vignette|Un canon Modèle 1857 « Napoléon » au cimetière militaire du champ de bataille de Stones River. Lartillerie de campagne durant la guerre de Sécession couvre le domaine des pièces d'artillerie, de leurs équipements, de leur mise en œuvre et des tactiques utilisées durant la Guerre de Sécession. L'artillerie de campagne est entendue comme celle ayant pour objet de soutenir l'infanterie et la cavalerie sur le champ de bataille. Cet article ne couvre pas le domaine de l'artillerie de siège, l'artillerie statique placée dans des fortifications, ni l'artillerie côtière. Elle ne comprend pas non plus les armes de petit calibre, artillerie spécialisée, que l'on retrouvera dans les articles sur les armes de l'infanterie.

Les armes Les principales pièces d'artillerie utilisées sur le terrain sont listées dans le tableau ci-après. Démonstrations de l'utilisation de canons rayés type ordnance au Springfield Armory, en juin 2010|vignette|290px + Pièces d'artillerie de campagne et caractéristiques Nom Tube Projectile(lb) Charge(lb) Vitesse du projectile(ft/s) Portée(yd at 5°) Matériaux Calibre (in) Longueur du tube (in) Poids (lb) 6-livres bronze 3.67 60 884 6.1 1.25 1,439 1,523 M1857 12-livres "Napoleon" bronze 4.62 66 1,227 12.3 2.50 1,440 1,619 12-livres Obusier bronze 4.62 53 788 8.9 1.00 1,054 1,072 12-livres Mountain Obusier bronze 4.62 33 220 8.9 0.5 --- 1,005 24-livres Obusier bronze 5.82 64 1,318 18.4 2.00 1,060 1,322 10-livres Parrott rifle fer 2.9or 3.0 74 890 9.5 1.00 1,230 1,850 3-inch Ordnance Rifle ferforgé 3.0 69 820 9.5 1.00 1,215 1,830 14-livres James Rifle Cela concerne un obus pour Hotchkiss de à une élévation de . Hazlett cite l'unique source primaire : « Abbot's Siege Artillery... » (p. 116). De son côté, Hazlett détermine le calibre et le type en s'appuyant sur la description du texte et le poids de l'obus – en correspondance avec les poids pris en compte des vestiges étudiés de nos jours (voir Dickey, p. 137-139, 143-146). La table de données de Coles', et bien d'autres, basée sur le bouquin de Peterson (1959), donne une charge poudre bien trop faible pour le poids et la distance donnée. Ultérieurement, les 14-livres de type James avec la forme de canons de l'Ordonnance montrent un tube plus long (7.5" de plus à la bouche, soit un accroissement de 13 %) ; en conséquence, ils devait offrir une portée de tir plus importante. bronze 3.80 60 875 14.0 1.25 ---- 1,530 20-livres Parrott rayé fer 3.67 84 1,750 20.0 2.00 1,250 1,900 12-livres Whitworth rayé à chargement par la culasse fer 2.75 104 1,092 12.0 1.75 1,500 2,800 Les caractères en italiques se rapportent aux obus, non aux boulets.

Les pièces d'artillerie utilisées durant la guerre de Sécession peuvent être réparties entre deux catégories : les canons à âme lisse et les canons rayésUne pièce rayée voit l'intérieur de son tube gravé de rayures hélicoïdales, dont le but est d'imprimer au projectile un mouvement de rotation sur lui-même qui améliore et sa portée et la stabilité de sa trajectoire, augmentant ainsi la précision du tir. À l'origine, tous les canons étaient à âme lisse ; la mise en place de rayures impose aussi une fabrication beaucoup plus précise et son apparition a dépendu de l'évolution des arts métallurgiques. Les canons de Napoléon étaient tous à âme lisse.. La première catégorie intègre aussi les obusiers.

Canons à âme lisse Les canons à âme lisse sont ceux dont l'intérieur du tube ne porte pas de rayures. Historiquement, c'est le type de canon le plus ancien. À l'époque de la guerre de Sécession, la métallurgie et autres techniques apparentées avaient suffisamment évolué pour être en mesure de produire de grandes quantités de canons de campagne rayés. Cependant, les canons lisses étaient toujours en usage et en production ; et ce, jusqu'à la fin du conflit. Les canons lisses de l'artillerie de campagne comprenant les canons au sens strict et les obusiers. On peut aussi classer les pièces d'artillerie selon le type de métal utilisé ; on aura alors, d'un côté, les canons en bronze et, de l'autre, les canons en fer, ce dernier étant soit coulé, soit forgé. Il existe aussi des exemples de canons en acier. Enfin, les pièces d'artillerie sont généralement identifiées par leur type (modèle et année de prise en compte par le « Ordnance department »).

Les canons à âme lisse sont aussi différenciés par leur calibre, celui-ci étant donné par le poids, en livres, du projectile (boulet plein, en fer) qu'ils tirent. Pour donner un exemple, un canon de campagne de 12 livres tire un boulet de 12 livres dont le diamètre ( correspond à celui de l'âme du canon. Selon une tradition remontant au , il était courant de mélanger, au sein d'une même batterie, des canons avec des obusiers. L'organisation prévalant au début du conflit voyait des obusiers de 12 livres entrer dans les batteries alignant des canons de 6 livres ; des obusiers de 24 livres pour celles alignant des 9 ou des 12 livres. L'augmentation rapide du nombre de canons au sein des armées combattantes, l'arrivée en masse des canons rayés ainsi que la polyvalence du canon de 12 livres « Napoleon » ont largement contribué à un renouvellement des modes de mélanges de pièces au sein des batteries.

Canons

vignette|droite|Canon modèle 1841 tirant des boulets de 6 livres. C'était le modèle de base lors de la Guerre contre le Mexique ; obsolète à l'époque de la Guerre de Sécession. Les canons à âme lisse sont prévus pour tirer des projectiles pleins (boulets) avec une grande vitesse initiale, à tir tendu, en visant des cibles à découvert. D'autres types de projectiles, comme les obus ou les boîtes à mitraille peuvent aussi être tirées par ce type de pièces d'artillerie. Ils ont un tube plus long que celui des obusiers, et utilisent des charges de poudre plus importantes pour obtenir le résultat désiré. Les pièces d'artillerie de campagne existent en différentes tailles, nommées par le poids du boulet, en livres, qu'elles utilisent : 6-livres (diamètre interne du tube de 3.67 inch), 9-livres (4.2 inch), et 12-livres (4.62 inch). En dehors de la remise en service de pièces d'artillerie en fer anciennes, et du fait que les confédérés réalisèrent un certain nombre de canons neufs en fer, la plupart des canons présents sur les champs de bataille étaient en bronze.

Au début du conflit, les canons de 6 livres utilisés étaient des modèles 1835, 1838, 1839, et 1841. Quelques canons en fer, modèle 1819, furent même remis en service. En 1861, chaque camp alignait plusieurs centaines de ces canons de 6 livres. Mais ses projectiles, considérés comme trop légers, amenèrent à se tourner vers d'autres modèles. En 1863, les 6 livres avaient quasiment disparu des armées nordistes. En revanche, les sudistes continuèrent à les utiliser jusqu'à la fin du conflit.

Les canons de calibre supérieur, 9 et 12 livres, ont été moins bien représentés. Le canon de 9 livres figurait encore sur les manuels de l'Artillerie et de l'Ordnance en 1861, mais très peu avaient été mis en service après la guerre de 1812. Ils avaient quasiment tous été réformés avant la Guerre contre le Mexique et rares sont les traces les concernant pendant la Guerre de Sécession. Les pièces de campagne de 12 livres sont représentés par une série de modèles similaires aux 6 livres, mais en nombre plus restreint. Au moins une batterie nordiste, le Indiana, mit en service des pièces de 12 dans les premiers temps de la guerre. Le principal reproche fait à ces pièces était leur poids, entravant leur mobilité, imposant des attelages de 8 chevaux là où 6 suffisaient pour des pièces plus légères. Un petit nombre de 12 livres furent rayés au début du conflit, mais plus à titre expérimental, les sources n'indiquent pas que ces pièces soient apparues sur le champ de bataille.

Le canon à âme lisse le plus populaire était, et de loin, le 12 livres, modèle 1857 dit « Napoléon ». Ce canon était moins lourd que les précédents types de canons de 12 livres. Il pouvait être déplacé avec l'attelage habituel de 6 chevaux, tout en offrant les avantages d'un calibre plus gros que les autres canons. Il est aussi parfois qualifié de canon-obusier, en ce qu'il possédait les caractéristiques des deux types (ce qui est détaillé plus bas dans ce article).

Obusiers

vignette|droite|Obusier de 24-livres d'origine autrichienne importé par la Confédération. Son tube est plus court et plus léger que les obusiers de 24-livres fédéraux. Les obusiers étaient des canons dont le tube était court et destinés au tir oblique d'obus, mais aussi d'obus et de mitraille à une portée inférieure des canons classiques.Si l'artillerie de campagne est plutôt prévue pour tirer sur des cibles à découvert, les obusiers sont plus prévus pour pratique le tir indirect, c'est-à-dire sur des cibles abritées, par le terrain ou des fortifications. Les obusiers avaient cet avantage d'utiliser des charges poudre inférieures à celles utilisées par les canons de même calibre. Les obusiers de campagne, mis en œuvre durant la guerre de Sécession, étaient de 12 livres (4.62 inch bore), 24-livres (5.82 inch bore), et 32-livres (6.41 inch bore). Les obusiers étaient généralement en bronze, sauf pour certaines productions sudistes.

Associés aux canons de 6 livres dans la période précédant la guerre, les obusiers de 12 livres étaient représentés par des modèles 1841, 1835 et 1838. Grâce à un poids relativement léger et un projectile assez lourd, cet obusier faisait partie des inventaires pour être remplacé par les 12 livres Napoléon. Il subsistera dans les armées confédérées jusqu'à la fin du conflit.

Comme les canons de gros calibre, les obusiers lourds étaient disponibles en quantité limitée au début de la guerre. Les archives sudistes comme nordistes donnent des exemples d'obusiers de 24-livres livrés durant le conflit, et l'on conserve des exemplaires d'obusiers de ce type, autrichiens, importés par les confédérés. Ces obusiers ont trouvé place dans les réserves d'artillerie des différentes armées. Ils céderont place, au fil du temps, aux canons rayés de gros calibre. Le seul obusier de 24-livres répertorié dans l'armée de Virginie du nord faisait partie de la batterie Woolfolk (ultérieurement devenu bataillon alignant 2 batteries de 4 pièces). Si l'on excepte les combats les plus à l'ouest du territoire (c'est-à-dire la batterie Halls à la bataille de Valverde, au Nouveau-Mexique), l'armée fédérale n'a pas utilisé d'obusiers de 24-livres sur le terrain. Ces obusiers de 24 et 32 livres ont plutôt été utilisés dans des places fortifiées ; une exception est celle de la compagnie « L » du régiment d'artillerie du Connecticut, en 1864 ; elle alignait 2 obusiers de 32 et un de 24 et repousse le l'assaut du régiment de Caroline du sud en utilisant des boites à mitraille.

Moins connu, l'obusier de montagne de 12-livres fut utilisé dans les opérations de l'ouest et, plus tard, dans les guerres indiennes. Cette pièce polyvalente pouvait utiliser soit un affût, pouvant être déplacé par un seul cheval, voire être démontée pour être transportée par des animaux de bât, soit placée sur un affût plus large, déplaçable par deux chevaux. Vestige de la guerre américano-mexicaine, plusieurs centaines de ces pièces furent mises en service par les fonderies nordistes durant la guerre, tandis que la fonderie sudiste de Tredegar en produisait 21 de plus. À la bataille de Glorieta, une batterie nordiste de 4 de ces obusiers se révéla particulièrement efficace. Pour sa part, Nathan Bedford Forrest eu recours fréquemment à ces obusiers de montagne dans les combats à courte distance qu'il cherchait à provoquer.

12-livres Napoleon