vignette| (navire de ligne de rang, 1778) et (porte-avions, 2019), HMNB Portsmouth.

Cet article présente les faits saillants de l'histoire de la Royal Navy, la composante maritime des forces armées britanniques.

Histoire de la marine britannique Les origines Alfred le Grand est considéré traditionnellement comme le père fondateur de la marine anglaise. En 897, il a un certain nombre de navires à soixante rames, qu'il utilise pour contrer les raids, contre la côte sud de l'Angleterre. Cependant, les raids du début du , de même que le débarquement de Knut le Grand ne semblent pas avoir rencontré une quelconque opposition navale.

Au moment de l'invasion de Guillaume le Conquérant, Harold Godwinson possédait quelques navires qui patrouillaient autour de l'île de Wight, mais ces navires rentrèrent au port trois semaines avant le débarquement. Par la suite, les possessions situées en France nécessitant régulièrement une flotte de transport, voire de combat, il fut exigé de la confédération des Cinq-Ports qu'elle fournisse un total de 57 navires avec un équipage de 21 marins chacun.

Au début du , William de Wrotham commande une force de galères utilisée contre Philippe Auguste. En 1212, il aurait existé à Portsmouth, avec dix navires dont le navire amiral Dieulabeni et le transport de chevaux Portjoy, ces bateaux mènent un raid contre la Flandre-Occidentale, sous le commandement de Earl of Salisbury, brûlant plusieurs navires français. Plus tard dans le siècle, des navires sont mentionnés comme ayant supporté plusieurs campagnes militaires, comme la capture de l'île d'Anglesey par Luke de Tony et la tentative de blocus contre l'Écosse de Édouard , pour laquelle ce dernier commande, entre autres, vingt galères de cent vingt rames, en 1294. En 1297, il nomme William de Leyburn, « Admiral of the sea of the King of England » (amiral de la mer du roi d'Angleterre).

Lors de la guerre de Cent Ans, de nombreux raids sont menés à travers la Manche, sans opposition, la plupart du temps du fait de l'absence de communications rapides de l'époque. Le , à la bataille de l'Écluse, une flotte d'environ 250 navires, principalement des marchands réquisitionnés, commandée par Édouard en personne, anéantit la flotte de Philippe de Valois à l'ancre dans l'estuaire du Zwin, acquérant ainsi la maîtrise de la mer. Par la suite, il confirme, le , à la tête de cinquante navires à la bataille des Espagnols sur mer. À cette époque est créée la fonction de clerc des navires royaux, qui est mentionnée en 1344, à la tête de trente quatre navires. Cependant, sous Richard , la flotte anglaise se disperse, les marchands se rebellant contre les réquisitions à partir de 1370, ne laissant au roi que quatre navires, Henri n'en ayant plus que deux en 1409.

Henri , reconstruit sa marine, en particulier en lançant quelques grands navires, comme le Grace Dieu de et remporte plusieurs batailles navales contre la France, jusqu'en 1417. Il faut de nouveau attendre 1480, pour voir réapparaître une marine importante avec des navires armés de canons, comme le Regent de 1487 et ses 225 couleuvrines.

La flotte permanente La première flotte permanente naît avec la Navy Royal, formée par le roi Henry , alors inquiet de la puissance navale grandissante de l'Écosse de Jacques , alors allié de la France, qui possédait entre autres le grand vaisseau Great Michael. La flotte anglaise compte à la mort d'Henry , en 1547, 58 vaisseaux dont celui de haut bord, le Mary Rose (il sombre en 1545 !) et de nombreuses galéasses. Ces bateaux furent en partie financés par les ressources récupérées lors de la dissolution des monastères. Pour administrer les infrastructures requises, en 1546, il avait fondé le conseil de la marine qui prit plus tard, le nom de Navy Board, chargé de gérer l'administration quotidienne de la marine.

En 1558, lorsqu'elle monte sur le trône, Élisabeth trouve une flotte diminuée de 27 vaisseaux. Plutôt que de reconstruire une flotte royale, elle s'appuie sur l'initiative privée, en l'occurrence la piraterie, pour mener la lutte contre l'empire maritime espagnol dans l'Atlantique. S'y distinguent particulièrement, John Hawkins et Francis Drake. À cette époque, apparaît la répartition de la marine en trois escadrons qui se classent par la couleur de leur enseigne, soit en ordre décroissant rouge, blanc et bleu.

En 1588, l'Espagne envoie son Invincible Armada couvrir le passage de son armée des Pays-Bas à travers la Manche, pour en finir avec l'Angleterre. Les pirates privés et la marine royale se mobilisent alors et réussissent à repousser l'armada et donc l'invasion. C'est la première grande victoire de la flotte anglaise.

Sous Jacques , la flotte évolue peu, mais le successeur de Jacques , Charles relance la construction navale, et en 1633, cinquante vaisseaux royaux sont disponibles. Ce chiffre chute ensuite à quarante-deux en 1642, à la suite de difficultés de trésorerie du royaume.

Sous Oliver Cromwell : de 35 à 154 navires entre 1648 et 1660 Le premier des Actes de Navigation fut passé en . Parallèlement, l'Angleterre fit un énorme effort de modernisation de sa flotte, prolongeant celui lancé dans les années 1640, qui avait vu l'Angleterre construire pendant les quatre premières années plus de navires que pendant les 25 précédentes.

L'effort d'investissement fut complété par une loi du , imposant 15 % de taxe sur les navires marchands, l’argent ainsi collecté devant être employé à assurer la protection des convois navals.

À l'éclatement de la guerre civile anglaise, la flotte de trente cinq navires, se range du côté du parlement et s'accroît alors très rapidement jusqu'à parvenir à cent deux bâtiments en 1652. Les tactiques et l'armement évoluent et le combat en ligne de file, laquelle est alors divisée en trois parties ou escadrons, commandés respectivement par un amiral, un vice-amiral et un contre-amiral, est introduit. Lors de la Guerre de Hollande, sous le commandement d'amiraux tel que Robert Blake, elle se révèle un magnifique outil de combat. Quand Charles monte sur le trône en 1660, l'effectif est de 154 vaisseaux. Le roi change le nom de la flotte en Royal Navy et désigne Samuel Pepys à la tête du Navy Board, où il organise la création de l'amirauté. Suivent deux guerres contre la Hollande en 1664 et 1674, Pepys est finalement écarté en 1688, lors de la déposition de Jacques .

L'effort de financement au tournant des années 1700 Le changement des considérations stratégiques entraîna le développement et la prédominance de Portsmouth et Devonport, où un arsenal est créé en 1689. La taille de la Royal Navy augmenta rapidement, grâce au financement par des emprunts d'États contrôlés par le parlement, les navy bills. En 1702, elle comptait déjà 272 vaisseaux, soit 118 de plus que sous Oliver Cromwell. Son financement est facilité par la révolution financière britannique et la mobilisation nationale autour des nouveaux financements de la Glorieuse révolution.

Les conséquences pour les arsenaux étaient doubles. Ils devaient être plus vastes pour accueillir des bateaux plus nombreux et les structures spécifiques comme les cales sèches (bassin asséché dans lequel on peut effectuer des réparations), les ateliers, durent être reconstruits et agrandis pour répondre aux besoins de vaisseaux plus grands.

Edmund Dummer (1651-1713) est considéré par les historiens comme le père de la modernisation de la construction navale et de la Marine britannique dans les années 1690. Superviseur de la Royal Navy britannique entre 1692 et 1699, il a imposé aux constructeurs des formats standards, visés par le parlement, pour les bateaux et pour leurs composants, afin de les rendre interchangeableshttp://www.bl.uk/eblj/2007articles/pdf/ebljarticle102007.pdf. Dans les années 1680, il entreprit une visite des grands ports de Méditerranée (Toulon, Marseille, Gênes, Venise, Pise et Gibraltar) et pris note des procédés utilisés, se déclarant particulièrement impressionné par l'arsenal de Venise.

Son travail est facilité, sur le plan financier, par la création de Land Tax en 1693, en pleine guerre de la Ligue d'Augsbourg. Fixée à 4 shilling par livre (une livre étant composée de 20 shilling), son montant augmente chaque annéehttps://www.jstor.org/pss/568625 pour représenter 52 % des recettes fiscales britanniques en 1696Histoire de l'Angleterre des origines à nos jours, par Philippe Chassaigne, page 180, avant de diminuer au cours des trois décennies pour revenir au niveau encore élevé de 30 % en 1730. L'État britannique lève aussi des taxes indirectes sur le sucre et le commerce, et s'endette, pour financer les énormes investissements dans la Navy.

C'est sous sa direction que les chantiers navals de cale sèche de Portsmouth et Plymouth se sont développés, la valeur du premier étant triplée en dix ans selon ses propres calculs. Portsmouth, proche d'une forêt et relié à Londres par le réseau fluvial, se voit octroyer en 1690 par le parlement anglais la construction d'une cale sèche et deux cales humides.. À Plymouth, chantier plus ancien, le site est agrandi en 1690 puis complètement réorganisé par Dummer en 1694 pour une efficacité maximum.

L'étude de 18 ports du sud de l'Angleterre susceptibles d'accueillir des chantiers navals, qu'il a ensuite rédigée en 1698, riches de nombreuses cartes, graphiques et statistiques, avec l'aide des capitaines James Conaway, Thomas Wiltshaw et William Cruft, est une source d'informations précieuses sur l'état de la marine anglaise à cette époque.. Parmi les 18 ports figure celui d'Arundel, sur la rivière Arun, dont il est le député.

Patrick O'Brien, professeur d'histoire économique à la London School of Economics, a montré que la puissance de la Grande-Bretagne n'avait pas été fondée sur le libre-échange mais sur la puissance militaire de la Royal Navy, et une politique élevée de droits de douane grâce au développement d'un État fiscalo-militaire sophistiqué.

Le rôle des Treize colonies d'Amérique La construction navale est très tôt la préindustrie la plus dynamique de l'autre côté de l'Atlantique, avec les distilleries et le salage de poissons, selon l'historien Fernand Braudel, et les Treize colonies d'Amérique détiennent elles-mêmes en 1750 une flotte déjà forte de . Après la Guerre d'indépendance, la plupart des grands navires restent cependant aux mains des Anglais et la nouvelle République américaine doit reconstruire sa flotte.

Le Président George Washington, critiqué après la dissolution des milices dans les États du Sud, décide en 1790 de relancer la marine. Le Congrès, alors situé à Philadelphie, se bat pour créer la première taxe directe sur les propriétaires terriens et la détention d'esclaves, basée sur une estimation de leur valeur afin de financer l'expansion de l'armée et de l'US Navy. Ces nouvelles taxes sont en fait étendues aux maisons, ce qui déclenche la Fries Rebellion, de 1799. dans le sud de la Pennsylvanie du nom de John Fries, qui organise un groupe armé de 400 hommes pour s'y opposer

L'obtention de la suprématie

vignette|Le , l'un des plus célèbres navires de sa Majesté. vignette|gauche|La bataille de Trafalgar en 1805

Une série de conflits quasiment ininterrompus, opposant la France au Royaume-Uni, débuta alors, et ne devait s'achever qu'en 1815. Les îles Britanniques furent avantagées dans cette lutte car elles pouvaient se concentrer sur l'obtention de la supériorité navale sans trop se préoccuper de se défendre contre un envahisseur terrestre, ce qui ne fut jamais le cas de leur ennemi.

Au cours de cette période, les victoires navales contre la France furent donc nombreuses : La bataille de la Hougue, remportée par Edward Russell, en 1692 les deux par Anson, en 1747 la Baie de Quiberon par Edward Hawke en 1759 la bataille des Saintes par George Brydges Rodney en 1782. la troisième Bataille d'Ouessant ou Glorious first of June par Richard Howe en 1794 les batailles d'Aboukir et de Trafalgar en 1798 et 1805, par Horatio Nelson