vignette|redresse=1.2|L'intérieur de la basilique.

Le sanctuaire de Notre-Dame de La Salette, ou simplement sanctuaire de La Salette, est un grand centre de pèlerinage marial catholique construit sur le lieu d'une apparition de la Vierge Marie en 1846 à La Salette-Fallavaux dans le département français de l'Isère en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Cette apparition mariale, officiellement reconnue comme authentique par l'évêque du lieu en 1851 et 1855, entraîne la construction d'une église en haut du village de La Salette-Fallavaux, près de Corps en Isère en France. En 1879 l'église est officiellement consacrée, et promue au rang de basilique mineure.

Le sanctuaire de La Salette fait partie des grands sanctuaires mariaux édifiés en France. Installé en pleine montagne, à d'altitude, il accueille environ par an.

Depuis sa construction, le sanctuaire ne cesse d'être agrandi et de voir de nouveaux bâtiments ajoutés à l'existant. L'accueil des pèlerins et leur hébergement est assuré par une hôtellerie intégrée au sanctuaire. À l'extérieur, les différentes scènes de l'apparition mariale sont matérialisées par des statues de bronze grandeur nature.

L'accès au sanctuaire a été longtemps un problème, faute de route existante avant le milieu du . Une première route a été taillée dans la montagne, mais elle présentait une déclivité très importante, source de problèmes pour les véhicules. Dans les années 1960, une nouvelle route a été mise en chantier et réalisée, sur un nouveau tracé, permettant aux automobiles et aux cars d'y monter sans difficulté. Malgré cette nouvelle route, la descente de Laffrey a été l'objet de trois accidents graves à ce jour, causant la mort de .

Localisation Le sanctuaire est situé dans le pays de Corps, sur les hauteurs de la commune de La Salette-Fallavaux, entre le massif du Beaumont et la vallée du Valgaudemar, à près de d'altitude. Jusqu'à la moitié du le site était sauvage et méconnu, aucune route ou chemin n'y menait. Il n'y avait que des sentiers de bergers. Seuls quelques bergers avec leurs troupeaux s'aventuraient sur les pentes du mont Gargas pour profiter des alpages..

Historique L'apparition de La Salette

vignette|redresse=1.2|Chapelle Notre-Dame de la Salette représentant la scène de l'apparition.

L'histoire du site et du sanctuaire débute avec l'apparition mariale de La Salette le samedi . Deux jeunes bergers, Mélanie Calvat et Maximin Giraud voient apparaître dans une lumière resplendissante une , en pleurs, qui s'adresse à eux. Le soir, ils en parlent à leurs maîtres. La veuve Pra (dite veuve Caron), maîtresse de Mélanie, se dit d'avis qu'ils ont vu la Sainte Vierge. et on engage les enfants à tout raconter au curé de La Salette. Ils le font le lendemain dimanche au matin. Le curé pleure d'émotion, prend des notes et, de nouveau en larmes, parle de l'événement dans son prône.. L'évêque est informé, et ouvre une enquête canonique. Le Philibert de Bruillard, évêque de Grenoble reconnaît officiellement l'apparition comme , et lance la construction d'un sanctuaire sur le lieu même de l'apparition...

La construction Avant la reconnaissance officielle de l'apparition mariale (en 1851), l'évêque ouvre en 1849 des négociations pour acheter les terrains en vue de la création du futur sanctuaire. (terrains qui seront achetés en 1851).

Le , on annonce la prochaine bénédiction solennelle de la première pierre du sanctuaire qu'il entreprend de bâtir dans la montagne, sur le lieu même de l'apparition. La pose de la première pierre a lieu le , par Pierre Chatrousse, évêque de Valence, en présence de Philibert de Bruillard, évêque de Grenoble, et de . La construction se termine en 1879. Depuis lors, et jusqu'à nos jours, le sanctuaire ne cesse d'être agrandi et modifié. En 1864, des statues de bronze, grandeur nature, sont installées sur le lieu même de l'apparition..

Les plans de l'église ont été conçus par l'architecte Alfred BerruyerAlfred Berruyer a érigé de nombreuses églises dans la région.. Les travaux de construction se sont étalés un peu plus que prévu dans le temps, car les entreprises ont rencontré de sérieux problèmes dans l'acheminement des matériaux : en dehors de la pierre et de la chaux, tout devait être monté à dos de mulet. Le sable a été extrait du Drac (et lui aussi transporté à dos de mulet). En 1865, toute la partie centrale de l'église est terminée. Mais les dix chapelles latérales que nous voyons aujourd'hui ne seront construites qu'à partir de 1894.

Le , l'église est officiellement consacrée, et en même temps, elle est promue au rang de basilique mineure. Jean-Michel Leniaud consacre un chapitre à l'érection de cette chapelle en basilique mineure, sous la présidence du cardinal Joseph Hippolyte Guibert, archevêque de Paris, en présence des évêques de Grenoble, de Chambéry, de Besançon, de Marseille, de Fréjus, de Valence, de Viviers, de Digne-les-Bains et du cardinal Gaspard Mermillod. Au cours de cette célébration, la statue de Notre-Dame de La Salette est officiellement couronnée.

Les pèlerinages L'information de l'évènement se répand très vite. Dès le (deux jours après l'), plusieurs habitants de La Salette se rendent dans la montagne, sur le lieu déclaré de l'apparition. Avec étonnement, ils constatent qu'une eau limpide jaillit avec abondance à l'endroit même où la était assiseCette source était connue de longue date, mais jusque là, l'eau ne coulait qu'à intervalles irréguliers, après de grandes pluies ou la fonte des neiges. Depuis cette date, la source n'a jamais tari et est devenue la . Voir la page de la Ville de Corps.. Le (deux mois plus tard), une femme ne marchant depuis qu'avec l'aide de béquilles, demande à des pénitents d'aller sur les lieux de l'apparition faire des prières pour elle. La guérison de cette femme, à l'issue de ce pèlerinage et de ces prières sera le premier de La Salette. Le , se retrouvent sur les lieux sous la neige, venant de Corps et des paroisses voisines.

Le , l'évêque de Grenoble fait paraître un texte reconnaissant l'apparition et autorisant dans le même temps le culte de Notre-Dame de La Salette. Le est annoncée la bénédiction solennelle de la première pierre du sanctuaire que l'on entreprend de bâtir sur la montagne de l'apparition. La cérémonie de la pose de la première pierre a eu lieu le , devant .

Milieu 1848, deux ans après l'apparition, alors qu'elle n'est toujours pas reconnue (officiellement) par l'Église, l'évêque de Grenoble écrit qu'il y a déjà qui se sont rendus sur le site pour y prier...

Pour accueillir les pèlerins sur le sanctuaire, l'évêque Philibert de Bruillard demande en 1852 la création d'une congrégation cléricale religieuse destinés à recevoir les pèlerins et enseigner le . Ce sera les Missionnaires de Notre-Dame de La Salette fondés dans ces mêmes années.. La congrégation s'organise peu à peu autour du sanctuaire, et dès la fin du , elle commence à s'étendre en France et hors du pays. Mais les lois de 1905 et la loi de séparation des Églises et de l'État expulsent tous les membres des congrégations religieuses du territoire nationalSauf à de très rares exceptions, les procédures d'autorisation ne seront pas données. Voir la salette info., et les missionnaires de La Salette quittent leur sanctuaire fondateur. Ils sont remplacés par des prêtres diocésains. La Première Guerre mondiale assouplit les relations de l'État républicain avec l'Église, et progressivement les religieux reviennent. La congrégation de la Salette ne se réinstalle dans le sanctuaire qu'en 1943...

En se déroule le premier à La Salette. Celui-ci est renouvelé l'année suivante.. En , à l'occasion du centenaire des apparitions de La Salette, le nonce apostolique en France Angelo Roncalli, futur Jean XXIII, vient au sanctuaire célébrer la messe du 15 août...

En 2016, à l'occasion du Jubilé de la Miséricorde décidé par le pape François, le sanctuaire de La Salette ouvre une Porte sainte dans le sanctuaire (la seconde du diocèse de Grenoble) le ..

Aujourd'hui, l'accueil des pèlerins est réalisé par les prêtres et des religieuses des missionnaires de Notre-Dame de la Salette, ainsi que par des laïcs rattachés à cette congrégation et des bénévoles originaires du monde entier.

Accidents Le pèlerinage de Notre-Dame de la Salette a été endeuillé à trois reprises par de graves accidents routiers, en 1973, 1975 et 2007. À chaque fois, un car ramenant des pèlerins du sanctuaire a été accidenté à une cinquantaine de kilomètres du sanctuaire, lors de la descente de la dangereuse rampe de Laffrey. Ces trois accidents ont causé un total de Voir le chapitre Accidents de la Rampe de Laffrey..

Description Accès vignette|redresse=1.2|Autobus historique ayant transporté des pèlerins entre Corps et le sanctuaire.

En 1846 à l'époque de l'apparition, il faut en diligence, pour parcourir les de Grenoble à Corps. L'accès au site des apparitions (qui deviendra le sanctuaire), ne se fait ensuite que par des sentiers de montagne que l'on doit parcourir à pied ou à défaut sur une mule. En 1863, il est signalé a été ouverte à la mine et à l'explosif, . En 1867, une première route est ouverte. C'est plus une piste comportant des pentes de plus de 15 %, et même jusqu'à 30 % pour le . Cette piste est sommaire, sans protection contre les précipices, et les attelages à chevaux la montent à grand peine.

En 1920 des essais sont réalisés avec des cars très étroits d'une dizaine de places, pour y acheminer des pèlerins, par cette mauvaise piste. On teste également des véhicules à chenilles, mais aucun ne résiste longtemps à la pente et au sol rocheux. La route est progressivement améliorée : pose de gabions, élargissement des tournants, zones de croisement pour les cars, le secteur du Grippet est élargi. En 1932 les élargissements de la route permettent de prendre l'épingle sans avoir à faire de manœuvreSe reporter au site web de la ville de corps pour voir quelques photos d'archives..

Pendant ce temps, les habitants du Valbonnais tentent d'obtenir la construction d'un téléphérique prolongeant le chemin de fer de la Mure nouvellement arrivé chez eux et aboutirait à la crête de la Salette. Ce projet n'aboutira pas.

Dans les années 1959–1960, la construction d'une nouvelle route est entamée, elle ne sera terminée qu'en 1968. C'est la route actuelle qui passe par Saint-Julien. Aujourd'hui, il est possible de monter (sans difficulté) en voiture ou en car jusqu'au sanctuaire.

Les sentiers historiques restent utilisés par quelques pèlerins et les randonneurs. Le GR 50 (Tour du Parc national des Écrins) relie le Valbonnais au Valgaudemar en passant par la Salette.

Bâtiments Basilique La basilique de Notre-Dame de La Salette est une grande église de plan basilical. Sa façade de style néo-roman est encadrée par deux grandes tours-porches symétriques abritant des cloches au sommet..

Le plan basilical de l'église est composé de cinq nefs terminées par une abside ou des absidioles. L'église est constituée de volumes intérieurs très élancés. Ses voûtes d'arête retombent sur de très hautes et fines colonnes, reposant sur de hauts piédestaux. Les fenêtres hautes sont aveugles, l'éclairage ne provient que des fenêtres des premiers bas-côtés. Le chevet de l'église se compose de deux absidioles de part et d'autre d'un chœur avec travée droite et abside en cul-de-four. L'abside est ornée d'une peinture murale le , et sur la travée droite se trouve une représentation des symboles du tétramorphe, œuvre de l'artiste Arcabas.