parrainages requis à la date limite du , elle ne peut se présenter..

À partir de la mi-mars, la candidature de Jean-Luc Mélenchon se démarque de ses concurrents à gauche, les instituts de sondage le plaçant régulièrement entre 12 % et 13 % d'intention de vote, voire à 15 % selon un sondage effectué par Elabe entre le 20 et le ...

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