Le convoi (l.265) du est le dernier convoi à déporter depuis le camp de Royallieu à Compiègne pour celui de Buchenwald (Weimar) pendant la Seconde Guerre mondiale.

Un wagon transportant politiques juifs – soustraits par Aloïs Brunner au camp de Drancy – fut adjoint au convoi, ce qui lui vaut d'être surnommé le convoi des 51 otages.

Seule la moitié du convoi rentrera de déportation.

Contexte historique

Entre 1942 et 1944, la déportation d'environ est organisée en quelques partis de France vers les camps de concentration et d'extermination de l'Allemagne nazie (les convois 41, 43, 54, 56 n'existant pas en raison d'erreurs de comptabilité). À partir du et après le succès du débarquement allié en Normandie, Raoul Nordling (consul de Suède) et Jacques de Rohan-Chabot (directeur de la Croix-Rouge française), négocient avec le général von Choltitz la libération de politiques internés en France. Le , un accord est conclu transférant de la Wehrmacht à la Garde mobile l'autorité sur les camps de prisonniers situés sur le territoire françaisin Paul Hénin, Monsieur R. Nordling, consul de Suède et son rôle pendant la libération de Paris - Août 1944, éd. Foyer Français, Paris, s.d.. Or, Royallieu est le seul camp en France dépendant exclusivement du Service de sécurité de la SS.

Composition du convoi

Effectifs et nationalités

Le convoi comprend 1 255 déportés hommes immatriculés de 78 000 à 81 000. Il rassemble , , , , , et . Les motifs d’arrestation sont, eux, variés. Il regroupe ainsi des résistants, des francs-tireurs et partisans français, des maquisards, des otages de la Somme ou encore des victimes de rafles de représailles. Cet ultime convoi contribuant à l’effort de guerre allemand, tous rejoignent des Kommandos de travail.

Le wagon des « 51 otages » Parmi les déportés du Convoi figure un groupe particulier de cinquante-et-un prisonniers juifs transférés du camp de Drancy à Compiègne dans les jours précédant le départ du train. Constitué à l'initiative du SS-Hauptsturmführer Aloïs Brunner, alors responsable du camp de Drancy, ce groupe est principalement composé de résistants juifs français ou étrangers engagés dans diverses organisations clandestines, notamment l'Organisation juive de combat (OJC), l'Armée juive.

Alors que la plupart des convois partis de Drancy durant l'Occupation avaient pour destination le complexe concentrationnaire et exterminateur d'Auschwitz, ces prisonniers furent exceptionnellement dirigés vers Compiègne afin d'être intégrés au convoi à destination de Buchenwald.

Trajet

Initialement prévu de Royallieu à Compiègne le , le départ du convoi est reporté à la suite de divers sabotages par des réseaux de résistantsin Édouard et François Michaut, Esclavage pour une résurrection, éd. du Cep, Bagneux, 1945. Ainsi, dans l'après-midi du et pour éviter de nouveaux sabotages, les prisonniers sont discrètement transportés à bord de camions (camouflés avec du feuillage) jusqu'en bordure de la forêt de Compiègne, au Carrefour Bellicart (stèle du Buissonnet) (à côté du cimetière du Nord), en direction de Rethondes. Là, en pleine forêt, ils sont entassés dans des wagons à bestiaux.

Avertis du départ imminent d'un convoi de prisonniers, Raoul Nordling et Jacques de Rohan-Chabot tentent de faire valoir l'accord signé plus tôt pour empêcher le départ du train. La SS refusant toute autorité de la Wehrmacht, le train quitte la forêt de Compiègne le au matin. Nordling et Rohan-Chabot réitérèrent leur tentative à Soissons et à Reims, sans succès.

Jusqu'à la frontière, le train est régulièrement arrêté ou ralenti à cause des bombardements ou des destructions de voies. Malgré les diverses tentatives pour retarder le convoi, ce dernier arrive à Buchenwald le dans un camp déjà surpeuplé et où il n'était plus attendu.

Les évasions Évasions du transport principal

Au cours du trajet vers l'Allemagne, dans la nuit du 18 au , profitant des ralentissements provoqués par les destructions ferroviaires et l'avancée des armées alliées, Roland Blondel s'évade vers Suippes, rapidement suivi par trois autres détenus (Émile Savitch, Robert Rolland et René Rouy) aux environs de Saint-Hilaire-au-Temple (Marne).

Évasion du wagon des 51 otages Dans la nuit du 20 au près de Morcourt (Aisne), une vingtaine de détenus de ce wagon parviennent à s'évader in Jean-François Chaigneau, Le Dernier Wagon, éd. Julliard, 1982, .

Déportés

Les plus notables : Robert Antelme, José Bellec, Bernard de Chalvron, Marcel Dassault, Eddy Florentin, Jean Frydman, René Kapel et Jacques Lazarus.

Transferts Le , du convoi sont envoyés dans les mines de Neu-Stassfurt. Quelques rares déportés sont transférés au camp de Dachau. de ce convoi mourront pendant les marches d’évacuation.

Notes et références

Annexes Bibliographie Édouard et François Michaut, Esclavage pour une résurrection, éd. du Cep, Bagneux, 1945. P. Hénin, Monsieur R. Nordling, consul de Suède et son rôle pendant la libération de Paris - Août 1944, éd. Foyer Français, Paris, s.d.

Articles connexes Convois de la déportation des Juifs de France Déportation Camp de Royallieu Buchenwald

Liens externes Liste des déportés du convoi in Fondation pour la mémoire de la Déportation Mémorial de l'internement et de la Déportation - Camp de Royallieu

Convoi, 79 Catégorie:Août 1944 Catégorie:1944 en France Catégorie:1944 dans le judaïsme